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Samedi 28 février 2009 6 28 /02 /Fév /2009 12:05

"On peut trouver des valeurs communes entre les religions comme la compassion ou l'amour.  Mais il y a aussi des différences irréconciliables.  On peut, un temps, cheminer sur deux sentiers à la fois mais tôt ou tard, il faut faire un choix sinon, ce serait comme vouloir mettre une tête de yak sur le corps d'un mouton."

 

Tenzin Gyatso, XIVe Dalaï-Lama


Lorsqu’on s’éveille à la spiritualité, que la conscience se tend timidement vers la Source ineffable de toutes choses, on cherche à entendre la mélodie céleste et l’on est submergé par la multiplicité des symphonies terrestres.

Lorsqu’on décide de prendre le bâton de pèlerin ou de vêtir l’armure de lumière pour partir en quête du Graal, on est rapidement désorienté par le nombre de chemins qui s’ouvrent à nous.

Souvent, dans un premier temps, la tentation du syncrétisme sera la plus forte.  En effet,  l’intuition soudaine d’une origine et d’un destin spirituel commun à l’ensemble de l’humanité est à ce point enthousiasmant qu’on s’ouvre tout à la fois aux joyaux de la pensée bouddhiste, au parfum subtil du soufisme, à l’enivrante mélodie de l’Inde et à la vivante lumière Christique sans oublier de soulever un minuscule coin du voile kabbalistique… 

Quel plaisir et quelle excitation que de découvrir la richesse de la pensée humaine ! Quelle joie que de voir en l’autre un autre soi-même, de se rendre compte de l’élan commun vers l’Absolu ! Quelle revivification intellectuelle et spirituelle pour l’esprit las des querelles de chapelle, fatigué des fanatiques qui prétendent détenir la seule Vérité, comme si celle-ci pouvait s’enfermer entre les lignes figées d’un catéchisme quelconque !

 

Pourtant, après avoir fait un petit tour du monde spirituel, où l’on aura visité certains monuments incontournables, un vide certain se fera jour dans la conscience du chercheur.  Un vide ? Plutôt un manque.  Certes, entonner un mantra bouddhiste avant de prier Jésus pouvait avoir son charme au début mais après un certain moment, naît le désir d’approfondir, de s’avancer plus loin vers la Lumière.  On ressent alors la nécessité d’une stabilité, d’une fondation de pierre et non de vent, soudain on se rend compte qu’on voudrait une bonne armure d’acier céleste et non une cuirasse d’aluminium.  A un certain moment, le bouillon n’est plus nourrissant, il faut se sustenter de choses plus consistantes.  C’est presque une question d’esthétique, le temple intérieur se doit d’être décoré avec goût et ne pas ressembler à un étal de brocante mélangeant les styles et les époques en un joyeux capharnaüm.

 

C’est en tout cas un impératif de cohérence.  Car l’âme pour progresser dans la jungle cosmique a besoin de cohérence, de structure, de discipline, d’une carte et d’une boussole et ce, surtout si elle veut se débarrasser des dogmes rigides et du « prêt à penser ».  La liberté sans cohérence intérieure n’est qu’un chaos improductif.

 

« Ce qui est cohérent pour l’un ne l’est pas pour l’autre » me dira-t-on. 

Certes, d’où la multiplicité des voies et des chemins et la nécessité de faire preuve de discernement, de séparer le bon grain du grand n’importe quoi.

 

Aujourd’hui, beaucoup d’Occidentaux recherchent leur voie spirituelle et semblent désemparé devant l’apparente absence de celle-ci.  Pourtant elle est là depuis des millénaires.  Contrairement à ce que certains apparatchiks de l’Eglise Catholique ou Evangélique voudraient nous faire croire, rien ne naît jamais de rien.  Des courants divers ont parcouru et construit la spiritualité occidentale en se mêlant harmonieusement.  Le christianisme s’est greffé sur les traditions païennes préexistantes, reprenant ses fêtes principales, son symbolisme, et certains de ses concepts philosophiques.  Loin d’être une Révélation tranchant avec tout le reste, le message et la Lumière Christique devait revivifier ce qui existait précédemment, mettant en relief ce qui devait l’être et détruire les formes usagées de la superstition, de la vendetta et de l’injustice. 

Et bon gré, mal gré c’est ce qui se passa.  La volonté d’obscurantisme inquisitorial, la compréhension doloriste, mortifère et bornée des uns n’a jamais empêché le Christ de donner à boire à ceux qui avaient soif d’une spiritualité saine, équilibrante et constructive.  La Tradition spirituelle d’occident parcouru l’histoire plus ou moins souterrainement. 

