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Transhumanisme (15/20) : Le don, source de l'humanisme chrétien

En tant que chrétien, prendre part au débat sur le transhumanisme, sereinement et librement implique de bien comprendre la vision anthropologique et donc l'humanisme propre au christianisme.

Dans un article sur le site de l'Académie d'éducation et d'études sociales, Yves Semen1 déclare que la meilleure définition de l'Humanisme Chrétien est donnée par un passage de la Constitution Pastorale « Gaudium et Spes » de Vatican II : L'homme, seule créature sur terre que Dieu a voulu pour elle-même, ne se trouve pleinement que dans le don désintéressé de lui-même2.

Cette définition implique une philosophie du don autant que de la personne. Jean Paul II cita souvent ce passage qu'il ne considérait pas moins comme le résumé de toute l'anthropologie chrétienne : Ceci est la synthèse de la vérité contenue dans l’Évangile, de la vérité qu’ont approfondi et vérifié les générations de ceux qui ont suivi le Christ dans le cours des siècles3.

Pour Yves Semen, il y a trois parties dans cette définition de l'homme. La première indique que Dieu a voulu l'homme pour lui-même. Pour Dieu, vouloir, ce n’est pas chercher le bien, c’est tout simplement le créer. C’est en être l’auteur absolu. Par ailleurs, Dieu est amour et donc tout ce qu’Il accomplit, tout ce qu’Il crée, est un acte d’amour. Et aimer, pour Dieu, c’est se donner. Comment Dieu se donne-t-Il ? Il se donne en envoyant son Fils et il se donne par le don de l’Esprit-Saint. Autrement dit, dire que l’homme est la seule créature que Dieu a voulue pour elle-même, donc dire que Dieu veut l’homme, c’est dire que Dieu se donne à l’homme4.

La deuxième partie indique que l'homme doit « se trouver ». Saint Augustin parlait de « devenir ce que l'on est ». Cette définition insiste sur ce point, l'homme doit retrouver sa boussole, l'homme doit « se retrouver », l’homme se retrouve, l’homme se reconnaît, l’homme découvre sa pleine identité ; en d’autres termes, il trouve ce pour quoi il est fait5.

Enfin, il y a l'idée du don, un don vrai, sincère à la fois objectivement et subjectivement. Pour Jean Paul II, ce don de soi correspond au quatrième type d'amour, l'amour sponsal qui est le plus élevé de tous et qui implique que l'on se donne totalement à l'autre. Sponsal, c'est-à-dire « épousailles », car la finalité de l'être humain se trouve dans la relation conjugale ou la vie consacrée6.

1Yves Semen, Qu'est-ce que l'humanisme chrétien ? AES. (http://aes-france.org/IMG/pdf/AES_Yves_Semen_.pdf)

2Vatican II, Constitution pastorale Gaudium et Spes, n°24, 3.

3Aux jeunes venant du monde entier, 24 mars 1991, n°4.

4Yves Semen, ibidem p 4.

5Yves Semen, ibidem p 5.

6 Je te reçois pour époux – pour épouse – et je me donne à toi, pour t’aimer fidèlement dans le bonheur, comme dans les épreuves, la santé comme la maladie tout au long de notre vie dit le sacrement du mariage.

Tag(s) : #Transhumanisme, #Eglise de Vie, #Création, #Couple

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