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Faramir et la caricature pacifique du chrétien

On trouve, trop souvent, dans l'esprit de certains chrétiens sincères, l'idée étrange que le chrétien est une sorte de créature passive et pacifique, molle comme un morceau de guimauve et gentille comme un bisounours. Ce chrétien stéréotypé est souvent utilisé, consciemment cette fois, par les ennemis du christianisme afin de le castrer. Car le "chrétien" qu'il propose serait absolument contre tout emploi des armes, contre toute forme de violence verbale ou physique, contre toute esprit de force et de fermeté. Ce chrétien caricaturé et sentimentaliste est loin du "Lion de Judas", du Christ assertif et combattif n'hésitant pas à affronter la torture et à donner sa vie, non par faiblesse et lâcheté, mais pour vaincre la Mort.

Dans le "Seigneur des Anneaux", l'écrivain J.R.R.Tolkien fait dire à l'intrépide et loyal Faramir : "Faramir : « La guerre doit être, tant que nous défendons nos vies contre un destructeur qui nous dévorerait tous ; mais je n’aime pas le glaive luisant pour son acuité, ni la flèche pour sa rapidité, ni le guerrier pour sa gloire. J’aime seulement ce qu’ils défendent : la cité des Hommes de Numénor, et je voudrais qu’on l’aime pour ses souvenirs, pour son ancienneté, pour sa beauté et pour sa présente sagesse. »

Seuls les fous aiment la guerre pour elle-même, seuls les lâches ou les adversaires de l'humanité la refusent à tout prix quitte à laisser le mal progresser et s'emparer du monde. La guerre peut-être juste si elle défend le Bien, la justice, la Beauté et la liberté.

Le catéchisme de l'Eglise ne dit pas autre chose : 2263 La défense légitime des personnes et des sociétés n’est pas une exception à l’interdit du meurtre de l’innocent que constitue l’homicide volontaire. " L’action de se défendre peut entraîner un double effet : l’un est la conservation de sa propre vie, l’autre la mort de l’agresseur ... L’un seulement est voulu ; l’autre ne l’est pas " (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 64, 7).

2264 L’amour envers soi-même demeure un principe fondamental de la moralité. Il est donc légitime de faire respecter son propre droit à la vie. Qui défend sa vie n’est pas coupable d’homicide même s’il est contraint de porter à son agresseur un coup mortel :

Si pour se défendre on exerce une violence plus grande qu’il ne faut, ce sera illicite. Mais si l’on repousse la violence de façon mesurée, ce sera licite... Et il n’est pas nécessaire au salut que l’on omette cet acte de protection mesurée pour éviter de tuer l’autre ; car on est davantage tenu de veiller à sa propre vie qu’à celle d’autrui (S. Thomas d’A., s. th. 2-2, 64, 7).

2265 En plus d’un droit, la légitime défense peut être un devoir grave, pour qui est responsable de la vie d’autrui. La défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire. A ce titre, les détenteurs légitimes de l’autorité ont le droit de recourir même aux armes pour repousser les agresseurs de la communauté civile
confiée à leur responsabilité.

Tag(s) : #Esprit Chevaleresque, #J.R.R.Tolkien, #Grande Guerre, #Eglise de Vie

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