 

Mais qu’est ce donc que cette Tradition d’occident ? Un fabuleux fleuve-soleil qui naît de la rencontre de multiples affluents : hermétisme – traditions mystériques païennes – philosophie grecque – souffle celtico-germanique – kabbale – révélation christique et théosophie chrétienne, voire même quelques parfums soufis qui vinrent se greffer aux pratiques mystiques de l’occident via les troubadours d’occitanie.  Voilà la tradition d’occident ! Belle par cette richesse diverse et harmonieuse, magnifique par la foule de symboles qui l’habite, solide par sa cohérence interne et par la profondeur de sa réflexion.

 

« Mais, me dira-t-on, comme elle s’est enrichi de tout ce qui précède, rien n’empêche alors à cette Tradition occidentale de s’enrichir de chose plus lointaine comme les philosophies indiennes ou bouddhistes ? »

Non, rien ne l’empêche.  Sauf qu’il a fallu des siècles pour que chaque ingrédient s’harmonise aux autres.  Des siècles pour que la subtilité de pensée d’un affluent mêle ses eaux à la force du fleuve alors qu’on commence seulement à percevoir la richesse de la pensée indienne ou bouddhiste.  Ces deux philosophies se suffisant d’ailleurs à elles-mêmes, tout comme la tradition occidentale se suffit à elle-même.

 

Tout ceci ne veut, bien sûr, pas dire qu’on ne puisse pas se nourrir aux sources millénaires de l’orient, ni éclairer sa spiritualité à la lumière de concepts autres.  Je suis personnellement un grand admirateur de la pensée et de l’esthétique extrême orientale et indienne.  Après tout, l’Inde est le berceau de notre civilisation. Mais, je suis persuadé qu'il faut être ancré dans une tradition, pour s’ouvrir avec plus de profondeur à celle des autres, et que c’est seulement à ce moment là qu’on peut partager car on a quelque chose à échanger.        

Par Galahad
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Vendredi 6 février 2009 5 06 /02 /Fév /2009 22:40

Hier, j’ai rencontré quelqu’un qui avait peur.  Peur d’une guerre nucléaire ? De l’orage ?  D’un attentat terroriste ? De recevoir son préavis ? Non.  L’homme avait peur de… la musique !

« La musique est comme une main s’insérant dans ton esprit, elle cherche à te manipuler, écouter de la musique, c’est comme fumer un joint ! », me dit-il avec ce regard tragique qu’arborent les grands traumatisés.

Cela me fit réfléchir.  Non pas sur la nécessité de vendre dorénavant les CD sous ordonnances mais plutôt sur l’origine de cette phobie étrange. 

Et puis j’ai compris !

La peur de la musique, c’est la peur de l’incontrôlé, la peur de son être intérieur et de l’inconnu, la peur de son ombre…  La peur qui empêche Peter Pan de s’envoler. 

La musique et l’art en général touchent les niveaux les plus profonds de notre conscience.  Ces arts ouvrent des portes, comme le font la danse, la méditation ou la spiritualité.   Que va-t-on découvrir derrière ?  Un spectre ? Un gouffre béant ? Un cadavre dans le placard ?  Certaines personnes ont peur d’ouvrir des portes.

Paradoxalement, la plupart des gens cherchent précisément à vibrer, à s’immerger dans la peinture, dans une symphonie ou dans une danse frénétique.

La culpabilisation généralisée, les répressions politiques, l’obscurantisme religieux, l’esclavage économique ont placé des murs d’acier dans les consciences individuelles.  Murs entre l’homme et la nature, murs entre l’homme et la femme, murs entre l’homme et l’inspiration divine, murs entre les différentes parties constitutives de l’esprit humain.  A force d’être emmuré, l’homme s’est fragmenté.  Une société constituée d’individus éclatés intérieurement est une société de frustrés et de schizophrènes.

Inconsciemment, l’être humain sait que l’unité est la clef et que celle-ci commence en lui-même.  Alors, il cherche à renouer contact avec les dieux-archétypes qui sont en lui avant de se tourner vers Dieu, Source de toute chose.  Une petite minorité cherche à le faire consciemment, à retourner dans la nature, à rechercher le nom de l’Ineffable inscrit sur l’écume des vagues, chanté par le vent ou le murmure des rivières.  D’autres se ménagent quotidiennement une fenêtre de méditation, non pas fuite de la réalité mais retour progressif  vers la Vérité.   

