Samedi 4 juillet 2009

Hé ressemble à une fenêtre ouverte.  C’est la lettre du souffle de vie, qui circule par l’ouverture entre les différents niveaux de l’âme.  Hé est la lettre de la Pensée, de la Parole et de  l’Action.

 

Hé est présente deux fois dans le nom de Dieu (Yod Hé Vav Hé).  Pour Georges Lahy « placée en fin de mot, la lettre Hé apporte la féminité et symbolise la Shekinah, la Présence divine ».

Dieu est partout présent dans la Création car s’Il était absent d’un seul élément dans l’Univers, l’élément en question cesserait immédiatement d’exister.  Ici, il est absolument essentiel de faire la différence entre le panthéisme et le panenthéisme. 

 

Pour le panthéisme tout est Dieu, Dieu n'est pas un être personnel distinct du monde, mais il lui est immanent (en opposition au Dieu créateur et transcendant).  On oppose donc souvent le panthéisme aux religions abrahamiques qui ont fortement combattu ce mode de pensée, sombrant souvent, par opposition, dans un transcendantalisme sec.

 

Le panenthéisme affirme, avec le panthéisme, la thèse selon laquelle Dieu contient en soi le monde, mais il s'écarte de celui-ci et se rapproche du théisme dans la mesure où il soutient l'irréductibilité de Dieu par rapport au monde, et donc sa transcendance relative.

A signaler que dans le cadre de la philosophie contemporaine, le terme a été employé par quelques philosophes et théologiens américains disciples de Alfred North Whitehead pour indiquer leur vision « bipolaire » de la divinité : Dieu est l'être absolu relatif, nécessaire-contingent, infini-fini.

En effet, tout en ayant une essence immuable et en existant par nécessité intrinsèque, Il se réalise qu'en référence avec le monde, tirant de sa vie impérissable les valeurs qui émergent du processus cosmique, dont il est lui-même l'artisan.

Ce panenthéisme, suggéré par le symbolisme de la lettre Hé (la fenêtre est ouverte entre les différents niveaux de réalité), est en réalité l’esprit et la richesse de la pensée abrahamique, magnifiquement exprimée (entre autres) dans la doctrine des énergies divines de Grégoire de Palamas.

 

Chaque être vivant possède en lui cette fenêtre sur sa lumière intérieure et sur les énergies divines qui irriguent toute la Création.  Sans ces énergies, pas d’existence car pas de vie.  C’est pour cette raison que c’est le cinquième jour que la vie croît et se multiplie à la surface de la Terre car Hé est la cinquième lettre de l’alphabet.  Ce jour là, les fenêtres présentes dans chaque règne s’ouvrent et les énergies divines coulent à flot :

 

« Dieu dit : « Que les eaux grouillent de bestioles vivantes et que l'oiseau vole au-dessus de la terre face au firmament du ciel. » Dieu créa les grands monstres marins, tous les êtres vivants et remuants selon leur espèce, dont grouillèrent les eaux, et tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit en disant : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez les eaux dans les mers, et que l'oiseau prolifère sur la terre ! » Il y eut un soir, il y eut un matin : cinquième jour. » (Gn 1 ;: 20 – 23)

 

Lorsque Abram devient Abraham, c’est un « Hé » qui est rajouté à son nom :

 

« Abram se jeta face contre terre, Dieu parla avec lui et dit : 4« Pour moi, voici mon alliance avec toi : tu deviendras le père d'une multitude de nations. 5On ne t'appellera plus du nom d'Abram, mais ton nom sera Abraham car je te donnerai de devenir le père d'une multitude de nations 6et je te rendrai fécond à l'extrême : je ferai que tu donnes naissance à des nations, et des rois sortiront de toi. J'établirai mon alliance entre moi, toi, et après toi les générations qui descendront de toi ; cette alliance perpétuelle fera de moi ton Dieu et Celui de ta descendance après toi. » (Gn 17 ; 3 – 7)

 

Abram a ouvert complètement sa fenêtre intérieure et la Lumière du Royaume et de l’Esprit pénètre pleinement en son âme, il devient Abraham, portant pleinement la Lumière aux nations du monde.

 

Le Sepher haBahir parle de cette relation entre Dieu et l’homme via le Hé et la comparant à   un père parlant à sa fille :

 

« Quelle est ici la fonction du Hé ? A quoi cela est-il comparable ? II était une fois un Roi qui avait une fille bonne, agréable, belle et parfaite. II la maria à un prince royal, l'habilla, la couronna, la couvrit de joyaux et lui donna une importante dot. Est-il possible pour le roi de se séparer à jamais de sa fille ? Vous consentirez que ce n'est pas possible. Est-il possible pour lui d'être avec elle constamment ? Vous consentirez aussi que ce n'est pas possible. Que peut-il donc faire ? Il peut placer une fenêtre entre eux, et ainsi lorsque le père requiert la fille, ou que la fille requiert le père, ils peuvent se rencontrer par la fenêtre. Il est écrit (Psaume 45:14) : « Toute la gloire est à I'intérieur de la fille de roi, le vêtement est serti d'or ». (Sepher haBahir 84) »

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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Vendredi 26 juin 2009

Dieu a créé l’Univers en l’extrayant du néant et en se retirant de sa Création lors d’un mouvement que la pensée juive désigne sous le nom de tsimtsoum.  Pourtant, malgré cette transcendance radicale, Dieu a maintenu une présence dans Son Univers en inondant en permanence Sa Création de son Amour et de Ses énergies divines, et ce, même après la Chute.

La venue du Christ, l’Incarnation de Dieu sur Terre, actualise pour l’éternité cette Présence de Dieu dans le monde manifesté.

 

Pourtant, la théologie occidentale, par un pervers retournement de pensée dont l’histoire à le secret, eut souvent tendance à oublier ce fait et à présenter notre monde privé de Dieu, ramenant l’Univers et la Nature à un objet froid régit par des lois mécaniques.

