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Un archange dans l'Histoire (2/2)

Israël libéré est choyé par Dieu au point de le mettre sous la protection expresse du plus vaillant des chevaliers divins. Dans la Tradition chrétienne, on dit généralement que c'est l'ensemble de l’Église qui devient Israël après la venue du Christ. Le rôle protecteur de Saint Michel s'étend donc à toute la chrétienté et par-delà à toute l’Église dont les frontières s'étendent bien au-delà des chapelles et des dénominations particulières. Il n'en reste pas moins que Saint Michel reste le protecteur d'Israël et du peuple juif, veillant sur lui dans ses tribulations. La chrétienté et le judaïsme ont donc le même protecteur angélique et quoi de plus normal pour ces deux spiritualités à jamais liées entre elles comme les racines et le fruit d'un même arbre unique. On se rend compte alors qu'elle horrible et pervers malentendu que cet abject antisémitisme que propagea trop longtemps certains penseurs du christianisme et non des moindres. Comment ne pas voir dans l'antisémitisme, dont malheureusement nous sommes loin d'être délivrés, une manifestation patentes des forces adverses, une expression de la lutte entre l'humanité protégée par Saint Michel et la Bête ?

Lutte qui trouva bien sûr son horrible manifestation dans l’avènement du régime nazi et dans la Shoa. Régime maléfique dont la défaite fut consacrée le 8 mai 1945... jour de la Saint Michel !

Défenseur d'Israël, défenseur de l’Église, Saint Michel est le défenseur de toute l'Humanité car l’Église ne se limite pas à l'institution dite chrétienne mais englobe tout ce qui est Bon, Beau et Bien dans la Création. Idée singulière ? Pas vraiment. L'Eglise est instituée par le Christ, c'est à dire par Dieu lui-même. Or Dieu ne pratique pas l'exclusivisme ou le rejet d'une part de la population, Dieu rassemble et accueille quiconque se tourne vers Lui, même sans le nommer. Déjà Saint Augustin aimait à dire concernant l'Eglise : «Certains se croient dehors qui sont dedans; certains se croient dedans qui sont dehors».

Les plus belles réalisations artistiques de l'être humain, les plus profondes sagesses, les plus flamboyants poèmes, les récits imaginaires les plus inspirés, en tout temps et en tous lieux, sont inspirés par l'Esprit Saint et s'inscrivent dans une tension vers Dieu car ils sont pareils à Son image et tendent vers Sa ressemblance. Aussi, font-ils partie de ce corps divino-humain qu'est l'Eglise.

C'est cela l'Eglise que défend Saint Michel. Dans un texte éthiopien appelé La Vision d'Isaïe, on peut lire : « Je vis en vérité qu'il n'y a rien de ce qui se fait dans le monde qui demeure caché dans le septième ciel et j'interrogeai l'ange : « Quel est cet être qui dépasse tous les anges dans sa gloire ? et il me répondit : « C'est le grand ange Michael qui prie toujours pour l'humanité et pour la bonté. » (Vision d'Isaïe, 4 ; 23-25).

Il faudrait toutefois se garder de faire du Champion Céleste, un ange tout sucre, tout miel comme a tendance à le faire une certaine pensée new-age édulcorée.

L'homme ne peut-être que subjugué devant la puissance du Champion. L'historienne russe Olga Dobiache décrit très bien cette sensation devant cet être si intime à Dieu qu'on ne peut que pressentir la puissance du Créateur au travers lui : « L'homme du Moyen Age, facétieux et familier à l'égard des autres saints, paraît invariablement sérieux dans ses relations avec saint Michel. Le souffle de Dieu, qui en quelque manière l'emplissait, le privait d'une vie indépendante. »1

Qu'on se l'imagine : Michel est le Champion de Dieu, l'ultime opposant à la force de négation la plus puissante de l'Univers, à côté de qui les terribles trous noirs dévoreur de lumière sont des lieux de villégiature. Michel est un chevalier, un guerrier, LE guerrier. Il ne fait qu'un avec Dieu, avec le Logos, au point que parfois on le confond avec le Christ victorieux du mal. Michel incarne la force de Dieu, la puissance à l'état pur.

Tous les lieux associés à l'Archange sont des lieux où se déchaînent les forces naturelles : gorges, monts escarpés, forêts profondes et mystérieuses, gouffres et abîmes, la force brute de la Nature évoque celle de l'Archange. On songe aux toiles de Caspar David Friedrich, aux terres sauvages de Celtie et de Germanie où les hommages à l'Archange se multiplièrent durant tout le Moyen-Âge et bien sûr au formidable « Mont Saint-Michel au péril de la mer ».

Saint Michel se manifesta de nombreuses fois dans notre monde. Certaines de ces manifestations sont bien connues et ont eu une importance considérable dans l'Histoire de la Chrétienté.

1Olga Dobiache-Rojdestvensky, Le culte de Saint Michel et le moyen âge latin, Petrograd, 1917.

Tag(s) : #Saint Michel, #Anges - Vertus & Esprit Chevaleresque, #Esprit Chevaleresque, #Eglise de Vie, #Judaïsme

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