La plupart n’ont malheureusement pas cette chance car l’éducation a depuis longtemps tranché ce lien sacré à la nature et à la spiritualité.  Ceux là ne savent pas ou pire, ils ont peur de savoir.  Ils restent prisonniers des murs d’acier tout en pleurant intérieurement pour sortir.  Ils n’ont pas la confiance ou le courage de faire voler la prison en éclats et de retourner à la Source.  Alors ils deviennent cyniques, craintifs, se réfugient dans des faux problèmes qu’ils s’inventent ou dans des vrais comme la drogue ou l’alcool.  Ils veulent oublier ce mal-être insoutenable qui les taraude, dont la seule cause est qu’ils ne veulent pas s’ouvrir, qu’ils n’osent plus danser avec les loups.

 

Le véritable ennemi à terrasser est la peur, peur de soi, des autres, de l’extérieur, de l’intérieur, de la nature, des animaux, des autres cultures, peur de la peur elle-même. Autant de tête à l’hydre qui nous paralyse de l’intérieur.

 

Il est temps de retrouver notre fierté, de faire fi de notre égoïsme et de se relever nimbé de la lumière du héros.

Il est temps de prendre notre épée, de tenir haut notre torche et d’affronter le monstre de face.

Il est temps de faire tomber les têtes de l’hydre de la peur et de cautériser les plaies avec notre force intérieure, pour qu’elles ne repoussent pas. 

 

Le monstre terrassé, nous pourrons entendre notre murmure intérieur et danser au son du fifre qui résonne dans notre conscience.  Si la majeure partie des gens prenait conscience que la clef se trouve en eux et qu’il est en leur pouvoir de l’utiliser, de plus en plus atteindraient le Graal, chaudron symbolique de la Connaissance et de l’Illumination.  Abreuvé par le breuvage d’inspiration, gorgé d’Esprit, nous pourrions bâtir un monde de liberté et de respect où chacun trouverait sa place.

Par Galahad - Communauté : Le Monde Spirituel
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Vendredi 16 janvier 2009 5 16 /01 /Jan /2009 23:31

On perd la trace du Corpus Hermeticum en Occident entre le VIe siècle et le XIe siècle. W. Scott suggère qu'il aurait été conservé par les Sabéens qui célébraient un culte consacré à Hermès-Thot jusqu'au XIe siècle. Les Sabéens faisaient remonter leur origine à Hermès et ils produisirent eux-mêmes un certain nombre d'écrits originaux dont ils attribuaient le contenu à Hermès lui-même. Ainsi en est-il du Risâlat fi'n-nafs (Lettre sur l'âme) et les Institutions liturgiques d'Hermès rédigé probablement par Thâbit ibn Qurra de Bagdad.

 


Très tôt dans le monde islamique on s'intéresse à Hermès. Celui-ci est en effet reconnu d'emblée comme un prophète et ce par les autorités les plus exotéristes. On se souvient, en effet, que la religion musulmane ne s'est jamais posée en nouvelle révélation mais que Muhammad est le « sceau des prophètes ». C'est-à-dire le dernier maillons d'une chaîne de prophètes (Noé, Moïse, Jésus,...), tous porteurs d'une partie du message Divin. Hermès apparaît ainsi à deux reprises dans le Coran et dans certains hadiths sous le nom d'Idris : « A l'époque d'Idris, les anges s'adressaient aux hommes, les saluaient, leur parlaient, les fréquentaient, car c'était une ère d'harmonie » dit un hadith. On assimila également Idris-Hermès à Hénoch ce qui lui donna une présence considérable et permit à l'Islam de se rapprocher de la tradition helléno-égyptienne. Pour la tradition islamique, il y eut trois Hermès :

 

 

1. Hermès le Majeur qui vécut avant le déluge. Il reçut par inspiration divine la science de l'écriture, de l'astronomie et de l'architecture. C'est lui qui fit construire les pyramides pour y graver en hiéroglyphes les secrets de la création et ainsi les préserver du déluge.

 

 

2. Hermès le Babylonien qui vécut après le déluge. Maître en médecine, en philosophie, en mathématique. C'est lui qui initia Pythagore aux mystères de la science sacrée.

 

 

3. Hermès l'Egyptien. Maître d'Esculape, il est le premier à enseigner l'alchimie et fut une des plus grande autorité en magie et en sciences occultes de tous les temps.

