Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 18:03

Pour le génial J.R.R. Tolkien, écrire, inventer des mythes, est exercer notre pouvoir créateur qui nous rend semblable à Dieu. Et cela d’autant plus si consciemment nous cherchons à transmettre la Vérité.  Tolkien, très catholique (on connaît son amitié avec C.S.Lewis, qui deviendra l’un des plus grands théologien du XXe siècle à son contact), a très vite l’idée de former une grande mythologie,  moyen puissant et efficace pour imprégner la culture de valeurs chrétiennes.


Selon le site « Catholique.org » : « on peut même dire que le Seigneur des Anneaux est une œuvre de « pré-évangélisation » : son contenu, ses valeurs, sont non seulement compatibles avec la foi, mais en constituent la toile de fond. Tolkien, dont la carrière littéraire avait commencé avec les histoires qu’il racontait à ses enfants avant de s’endormir, se rend compte du bien énorme que pourrait porter une grande épopée fantastique : le conte dépasse en effet toutes les limites culturelles et religieuses et peut permettre à tous les hommes sans distinction de « savourer sans le savoir » les valeurs inhérentes à la foi chrétienne. »

Tolkien ne cachait pas en effet que le Seigneur des Anneaux est « une œuvre fondamentalement religieuse et catholique ; elle l’était inconsciemment au début, mais consciemment dans sa révision ». Bien sûr, il ne s’agit pas d’une transposition originale de l’Evangile ou d’une simple allégorie, mais d’une histoire propre, archétypale, qui reprend de nombreux éléments mythologiques en lui ajoutant une dimension transcendantale et humaine plus importante. Car le Seigneur des Anneaux traite des questions religieuses fondamentales de toute l’humanité : la Création, la Chute, la mort, l’éternité et le destin de l’homme.

Les héros du Seigneur des Anneaux sont indéniablement humains et faibles devant la tentation.  Comment ne pas faire le rapport entre les petits hobbits et les paroles du Maîtres « Celui-là donc qui se fera petit comme cet enfant, voilà le plus grand dans le Royaume des cieux. » (Mt 18 ;4)

De même la vertu principale du noble Aragorn, pourtant roi tout puissant, est l’honnêteté sur lui-même.  Reconnaissant ses faiblesses, Aragorn refuse de s’approcher de l’anneau maudit.

 

Tolkien avait également développé la notion d’ « eucatastrophe ».  Selon ce principe, toute histoire à vocation spirituelle doit provoquer un sentiment de joie indicible par son dénouement final.  Ce retournement heureux est loin de l’happy end fade de certaines productions.  L’ « eucatastrophe » doit en effet atteindre profondément le lecteur (ou le spectateur) et l’amener à anticiper la Vérité qui est profondément Amour et Espérance :   « Pour cela j’ai créé le terme ‘eucatastrophe’, le soudain retournement heureux d’une histoire qui vous transperce d’une joie qui apporte des larmes (ce que je déclare être la fonction la plus haute que le conte doit produire). Et je fus conduit à cette idée qu’elle produit cet effet particulier parce que c’est un rayon soudain de la Vérité... »

 

Faire pressentir au lecteur, la Lumière et la Vérité, une fonction missionnaire semblable à celle des Evangiles qui après les affres de la passion baigne le lecteur dans la lumière pascale.  Et Tolkien de conclure :

  « La naissance du Christ est l’eucatastrophe de l’histoire de l’homme... la Résurrection est l’eucatastrophe de l’histoire de l’Incarnation… bien sûr, je ne veux pas dire que les Evangiles ne sont qu’un conte ; mais je tiens avec force qu’ils racontent un conte : le plus grand ».

Par Galahad - Publié dans : Art et Culture - Communauté : Autres Mondes...
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 19:52
Si le christianisme doit un jour regagner le coeur des masses, ce sera d'une part pour son message d'amour évangélique, d'autre part pour la profondeur de sa spiritualité.  Or, cette profondeur trouve ses racines dans les écrits des pères de l'Eglise.  C'est dans ces écrits que se trouve les fondements de notre spiritualité, nous avons donc tout intérêt à les voir édités et accessibles.  C'est dans cet ordre d'idée que, selon l'agence Zenit :

"Benoît XVI a remis ce dimanche le « Prix international Paul VI », appelé le « Nobel catholique » par L'Osservatore Romano, aux éditions françaises « Sources chrétiennes ». 