Dans cette conception du monde, l’homme se retrouve isolé dans un Univers qui tient plus de la prison que du jardin d’Eden.  Plutôt que de lui montrer la voie vers sa Réintégration et son retour à Dieu, l’Eglise et les théologiens se contentèrent souvent de le culpabiliser et d’instiller des idées malsaines de pénitence.  Plutôt que de présider à la sacralisation du monde dont il a la charge, l’Eglise et les théologiens considérèrent le monde comme un objet mis à la disposition des hommes.  Vision de la Nature-objet reprise par l’ère industriello-mécaniste et qui sera à l’origine de la situation écologique catastrophique que nous connaissons actuellement.

 

Certes, pour le christianisme, l’homme est au centre du monde, il a la responsabilité de celui-ci car, ayant le pouvoir de nommer, il a le pouvoir de gérer et de diriger, il est le roi du monde visible : « Le Seigneur Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Eden pour cultiver le sol et le garder » (Gn 2, 15)

Mais, et la différence est de taille, l’homme est aussi le prêtre de la Création, chargé de sacraliser l’Espace et le Temps, de rétablir le lien brisé après l’Exil. 

 

Car c’est à l’homme qu’il appartient de réparer ce qui a été brisé.  Notre rôle est double : prêtre et roi.  Cette royauté sacerdotale exclus tout comportement utilitariste de la Nature.  Celle-ci n’est pas notre esclave mais notre sujet suppliant et demandant à être réconcilié avec Dieu. 

Loin de s’enfermer dans une attitude d’un anthropocentrisme méprisant ou utilitariste vis-à-vis de la Nature, nous devons la spiritualiser, l’aider à accoucher d’elle-même : « Car la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu : livrée au pouvoir du néant — non de son propre gré, mais par l'autorité de celui qui l'a livrée —, elle garde l'espérance, car elle aussi sera libérée de l'esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu.

Nous le savons en effet : la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l'enfantement. » (Rm 8, 19-22)

 

Or, pour Saint Paul, si la Nature gémit, c’est qu’elle est vivante, c’est qu’elle ressent des émotions bref, c’est qu’elle a une âme ! 

Certes la Terre n’est pas une déesse et l’Univers n’est pas Dieu, ils n’en sont pas moins des êtres vivants « pleins de Dieu », attendant leur retour dans le sein de la Lumière Primordiale.

La Terre vivante, habitée par des myriades d'êtres visibles et invisibles, est dotée, à l’instar  des animaux et des plantes, d’une âme et peut-être consciente d’elle-même.  Cet être, nommé Gaïa, crie et gémit depuis l’Exil, rechignant parfois à donner ses fruits ou ne pouvant s’empêcher d’avoir des soubresauts (de douleurs ?), tsunami et tremblements, dont nous payons le prix.

Cette Terre, création divine au même titre que nous, nous devons la traiter avec les égards et l’amour fraternel qui devrait présider à toutes les relations entre les êtres vivants. 

L’écologie est plus qu’une nécessité vitale ou scientifique, c’est une fonction spirituelle et eschatologique essentielle de la nature humaine.  Nous sommes les gardiens de la Nature, en tant que tel, il est temps que l’écologie retrouve sa place dans le domaine du sacré certes mais aussi que le sacré inspire une saine et responsable écologie. 

 


Par Galahad - Publié dans : La marche du Monde - Communauté : Le Monde Spirituel
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Vendredi 19 juin 2009

Tant l’Empereur est l’autorité temporelle, tant le Pape symbolise l’autorité spirituelle.  Prêtre ultime, le Pape est la spiritualité suprême, nue, celle qui éclaire sur les lois de l’Univers et les chemins que Dieu emprunte.  Le Pape incarne la Vérité et celle-ci s’exprime sur les trois plans d’existence : physique – psychique (psychologique) et spirituel (animique), action représentée par la triple croix de son bâton.  On peut aussi dire que le Pape est celui qui a réussi à actualiser en lui les trois amours de la Création : Amour de la Nature, Amour du Prochain et Amour du Monde Céleste (Anges, Saints, Archanges…).

Triplicité également présente sur la tiare papale symbolisant depuis le XIVe siècle les trois pouvoirs du Pape : Pouvoir d'Ordre sacré (en tant que Vicaire du Christ et successeur de Pierre, il nomme les évêques et est par excellence le "grand prêtre" ici-bas), le pouvoir de Juridiction (en vertu du pouvoir des clefs, celui de lier et délier sur la terre et au ciel), le pouvoir de Magistère (en vertu de l'infaillibilité pontificale).

 

Le Pape siège entre deux colonnes, Rigueur et Miséricorde.  Rigueur, car nulle recherche spirituelle sérieuse ne peut s’effectuer en dehors d’un cadre de base servant à penser et à organiser le réel.  Miséricorde, car d’autre part, le Pape se doit de maintenir la liberté créatrice, la lumière de la connaissance doit pouvoir atteindre tous les esprits et tous les esprits doivent pouvoir monter jusqu’à elle dans un double mouvement de rencontre.  Or, l’on ne peut tendre vers la Lumière que dans un mouvement libre et non coercitif – tout comme dans le mariage terrestre – le mariage céleste ne peut se consommer que dans le respect et la liberté.  C’est pourquoi malgré la rigueur qu’il incarne, le Pape se trouve entre les deux colonnes.  C’est, à vrai dire, la seule place d’où il peut dispenser ses bénédictions sur le peuple assemblé devant lui.