 

 

Celui du Coran est le premier. En effet, il s'agit d'Idris, fils de Yared, l'arrière-petit-fils de Seth, ayant vécu peu avant Noé. Son rôle principal fut celui de savant civilisateur et son message fut plus une transmission de techniques qu'une parole religieuse. Mais Idris-Hermès n'a pas obtenu ces sciences par recherche personnelle mais bien par inspiration divine. Ces sciences : mathématiques, astronomie, médecine, sont autant de prolongements de l'activité divine sur Terre, autant de moyens et de méthode pour connaître Dieu. Idris-Hermès est le héros civilisateur non pas porteur d'une science mécanique mais de la Science. Science du monde, des hommes et de l'univers. Mystères du cosmos, du microcosme et du macrocosme, de la sagesse divine. Idris-Hermès, le prophète sans visage. En effet, si Idris est un des quatre piliers soufis sur lesquels repose la hiérarchie mystique des saints qui soutient l'existence du monde, il n'en demeure pas moins une figure énigmatique et intemporelle. Ces quatre piliers sont en fait les quatre prophètes immortels qui reviendront à la fin des temps pour accomplir une tâche bien précise : Jésus combattra les forces de l'idolâtrie et du mal, Elie est l'intercesseur auprès des Amis de Dieu, Khadir l'Initiateur des initiateurs. Mais Idris n'a ni fonction, ni rôle historique à jouer. D'où vient cet imprécision ? S'agit-il réellement d'une imprécision ? Ou plutôt s'agit-il de mettre en évidence par l'absence, procédé ésotérique classique.

 

Pierre Lory souligne que selon les sources ésotériques musulmanes, Hermès aurait rédigé des odes en arabes, en hébreux et en syriaque. Cette polyglossie est le signe de l'intemporalité et de l'universalité d'Idris-Hermès, celui-ci ne se rattache à aucune tradition en particulier, ou plutôt il se rattache à l'ensemble des traditions monothéistes. Une lecture plus ésotérique, verticale, donne à Hermès-Idris toute sa dimension. En effet certaines traditions soufies donnent une valeur ésotérique aux langues susmentionnées « qui dépasse de beaucoup leur fonction littéraire et liturgique dans l'histoire » Le syriaque est la langue des anges, utilisée dans les rituels magiques et théurgiques. L'arabe aurait été la langue parlée par Adam au Paradis et l'hébreu, un idiome de l'arabe que les hommes se seraient mis à parler sur terre après la chute. « Idris parlait donc les langues du ciel, de la terre, et celle de l'homme à l'état accompli, l'arabe. Il s'est exprimé à ces trois niveaux de conscience et d'être en poèmes, c'est-à-dire en un discours structuré et proféré selon des harmonies métriques - donc mathématiques : parole du parfait équilibre de l'intellect purifié » et reflet de l'harmonie divine.
Selon Pierre Lory, si on met les réflexions précédentes en parallèle avec plusieurs textes de théurgie mentionnant Idris-Hermès invoquant sa Nature Parfaite ou étant lui-même la Nature Parfaite de l'orant, on peut comprendre alors Idris-Hermès comme le maître intérieure, l'ange personnel de l'ésotériste qui est en réalité le Soi supérieur. Car comme le suggère le traité occulte du Ghayat al-hakim, Hermès était à la recherche de son être supérieur : le découvrant, il devient lui-même cette Nature Parfaite. Ainsi en sera-t-il de l'initié soufi qui, réalisant sa part divine, devient le reflet de Dieu.

 

 

L'Hermétisme aujourd'hui :

 

 

Aujourd'hui encore certains groupes ésotériques et initiatiques authentiques étudient les textes et les enseignements hermétiques. Outre l'idée (souvent fausse) que l'on peut se faire de l'ésotérisme en général, on est en droit de se poser la question de l'utilité et de la pertinence d'une pareille étude. Le Corpus Hermeticum ? Un ensemble de vieux textes poussiéreux qui ne devrait attirer l'attention que de quelques érudits et historiens. La philosophie hermétique ? Le reflet d'une certaine pensée antique et pré-scientifique, des textes à ranger parmi les expressions de la superstition et de l'ignorance humaine. L'alchimie, l'ésotérisme, Paracelse, Jacob Boehme, Robert Fludd ? Autant d'idées et de personnes « allumées », hallucinées, fantaisistes, autant de temps perdu en vaines chimères.

Voilà les jugements a priori : « Il faut remarquer qu'aucune autre discipline ou science ne fait l'objet de pareille agressivité immédiatement, immanquablement, foncièrement. Quand on parle avec un mathématicien, on critique une démonstration, ou une hypothèse, jamais la mathématique. On ne commence pas un échange de vues politiques en suspectant l'interlocuteur de folie...A peine le mot « ésotérisme » est-il lâché que fusent les railleries... »
On peut à juste titre s'interroger sur les raisons profondes d'une telle attitude vis-à-vis de l'ésotérisme en général. On ne peut qu'inviter le lecteur à se reporter à l'excellente analyse de Pierre A. Riffard.
Pour ce qui est des textes hermétiques en particulier, ils restent et resteront à jamais d'actualité. Car, loin de véhiculer des idées dépassées ou antiques, ils nous parlent d'éternité. Loin d'être un amas de curiosités et de superstitions, ils nous entretiennent de la nature humaine profonde. Cette part de nous même qui est en relation perpétuelle avec la Nature et l'ensemble de la Création. Sans dogmatisme, ils invitent à une réflexion sur la condition humaine, ils emmènent l'esprit vers le chemin des étoiles et de la divinité au cœur de nous-même, là où le Mystère réside, aux sources de la Vie. Par delà les frontières de la vie et de la mort, en un lieu où la transmutation s'accomplit, où l'homme redevient Homme et renaît à lui-même. C'est un fabuleux voyage dont on revient transformé. C'est la réalisation véritable de cette maxime intemporelle écrite sur le fronton du Temple de Delphes : « Connais-toi toi même et tu connaîtras l'Univers et les dieux. »