Au cours de la cérémonie de la remise du prix, le pape a expliqué que ce « Prix pour l'éducation » veut être « une reconnaissance de l'engagement de cette collection historique, fondée en 1942, entre autres, par Henri de Lubac et Jean Daniélou, dans la redécouverte des sources chrétiennes et médiévales » .  

Les jésuites Henri de Lubac (1896-1991) et Jean Daniélou (1905-1974) ont été créés cardinaux le premier par Jean-Paul II et le second par Paul VI, en hommage à l'extraordinaire contribution qu'ils ont apportée à la théologie du XXème siècle. Tous deux ont participé comme experts au Concile Vatican II. 

Le prix, conféré tous les cinq ans, a été remis au directeur de la collection, Bernard Meunier, à l'Auditorium « Vittorio Montini » au cours de l'inauguration du nouveau siège de l'institut Paul VI, une des raisons de la visite du Pape à Brescia, la ville d'origine du pape défunt.

« Sources chrétiennes » s'occupe surtout d'éditer les principaux textes des fondateurs du christianisme, les pères de l'Eglise (textes grecs, latins et orientaux de l'Antiquité, avec quelque prolongement médiéval), dans leur langue d'origine, qu'ils accompagnent d'une traduction française. 

C'est la première fois que ce prix récompense un travail collectif. Les personnes récompensées par le passé sont : le théologien, devenu cardinal, Hans Urs von Balthasar, le compositeur et organiste Olivier Messiaen, le théologien luthérien Oscar Cullmann, le fondateur de la communauté de l'Arche Jean Vanier et le philosophe Paul Ricœur."
Par Galahad - Communauté : Quête d'un monde meilleur
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 16:44

Que ce soit dans l’antiquité païenne ou dans le christianisme médiéval, les conteurs et les troubadours ont toujours eu une place à part.  On peut même dire que les contes furent la charpente sur laquelle se bâtit l’ensemble des civilisations.  Peut-être même que la période de décadence dans laquelle nous vivons est d’une certaine manière due à un manque de contes référentiels, la quantité des histoires superficielles noyant celles à la trame proche de la Vérité.  

 

Pourtant, on peut espérer qu’intermédiaire entre Dieu et la société, l’Esprit Saint souffle toujours, inspirant certains chanteurs, en peintres, en écrivains ou réalisateurs de cinéma.

 

Ces dernières années ont vu l’émergence d’un genre littéraire particulièrement fécond en symboles : l’héroïc-fantasy, suite à l’œuvre extraordinaire de Tolkien.

Même si l’ensemble des successeurs sont loin d’égaler le maître, on peut dire que par les images archétypales qu’il transporte, la fantasy se rapproche des légendes d’autrefois qui véhiculaient symboliquement la connaissance secrète.  Une œuvre comme le Seigneur des Anneaux puise formellement dans le fond celtico-germanique mais loin d’être une œuvre païenne, elle transmet plutôt, au dire de l’auteur, la sagesse chrétienne.  Comme le dit l’historien philologue David Day en parlant de Tolkien : « Avec son Seigneur des Anneaux, Tolkien a réveillé un sentiment profondément enfoui dans la conscience humaine. Il l'a fait en usant du langage universel d'images mythiques tirées de l'ère primaire de l'humanité. On sait que Tolkien avait l'habitude de regretter que la mythologie anglaise ne soit pas à la hauteur des immenses épopées grecques ou nordiques. Son but en écrivant Le Seigneur des Anneaux était de rendre à la Grande Bretagne une mythologie perdue à cause de multiples invasions. Les peuples de la Terre du Milieu ont donc leurs racines dans les plus grandes civilisations du monde. »

 

Invention d’un auteur à l’imagination fertile ? Certes, mais J.R.R. Tolkien disait lui-même qu’en utilisant notre inspiration pour créer des histoires, nous utilisons notre pouvoir divin. Qu’en créant des mythologies, nous nous rapprochons de la Vérité. 

