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Après les ténèbres du calvaire, la Résurrection du Christ marque un tournant dans l'Histoire. Qu'on imagine : la mort est vaincue, de néant absolu, elle devient simple passage. Et c'est, avec simplicité, avec douceur que l'humanité commence à prendre conscience de ce changement capital, de ce que son pire ennemi a été vaincu.

Car ici pas de grands coups de tonnerre, pas d'annonce fracassante par des anges jouant cors et tambours mais une prise de conscience faite dans l'intimité. L'humanité vis le moment le plus important de son histoire à l'ombre d'une grotte, par l'entremise d'un ange et de trois femmes.

La Résurrection ne se déroule pas le jour du sabbat, jour sacré par excellence. L’Évangile nous dit qu'on passe ici du sabbat au premier jour de la semaine. Symboliquement, la Résurrection ouvre le temps. Avant, il y avait les religions avec leurs jours sacrés et leurs jours profanes, leur Saint des Saints où le commun ne pouvait pénétrer, leurs lois et leurs codes censés sanctifier le temps. La Résurrection ouvre sur la semaine, le sacré du sabbat s'y dilue et l'irrigue, tous les jours deviennent sacrés. Le Saint des Saints est à présent partout où un cœur est prêt pour la Résurrection. La loi religieuse est accomplie, elle n'a plus de raison d'être car le temps tout entier est sanctifié. Jésus avait dit que Dieu ne se prierait plus dans le temple mais dans tout l'Univers, la Résurrection inaugure le fait que Dieu peut-être prié par tout un chacun, de tout temps et en tout lieu. Le Christ ayant vaincu la mort et appelant chacun à renaître.

A l'intérieur d'un tombeau, il fait noir, humide, renfermé, froid. La mort y fait son œuvre de puanteur et de destruction. Avec leurs pauvres moyens humains, les trois femmes y amènent des aromates pour tenter de freiner vainement ce travail de désagrégation. Mais la surprise est de taille : le tombeau est ouvert aux quatre vents, la lumière y entre, la chaleur y chasse l'humidité. A l'intérieur, pas d'humeurs, pas de sang, pas de corps en décomposition, pas de linceul mais un jeune homme fringuant, tout de blanc vêtu. Le lieu habituellement habité par la Mort, le nid même de la Faucheuse n'est plus. La Dame Noire cruelle et sinistre a disparu, chassée par la jeunesse prévenante, charitable, généreuse. La Résurrection réduit la Mort à un rôle de potiche, de souvenir de présence, de voile de fumée pour celui qui voit avec les yeux de la Foi.

Rien ne peut retenir la Lumière, rien ne peut retenir le Christ qui quitte Jérusalem l'ingrate, Jérusalem la tombe, pour aller sur les routes de Galilée, c'est à dire pour irriguer le vaste monde. Cela rappelle la fable médiévale où un visiteur est surpris devant le dénuement d'un couvent des frères franciscains et l'étroitesse des cellules. L'un des frères fait monter le visiteur au sommet d'une colline et là, lui montre l'horizon et le vaste monde infiniment coloré qui s'étale devant eux. Il se retourne alors vers son visiteur et déclare tout sourire : « Voici notre couvent ».

Absent du tombeau, le Christ se fait proche de nous quelque soit notre condition.

La Lumière du Christ ne reste pas à Jérusalem, elle s'étend et se répand comme une eau vive sur toute la surface du globe, dans toutes les interstices afin de tout régénérer. A nous, baptisés, d'en être les porteurs.

Tag(s) : #Jésus-Christ, #Bible, #Regard Mystique, #Saint Marc

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