Par Galahad
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Mardi 23 décembre 2008 2 23 /12 /Déc /2008 19:55
Le mot Noël apparaît vers 1112, comme modification vocalique du latin natalis (« relatif à la naissance ») qui avait déjà donné le terme nael. Le o, remplaçant le a de l'ancien français nael, vient de la dissimilation (type de modification phonétique subie par un son au contact de son voisin qui tend à augmenter les différences entre les deux) des deux a de natalis tandis que le tréma n'apparait qu'en 1718.

Dans le monde païen antérieur au christianisme, la période du 25 décembre était l'objet de fêtes particulières puisqu'elle marque le solstice d'hiver ou le retour de la lumière dans le monde. Cette fête solaire, fort ancrée dans les coutumes, ne pouvait pas être facilement abandonnée. Les Evangiles étant très vagues sur le moment précis de la naissance de Jésus, l'Eglise décide, au IV e siècle, de fixer la date de la nativité à cette période de l'année.


Cette date est d'autant plus logique que pour la pensée symbolique et religieuse chrétienne, Jésus est précisément la Lumière du Monde comme le l'indiquait en 2004, Jean-Paul Jaeger, évêque d'Arras : « Les évangélistes dont un sur quatre seulement propose un récit de la naissance de Jésus étaient bien incapables d'en situer la date exacte. Excellente pédagogue, l'Église, en Occident, a fixé en 353 la célébration de Noël au moment de la fête païenne du solstice d'hiver. Le signe est magnifique. Les rayons du soleil sont au plus bas de leur déclin. Progressivement le jour va s'imposer à la nuit. La lumière va triompher. Le Christ naissant est alors loué et accueilli comme la lumière qui brille dans les ténèbres, comme le jour qui se lève sur l'humanité engourdie et endormie. Il est le jour nouveau qui pointe à minuit. »


A partir de 353, la fête de Noël se répand dans toute l'Europe. Il faudra attendre l'an Mil pour que sa célébration soit généralisée. Des symboles universels et anciens se grefferont à la fête comme par exemple celui de la bûche qui, à l'origine, devait brûler toute la nuit, voir pendant une semaine pour préfigurer la bonne moisson de l'année à venir.

L'arbre de noël serait une représentation de l'Arbre du Monde qu'on trouve, à la fois, dans les traditions païennes (Yggdrasil) et dans la tradition biblique (Arbre de Vie). Le premier arbre de Noël serait apparu en Alsace en 1521. Certains auteurs font le rapprochement avec les mystères, pièces de théâtre jouées dans les églises ou sur les parvis : au temps de Noël, on représentait les récits bibliques de la Création du monde, et un sapin figurait l'arbre de vie planté au milieu du paradis terrestre.


Cet arbre était décoré d'oblatas (offrandes, petites friandises figurant les hosties). Pourtant la tradition d'un arbre décoré est très ancienne et l'Eglise catholique y verra longtemps une pratique païenne. Les protestants, par contre, l'adopteront dès la Réforme de 1560 comme symbole de l'arbre du paradis. Interdit en URSS dans le cadre de la politique antireligieuse d'État, le sapin de Noël est à nouveau autorisé par Joseph Staline à partir de 1934, mais à condition d'être dressé désormais pour célébrer le Nouvel An.


Le Père Noël est, lui, un personnage d'invention anglo-saxone qui apparaît au XIXe siècle (même si on en trouve déjà des traces dans la figure de Saint Nicolas ou du lutin Julenisse en Scandinavie païenne) et dont on trouve la première mention en français en 1855. L'une de ses premières représentations date de 1868, dessinée par Thomas Nast pour Harper's Magazine. À l'origine le personnage est habillé soit en vert soit en rouge au gré de la fantaisie des illustrateurs ; c'est Coca-Cola qui, par son image publicitaire, rendra universel l'habit entièrement rouge et blanc.