 

Car au sein de ce peuple assemblé devant lui, il y a des hommes et des femmes de niveau et d’avancement spirituel divers.  Des gens qui ont une tournure d’esprit fort différente les uns des autres et qui par conséquent ont besoin de vivre des expériences différentes afin de progresser et de s’ouvrir au Logos.  De fait, le Pape dans sa grande sagesse, parce qu’il a lui-même traversé la vie avec ses plaisirs et ses difficultés est censé être porteur de ce Logos, ce qui est symbolisé ici par les pans du manteau refermés à hauteur du centre spirituel de la parole figuré par la fibule circulaire.  Le Pape, ce guide bienveillant, conduit sans forcer et en bénissant, car il sait qu’aucune expérience de la vie n’est blâmable pour autant qu’elle ne nuise pas aux autres.  Toute nourriture du corps et de l’esprit est bonne à expérimenter même si, in fine, il faudra faire des choix car toute nourriture ne convient pas à tout le monde :

 

« Tout est permis », mais tout ne convient pas. « Tout est permis », mais tout n'édifie pas. Que nul ne cherche son propre intérêt, mais celui d'autrui. Tout ce qu'on vend au marché, mangez-le sans poser de question par motif de conscience ; car la terre et tout ce qu'elle contient sont au Seigneur. Si un non-croyant vous invite et que vous acceptiez d'y aller, mangez de tout ce qui vous est offert, sans poser de question par motif de conscience. Mais si quelqu'un vous dit : « C'est de la viande sacrifiée », n'en mangez pas, à cause de celui qui vous a avertis et par motif de conscience ; je parle ici, non de votre conscience, mais de la sienne. Car pourquoi ma liberté serait-elle jugée par une autre conscience ? Si je prends de la nourriture en rendant grâce, pourquoi serais-je blâmé pour ce dont je rends grâce ? Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. Ne soyez pour personne une occasion de chute, ni pour les Juifs, ni pour les Grecs, ni pour l'Eglise de Dieu. C'est ainsi que moi-même je m'efforce de plaire à tous en toutes choses, en ne cherchant pas mon avantage personnel, mais celui du plus grand nombre, afin qu'ils soient sauvés. » (1 Cor. 10 : 23 - 33 ).

 

Les deux colonnes représentent aussi le double mouvement de la prière qui monte vers le Ciel pour y chercher la Grâce avant de redescendre sur la Terre.  Ainsi, l’un des orants à la main levée pour recueillir la grâce et l’autre la main baissée pour la dispenser sur la Terre (position qu’adopte également les derviches mevlevis ou derviches tourneurs lors de leur rituel).       

 

Malheureusement, comme on le sait, au cours de l’histoire, le Saint Siège a souvent oublié de se placer entre les colonnes, préférant incarner une loi aussi froide qu’arbitraire, aussi condamnatrice que peu compassionnée.  Comme toute les cartes du tarot, la carte du Pape est un archétype idéalisé.  Le Pape de Rome, lui, est censé incarner cet archétype, l’histoire et l’actualité nous montre que l’homme colle à la fonction avec plus ou moins de bonheur ou s’en éloigne carrément selon les époques.

 

Néanmoins, s’il doit être compréhensif pour pouvoir guider son peuple, il est aussi vrai que le Pape n’a pas à suivre les modes d’une époque déterminée car il incarne la Vérité Spirituelle Eternelle qui parfois est inversée par rapport à une vérité culturelle relative : « Que personne ne s'abuse : si quelqu'un parmi vous se croit sage à la manière de ce monde, qu'il devienne fou pour être sage ; car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. » (1 Cor 3 ; 18 – 19 )

Au Pape donc, d’unir la vérité relative et la Vérité Essentielle afin que la seconde puisse transmuter la première et l’élever tout entière.

 

En conclusion, le Pape est le représentant de la Force spirituelle qui équilibre les trois niveaux d’existence de l’homme.  Cet équilibre est symbolisé par la figure de la Rose-Croix et par celle du Pentacle, toutes deux figurées par le nombre cinq qui est également le nombre de cette lame.

Enfin, il ne faut jamais perdre de vue que le Tarot présente avant tout notre parcours personnel individuel.  Car il est faut de dire que certains sont sur la Voie et d’autres non, nous sommes tous sur la Voie qu’on en ait ou pas conscience.  Or, le Pape, avant d’être un humain siégeant à Rome et occupant diverses fonctions, est un état d’être intérieur qu’il nous faut atteindre.  Par la recherche d’équilibre, par la culture de la bienveillance, par la prière sincère et l’Amour de la Création, nous devons éveiller notre Pape intérieur, celui qui règnera sur notre être devenu Temple de l’Esprit.

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Religions en toute liberté
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Vendredi 12 juin 2009

Sur certains blogs et sur certains forums, on voit souvent des auteurs qui s’insurgent contre la vague « bien-être » et qui entendent marquer la distinction radicale entre « bien-être » et spiritualité.

 

Nous vivons dans un monde de combats et dans une société de compétition extrême, pourtant notre âme à besoin d’une ambiance harmonieuse pour s’épanouir.

 

La tension nerveuse et le stress sont autant d’agressions qui mettent à mal notre bien-être et qui nous freinent sur le chemin de l’évolution spirituelle.  Car s’il est évident que la spiritualité est infiniment plus que le « bien-être », celui-ci n’est pas moins la condition de base pour une spiritualité seine et épanouie.  Ce n’est que serein et fort qu’on peut emprunter la voie étroite de l’Illumination qui est la seule véritable spiritualité.  Car les délires culpabilisateurs et masochistes qu’on a trop vu en occident, ne sont finalement que l’expression de névroses pathologiques et d’hystérie psychosomatique aussi dangereuse pour le corps, que pour l’âme et l’esprit. N’en déplaise aux amateurs de cilices et autres disciplines sanglantes…  Bien sûr,  certains saint chrétiens ou autres, choisissent parfois de prendre sur eux la souffrance de l'humanité mais tout le monde n'a pas ce charisme.  Et bien sûr, toute vraie spiritualité implique également un dur combat intérieur pour affûter la lame de l’esprit ainsi que parfois des nuits obscures aux ténèbres moites où se dépêtre l’imprudent voyageur intérieur.  Depuis l’Exil, toute recherche de la Grâce divine se heurte à l’opposition de l’ennemi tapi dans les marécages putrides d’un inconscient non encore purifié.  Et la rencontre avec ces adversaires là, prendra souvent des allures de champ de bataille intérieure pour lesquelles il faudra être préparé et équipé.  Mais quiconque a combattu, sait qu’on ne peut gagner une guerre qu’en étant serein, fort et stable.  