En réalité, Tolkien présente le conte comme « la fonction la plus élevée » de l’art, puisqu’il trouve sa source dans les deux pouvoirs majeurs donnés par Dieu à l’homme : celui de nommer et de qualifier les êtres et les choses, comme il est dit dans la Genèse « Le Seigneur Dieu modela du sol toute bête des champs et tout oiseau du ciel qu'il amena à l'homme pour voir comment il les désignerait. Tout ce que désigna l'homme avait pour nom « être vivant » ; l'homme désigna par leur nom tout bétail, tout oiseau du ciel et toute bête des champs,… » (Gn 2 ; 19-20)

En créant des contes, l’homme exerce donc le pouvoir créateur que Dieu lui a donné, prolongeant la création divine et donnant naissance à des « mondes secondaires ».

L’écriture d’une histoire dans un monde de fantasy, demande de s’ouvrir à une réalité autre, plus subtile que celle du quotidien.  Tout en gardant une cohérence dans le monde qu’on invente, on s’ouvre inconsciemment à la Source Ultime d’Inspiration, on touche au Sublime. 

Par Galahad - Publié dans : Art et Culture
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Mercredi 4 novembre 2009 3 04 /11 /Nov /2009 15:20

Par ce petit livre qui se lit rapidement, Olivier Clément nous fait part de ses réflexions en ce XXIe siècle commençant.  Dans un monde déchristianisé et sécularisé à l’extrême, quel peut-être la place de ceux qui suivent le Christ ? Quel peut-être la place de ceux qui veulent vivre une spiritualité profonde et active ? Comment, après le 11 septembre, la religion peut-elle être un vecteur de paix, d’harmonie et d’évolution ?  Olivier Clément, apôtre d’un christianisme spirituel et profond nous livre ici quelques belles réflexions à méditer sans modération.

 

Verbum

« L'Évangile dans une société sécularisée

Il y a un grand besoin d'Évangile dans nos sociétés. Plus il semble devenir le patrimoine de minorités, plus nous en avons besoin, non pas comme précis de vérités opposées, mais bien plus comme langue exprimant l'amour absolu du père pour le fils qui disperse tout son bien et qui reste sans rien.

Dans la société sécularisée se développent en effet simultanément des phénomènes qui semblent en contradiction les uns avec les autres, mais qui sont fortement liés :

des spiritualités effrénées qui mettent l'accent sur l'éros et le cosmos, sur la méditation scientifiquement menée (et qui vont de la sorcellerie et de la drogue aux spiritualités orientales qui utilisent des techniques de méditation), le point commun étant la recherche d'états fusionnels, peut-être sommet du narcissisme;

l'opposition grandissante entre le Nord riche et le Sud pauvre, avec l'immense délabrement des cultures non occidentales: l'Afrique noire vouée à la magie et submergée par l'épidémie de sida, l'islam qui se crispe sur un gigantesque refus (or, l'intégrisme et le terro­risme qui défraient la chronique sont eux-mêmes des formes de la sécularisation et, paradoxalement, d'occi­dentalisation, car ils réduisent le religieux à l'idéologique, un idéologique 'qui se veut totalisant comme le furent les totalitarismes de l'Occident, et qui ouvre la voie au nihilisme d'un terrorisme suicidaire).

 

Dans ce contexte, le témoignage de l'Évangile ne peut passer que par la conscience, la liberté, le combat aussi pour une meilleure répartition des ressources de la planète. Par l'exemple et par la vie. »

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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /Oct /2009 16:18

L’Ermite se tient debout dans les ténèbres, avançant à la façon d’un aveugle avec son bâton et éclairant le chemin devant lui grâce à sa lanterne.

Comme toutes les lames du Tarot, l’ermite représente à la fois une étape que connaît la conscience personnelle sur le chemin menant vers Dieu et la charité, et d’autre part un idéal archétypal à atteindre.