En conclusion, depuis l'aube des temps, Noël est la célébration de la Lumière universelle, celle qui perce la ténèbre et éclaire la vie de tous ceux qui la cherchent. A vous tous, qui passez par ce blog, je souhaite que Dieu guide vos pas vers la Lumière que vous recherchez !

Par Galahad - Communauté : Le Monde Spirituel
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Samedi 22 novembre 2008 6 22 /11 /Nov /2008 09:07

L'Asclépius est aussi appelé Discours parfait (Logos teleios). Ce manuscrit écrit sous forme de dialogue, nous montre que la révélation hermétique se situe en Égypte, cœur du monde : « Ignores-tu donc, Asclépius, que l'Égypte est la copie du ciel, ou, pour mieux dire, le lieu où se transfèrent et se projettent ici-bas toutes les opérations qui gouvernent et mettent en œuvre les forces célestes ? Bien plus, s'il faut le dire, notre Terre est le temple du monde entier. » (Ascl., 24).
Bien sûr, il y a plusieurs sens à donner à ce passage. Dans la plupart des écrits ésotériques coexistent le sens d'en-bas et le sens d'en-haut : un sens externe et un sens interne, un sens littéral et un sens symbolique.
Comme le fait remarquer F.Bonardel : « Cette proclamation n'est pas la manifestation d'un géocentrisme spirituel injustifiable, mais plutôt la certitude que toute révélation fait du lieu où elle survient le centre symbolique du monde, en même temps qu'elle sacralise la terre où elle advient. »
Si révélation, il y a, il ne s'agit pas d'une révélation complète et définitive. En effet, il s'agit plutôt de périodes cycliques de révélation et d'occultation : « Hermès vit l'ensemble des choses ; et ayant vu, il comprit ; et ayant compris, il eut puissance de révéler et de montrer. En effet, les choses qu'il connut, il les grava, et, les ayant gravées, les cacha, ayant mieux aimé, sur la plupart d'entre elles, garder un ferme silence que d'en parler, afin qu'eût à les chercher toute génération née après le monde. » (Frag. Stobée, XXIII, 5).

 

 

On est donc en présence d'une gnose, d'un enseignement de type ésotérique et initiatique qui en tant que tel, s'adresse à une minorité : « Un entretient si religieux sur un si grand sujet ne doit pas être profané par l'immixtion et la présence d'un nombreux auditoire. C'est chose impie que de divulguer à la masse un enseignement tout rempli de l'entière majesté divine. » (Ascl. prologue, 1). Mais quel est le but de ces enseignements ? A l'instar de l'ensemble des mouvements initiatiques et ésotériques, il s'agit de donner à l'initié l'accès à un monde secret, auquel le profane qu'il était, n'avait jusqu'alors pas accès. L'hermétiste voit plutôt qu'il ne regarde. Par delà l'apparence du monde, il voit le monde dans sa réalité, il perçoit les causes premières. Ainsi, dans le Poimandrès, le Noûs-Intellect-Dieu se manifeste à Hermès : « Un jour, que j'avais commencé de réfléchir sur les êtres et que ma pensée s'en était allée planer dans les hauteurs...il me sembla que se présentait à moi un être d'une taille immense...qui m'appela par mon nom et me dit : Que veux-tu entendre et voir, et par la pensée apprendre et connaître ? ...Et moi je dis : Je veux être instruit sur les êtres, comprendre leur nature, connaître Dieu. ...A ces mots, il changea d'aspect, et subitement tout s'ouvrit devant moi en un moment, et je vois une vision sans limites, tout devenu lumière, sereine et joyeuse... Et peu après, il y avait une obscurité se portant vers le bas, survenue à son tour, effrayante et sombre, qui s'était roulé en spirales tortueuses, pareille à un serpent...Puis cette obscurité se change en une sorte de nature humide...produisant une sorte de son, un gémissement indescriptible. Puis il en jaillissait un cri d'appel, sans articulation, tel que je le comparais à une voix de feu, cependant que sortant de la lumière..., un Verbe saint vint couvrir la Nature. » (Poim.1-10)
Après la création de la lumière et des ténèbres, on voit l'opposition entre la clameur brutale et inarticulée issue du Chaos et la valeur lumineuse du Logos, Verbe divin. « Cette lumière, c'est moi, Noûs, ton Dieu, celui qui existe avant la nature humide qui est apparue hors de l'obscurité. Quant au Verbe lumineux issus du Noûs, c'est le fils de Dieu. » Cette conception du Verbe divin peut, si on croit les textes hermétiques fort anciens, suggérer une pensée pré-christique. Rapprochement que ne manquèrent pas de faire certains Pères de l'Église qui virent dans l'hermétisme l'annonce du christianisme, quoique la "Chute" est ici la conséquence d'un acte d'amour volontaire et non d'une désobéissance culpabilisatrice.

