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La Chronique du lundi : Canonisation et universelle communion des Saints

L'Eglise de Rome connait donc deux nouveaux saints et non des moindres. Deux Papes qui ont marqué l'Histoire avec un grand « H ». Deux Papes qui, selon moi, ont joué un rôle important dans l'oeuvre de l'Esprit.

Le Concile de Vatican II fut en effet un bon pas (certains diront insuffisant) vers l'ouverture à l'action de l'Esprit.

Cet Esprit qui s’accommode mal des juridismes, qui étouffe sous le pharisaïsme formel et dogmatique, qui est allergique à la pensée qui juge et qui condamne.

En inaugurant les rencontres d'Assise, Jean-Paul II a voulu montrer que l'Esprit est dans le cœur de tout Homme. Pourtant, ce qui m'a toujours frappé et déçu, c'est qu'à l'enthousiasme de l'événement se mêlait une espèce de réticence et d'angoisse.

L'angoisse du syncrétisme, du mélange, de la mixité se mêlait à la nécessite de faire quelque chose pour conjurer l'angoisse de la guerre. Le cardinal Etchegaray se sent, à l'époque, obligé de préciser : « L'angoisse de la paix entre les hommes et entre les peuples nous poussait "à être ensemble pour prier mais non à prier ensemble" » et le cardinal Ratzinger de rajouter : « Il ne s'agissait d'affirmer une égalité des religions, qui n'existe pas ».

Comme si malgré tout, il fallait afficher une sorte de condescendance de bon aloi, rassurer le bon peuple chrétien qui aurait peur de se perdre en l'autre, de noyer son identité. On veut bien mettre une lucarne dans les murs qui nous séparent des autres mais attention n'allez pas croire qu'on va y mettre une porte ou pire, supprimer les murs. Après tout, seul notre échelle va jusqu'au ciel... les autres s'arrêtent avant.

Cette manière de se replier sur soi à un moment ou l'autre, de brandir sa foi comme une carte de parti... Tout cela m'échappe, je l'avoue. A ce prix là, on peut aussi éviter de lire des auteurs autres que ceux de sa chapelle afin de ne pas être « contaminé ».

Que sur l'ensemble mondial des spiritualités, tout ne se vaut pas et qu'il ne suffit pas de s'estampiller du mot « religion », « éveil » ou «spiritualité » pour faire une voie profonde et valable, c'est une évidence.

Que l'on se défie d'une attitude relativiste extrême qui consisterait à dire « tout est pareil » sans rien connaître, attitude qui viderait toute doctrine de sa substance, je veux bien l'admettre.

Que l'on veuille éviter de trop mélanger les doctrines afin d'en garder une compréhension fine, je veux bien le comprendre.

Que l'on tienne à son enracinement culturel, artistique, sociologique et sociétal, cela peut-être légitime.

Mais la crispation dogmatique, formelle et identitaire n'a que peu à faire avec la spiritualité et la vie de l'Esprit.

Mais le repli sur soi assorti de ce sentiment de suffisance où l'on croit que nous sommes différents des autres (qu'en général on ne connait pas bien) et certainement supérieur, n'a que peu à faire avec le souffle de Vie et de Liberté.

Car en définitive, j'ose l'affirmer, chaque Homme est une étincelle venant de Dieu, étincelle qui ne demande qu'à s'embraser pour brûler l'ivraie présente en chacun. L'Eglise, la vraie, la grande est l'ensemble de l'Humanité et de la Création, l'ensemble des Filles et Fils de Dieu. Quand à la communion des saints, elle est la communion des Hommes libres qui ont déchiré le voile des apparences et respirent au rythme du souffle divin... toute origine confondue.

J'attends qu'un jour, une Eglise particulière, canonise un saint qui ne lui « appartienne » pas, qui ne représente pas ses intérêts politiques ou religieux... Qu'elle reconnaisse qu'untel, sur lequel elle n'a pas d'emprise, a réalisé sa vocation humaine et passé les portes du Royaume.

Ce jour là, un véritable pas vers la Vérité Une sera franchi.

Tag(s) : #Union des chrétiens, #Politique et Géopolitique, #Chronique du Lundi

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