 

L’Ermite représente donc le Père sage et bon, reflet du Père aux Cieux. Guide par excellence, capable d’éclairer les ténèbres environnantes car « la Lumière luit dans les ténèbres et celles-ci ne l’ont point comprise. » (Jean 1 : 5)

L’Ermite représente l’idéal de celui qui, s’isolant du pouvoir prégnant des ténèbres, peut en faire jaillir la Lumière.  Se gardant d’être contaminé par les préjugés, les faiblesses et les tentations, il est capable de voir et d’apporter la Lumière à chaque être.  L’Ermite se garde aussi, comme le faisait remarquer Valentin Tomberg, de la mégalomanie spirituelle.  Cet état de suffisance spirituel, cette étrange tendance égocentrique, fille de l’orgueil luciférien, aveugle le sujet au point qu’il se croit parvenu à la maîtrise et au droit de juger les autres.  Or, personne n’a le droit de juger autrui dans son âme.  Or, la spiritualité qui s’enfle et se nourrit d’elle-même est un gargarisme spirituel si elle ne se fait pas charité et amour inconditionnel des autres.

 

L’Ermite, parce qu’il sait qu’il avance dans un monde de ténèbres et d’illusions à l’instar de ses frères et parce qu’il possède la prudence (le bâton d’aveugle) ne tombe pas dans le piège de l’inflation égotique.  Au contraire, il sait que nous, humains limités dans un monde en chute, sommes profondément solidaires en cette vie comme en l’autre et qu’il n’est pas question de se hausser vainement mais plutôt de se stabiliser dans la vraie foi et de tendre une main vers son frère.

 

L’Ermite, comme tous les hommes (consciemment ou inconsciemment) est en manque de Dieu.  Il prend son bâton et pèlerin du cœur, part à la recherche du Dieu caché.  Ce Dieu qui se manifesta pleinement en la personne du Christ, n’est pas (comme on l’entend trop souvent dire de nos jours) un Dieu abstrait, une sorte d’énergie impersonnelle, substance même de l’Univers.  Non.  Si Dieu était abstrait ou impersonnel, il serait totalement inaccessible et n’aurait pas beaucoup d’intérêt pour nous.  Or, Dieu est une personne, créateur de l’Univers mais vivant aussi en chaque chose.

L’Ermite est un véritable chrétien car il marche vers le cœur de son cœur, cherchant sans cesse à établir le dialogue avec son Créateur qui ne veut pas être son maître mais véritablement son ami : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur reste dans l'ignorance de ce que fait son maître ; je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu auprès de mon Père, je vous l'ai fait connaître » (Jean 15 : 15).

L’Ermite a fait sienne la devise traditionnelle V.I.T.R.I.O.L.  signifiant « Visita Interiora Terrae, Rectificandoque, Invenies Occultum Lapidem » ou encore « Visite l’intérieur de la Terre, et en rectifiant, tu trouveras la Pierre Occulte ».  Autrement dit, c’est à l’intérieur de soi, à l’intérieur de son « soi brut » que se trouve l’étincelle de Lumière divine, le savoir s’appelle la foi.  Mais la foi seule ne suffit pas, il nous faut rectifier, c'est-à-dire travailler sur nous-mêmes et pratiquer le don gratuit, cela s’appelle les œuvres.  Mais la foi et les œuvres ne suffisent pas, elles préparent. Seul l’acceptation de la grâce permettra de trouver la « pierre occulte », la présence de l’Ineffable en soi.

 

Celui qui marche avec le Christ est un pèlerin de l'Invisible, un ermite « dans le monde mais non de ce monde ».  Il devient un vivant reflet du Seigneur des Mondes et éclaire la Terre de son Amour, en toute humilité, c'est-à-dire en toute Vérité.  L’Ermite est humble et vrai, il ne se rabaisse pas, il ne se gonfle pas d’importance, il se contente d’Être ce qu’il est, faisant passer l’intérêt des autres avant le sien.  Il est une lumière qui lui dans les ténèbres, un fanal pour ses frères.        

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Samedi 24 octobre 2009 6 24 /10 /Oct /2009 17:35

Il n’y a pas plusieurs christianisme, il n’y a qu’un christianisme.  Catholicisme, Orthodoxie, Protestantisme et les formes exotiques et métissée du christianisme dans les îles ou en Amérique Latine forment en réalité une seule et même religion.