 

Sérénité donc, à rechercher dans les techniques mystiques développées aux cours des siècles par la Tradition, prière du cœur, hésychasme, oraisons, méditation, autant de techniques qui nous permettent de pacifier la conscience, de l’éclaircir, de la rendre plane et transparente à la Lumière du fond.

 

Pour cela nous devons commencer par développer dans notre quotidien, une attitude de détachement par rapport aux multiples frustrations dont nous sommes l’objet.  Ce détachement n’est pas un « je m’en foutisme » ou une indifférence au monde mais plutôt une mise en perspective, une prise de conscience de ce qui est vraiment important et de ce qui ne l’est pas, de provoquer un relâchement des tensions.  Ce détachement est la condition sine qua non pour passer à l’étape suivante : l’Amour de soi et des autres.

En effet, tant qu’on reste dans un émotionnel emprunt de culpabilité, la tentation est forte de céder également à un émotionnel de jugement, sentant la paille, on ne voit que la poutre.  Il faut donc pacifier cet émotionnel basique afin de s’aimer soi-même pour pouvoir aimer les autres (car on ne peut donner que ce que l’on a).  Détaché de tout jugement, on n’est plus agressé par les travers d’autrui, on peut voir au-delà et accueillir les autres comme l’âme pure en devenir qu’ils sont.

 

Tout cela peut paraître évident à dire, moins à faire mais dans la synergie censée nous rapprocher de Dieu, il est important de faire céder le mur qui nous sépare de Lui, des autres et de nous-même.  Mur dont les briques sont les innombrables frictions et tensions de nos journées de courses éperdues, nos préjugés discriminatoires, nos illusions culturelles relatives, et nos passions tout aussi illusoires. 

 

Dans la tradition première du christianisme, le repentir n’était pas le larmoiement geignard qu’on en a souvent fait, le repentir était le fait de « voir les choses telles qu’elles sont ». 

 

Lorsque notre corps et notre esprit sont en « bien-être », le flux des pensées se calme, on peut laisser venir à soi la « Vision Vraie ».

En voyant les choses telles qu’elles sont, avec sincérité, en perçant le voile des apparences, on fait tomber le mur qui nous sépare de Dieu.  Soudain le calme s’installe, on peut alors tendre vers les étoiles et s’élancer dans le ciel sur les ailes de la prière ou de la méditation flèche.  Dieu nous trouve le cœur ouvert, prêt à l’accueillir.
Par Galahad - Publié dans : Réflexions sur le chemin - Communauté : COEUR DE LUMIERE
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Vendredi 5 juin 2009

J’aurais voulu m’élever vers les étoiles infinies, quitter cette Terre et sa mesquinerie et me baigner dans les espaces sans fin de la voie lactée.

Mais je ne suis qu’un petit terrien vivant entre deux siècles, je n’ai pas l’intelligence d’un astronome, d’un physicien quantique.

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors je tourne mon regard vers l’intérieur cherchant à y observer les constellations qui s’y trouvent afin de trouver le sens et le chemin sacré qui me mènera au Graal. 

 

J’aurais voulu échapper à la morne société consumériste et partir loin, très loin, là où la vie ne s’achète pas, là où chaque battement de cœur résonne comme un coup de gong dans le silence blanc.

Mais je ne suis qu’un petit terrien vivant entre deux siècles, je n’ai pas de vaisseau interstellaire pour me porter vers l’au-delà du platement économique.

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors je me détache intérieurement du système mécaniste délétère et observe mes contemporains s’agiter comme une fourmilière en ébullition.  Je voudrais leur dire de ralentir, de s’arrêter un instant et de regarder le soleil, mais ils ne m’écoutent pas, ils ne m’entendent pas, entre eux et moi, il y a comme une vitre, un verre qui ne cesse de s’épaissir.

 

J’aurais voulu fuir la grisaille de l’abrutissement, de la vulgarité, du manque d’imagination et du désenchantement.  Je voulais respirer la magie de l’Univers, me ressourcer dans les courants chromatiques stellaires et être bercé par la musique des sphères.

Mais je ne suis qu’un petit terrien vivant entre deux siècles, au cœur d’une société schizophrène qui n’en finit pas de se débattre avec ses modes de pensées rationalistes, matérialistes et scholastiques.

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors je m’ouvre à des mondes autres, des mondes à la lumière apaisante, des mondes d’harmonies et de couleurs, de Nature et d’enchantement, au cœur des forêts là où les rayons du soleil sont d’émeraude, sur le bord des rivages marins là où le Grand Océan me chuchote des secrets non encore connus des mortels, dans les brumes des rêves éveillés là où l’air tinte comme du cristal et les lunes jumelles sont pareilles à des globes d’or et d’argent liquide.

 

J’aurais voulu m’extraire des ténèbres obscurantistes qui coulent des esprits bornés et giclent des cœurs intégristes.  J’aurais voulu baigner dans la Lumière d’une spiritualité qui n’a pas peur d’elle-même et des autres, une vraie spiritualité d’Amour, de quête de sens et de connaissance, une spiritualité qui motive la science, qui explore l’infiniment petit et l’infiniment grand.

Mais je ne suis qu’un petit terrien vivant entre deux siècles, je ne suis pas un Prophète, un Pape ou un prêtre.

