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Transhumanisme (3/20) : les trois étapes du développement

Selon Jean-Guilhem Xerri, trois étapes sont à envisager dans ce développement de l'être humain :

1) L'homme réparé qui pourra remplacer de plus en plus facilement ses membres ou ses organes abîmés par des prothèses ou des nouveaux organes.

2) L'homme transformé qui sera implanté de puces bioélectroniques capables de détecter toutes les anomalies et de les corriger. Il sera aussi capable de coupler son cerveau à des cerveaux informatiques et à s'interfacer à des machines. Ce faisant, il s'ouvre à des perceptions encore inconnues jusqu'ici (qui peut imaginer ce que c'est que d'avoir sa conscience projetée dans Internet, de voir par l’œil de sa caméra de surveillance, de sentir une couleur, de goûter un son ?)

3) L'homme augmenté qui sera l'ultime phase de développement. Ici, on peut réellement parler de cyborgs tel que la littérature de science-fiction nous en montre depuis un siècle : puces installées dans le cerveau décuplant les capacités cognitives ou régulant les réactions émotionnelles, robustesse physique décuplée, réflexes époustouflants, capacité de se reproduire sans relation sexuelle au moyen de matrice artificielle et surtout une santé qui vacille de moins en moins et s'auto-répare avec de plus en plus d'efficacité jusqu'à rallonger drastiquement l'espérance de vie... voire de vaincre la mort1.

A nouveau, on peut difficilement imaginer ce que serait ce monde d'interconnectés transformés et immortels reprogrammés pour la félicité perpétuelle. On peut légitimement se demander s'il s'agit encore de l'humanité. Les transhumanistes répondent, sans hésiter et en le revendiquant, par la négative. Jean-Michel Truong, dans ses écrits, crée la figure du Successeur, appelé à remplacer l'espèce humaine à court terme : cette forme de vie nouvelle susceptible de prendre la suite de l’Homme comme habitacle de la conscience.2

Comme nous le verrons, tout l'enjeu philosophique est là. Ceux qui s'opposent au transhumanisme le font au nom d'une « humanité » qu'il faudrait conserver3. Les transhumanistes, loin d'atténuer cette disparition prochaine de l'humanité, l'appellent au contraire de leurs vœux avec parfois des accents proches du messianisme : Non seulement le transhumanisme est, comme le marxisme ou le consumérisme, ce que les sociologues appellent une "religion analogique" (une idéologie qui ne se reconnaît pas elle-même comme une religion mais qui fonctionne rigoureusement comme telle), mais il est, plus que les autres "religions analogiques", une technicisation du salut : le salut y est acquis par les œuvres techniques humaines, et de ce fait devient lui-même un moyen et non plus une fin.4

On le voit, le transhumanisme n'est pas une lubie pour scientifiques farfelus ou pour amateurs de récits de science-fiction. On trouve parmi ses ardents promoteurs l'Association internationale du transhumanisme présidée par le suédois Nick Böstrom dont le siège se trouve à l'université d'Oxford, des scientifiques haut placés dans des organismes d'état très puissants (comme l'Agence des projets en recherche avancée pour la défense (DARPA) ou la Fondation nationale des sciences (NSF)), et bien sûr des géants de l'entreprise comme Google.

1Jean-Guilhem Xerri, ibidem, pp 12-13.

2Jean Michel Truong, Totalement inhumaine, Les Empêcheurs de penser en rond, Paris, 2001, p 49.

3Encore faudrait-il réfléchir à la vaste question de ce qu'est l'humanité. Question ancestrale mais qui se pose aujourd'hui avec acuité.

4Frédérick Rognon, Que pensent les protestants du transhumanisme ? in Réforme.net, 29/01/14 (http://reforme.net/une/societe/pensent-protestants-transhumanisme).

Tag(s) : #Transhumanisme, #Illuminatis, #Scientisme, #société, #Nihilisme, #Nouvel Ordre Mondial

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