C’est C.S.Lewis qui disait que toutes ces formes de christianisme étaient en réalité comme différentes pièces dans une même maison, on ne peut que penser à la phrase du Christ « Dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures » (Jean 14 ;2)

 

Les discussions pour savoir qui détient la Vérité plénière sont aussi vaines qu’inutiles, seul Dieu possède la Vérité plénière et celle-ci nous échappera à tout jamais.  Nous pouvons juste l’embrasser du regard, sans la cerner complètement, au travers du Christ qui se révèle à nous. 

 

Pourtant, il est une vérité que le Seigneur nous a rendu capable d’appréhender ou du moins de pressentir, c’est celle du devenir de l’homme : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme se fasse Dieu », voilà ce qui devrait retenir l’attention de tout chrétien en dehors des petites disputes mesquines de chapelle. 

« Lève-toi, et deviens lumière, car elle arrive, ta lumière, et la gloire du Seigneur sur toi s’est levée. » disait le prophète Esaïe et Malachie de poursuivre « le soleil de justice se lèvera, portant la guérison dans ses rayons ». 

Comme l’homme attend, chaque jour, le lever du soleil physique, image du Logos divin, il appartient à l’homme de prier pour le lever du soleil dans sa conscience.  Mieux encore, la reconversion profonde ou le retour de la conscience à Dieu (et chaque mystique sait que la reconversion est permanente) éveille la force de Lumière sommeillant en chacun.  Se faisant, l’homme éveillé va dire « oui » à la Grâce et tendre la main à Dieu (qui lui tend en permanence) et par la même entraîner tout l’Univers avec lui vers la Rédemption finale et intégrale car «… toute chair verra le salut de Dieu. » (Luc 3 :6)

Voilà donc la clé du christianisme : la régénération du corps et de l’Esprit, voilà le but de la vie chrétienne : la seconde naissance, voilà qui devrait être la seule préoccupation des Eglises : accompagner leurs fidèles sur le chemin de cette seconde naissance.

Rappelons le célèbre échange entre Nicodème et le Maître : « Mais il y avait parmi les Pharisiens un chef des Juifs, nommé Nicodème ; il vint de nuit auprès de Jésus et lui dit : Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de la part de Dieu ; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n'est avec lui. Jésus lui répondit : En vérité, en vérité je te le dis, si un homme ne naît de nouveau il ne peut voir le royaume de Dieu. Nicodème lui dit : Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? Jésus lui répondit : En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » (Jean 3 ; 1-5)

 

Le but de la vie chrétienne est de se transfigurer, de mourir à soi-même. Il faut abandonner le vieil homme, de se transformer pour devenir semblable au Christ.  Paracelse le dit très bien : « Notre mission chevaleresque sur cette terre consiste à lutter pour obtenir cette nouvelle naissance qui nous ouvre la voie de la vie éternelle. »

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Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /Oct /2009 16:48

Au dire de certains auteurs, Teith est une lettre à part.  Elle est en effet, la seule absente des 10 commandements et des noms des dix Séfiroth.  Teith se signale donc par son absence apparente, apparente car souvent dans la pensée ésotérique, l’absence est une façon de mettre en évidence, l’absence indique la présence.  Ainsi l’absence apparente de Dieu hurle sa Présence pour celui qui a des yeux pour voir.

 

Teith est la neuvième lettre de l’alphabet hébreu, or le neuf est le chiffre du changement car il est celui qui précède le commencement d’un nouveau cycle représenté par le 10.  Theith est donc cette force de changement invisible mais pourtant active au plus profonde de notre être.  Cette force de changement est la conséquence de la vie intérieur « il vous faut, renonçant à votre existence passée, vous dépouiller du vieil homme qui se corrompt sous l'effet des convoitises trompeuses ; il vous faut être renouvelés par la transformation spirituelle de votre intelligence et revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité. » (Ep 4 ; 22-24)

Ouverte vers le haut, la lettre suggère la réception de la Grâce, c’est en effet par l’ouverture à l’Esprit Saint que le vrai changement pourra s’opérer.  Peu à peu, le Christ vient habiter le cœur ou plutôt, peu à peu nous prenons conscience de la présence du Christ en nous et nous nous mettons à son diapason, lui permettant une véritable action en profondeur.