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors je me plonge dans les écrits des maîtres éclairés, des grands explorateurs de l’invisible, de ceux qui possédaient l’autorité de ceux qui savent car ils avaient vu et entendu la Parole.  Je déchiffre leurs mots et décortique leur pensée et je tente de me hisser vers leur niveau de vision pour enfin, à ma petite mesure, faire rejaillir ces fontaines de lumière qui ne désirent qu’une seule chose : abreuver l’humanité. 

 

J’aurais voulu respirer le frisson exaltant de l’aventure, connaître l’ivresse de l’adrénaline coulant à flots dans les veines, connaître la sensation qui accompagne la découverte d’un nouveau monde.

Mais je n’ai pas l’endurance et la volonté des explorateurs de l’enfer vert – jaune ou blanc.

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors je crie vers toutes les directions et mes mots portés par le vent invisible montent jusqu’au Cœur des cœurs et j’espère qu’ils y trouvent un écho et qu’ils reviendront me frapper tels les chants d’un barde angélique qui me rapportera les nouvelles d’un monde vivant.

 

J’aurais voulu connaître la fierté d’être une partie individualisée d’un tout oeuvrant pour la gloire de l’ensemble, retrouver l’esprit des cathédrales mais à l’échelle d’une humanité unie dans sa diversité et son désir de construire un royaume de paix et de bien commun.

 

Mais je ne suis qu’un petit terrien vivant entre deux siècles dans un monde ultra individualiste et superficiel qui ne vit plus son élan épique qu’au cinéma.  Je n’ai pas le pouvoir politique ou économique pour changer quoique ce soit. 

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors j’enfourche la monture ailée de la méditation et de la prière et tente d’aller cueillir les roses d’or immortelles du Paradis afin, par magie peut-être, d’ensemencer la Terre de leurs pétales.

Je fait œuvre de volonté et cherche à briser en moi toutes les digues des préjugés et à construire des ponts plutôt que des murs.  Je cultive ce sentiment chevaleresque qui me vient d’un temps oublié et cette bienfaisance désuète tout en me riant des embûches de la vie car tout cela est sans doute trop important que pour être pris au sérieux.      

Par Galahad - Publié dans : Poésie Symbolique - Communauté : Communauté spirituelle
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Vendredi 29 mai 2009

Un jour, un maître de taï-chi m’a confié que le véritable maître d’art martial est à la fois un philosophe et un mystique.  En tant que philosophe, il cultive la sagesse, en tant que mystique, il recherche la paix du cœur et de l’âme.  Possédant l’art du combat jusque dans ses moindres subtilités, il est sûr de sa force et ne craint rien.  Cette force qui est sienne, lui donne une telle assurance qu’il n’a pas besoin de se battre, le combat et les ennuis le fuient comme les moineaux s’égaillent devant la foulée du tigre.

 

La  véritable force et la véritable puissance donnent plus de devoirs que de droits et seul le fort peut-être réellement non violent ou pacifique.

Ainsi, l’Empereur est le symbole par excellence de la force et de l’autorité.  L’une de ses mains porte un globe terrestre surmonté d'une croix, tandis que l’autre porte un sceptre (et non une épée).  Ses pieds sont croisés devant lui comme s’il s’empêchait de bouger car s'il règne sur le monde (le globe), il le fait par la Sagesse du sceptre et l’autorité de l’Esprit (la croix) et non par la force du glaive et la peur.


Lorsque le Roi des rois fut crucifié, certains le mirent au défi d’utiliser le pouvoir qui était le sien en tant que Dieu incarné : « Les passants l'insultaient, hochant la tête et disant : « Toi qui détruis le sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es le Fils de Dieu, et descends de la croix ! » De même, avec les scribes et les anciens, les grands prêtres se moquaient : « Il en a sauvé d'autres et il ne peut pas se sauver lui-même ! Il est Roi d'Israël, qu'il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui » (Matthieu 27 ; 39-43).


Il est évident que le Christ avait le pouvoir de foudroyer ses adversaires, de les subjuguer ou de les terrasser et que s'il l'avait fait, tout le monde aurait cru.  Mais quel exemple aurait-il donné ? Quelle philosophie abjecte l’humanité en aurait-elle tiré ? Celle du fort qui écrase le faible, celle de la puissance érigée en idole, celle du dieu qui foule aux pieds ses pauvres fidèles.  Et Dieu sait que l’humanité a déjà trop tendance à tomber dans ce travers, combien l’histoire ne nous donne pas d’exemples de tyrans, hiérophantes, et autres prélats gorgés de leur puissance et en abusant sur les bases de la pyramide hiérarchique… et je ne parle même pas des patrons d’entreprise actuels méprisants leurs employés taillables et corvéables à merci.


Par sa présence dans le jeu du Tarot, la carte de l’Empereur, nous enseigne l’autorité et le bien-fondé du modèle hiérarchique mais une hiérarchie fondée sur le service et sur l’Amour et non sur la compétition, l’abus de pouvoir et le mépris.  Si Jésus appelait Dieu « son Père », ce n’est pas par machisme ou sexisme déplacé, c’est parce que Dieu présente les aspects de force et d’Amour qu’on relie à la paternité.  L’Empereur apporte la structure bienveillante de la vie et de la pensée, structure nécessaire à la réalisation du Soi et à la construction de l’harmonie.  Mais il montre également la Force infinie du pouvoir soumis à l’Amour.  Cette carte pourrait avoir comme devise « la volonté mais la volonté soumise à l’Amour ».  Car c’est seulement quand les hommes mettront leur volonté et leur force au service de l’Amour que la blessure provoquée par l’Exil pourra être guérie et que l’Univers pourra être transfiguré.  Comprendre cela, c’est comprendre la beauté infinie du sacrifice du Fils du Dieu, c’est comprendre le Mystère de la Passion.  Comprendre cela, c’est comprendre que ce Mystère ne possède en lui nulle trace de masochisme, de légalisme et qu’il est autre chose qu’une représentation sanguinolente.  Car la Passion, c’est l’expression ultime du Pouvoir et de la Force, c’est Dieu qui se donne en entier par Amour comme la Lumière subtile descend au cœur des ténèbres grossières.


