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Epée de chasse (France - XVIIe siècle))
Epée de chasse (France - XVIIe siècle))

Le dogme ! Voilà un terme et un concept qui a mauvaise presse. C'est l'un des reproches majeurs majeurs que notre société contemporaine fait au christianisme, non sans raison car mal compris, les dogmes enferment la pensée. Au lieu de donner à penser, de susciter la réflexion, ils formatent l'esprit dans ce que la personne s'imagine être une manière licite exclusive de vivre lsa spiritualité. Sur certains sites intégristes (catholiques ou orthodoxes), on définit le dogme comme « ce qu'il faut croire pour être sauver ». Le dogme devient à ce moment un phénomène d'auto-suggestion assorti d'une peur eschatologique : « je dois croire ceci ou cela sous peine de brûler en enfer ! ». Cette optique est bien sûr intolérable car la liberté de conscience et d'intelligence est indissociable d'une foi saine et libératrice. Croire n'est pas se mettre des chaînes mais au contraire gagner en profondeur et en liberté.

Liberté ? A l'inverse ce mot est également souvent galvaudé et mal compris. La liberté n'est pas une errance chaotique « soumis à tous vents de doctrine » comme dirait Saint Paul. Notre époque à une fausse idée de la liberté qui est souvent confondue avec le caprice ou la satisfaction de l'envie passagère. La liberté spirituelle consiste aujourd'hui à piocher des concepts mal compris dans l'une ou l'autre spiritualité et à les mixer dans un syncrétisme superficiel.

Ce n'est pas tellement que le métissage est mauvais en soi, toutes les religions sont le résultat de ce qui les précède et aucune ne naît de rien, le christianisme se repose d'ailleurs sur le platonisme et la philosophie grecque en général et va heureusement intégrer (pour ne pas dire baptiser) certaines légendes ou coutumes païennes. Non, le problème est sans doute plus dans la superficialité d'une spiritualité contemporaine à la carte. Cette superficialité découle d'un subjectivisme poussé à l'extrême qui se contente de peu et qui par conséquent n'implique pas grand chose de la part du croyant. Une vague idée d'un au-delà ou un vague amour de la nature sont vus comme des démarches spirituelles sans aucune métanoïa ni relation personnelle à Dieu.

Le dogme n'est pas là pour mettre un cachet de Salut, encore moins pour contraindre, le dogme est une balise, un fil d'Arianne destiné à nous guider hors du labyrinthe des illusions et des apparences. La vie spirituelle n'est pas une attente passive, elle est profondément active. La vie spirituelle est une quête et un véritable travail intérieur personnel, travail de réelle libération, travail d'ouverture à la Grâce, travail de relation à Dieu mais aussi exploration de la vie, des autres, de nous-mêmes... Les dogmes sont à la fois les instruments et la carte qui nous permettent de ne pas trop nous perdre.

Ou si l'on reprend la fameuse expression de Chesterton , « Toutes les philosophies modernes sont des chaînes qui attachent et entravent ; le christianisme est une épée qui sépare et libère. », le dogme en est sans doute la pierre à aiguiser. (à suivre...)

Tag(s) : #Théologie et spiritualité, #Dogme, #Eglise de Vie, #Modernité, #Tradition

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