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Les blessures du Christ

À la fin de l’année 1934, alors qu’il venait de terminer la rédaction du Bestiaire du Christ, Charbonneau prit connaissance d’une étude scientifique par un certain Docteur Barbet, qui avait publié un travail sur les cinq plaies du Christ inspiré par ses recherches scientifique sur le suaire de Turin. Ce médecin avait fait des études sur des cadavres – il en avait même crucifiés – et avait ainsi pu montrer que la position des blessures visibles sur le Saint-Suaire de Turin apportait la preuve indubitable que c’était bien le Christ qui avait été crucifié. Le Saint-Suaire de Turin avait clairement impressionné Charbonneau-Lassay, et la lecture de cet ouvrage bouleversa tous ses projets : il arrêta de travailler sur le Floraire et sur le Lapidaire du Christ, et commença un nouvel ouvrage sur les blessures du Christ qui devait s’appeler le Vulnéraire du Christ. « Vulnéraire » vient du latin vulnerarius, « relatif aux blessures ».

L'auteur meurt sans publier son livre...

Quand la revue Regnabit cessa de paraître en 1929, Charbonneau-Lassay reprit le flambeau et créa une autre revue qui s’appelait Le Rayonnement intellectuel, une revue à tirage très limité dans laquelle il continua à publier des articles sur les plaies du Christ, contenant des informations assez peu connues, voire complètement oubliées. Il termina son manuscrit du Vulnéraire en 1946, quelques mois avant son décès : il mourut avant d’avoir pu le publier. Après sa mort, un notaire fit un inventaire de toutes les archives et de tous les objets qui se trouvaient chez Charbonneau-Lassay. Toute la collection archéologique, ses livres, ses manuscrits non publiés furent partagés entre les ayants-droits de Charbonneau et à la ville de Loudun, qui put ainsi créer un Musée Charbonneau-Lassay. Quant aux vieilles archives et notes de travail accumulées par l’auteur pour la réalisation de ses ouvrages, elles furent données à un ami proche de Charbonneau-Lassay, qui était aussi un ami de Guénon, et qui s’était donné pour objectif d’essayer de republier le Bestiaire, dont la majorité des exemplaires avait été malheureusement détruits durant un bombardement en Belgique en 1943, et aussi de reconstituer le Lapidaire et le Floraire. Malheureusement, la santé de cet ami ne lui permit pas de terminer son projet. Ces archives sont passées ensuite à d’autres personnes, avec toujours comme objectif un jour de reconstituer l’œuvre non terminée de Charbonneau. Quant au manuscrit du Vulnéraire, il était resté entre les mains des ayants-droits de Charbonneau-Lassay : ils essayèrent de le publier dans les années 50, et l'envoyèrent à quelques maisons d’éditions mais personne ne semblait intéressé. Dans les années 60, une personne censée représenter un éditeur se présenta et promit de les aider à publier l’ouvrage. On lui confia le manuscrit du Vulnéraire qui ne fut jamais rendu. Depuis, le manuscrit du Vulnéraire du Christ a disparu. Le mystère reste d’ailleurs entier à ce sujet.

Un intérêt pour le Bestiaire et le début d'une quête

Il y a quelques années, je me suis pris d'intérêt pour le Bestiaire du Christ dont la lecture m’avait époustouflé ; j’ai acquis un exemplaire original qui avait survécu au bombardement de 1943, j’ai commencé à collectionner les revues Regnabit, Le Rayonnement Intellectuel, et puis à étudier tous ces articles que Charbonneau avait publié sur les blessures du Christ. J’ai également trouvé une description de la table des matières du Vulnéraire du Christ. Je me suis alors donné l’objectif un peu fou de reconstituer ce Vulnéraire en utilisant ce qui avait déjà été publié du vivant de Charbonneau dans différentes revues. J’ai vite réalisé que je pouvais mettre en forme un volume assez complet en me guidant avec le contenu des lettres que Charbonneau avait envoyées à Guénon. J’ai travaillé sur ce projet pendant plusieurs années, portant un soin particulier à bien mettre en valeur les anciennes gravures de Charbonneau. J’ai parlé de ce projet de reconstitution à plusieurs amis, qui s’intéressaient aussi à Charbonneau-Lassay, et certains d’entre eux connaissaient les possesseurs actuels des archives. C’est ainsi que j’ai été mis en contact avec ces personnes qui m’ont parlé de l’histoire de ces archives, et qui m’en ont donné un inventaire assez détaillé. Il s’y trouve bien un petit opuscule manuscrit de quelques pages contenant des notes sur le Saint-Suaire de Turin, qui m’a permis de confirmer que Charbonneau s’intéressait à ce linceul sacré, où seraient imprimées naturellement l’emplacement des plaies du Christ. Et puis, il y a quelques mois, ils m’ont offert de me vendre ces archives, mais à un prix qui dépassait mes moyens. J’ai donc réfléchi à lancer un projet de financement participatif qui me permettrait d’utiliser le Vulnéraire que j’ai reconstitué en contrepartie de dons de mécènes. J’ai lancé ce projet il y a environ 4 semaines. J’ai été surpris de l’accueil favorable qu’il a reçu de toutes parts, et j’ai pu d’ailleurs obtenir une grande partie des fonds minimum nécessaires en à peine une semaine !

Conserver l'orthodoxie catholique

Lorsque j’ai reconstitué le Vulnéraire du Christ, j’ai tenu absolument à conserver l’orthodoxie catholique de l’esprit de Charbonneau. Il ne pouvait en être autrement. L’ouvrage que j’ai reconstitué est donc dans la plus stricte continuation de l’œuvre qu’avait commencée notre auteur. J’ai même passé des mois à essayer de reproduire le plus possible le format, le style et la typographie du Bestiaire original. Le Bestiaire du Christ est un ouvrage magnifique dans le fond et dans la forme. C’est ce qui fait sa magie. Il ne fait pourtant aucun doute que ceux qui liront le Vulnéraire du Christ y trouveront entre les lignes la possibilité d'une lecture profonde au travers du symbolisme des blessures du Christ, parce que cela concerne tout ce qui se ramène au symbolisme du Saint Graal. La reconstitution de cet ouvrage a été une expérience extraordinaire et un voyage personnel ; je continue à y découvrir des choses qui me surprennent, après chaque nouvelle lecture. J’ai vraiment hâte de le mettre à la disposition des souscripteurs au début de l’année 2017, et à transmettre le contenu des archives de Charbonneau-Lassay que nous aurons sauvegardées. Je m’en suis fait un devoir.

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Tag(s) : #Jésus-Christ, #Esprit Chevaleresque, #Graal, #Théologie et spiritualité, #Art et Culture, #Moyen-Age

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