Il appartient à l’humanité qui est à l’image de Dieu de ne faire rien de moins : régner par la force de l’Amour, actualiser sa fonction de prêtre-roi de la Création. 

Cela sous-entend de régner en premier lieu sur notre royaume intérieur avec fermeté mais avec également avec foi et Amour, afin de transmuter nos manquements en forces de lumière, de guérir nos brisures et de devenir des Chevaliers du Christ : « Pour finir, armez-vous de force dans le Seigneur, de sa force toute-puissante. Revêtez l'armure de Dieu pour être en état de tenir face aux manœuvres du diable. Ce n'est pas à l'homme que nous sommes affrontés, mais aux Autorités, aux Pouvoirs, aux Dominateurs de ce monde de ténèbres, aux esprits du mal qui sont dans les cieux. Saisissez donc l'armure de Dieu, afin qu'au jour mauvais, vous puissiez résister et demeurer debout, ayant tout mis en œuvre. Debout donc ! A la taille, la vérité pour ceinturon, avec la justice pour cuirasse et, comme chaussures aux pieds, l'élan pour annoncer l'Evangile de la paix. Prenez surtout le bouclier de la foi, il vous permettra d'éteindre tous les projectiles enflammés du Malin. Recevez enfin le casque du salut et le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu. » (Ephésiens 6 ; 10-17)


L’homme est par nature le Prince de la Création mais, chargé de ramener celle-ci à Dieu, il est un prince qui se doit d’exercer son pouvoir comme un sacerdoce sacré et non comme une tyrannie.  Seulement alors la Création gémira de plaisir et non plus de douleur : « Car la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu :livrée au pouvoir du néant — non de son propre gré, mais par l'autorité de celui qui l'a livrée —, elle garde l'espérance, car elle aussi sera libérée de l'esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. »  (Rom 8 ; 19-21)

 

La carte de l'Empereur est symboliquement reliée à la lettre Daleth.

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Le Monde Spirituel
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Vendredi 22 mai 2009

Après avoir vaincu la Mort et donné ses ultimes enseignements pendant 40 jours, le Christ rejoint le Royaume des Cieux, le monde spirituel et invisible ; « Donc le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu » (Marc 16 ; 19).

Ensuite, les disciples s’en retournent rassérénés vers Jérusalem « Quant à eux, après s'être prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie ; ils étaient constamment dans le temple et bénissaient Dieu. » (Luc 24 ; 52-3)

 

La Crucifixion et la Résurrection sont des moments cruciaux dans l’histoire de l’Humanité.  Pendant ces deux moments clés, l’Histoire de l’humanité se trouve bouleversée, la Mort est vaincue par l’Envoyé qui nous montre que notre situation misérable d’humain exilés et mortels n’est pas irrémédiable.  Tout au long de sa vie, le Christ enseigne mais c’est dans la mort vaincue qu’Il nous montre la Voie…Voie de la Vie foulant la mort aux pieds…Voie de la Lumière chassant la ténèbre…Voie de l’Amour mouvant l’Univers... Voie banissant la grisaille quotidienne pour nous faire participer au Royaume...

 

Quoiqu’ « enlevé au ciel », le Christ n’en reste pas moins parmi nous comme Il le montre quelques jours plus tard en envoyant le Feu de la Pentecôte sur ses disciples.  Malgré les horreurs, malgré la maladie, la faim et la guerre, malgré le fanatisme, la douleur et les discriminations, malgré le froid, la folie et l’ignorance qui frappent notre planète à chaque instant, nous devons prendre conscience que le Christ, Lumière Eternelle est partout présent.

 

Dans notre époque cynique et matérialiste, ces mots peuvent sembler vains, creux, voire niais.  Il n’en est rien.  Certes l’Exil a enfermé la conscience dans des formes figées qui n’évoluent que par leur destruction progressive (vieillesse) et définitive (mort).  Plutôt que de pouvoir évoluer à la vitesse de la pensée et de la lumière comme c’était le cas avant la Chute, nous sommes pris dans ces tuniques de chair qu’il nous appartient de transfigurer, tout comme le monde qui nous entoure. 

Et certes, plutôt que d’être en permanence en communion avec Dieu et Sa gnose, la souffrance doit trop souvent faire œuvre d’éveilleur de conscience.

Pourtant, le bonheur est à portée de main pour qui sait vivre pleinement, c'est-à-dire celui qui sait allumer son feu intérieur et s’ouvrir à la Lumière qu’il porte pour devenir un porteur d’Amour.

Il ne s’agit pas de devenir mièvre, endormi ou allumé mais bien de pouvoir répondre à l’appel ultime, celui du Verbe divin qui retentit en tout endroit, à chaque instant.  Celui qui veut tendre l’oreille dans le silence et plonger son regard dans les profondeurs de son océan intérieur pourra toucher du doigt cet Amour Ineffable que l’Eternel nous offre en permanence, celui-là se rendra compte de l’extraordinaire pouvoir purificateur et transformateur de cette Lumière, il prendre conscience que la Présence est partout en permanence et loin d’être une idée vaine, c’est la plus pure et la plus forte des réalités.

 

Dieu est réellement présent dans notre vie quotidienne, pas comme une idée consolatrice mais comme un être réel, un Etre qui s’incarna et ne quitta plus l’Histoire mais aussi notre histoire personnelle.  Celui qui réussi à tendre la main vers Yechoua, ne sera pas déçu car Il lui enverra alors les Feux de la Pentecôte qui illumineront sa conscience et sa vie, la transformant en Grand Œuvre et l’élevant vers Dieu dans une préfiguration de Vie Eternelle au quotidien.