Cette action à des conséquences radicales sur l’être conscient, peu à peu les passions (colère, jalousie, orgueil) se dissolvent, peu à peu le regard s’ouvre, on voit le monde avec les yeux du cœur.  Accueillir le Christ en soi, s’ouvrir à la grâce, c’est aussi faire sienne l’exhortation de Sainte Thérèse d’Avila « Nada te turbe ! » : « Que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante ! ». 

Et la Sainte de poursuivre « Tout passe, Dieu ne change pas. La patience triomphe de tout. Celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit ! » 

 

S’ouvrir à la Grâce sanctifiante, c’est entamer un processus de transformation, de transmutation, une alchimie spirituelle qui va changer notre plomb intérieur en or pur.  Ou pour mieux le dire, nettoyer notre âme et révéler l’or caché sous les tâches provoquées par nos manquements, par nos faiblesses, par notre lâcheté et notre ignorance.  L’agent solvant universel est le Christ, en lui permettant d’agir, nous nous reposons sur Dieu qui est parfait dans l’éternité.  En permettant à la Grâce de nous transformer, nous nous rapprochons de l’Eternité immuable et parfaite, infinie et rayonnante…

 

A la fin, le superficiel est abandonné, l'illusion est détruite, le voile d'ignorance est déchiré.  A la fin tout passe… les douleurs, les bonheurs superficiels.  Tout se dilue… les angoisses, les richesses, les mesquineries, les caprices… Tout s’efface… la maladie, la mort, les limites, le temps… Seul reste l’homme régénéré, le Soi, roc d’éternité immuable au centre de l’océan cosmique, à jamais unit sans confusion à l’Autre qui est notre Père, notre Mère, notre Source Ultime.      

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Mercredi 14 octobre 2009 3 14 /10 /Oct /2009 21:17
Par Galahad - Communauté : Le Monde Spirituel
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Dimanche 11 octobre 2009 7 11 /10 /Oct /2009 10:15

Comme nous l’avons vu précédemment, l’ésotérisme chrétien véritable n’est pas séparé de la Vérité révélée par la doctrine de l’Eglise.  Il n’est pas non plus une recherche secrète et vaine de pouvoirs supra-naturels même s’il est vrai que de tels pouvoirs naturels mal connus (comme la télépathie, le décorporation) et des dons préternaturels (les dons préternaturels sont les capacités divines présentes en l’homme mais latentes depuis la chute) existent.  Les capacités naturelles non exploitées se développent parfois au cours du cheminement spirituel : télépathie,décorporation, magnétisme, télékinésie… elles proviennent simplement de parties habituellement non usitées du cerveau. 

Les dons préternaturels (du latin praeter naturalis, au-delà de la nature) sont présents dans l’âme humaine depuis sa création à l’image de Dieu.  Lorsqu’un être humain se rapproche de Dieu, il arrive que le Seigneur « active » les germes présents en lui, souffle sur la braise qui s’enflamme alors en un brasier ardent : ce sont les grandes manifestations accompagnant les Saints (guérison, lévitation, prophéties,…).  A des degrés moindres, chacun peut connaître ces cadeaux de Dieu qui se manifestent parfois dans des charismes puissants : dons phénoménales pour les arts, parler en langues, intuitions géniales, découvertes scientifiques.

 

S’il faut être ouvert aux dons qui nous viennent de Dieu, et que Celui-ci nous accorde en vue d’une mission si humble paraît-elle, la quête de pouvoir n’est jamais un but en soi.  Ce serait même contraire au cheminement spirituel.      

 

Aussi, l’ésotériste chrétien ne recherche pas de pouvoir mais simplement à s’ouvrir à la Grâce de Dieu.  Pour se faire, il met en œuvres un certains nombres de pratiques :

1) Sacrements : les sacrements de l'Eglise tiennent évidemment une place primordiale dans la vie  de l'ésotériste chrétien qui reconnait en eux la plus haute expression du sacré.

 

2) Prière : la prière et plus particulièrement l’oraison ou la prière du cœur sont la clé de voûte de la pratique spirituelle des ésotéristes chrétiens.  Elle est un moyen privilégié pour s’ouvrir aux voies du Seigneur et transformer notre cœur de pierre en cœur de chair.

