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312 après la naissance de l'Homme-Dieu

Le Séraphin Michel, autrefois protecteur exclusif du peuple élu, devint lors de la Crucifixion le protecteur du peuple de Dieu, l’Église. Sa tâche désormais fut de guider et de protéger l'assemblée des baptisés. Car s'il est vrai que la puissance de la mort n'aura pas de force contre l'Eglise (Mt 16;18), ce n'est pas faute d'essayer. Malgré la démonstration hallucinante d'amour que fut l'Incarnation et la Passion, malgré la victoire de la Vie sur la mort, de l'amour sur la haine lors de la Résurrection, l'Ennemi n'a pas dit son dernier mot. Perclus de haine, il compte bien faire payer cher sa victoire à cette humanité tant chérie de Dieu. Aussi, l’Église a besoin de protecteurs, légions invisibles de lumière commandées au plus haut niveau par Dieu bien-sûr mais dirigées par le général en chef des troupes célestes, le Champion de Lumière, Michel.

Et en ce début de quatrième siècle, le jeune peuple chrétien avait bien besoin de protection. Le siècle précédent avait été atroce : l'Empire se déchirait en d'incessantes guerres intestines, les barbares l'assiégeaient constamment, des villes étaient prises, des populations massacrées, le poison et le sang coulaient à flot, et pour couronner le tout une épidémie de peste, telle que jamais on en avait vu, faisait rage. Satan et ses sbires s'en donnaient à cœur joie. Influencés par les esprits démoniaques, certains virent la cause de leur malheur dans les fidèles du Dieu Ressuscité. Surtout que ceux-ci refusaient de vouer un culte aux Empereurs. Ils refusaient d'allumer de l'encens en l'honneur de César et d'adresser leurs prières au chef d'Etat comme s'il s'agissait d'un dieu.

Caprice extrémiste et zélé des disciples de cette nouvelle religion ? N'eut-il pas été beaucoup plus simple d'accepter le culte impérial, quitte à l'exécuter du bout des lèvres ? Non. A l'époque, on donnait du sens aux actes, faire un rituel était quelque chose d'important, quelque chose qui avait des conséquences morales et spirituelles.

Or, les Empereurs étaient peut-être des chefs d'Etat, ils furent néanmoins loin d'être des saints. Leur rendre un culte, aussi symbolique et minime qu'il soit, c'était accepter leur divinité, c'était leur accorder la reconnaissance d'une ascendance surhumaine, c'était leur concéder un pouvoir absolu sur la Création, Hitler et Staline l'ont à peine rêvé. Les chrétiens refusaient de jouer dans ce jeu là, le respect dû à la fonction, certes mais pas au delà. Un homme restait un homme et tous étaient considérés comme égaux devant Dieu.

C'en était trop pour l'Empereur Dèce, trop pour l'Empereur Galère, trop pour l'Empereur Dioclétien, les persécutions furent terribles, violentes, sauvages.

Ce fut dans ce contexte que Constantin arriva au pouvoir. Il était le fils de Constance Chlore et de son amour de toujours, la très chrétienne Hélène qui inventa (au sens strict du terme : « découvrir ») la Vraie Croix.

Rappelons qu'à cette époque, l'Empire était dirigé par deux Empereurs (les Augustes) et leur second (les Césars) selon la tétrarchie, système mis en place par Dioclétien quelques années auparavant.

L'Empereur Dioclétien se partageait l'Empire avec Maximien Hercule et ils avaient chacun un César, respectivement Galère et Constance Chlore.

En 305, Dioclétien, fatigué, prit sa retraite et obligea Maximien à faire de même. Place aux jeunes ! Galère devint donc Empereur d'Orient au côté de Constance, Empereur d'Occident. Restait à leur trouver des Césars car Dioclétien était très opposé à la transmission héréditaire de la charge impériale. Ce fut Maximin Daïa et Licinus, deux hommes de valeurs sortis du rang qui allaient assurer le rôle de seconds personnages de l'Etat.

En 306, Constantin se trouvait en Bretagne avec son père lorsque celui-ci mourut. Immédiatement la légion de Bretagne l'acclama et l'Empereur Galère le nomma César. Mais le fils de Constantin, Maxence, ne l'entendit pas de cette manière. Comment, lui, Maxence, dont le père avait régné en égal avec Dioclétien, lui qui avait grandi pour devenir Empereur, comment pouvait-il être écarté du pouvoir ? Il prit la pourpre impériale qu'il jugeait lui revenir de droit mais avait beaucoup de peine à assumer seul cette haute charge. Il demanda alors à son père de le rejoindre.

D'ailleurs, Maximien n'avait pris sa retraite qu'à contre-cœur, pour céder aux caprices de Dioclétien. Sur l'insistance de son fils, il accepta dans un premier temps de redevenir Auguste, créant de facto un contre pouvoir illégitime. La guerre était inévitable. Toutefois, Maximien était pris de remord, il ne voulait pas mettre en péril ce qu'il avait mis toute sa vie à construire, il répudia son fils tout en montant une tentative d'assassinat contre Constantin. La tentative déjouée, Constantin accula le vieil homme au suicide.

Malgré leur brouille passée, Maxence joua alors la carte du fils dévoué à son père et jura de le venger. A la mort de Galère, seul l'affrontement entre Constantin et Maxence pouvait décider du sort de l'Empire.

Le premier pouvait compter sur le soutien des légions de Bretagne, soit 25.000 hommes. Le second commandait les prétoriens de Rome et pouvait compter sur les levées de tout le Nord de l'Italie, soit plus de 100.000 hommes. (à suivre...)

Tag(s) : #antiquité, #Rome, #Histoires & Légendes

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