Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

L'humanité zombie 1/4 : une société prédatrice

La pop culture issue de la culture populaire, des séries, des jeux vidéos sont comme une mythologie symbolique, le reflet de peurs, de manques ou d'attentes existentielles.

Depuis quelques années, un thème fait florès dans la littérature populaire, les jeux vidéo, le cinéma et les séries télévisées, celui du zombie1. Dans ces productions, le canevas scénaristique est toujours le même : une mystérieuse maladie contamine quelques personnes puis, se répand à grande vitesse sur la Terre et bientôt, ce ne sont plus qu'une petite minorité de gens qui sont épargnés et qui doivent s'organiser pour survivre. Les caractéristiques des infectés ? Ils perdent leur humanité, leur intelligence, leur conscience individuelle pour devenir des morts-vivants, des bêtes sans conscience uniquement animés par une faim incontrôlable et assoiffés de meurtre.

Le poète antique Térence écrivait « Je suis un homme ; je considère que rien de ce qui est humain ne m'est étranger »2, à quoi nous pourrions rajouter rien de ce que produit l'homme n'est étranger à la théologie. En effet, chaque mouvement artistique, chaque effet de mode ou de société indique quelque chose sur la manière dont les personnes se représentent le monde, leur lien (ou leur absence de lien) à Dieu, leur conception absolue ou relative de la beauté, de l'éthique, etc...

Sur son blog « Mystagogy », le théologien orthodoxe John Sanidopoulos remarque que les histoires de zombies se popularisent à partir des années 60, lorsque le monde entre dans la post modernité et l'âge d'or du consumérisme3.

Comme tout symbole, comme toute mythologie, il y aurait donc un lien entre le thème du zombie qui parle à de nombreux jeunes aujourd'hui et des questions existentielles individuelles et collectives. On peut également faire un lien entre le zombie et certains passages bibliques qui évoquent le thème ou en tout cas montrer que la Bible pointe les mêmes travers de société que ceux évoqués par les morts-vivants. Quels sont ces problèmes et quels solutions la Bible propose-t-elle ?

1. Une société de consommation prédatrice

John Sanidopoulos remarque quelque chose de capital : La caractéristique des zombies (tels qu'ils sont représentés au cinéma) est leur yeux vides et uniformément gris. Leur regard mort vous voit, mais ne vous regarde pas. Tout ce qu'ils voient, c'est de la nourriture. Je ne sais pas s'il y a quelque chose de plus horrible que d'être regardé par un autre être humain comme un objet consommable 4.

En Occident, nous vivons dans un monde confortable, avec des soins de santé de plus en plus efficace et, dans une certaine mesure, une relative sécurité sociale. Mais au-delà de ce confort apparent, l'ultra-capitalisme imprime une pression consumériste inouïe sur l'ensemble de la société. De plus en plus le modèle qui s'impose est celui d'un darwinisme social où seul les plus forts, les plus nantis, ou les plus chanceux s'en sortent. Les autres sont laissés de côté et l'exclusion fait son lot de victimes chaque année. De plus en plus de personnes vivent en-dessous du seuil de pauvreté et l'écart entre les riches et les pauvres se creusent chaque année davantage.

Dans ce contexte, accentué encore par les rumeurs de guerre et la crise qui n'en finissent pas, le monde peut être ressentit comme une agression permanente : comment être sûr de quoi demain sera fait ? Comment savoir si je pourrai nourrir mes enfants ou avoir de m'occuper de mes parents âgés ? Comment faire face aux injustices et à l'impitoyable logique de survie dans laquelle nous nous trouvons ?

Le danger, c'est de se sentir menacé par les zombies ou de devenir zombie soi-même. Le zombie n'est plus un être humain. La seule chose qui l'anime, c'est l'instinct de survie dans sa version la plus violente et la plus sauvage.

Comment ne pas comparer les survivants de fiction, seuls, oppressés par la masse informe de zombies affamés, à ceux qui sont criblés de dettes, oppressés par un système aveugle et un chômage endémique ? Dans les histoires de zombies, lorsqu'une personne est mordue, elle devient zombie elle-même. N'y a-t-il pas un risque pour l'oppressé et l'opprimé de devenir à son tour, cynique, impitoyable, sans pitié ? Ne risque-t-il pas, broyé par la vie et les injustices de devenir un zombie à son tour.

Sa seule alternative n'est-elle pas de crier ? De hurler sa révolte :

Mon Dieu, viens me délivrer ; Seigneur, viens vite à mon secours ! Qu'ils soient humiliés, déshonorés, ceux qui s'en prennent à ma vie ! Qu'ils reculent, couverts de honte, ceux qui cherchent mon malheur ; que l'humiliation les écrase, ceux qui me disent : « C'est bien fait ! ». Mais tu seras l'allégresse et la joie de tous ceux qui te cherchent ; toujours ils rediront : « Dieu est grand ! » ceux qui aiment ton salut. Je suis pauvre et malheureux, mon Dieu, viens vite ! Tu es mon secours, mon libérateur : Seigneur, ne tarde pas ! (Psaume 69)

Dieu ne veut pas le mal mais le mal et l'injustice existent par la liberté de l'homme. Le Bible n'est pas un ouvrage édulcoré. Elle présente toutes les facettes de l'existence, du pire au meilleur. En ce qui concerne le pire, chacun a le devoir de l'affronter, de nommer et de vaincre le mal, de venir en aide au pauvre et à l'opprimé, de faire reculer les zombies.

1Citons la série The Walking Dead, « World War Z » avec Brad Pitt, « 28 days later » ou les jeux Resident Evil, Dying Light, Dead Island et bien d'autres...

2In Heautontimoroumenos, v. 77

3http://www.johnsanidopoulos.com/2012/11/zombies-and-god.html

4http://www.johnsanidopoulos.com/2012/11/zombies-and-god.html

Tag(s) : #société, #Grande Corporation, #Grande Guerre, #Europe, #USA

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :