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Sculpture de Gil Bruvel, Dichotomy (photo trouvée sur Pinterest)
Sculpture de Gil Bruvel, Dichotomy (photo trouvée sur Pinterest)

En psychanalyse, rien de pire que le refoulement. On le sait, chaque blessure refoulée, chaque pulsions négatives enfouies, va grandir dans l'inconscient, souvent à notre insu le plus total. Cette faille qui grandit, cette ombre qui se densifie, donne naissance à des pulsions destructrices qui se traduisent par des comportements compensatoires négatifs ou des projections. Là encore la culpabilité n'est pas de mise car souvent, elle creuse le sillon mortifère. La culpabilité donne encore plus de consistance à ce qui empoisonne déjà l'existence.

Pour bien comprendre le sacrement de réconciliation, sans doute faut-il comprendre ce qu'est le péché. L'image du puits intérieur me touche beaucoup. Chaque homme a au fond de lui, cette puissance infinie d'amour qui ne cesse de l'abreuver, de l'éclairer et de lui apporter le vrai et profond bonheur. Le péché est, d'une certaine façon, un couvercle placé sur le puits, en interdisant l'accès. Il faut sortir de l'image moralisatrice du péché qui serait une transgression par rapport à une morale imposée. Transgression qu'il faudrait réparé au prix de la culpabilité.

Non, le couvercle sur le puits, c'est l'homme lui-même qui se le pose par ses actions égocentriques , ses paroles blessantes, ses pensées non maîtrisées. Car toutes les actions non réalisées en Dieu, non fondées sur l'Amour, portent en elle une part de mort.

Mais il faut aussi parler de l'ombre d'un point de vue psychanalytique. Pour rappel, « la plupart des hommes ignorent leur ombre. […] Le plus souvent elle est projetée dans des troubles somatiques, des obsessions, des fantasmes plus ou moins délirants, ou dans l'entourage. Elle est « les gens », auxquels on prête la bêtise, la cruauté, la couardise qu'il serait tragique de se reconnaître. Elle est tout ce qui déclenche la jalousie, le dégoût,... »1

Autrement dit, dans certains cas psychologique, la personne est enfermée dans une logique mortifère pour elle-même et pour son entourage, qui dépasse de loin son action consciente.

Pour autant, il faut prendre garde de ne pas confondre psychothérapie et confession. Comme le fait remarquer la psychanalyste Maryse Vaillant : « Le prêtre, pour sa part, apporte une autre dimension. Loin d'être là pour culpabiliser les personnes, il montre qu'il y a un sauvetage et un Sauveur. La confession n'est pas du même registre que l'introspection parce qu'à travers l'écoute et la parole du prêtre, elle apporte la parole de Dieu, extérieure et transcendante. »2

Dans tous les cas, mettre son péché ou sa blessure devant Dieu, offrir son ombre à la Lumière, ne peut qu'avoir une vertu libératrice car on ne peut être délier que de ce que l'on a identifié.

Le sacrement de réconciliation implique une attitude introspective. Non dans une perspective égotique, encore moins dans un élan doloriste (comme s'il fallait à tout prix trouver des choses qui ne vont pas) mais dans une juste et libératrice démarche de connaissance de soi. (à suivre...)

1 Elie G. Humbert L'homme aux prises avec l'inconscient, Espaces libres, Albin Michel, p. 29-44.

2 Maryse Vaillant, «La psychanalyse est une cure, la confession une promesse» in La Croix 18/02/2011

Tag(s) : #Sacrements, #Eglise de Vie, #Psychanalyse, #Jésus-Christ

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