Par Galahad - Publié dans : Réflexions sur le chemin - Communauté : Religions en toute liberté
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Vendredi 15 mai 2009

Le Soleil est au centre de l’Univers comme le cœur est au centre de l’homme.  Sans Soleil, pas de chaleur ni de vie sur Terre.  Sans cœur, pas de chaleur ni de vie en l’homme.

Du centre de l’Univers, le Soleil darde ses rayons sur la Terre.  Ceux-ci apportent l’énergie invisible qui va permettre à la vie de s’exprimer.  Plus une région est exposée au Soleil, plus la vie éclos dans une multitude de formes, dans une luxuriance d’expressions.

 

« Observe que la Nature parle plus haut le jour que la nuit, vérité que la moindre expérience te confirmera et ton intelligence en apprendra aisément la raison.  Elle t’apprendra que le Soleil est le Verbe de la Nature.  Que quand il la prive de sa présence, elle ne jouit plus de l’usage de ses facultés.  Mais que, quand il vient lui rapporter la vie par sa parole de feu, elle redouble ses efforts pour manifester tout ce qui est en elle. » dit le Philosophe Inconnu dans son livre « Le Ministère de l’Homme Esprit ».

 

Si l’âme n’a pas son siège dans un endroit particulier du corps mais est partout présente, c’est néanmoins dans le cœur que se situe le pont qui mène au Royaume des Cieux.  Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, le cœur est le centre de vie de l’homme comme l’astre du jour est celui du système dans lequel nous vivons. C’est du cœur que s’écoulent les rayons de lumière qui vont permettre à la vie spirituelle de mûrir et d’exprimer sa luxuriance.  Tout comme le Soleil est l’image physique du Dieu Ineffable, le cœur est le contenant du Verbe qui vient apporter la vraie Vie par sa parole de feu.

 

Mais de peur d’être comme le pays trop exposé au Soleil qui se transforme en désert, il nous faut irriguer notre royaume intérieur aux eaux vives de l’Amour.  Dans les tréfonds de notre cœur, par la grâce de la prière.  S’opère alors l’alchimie merveilleuse entre le feu divin et les eaux de la miséricorde divine – entre la Force et l’Amour.  Car comme disait Saint Paul « Quand je parlerais les langues des humains et des anges, si je n'ai pas l'amour, je suis une pièce de bronze qui résonne ou une cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi qui transporte des montagnes, si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens, quand même je livrerais mon corps pour en tirer fierté, si je n'ai pas l'amour, cela ne me sert à rien. » (1 Corinthiens 13 :1).

 

Par la Grâce du Verbe présent en chaque cœur, l’alchimie intérieure mêle l’Amour et la Force pour donner naissance à la sublime Lumière qui va irradier dans la conscience et le corps tel le Soleil resplendit dans l’Univers.  Le cœur de chair devient un cœur de feu qui réchauffe mais ne brûle pas, qui éclaire mais n’aveugle pas, tout l’être est transfiguré et fait un pas vers sa réintégration, vers l’état où il sera unit à Dieu sans confusion ni séparation, il est devenu un cœur de Soleil !

Par Galahad - Publié dans : Théosophie - Communauté : COEUR DE LUMIERE
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Vendredi 8 mai 2009

La tradition spirituelle et ésotérique occidentale a beaucoup développé la notion d’androgynéité sans laquelle, pour Franz von Baader, les mystères de la religion resteraient impénétrables.

« Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre ! Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa ;

mâle et femelle il les créa. » (Gn 1 :26-27).  Ce passage de la Genèse est celui qui fait mention pour la première fois de l’espèce humaine semble plaider pour une création androgyne de l’Adam Kadmon, de l’âme humaine.  Avant la chute, l’âme humaine possède les deux  polarités en elle.

 

L’Homme, contrairement aux animaux, fut créé directement par Dieu, non pour vivre sur Terre mais pour régner sur elle et sur la Création.  Pour Martines de Pasqually, « Adam, dans son premier état de gloire, était le véritable émule du Créateur.  Comme pur esprit, il lisait à découvert les pensées et les opérations divines… Adam (…) vit que sa puissance était grande et apprit à connaître avec certitude une partie du tout composant l’univers.  Cette partie est ce que nous nommons le particulier, composé de tout être actif et passif habitant depuis la surface terrestre et son centre jusqu’au centre céleste appelé mystérieusement ciel de Saturne » (Pasqually, Traité de la Réintégration des Etres, 8)

Dans cet état, la responsabilité de l’Homme était lourde puisqu’il s’agissait ni plus ni moins que d’être le gérant de l’Univers pour le Créateur ; « Adam aussi avait part à ce flamboiement et à cette splendeur de Dieu avant la transgression, quand il était vraiment couvert d’un vêtement de gloire, il n’était pas nu.  Mais il était bien plus paré de beauté, cela va sans dire, que ceux qui maintenant sont couronnés de diadèmes ornés de beaucoup d’or et de pierres brillantes. » (Grégoire Palamas, 150 chapitres, 67) 

 

Par ailleurs, il est dit « Dieu les bénit et Dieu leur dit : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre ! » (Gn 1 :28) 

A cette époque d’avant le temps tel que nous le connaissons, l’âme humaine est un agent-esprit comprenant directement la volonté divine et se reproduisant de manière autonome sans que ses polarités masculine et féminine n’actualisent leur opposition.

« Adam ayant ainsi opéré et manifesté sa volonté au gré du Créateur, reçut de lui le nom auguste d’homme-Dieu de la terre universelle, parce qu’il devait sortir de lui une postérité de Dieu et non une postérité charnelle. »(Pasqually, ibidem, 10)

Pour von Baader, la mission d’Adam était de maintenir en soi l’état d’androgyne afin de se « fixer » lui-même comme une image de Dieu par elle-même ni mâle ni femelle.  De cet ordre d’idée, l’Homme, la plus jeune des classes d’esprit émanée par Dieu, n’était pas immuable mais devait faire en quelque sorte ses preuves pour devenir le Roi tout-puissant de la Création ne connaissant que Dieu comme suzerain.