 

3) Méditation : la méditation est une technique devenue fort à la mode (il y a des modes positives) grâce au bouddhisme.  Elle existe pourtant dans le christianisme des origines où les Pères focalisait le flux de leur pensée sur un mot (le Saint Nom du Christ ou une expression comme « Maranatha ») afin de provoquer un silence ou un vide dans lequel la Présence peut se déployer.

 

4) L’Astrologie : contrairement aux idées reçues la véritable astrologie fut fort pratiquée au sein de l’Eglise.  Totalement différente des horoscopes modernes, elle est surtout utilisée afin de se connaître soi-même ou d’aider les autres à faire de même.

 

5) L’Attention symbolique : L’ésotériste reconnaît que le symbole est l’un des modes d’expression de Dieu.  Comme nous vivons dans une forêt de symboles vivants, il s’exerce à percer le voile des apparences afin de tenter de comprendre ce que Dieu tente de nous faire comprendre au travers de Sa Création.  Sa vie devient alors un dialogue permanent avec le Royaume.  Les gestes sacrés comme le signe de croix devient alors porteur d’un sens cosmique et divin, il apprend à parler la langue des oiseaux.

 

6) La Magie Blanche : le terme « magie » a mauvaise presse dans le christianisme qui insiste à juste titre sur la dangerosité de certaines pratiques.  En réalité, la bonne magie consiste simplement à accorder sa volonté à celle du Christ et à utiliser la force de la prière afin de provoquer des événements bénéfiques pour soi ou pour les autres.  Les Apôtres ne font pas autre chose dans la Bible.  Autrement dit, la véritable magie blanche consiste à humblement mêler sa volonté à celle du Seigneur et ne faisant qu’un ouvrir la voie à Son action dans le monde.  Ce faisant, elle se confond souvent avec la prière d’intercession car ce n’est pas le pratiquant qui agit mais Dieu au travers lui.

En définitive, il y a peu de différence entre certaines pratiques monastiques et les pratiques ésotéristes chrétiennes.  Ce n’est pas étonnant, recherchant l’illumination intérieur et la Vie dans la Lumière, le moine pourrait être qualifié d’ésotériste – « éso » signifiant « intérieur ».

L’ésotériste chrétien est donc une sorte de moine en ville, ouvert sur son intériorité et dont chacune des actions est motivée par sa vie en Dieu.

Par Galahad
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 13:45
 

Au nombre des idées fausses et des préjugés contre l’Eglise figurent celui d’une Eglise doloriste refusant la dignité humaine et prônant un acharnement thérapeutique.  Rien ne saurait être plus faux, pour preuve cette note datant de juin 2006, comme quoi il faut toujours se méfier des idées préconcues :

 

« Les évêques catholiques italiens redisent leur refus de l’acharnement thérapeutique, mais aussi de l’euthanasie, dans une « Note pastorale sur la santé », de la commission de la Conférence épiscopale italienne (CEI) pour le Service de la santé.
La protection de la santé doit toujours viser la protection de la vie, rappellent les évêques italiens.
Les évêques mettent en garde sur les risques qui peuvent surgir d’une « attitude prométhéenne » qui « se fait illusion en croyant pouvoir s’emparer de la vie et de la mort ».
Ils diagnostiquent des « symptômes très évidents de cette conception » dans l’acharnement thérapeutique d’une part et de l’autre dans l’euthanasie qui s’inscrivent « dans une certaine suite logique parce que c’est toujours l’homme qui n’accepte pas de se mesurer de façon humaine avec la mort ».
Par l’acharnement thérapeutique, l’homme cherche tous les moyens de repousser la mort, alors que par l’euthanasie, fait remarquer la note, l’homme s’arroge le droit d’anticiper et de déterminer la mort.
Dans les deux cas, font remarquer les évêques, l’homme entend « exercer une domination absolue sur la vie et sur la mort ».
C’est pourquoi ils mettent en garde contre une excessive gestion de la santé comme une « entreprise ».
L’efficacité, font-ils observer, ne peut pas être aux dépens des soins aux personnes. » (Source : Zenit)

Par Galahad - Communauté : Religions en toute liberté
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