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Les enfants de l'Archange (1/2) : comme Peter Pan

A cette heure-là, les disciples s'approchèrent de Jésus et lui dirent : « Qui donc est le plus grand dans le Royaume des cieux ? » Appelant un enfant, il le plaça au milieu d'eux et dit : « En vérité, je vous le déclare, si vous ne changez et ne devenez comme les enfants, non, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux. Celui-là donc qui se fera petit comme cet enfant, voilà le plus grand dans le Royaume des cieux. Qui accueille en mon nom un enfant comme celui-là, m'accueille moi-même. (Mt 18 ; 1 – 5)

Selon Dieu lui-même quiconque ne changera pas, pour devenir comme un enfant n'entrera pas dans le Royaume des Cieux. Qu'est-ce à dire ?

Faut-il retomber en enfance dans le sens le plus péjoratif ? Reprendre les côtés les plus puérils et les plus égoïstes par lesquels passent tout être normalement constitué ? Certes non.

Faut-il redevenir dépendant de quelqu'un comme nous l'étions de nos parents, incapables de manger seul ou de faire nos lacets ? Pas plus. Comme tout parent, Dieu souhaite que nous soyons autonome et que nous fassions un usage constructif et équilibré de notre autonomie. N'en déplaise à ceux qui voudraient s'interposer entre l'Homme et Dieu et capter à leur profit, la tension de l'individu vers son Créateur.

Alors ? Alors les enfants possèdent une grande qualité qu'ils conserveront plus ou moins longtemps avant que les parents ou la société leur en prive : l'ouverture d'esprit. Il faudrait même dire « l'ouverture à l'Esprit ».

Un enfant n'a pas encore les barrières pesantes de l'inhibition et de la rationalité, un enfant est ouvert. Ouvert au vent de la poésie, au souffle des histoires, au murmure du merveilleux et de l'imaginaire. C'est cela redevenir un enfant. Car seul celui qui possède une part d'enfant peut avoir pleinement la foi. La foi qui fait se déplacer les montagnes, la foi qui fait voler Peter Pan, la foi qui ouvre au monde de l'invisible et à l'amour de Dieu.

Que l'on me comprenne bien, je ne dis pas qu'il faille être « enfantin », niais et être ouvert à n'importe quel vent de croyance et de superstition. Non, ce côté là doit être épuré. Jésus a dit de devenir un enfant, non de rester un enfant. L'enfant doit grandir, devenir adulte, acquérir de la maturité pour que grandissent les graines qu'il porte en lui. Mais ce dont nous met en garde le Maître, c'est du danger de tuer les fleurs une fois qu'elles ont poussé. Car si de la maturité est nécessaire pour que les pousses sortent de terre, il faut retrouver l'esprit d'enfance dès que le bourgeon éclot afin de s'émerveiller et de nourrir la fleur. Celui qui ne retrouve pas son esprit d'enfance dessèche et porte sur le monde un regard de quantité, de rentabilité, de jugement ou d'anathème. Il se ferme à la musique intérieure pour bouger mécaniquement au son des rouages froids sans âme.

Car l'esprit d'enfance, c'est quelque chose d'infiniment plus subtil et plus profond que l'infantilisme, c'est une capacité à lâcher prise, à laisser s'exprimer les aspects les plus créatifs de notre être, à arpenter les mondes intermédiaires, libre comme l'Esprit.

L'esprit d'enfance est une capacité à écouter le bruissement des ailes des anges qui oscillent lentement, portés par la Parole de Dieu qui murmure par-delà le temps et l'espace. (à suivre...)

ILLUSTRATION : ARTHUR RACKHAM (1867 - 1939)

Tag(s) : #Anges - Vertus & Esprit Chevaleresque, #Histoires & Légendes, #Théologie et spiritualité

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