Par Galahad - Publié dans : Théosophie - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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Samedi 2 mai 2009

L’histoire a montré combien l’évolution humaine se fait par paliers, par étapes.  Toutes les civilisations ont connu les fameux cycles de naissance, d’apogée puis de déclin et de mort.  Cette mort fut parfois définitive, parfois elle ne fut que le prologue à une nouvelle naissance, à une résurrection.

 

Tout mouvement qu’il soit politique, religieux ou mystique est soumis à cette loi divine d’impermanence quand bien même il se croirait éternel et au-dehors de cette terrible loi d’évolution.  Freiner des deux pieds ne rend que l’agonie plus douloureuse et limite les chances de revenir à la vie car plutôt que de se construire une chrysalide afin de se protéger et de renaître, on utilise ses dernières énergies à lutter contre l’inévitable.

 

Les Eglises chrétiennes et le christianisme en général ne font pas exception à la règle.  Après deux mille ans d’existence, le christianisme doit, à mon sens, quitter certaines habitudes dépassées afin d’envisager le troisième millénaire de son existence avec la force et la sérénité qu’il convient.

Ainsi, serait-il temps de concéder que si l’Eglise se veut l’épouse du Christ, le réceptacle de l’Esprit, elle est avant tout composée d’hommes qui dans toute l’infaillibilité que le Saint Esprit est censé apporter ont tout de même plongé le monde occidental dans les flammes de l’Inquisition, dans l’abjection de l’anti-sémitisme, dans le sang des croisades, dans les affres de la culpabilisation, dans les chaînes d’un ascétisme doloriste, dans les douleurs des mortifications masochistes et dans la négation pathogène de la sexualité…

Et si les choses ont été mieux vécues au sein de l’Eglise d’Orient, il faudrait tout de même faire preuve d’humilité et bannir toute notion d’infaillibilité et d’inspiration divine au sein des institutions humaines.

Il m’apparaît que l’humanité a besoin de guides spirituels, montrant l’exemple de la compassion, et menant les fidèles vers la voie de la déification individuelle, de la réparation et de la réunion à Dieu et non de législateurs froids se posant en intermédiaire d’un Dieu formaliste, sanguinaire et vengeur.

 

Dans cet ordre d'idée, peut-être serait-il temps de remplacer les gémissements et les culpabilisations morbides par la force sereine donnée par la spiritualité vraie en Christ ? Car une conscience qui repose dans la Lumière est une conscience épanouie.

 

L’Eglise se pose actuellement comme adversaire des pratiques ésotériques fort à la mode ces derniers temps.  Or, lorsqu’on étudie l’histoire du christianisme, on voit qu’il n’en a pas toujours été ainsi.  Que souvent, des hommes de grand esprit au sein de l’institution ecclésiale,  ont pratiqué l’astrologie, la mancie, voire la magie. 

C’est que, loin des horoscopes vulgaires, la vraie astrologie, placée dans un contexte théologique peut être un outil très efficace pour se connaître soi même et prendre conscience de l’union qui existe entre le microcosme et le macrocosme, entre la Terre et l’Univers, entre l’individu et Dieu.  Car si celui-ci est transcendant, il est aussi immanent et toute chose est soumise à Sa volonté.

C’est qu’une mancie, lorsqu’elle est consciemment dirigée vers Dieu est un procédé efficace pour se mettre au diapason de Sa volonté.  Les premiers apôtres le savaient d’ailleurs fort bien et la pratiquèrent lorsqu’il fallut choisir un successeur à Judas : « On proposa alors deux hommes : Joseph, appelé Barsabbas, surnommé aussi Justus, et Matthias. Puis l'assemblée fit cette prière : « Seigneur, toi qui connais le cœur de tous, montre-nous lequel de ces deux tu as choisi pour occuper, dans cette fonction d'apôtre, la place que Judas a quittée pour aller à celle qui lui revient. » Ils tirèrent alors au sort et le sort désigna Matthias, qui fut donc associé aux onze apôtres. » (Actes 1 : 23-26)

Ils auraient tout aussi bien pu tirer les cartes, les runes ou le yi-king.

Quand à la magie qui consiste à appeler les énergies divines afin de se voir réaliser des œuvres diverses, elle est très courante dans le monde chrétien sous forme de thaumaturgie. 

Bref, ce n’est pas les pratiques qui sont critiquables mais la vulgarisation de celles-ci ou leur utilisation à des fins mercantiles ou maléfiques. 

 

Peut-être serait-il également temps de faire la place belle à la sophiologie et de s’ouvrir à la dimension féminine et maternelle de Dieu et de consacrer des femmes prêtres ?

 

Enfin, je suis intimement convaincu de la richesse de la réflexion et de la méthode kabbaliste, racine et origine du christianisme.  La kabbale est le cœur palpitant du monothéisme judéo-chrétien et de la Bible, il serait temps que les chrétiens en prennent conscience afin de développer une kabbale chrétienne digne de ce nom.  Dans le même ordre d'idée, les origines hermétistes et hélléniques (voir l'imaginaire celtique) de la pensée spirituelle occidentale devraient être remises en valeur.

 

Avec ou sans les Eglises, le christianisme doit évoluer afin de pouvoir déployer ses ailes de lumière et s’envoler vers les cieux à venir.  Il faut que le christianisme se retourne sur lui-même et s’intériorise afin de s’élever d’un échelon vers la pleine conscience de l’Etre.  Ce n’est qu’au prix de cette mutation, qu’il pourra abandonner le vêtement du vieil homme et irriguer l’humanité de la Grâce divine.  

Par Galahad - Publié dans : Réflexions sur le chemin - Communauté : Religions en toute liberté
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