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Le sacrement de Réconciliation (1/4) : une voie d'évolution

Il y a deux manières de considérer le sacrement de réconciliation. Soit comme un moment de rapport personnel avec le Père qui nous ouvre la force du pardon et nous comble de joie. Soit comme une formalité non dénuée de culpabilité où l'on viendrait se débarrasser de ses « souillures ».

Dans le second cas, on réduit le sacrement à une recherche, souvent culpabilisée, d'une conscience meilleure qui peut rapidement induire un certain dégoût de soi lorsqu'on mesure la distance qui nous sépare d'une perfection supposée.

Pour la cardinal Carlo Martini, la confession se déroule en trois parties. Elle devrait d'abord être une confession de louange (confessio laudis), remercier le Seigneur pour ses bienfaits. Ceci demande une introspection afin de voir les nombreux dons qui sont dans notre vie : boulot épanouissant, santé, réconciliation avec une personne, compréhension profonde de réalités spirituelles ou de la vie en général, enfants... Chacun a sans doute mille raisons de se réjouir et de faire louange.

Dans un deuxième temps, il y a ce que Martini appelle la confessio vitae, la confession de vie. On va intégrer l'ensemble de son existence dans la confession, mettre en quelque sorte sa vie devant Dieu. Qu'est ce qui ne va pas dans mon existence, qu'est ce qui est perfectible, qu'est ce qui devrait être guéri ? Est-on l'objet de tentation ? Manque-t-on de foi ou de confiance ? Nourrit-on des ruminations, des médisances ou des antipathies insurmontables ?

Cette manière de mettre devant Dieu nos pulsions mortifères nous permet d'en prendre conscience et d'en demander la guérison.

Enfin la confession de foi (confession fidei) est essentielle. Elle consiste en une confiance absolue dans la puissance de guérison de l'Esprit. Rien ne sert de déposer nos péchés sur la table comme une somme d'argent dit Martini. Il faut en réalité déposer son cœur dans le cœur du Christ afin qu'Il puisse le guérir. S'ouvrir avec sincérité à Dieu, c'est à dire sans culpabilité mais avec la prise de conscience sans concession des racines négatives de nos actes, c'est s'ouvrir à la lumière pascale du Christ et donc à une guérison en profondeur.

Généralement, après une confession, vient le moment de la pénitence. Celle-ci n'est pas un acte de rachat par rapport au péché mais le signe de la conversion, l'expression qui permet de conscientiser la guérison/conversion. Martini admet être toujours gêné en tant que confesseur d'administrer une pénitence. En effet, l'idéal serait de prescrire un geste ou une action totalement adaptée au chemin spirituel, personnel et historique de la personne. Or comment savoir ce qui serait le plus marquant pour la personne sans connaître celle-ci ? Dans le passage où Jésus rencontre Zachée (Lc 19 ; 1-10), l'on voit le collecteur d'impôt accourir au devant du Christ avec joie et amour. Lui, l'homme d'argent sévère, est tellement transporté qu'il monte, tout guilleret, en haut d'un arbre pour apercevoir le Seigneur. Celui-ci répond à cet amour en demandant à Zachée de l'héberger pour la nuit. Au comble de l'adoration, désireux de faire rejaillir le sentiment de joie et d'amour qui l'habite, Zachée annonce alors spontanément de donner une part importante (la moitié) de sa fortune aux pauvres.

Il y a sans doute là une clé, dit Martini. Dans le cadre d'une relation de confiance entre le prêtre et le fidèle, sous le regard et en présence de Dieu, celui qui vient demander la guérison peut suggérer le geste de pénitence adapté à sa vie et à son parcours... (à suivre)

Tag(s) : #Sacrements, #Eglise de Vie, #Jésus-Christ

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