 


Mais l'homme dans tout cela ? Quelle est sa place au sein de la pensée hermétiste ? L'homme a été créé par Dieu à son image et se vit livrer la garde de la Création, mais séduit par la beauté de celle-ci, l'Homme brûla du désir de la rejoindre : « Alors l'Homme, qui avait plein pouvoir sur le monde des êtres mortels et les animaux sans raison, se pencha à travers leur enveloppe, et il fit montre à la Nature d'en bas de la belle forme de Dieu...la Nature sourit d'amour, car elle avait vu les traits de cette forme merveilleusement belle de l'Homme se refléter dans l'eau et son ombre sur la terre. Pour lui, ayant perçu cette forme à lui semblable présente dans la Nature, reflétée dans l'eau, il l'aima et il voulut habiter là. Dès l'instant qu'il le voulut, il l'accomplit, et il vint habiter la forme sans raison. Alors la Nature, ayant reçu en elle son aimé, l'enlaça toute, et ils s'unirent, car ils brûlaient d'amour. » (Poim. I, 14). Voilà pour la chute. L'Âme de l'Homme, charmé par la matière et désireux d'en faire l'expérience, se retrouve prisonnier en son sein. Pourtant il reste en lui les traces de sa nature divine. L'homme est donc double : « mortel de par son corps, immortel de par l'homme essentiel » (Poim. I, 15). Cette nature pneumatique qu'il doit réapprendre à exprimer et à développer afin de faire l'ascension du monde céleste. Il s'agit d'un schéma chute-exil-régénération qui apparaît dans la plupart des mouvements ésotériques postérieurs (Rosicrucianisme, Martinisme, Kabbale et même Soufisme) et permet à l'initiable de « rebrousser chemin vers les choses anciennes et primordiales ».

Il y a donc un lien entre l'homme et le Divin, entre le ciel et la terre. Mais ce lien dépasse le stade de simple médiation, il est aussi sympathie : « Il est vrai et sans mensonge, que tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut ; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas : pour accomplir le miracle d'une seule chose.

De même que toutes choses tirent leur origine de la Chose Unique Seule, par la volonté et le verbe de l'Un, Seul et Unique qui l'a créée dans Son Esprit, de même toutes les choses doivent leur existence à cet Un par ordre de la Nature et peuvent être améliorées par l'Harmonie avec cet Esprit. » (Table d'émeraude). Il s'agit donc de se mettre en sympathie, de devenir Un, le Tout, de ne plus faire qu'un avec la Nature, Dieu et l'Univers : « Monte plus haut que toute hauteur, descend plus bas que toute profondeur. Rassemble en toi-même les sensations de tout le créé, du feu et de l'eau, du sec et de l'humide, imaginant que tu es à la fois partout, sur la terre, dans la mer, au ciel, que tu n'es pas né encore, que tu es dans le ventre maternel, que tu es adolescent, vieillard, que tu es mort, que tu es par delà la mort. Si tu embrasses par la pensée toutes ces choses à la fois, temps, lieux, substances, qualités, quantités, tu peux comprendre Dieu. » ( Poim. XII, 20). Le monde terrestre est donc considéré comme autant de médiations, autant de points d'appui sur lequel l'initié va s'appuyer pour entamer sa remontée vers le Tout. Hermès est considéré comme l'accompli : « Une âme qui possédât le lien de sympathie avec les mystères du ciel : voilà ce qu'était Hermès qui a tout connu. » (K.K., 5). L'initié aux mystères hermétiques devient son digne successeur : « Ce sont eux (les initiés) qui, ayant appris d'Hermès que les choses d'en bas ont reçu du Créateur l'ordre d'être en sympathie avec celles d'en haut, ont institué sur la terre les fonctions sacrées liées verticalement aux mystères du ciel. » (K.K., 68).

 

 

La pensée hermétique va parcourir énormément de chemin, à la fois dans le temps mais aussi dans l'espace. Nous verrons brièvement sa destinée en Occident et en Orient.

Par Galahad
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Mercredi 19 novembre 2008 3 19 /11 /Nov /2008 16:57
Je suis convaincu que la connaissance des lois spirituelles qui régissent l'Univers et la connaissance en général sont des conditions essentielles à l'épanouissement de l'âme humaine et à son évolution vers Dieu. On peut me qualifier de gnostique, je l'assume et n'en suis pas moins persuadé que l'ignorance est la source des principaux maux sur Terre.
Certaines personnes sont loin de partager mon opinion, à l'image du Révérend Patrick O'Donoghue, évêque de Lancaster qui vient de déclarer que la perte de fréquentation des églises catholiques et le matérialisme ambiant était dû à...l'éducation. Pour lui, les universités qui présentent un côté obscur, encourage l'esprit critique et la remise en question des dogmes de l'Eglise qui doivent décider pour les populations. (sic !)
Et de fustiger les catholiques éduqués au pouvoir comme Tony Blair ayant légiféré en faveur de l'avortement et ayant prêté...Ô Sainte Horreur !....une oreille compatissante aux associations gays.

