Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La foi chrétienne n’affirme, de fait, rien d’autre que la conviction selon laquelle Dieu n’abandonne pas les hommes au néant. L’être qu’il leur donne comporte la promesse d’un aboutissement spirituel dans lequel ce n’est pas une âme éthérée qui sera sauvée, mais bel et bien leur être avec son historicité et son identité. Dieu réveil et relève l’être humain de la mort. Il le fait s’élever jusqu’à lui ; d’où l’emploi des mots « eigero » et « anastasie » et l’image aussi de l’ascension. Pour dire la continuité et la nouveauté de l’être ressuscité à des chrétiens de la 3ème génération qui se demandaient ce qu’était le salut de Dieu et si on restait soi-même au sein de la Résurrection, les évangélistes ont mis en scène un Jésus ressuscité différent de ce qu’il était avant sa mort, mais toutefois reconnaissable à certains signes et à certains traits.
Le vivant de Pâques n’est certes plus le même après la résurrection qu’avant. On ne le reconnaît d’ailleurs pas tout de suite. Marie-Madeleine le prends pour un jardinier et les disciples d’Emmaüs pour un simple pèlerin. Marie-Madeleine le reconnaît cependant à sa façon de l’appeler par son nom et les disciples d’Emmaüs le reconnaissent à la fraction du pain. Thomas est pour sa part invité à le reconnaître aux stigmates de la Passion. C’est à la fois le même qui est devant eux et ce n’est plus tout à fait le même.
C’est le même dans la continuité, mais il est aussi différent comme le souligne le « Noli Me Tangere » (ne me touche pas) qu’il rétorque à Marie-Madeleine. Par ces effets littéraires, les évangélistes ont voulu signifier à leurs lecteurs que la Résurrection n’est pas à confondre avec le seul salut de l’âme des grecs, mais que la Résurrection concerne toute la personne avec son histoire, son vécu et son identité ; d’où l’image du corps qui symbolise effectivement pour chacun l’identité et l’historicité de la personne humaine. La Résurrection n’engendre donc pas des êtres sans continuité avec ce qu’ils ont historiquement été, mais au contraire des êtres qui aboutissent à l’univers spirituel de Dieu dans la continuité d’eux-mêmes. Des êtres, certes délivrés de leurs maux, du mal et de leurs aliénations existentielles, des êtres relevés et réveillés de la mort et du péché, mais des êtres qui conservent leur identité et leur personnalité ; d’où le symbole du corps qui représente dans les évangiles la continuité de la personne.

Pasteur Bruno Gaudelet

L'affirmation de la foi chrétienne - Pasteur Bruno Gaudelet
Tag(s) : #Citations, #Théologie et spiritualité

Partager cet article

Repost 0