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Mystère et Résurrection (1/3)

Quand le sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des aromates pour aller l'embaumer. Et de grand matin, le premier jour de la semaine, elles vont à la tombe, le soleil étant levé. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre de l'entrée du tombeau ? » Et, levant les yeux, elles voient que la pierre est roulée ; or, elle était très grande. Entrées dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme, vêtu d'une robe blanche, et elles furent saisies de frayeur. Mais il leur dit : « Ne vous effrayez pas. Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié : il est ressuscité, il n'est pas ici ; voyez l'endroit où on l'avait déposé. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée ; c'est là que vous le verrez, comme il vous l'a dit.” » Elles sortirent et s'enfuirent loin du tombeau, car elles étaient toutes tremblantes et bouleversées ; et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur. (Mc 16 ; 1-8)

Ce passage m'a toujours interpellé. Il s'agit en quelque sorte de l'apogée du récit de Marc. Or cette apogée, qui dévoile et confirme l'identité du Christ se caractérise par l'absence de celui-ci. Il y a un profond sens du Mystère qui se dégage de ces versets, une irruption du Royaume dans notre monde signifié par l'ange en robe blanche. Irruption douce, discrète, pleine de cette délicate attention qui caractérise les théophanies. Malgré l'énormité de ce qui est suggéré, l'ange rassure : « Ne vous effrayez pas ». Dieu, manifesté par l'ange, ne se donne pas à percevoir pour terroriser, punir ou faire valoir un pouvoir autocratique, il est là pour rassurer, pour transmettre une force d'espérance.

L'autre force de ce récit de Marc est l'identité des personnes qui découvrent le tombeau vide : les femmes. Les premiers témoins de la Résurrection sont des femmes ! L'importance de ce fait m'a toujours frappé. Trop longtemps, la religion fut (et continue d'être) une affaire purement masculine or dans les Evangiles, les femmes ne sont jamais mises à l'écart, on contraire, elles sont aux premières loges tant comme témoins que comme actrices.

Ce texte parle d'un événement presque inexprimable, la Résurrection. Comment dire l'inconcevable ? Avec quels signes ou quels symboles dire l’indicible ? Pour Etienne Charpentier et Regis Burnet, mettre en mots un événement comme la Résurrection risquerait de trahir le mystère, de l'amoindrir. Aussi la Bible choisit-elle de multiplier les points de vue et les images afin de provoquer une convergence qui permettra de laisser pressentir l'extraordinaire. La vérité n'est pas dans chaque texte pris séparément, mais dans la consonance de tous.

Les Évangiles ont donc choisi quatre manières de représenter la Résurrection :

1) En insistant sur le tombeau vide

2) En racontant comment Jésus se fait reconnaître comme un être vivant

3) En exprimant son exaltation

4) En montrant sa présence au sein de la communauté1

Ce passage de Marc se situe dans la première perspective... (à suivre...)

1Etienne Charpentier, Regis Burnet, Pour lire le Nouveau Testament, le Cerf, 1982, p 28.

Tag(s) : #Jésus-Christ, #Bible, #Théologie et spiritualité, #Regard Mystique

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