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Jérôme Rousse Lacordaire, Corps - Âme - Esprit par un Catholique, Le Mercure Dauphinois, 2007
Jérôme Rousse Lacordaire, Corps - Âme - Esprit par un Catholique, Le Mercure Dauphinois, 2007

Après avoir lu et chroniqué les deux précédents tomes « Corps – Âme - Esprit » par un Orthodoxe (ICI) et celui par un Protestant (ICI), voici celui vu par un catholique. Le Père Jérôme Rousse-Lacordaire nous livre ici la vision anthropologique de l’Église Catholique. Immédiatement, on sera frappé par l'érudition philosophique raffinée de l'auteur, image sans doute de la maturité de son Église. Là où l'on avait une tendance à l'assertion dogmatique pour les Orthodoxes et une belle et fraîche spontanéité pour le Protestantisme, on a ici un brillant exposé qui brosse d'une part l'histoire de la pensée anthropologique spirituelle d'Occident et d'autre part explique la conception propre du Catholicisme.

On remarquera un soin particulier apporté par Jérôme Rousse Lacordaire à retracer la conception de la femme dans le Catholicisme où l'on passe rapidement de la vision d'une femme fabriquée avec la côte d'Adam qui n'est pas à l'image de Dieu à une femme issue du côté d'Adam qui a une place égale à l'homme face à Dieu. Néanmoins, les conceptions aristotéliciennes continueront à empoisonner la vision que l'on se fait d'une femme n'ayant qu'un rôle de réceptacle dans la procréation (c'est la semence de l'homme qui est le seul principe actif). Il faudra les découvertes de la biologie moderne pour que s'estompe définitivement ce schéma et que l'égalité totale de l'homme et de la femme soit martelée sans équivoque dans le Catéchisme catholique.

Autre point important sur lequel insiste l'auteur, l'unité de la personne humaine qui a de l'importance en tant qu'être singulier « corps-âme et esprit ». Dans le Catholicisme (comme dans l'Orthodoxie), chaque homme est un tout qui sera amené à vivre à la fin des temps en tant que tout. Le corps est donc aussi important que l' « âme ». L'être n'est pas une âme incarnée dans un corps mais un corps incarné dans une âme. Corps dont il faut prendre soin nonobstant les dérives ascétiques issues des courants néo-platoniciens qui amenèrent jusque dans l’Église des comportements pathologiques de rejet du corps.

Enfin un chapitre conséquent est réservé à cette partie la plus subtile de l'être, étincelle ou château intérieur, qui relie l'Homme à Dieu et qui est la véritable porte intérieure vers l'Infini.

Jérôme Rousse-Lacordaire, Corps - Âme - Esprit par un Catholique, Le Mercure Dauphinois, 2007.

Tag(s) : #Coin lecture, #Théologie et spiritualité, #Catholicisme

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