Et bien merci Monseigneur O'Donoghue, de me rappeler que le combat contre une spiritualité obscurantiste et fondamentaliste ne se limite pas qu'aux terres d'orient. Merci de me rappeler qu'en tant qu'homme éduqué et mystique (pas catholique certes), il est de mon devoir de militer pour la liberté et pour que triomphe la Lumière du savoir !

Source: Telegraph.co.uk

Par Galahad - Communauté : Religions en toute liberté
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /Oct /2008 14:45
Ces derniers jours, une certaine partie du monde a tremblé (et tremble encore) : la Bourse, ce golem tentaculaire et virtuel a frémi sur ses fondations. A priori, l'événement me laisse assez froid, je n'ai que peu d'intérêts pour les vaines agitations autour de l'idole boursière.
Néanmoins, il m'apparaît être représentatif de l'une des caractéristiques de notre étrange époque : le manque de responsabilité.

Lorsqu'on regarde autour de soi, dans la vie de tous les jours, on ne peut que remarquer tous ces signes de dysfonctionnements, comme si un grand vent de désintéressement avait frappé l'ensemble de la société. Il faut se rendre à l'évidence, la majorité des gens, quelque soit le poste qu'ils occupent, quelque soit la société pour laquelle ils travaillent, la majorité des gens disais-je, marque de moins en moins d'intérêt pour ce qu'ils font.

Les statistiques confirment ce sentiment : d'après un récent sondage, seul 6% des jeunes en dessous de 35 ans aiment ou se sentent concernés par leur activité professionnelle. C'est triste. On vit dans une société où 94% des gens s'ennuient la journée en attendant de revenir à la maison pour... Pour quoi ? S'abêtir devant la télé réalité ou devant une émission pathétique d'abrutissement comme avant on revenait de la mine et on s'abrutissait devant une bouteille de mauvais alcool ?

Triste monde que celui-là, dans lequel ceux qui sont au bas de l'échelle souffrent de l'inanité de leur vie tandis que ceux qui sont en haut ne pensent qu'à générer du profit, encore plus de profit, toujours plus de profit, quitte à ce que le monde s'écroule autour d'eux. Plus aucun sens des responsabilités, aucun sens des conséquences, juste une cupidité sans limite, une agitation sans objet, illusoire et vaine.

On a évacué Dieu en même temps que le pouvoir abusif de certaines institutions religieuses, on a gagné la liberté mais perdu le sens.
On a espéré évacuer les élites pour trouver l'égalité mais au lieu de quoi, on a nivelé vers le bas, rabaissé les aspirations spirituelles grandioses, évacué la culture et l'idéal transcendantal.
On s'est mondialisé et espérant un nouveau monde d'échange, d'enrichissement mutuel dans notre quête cosmique commune, au lieu de quoi, on s'est tous attaché aux mêmes idoles monstrueuses, les Molochs des temps modernes : rentabilité, bourse, endettement, stress...

Je crois qu'il est urgent que l'homme reprenne conscience de son appartenance divine et Une.
Je crois qu'il est urgent que l'homme renoue avec des aspirations de saine liberté, de saine spiritualité, de saine société.
Je crois qu'il est urgent que l'homme rétablisse le contact avec le Dieu qui murmure en lui, qu'il se mette au diapason de Sa volonté.
Je crois qu'il est urgent que l'homme atteigne un seuil de conscience globale et regarde l'autre comme un autre lui-même.

Sinon, nous nous couperons une fois de plus de notre Source et couleront dans les eaux glauques et sombres d'un monde basé sur des valeurs illusoires, dont les fondations seraient bâties sur le trou noir infini de la bêtise humaine.
Sinon, nous nous emprisonnerons dans les griffes de Moloch, détruisant les hommes, les consciences et la Nature.
Sinon, nous finirons par renier définitivement le sacré qui est partout présent et d'un lieu d'évolution vivant, la Terre deviendrait une prison abjecte avec comme geôlier le monstre que nous aurons nous même créé.

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée.
Tu aimeras ton prochain comme toi-même
» (Matthieu 22, 37)

Par Galahad - Communauté : Religions en toute liberté
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Vendredi 22 août 2008 5 22 /08 /Août /2008 14:10

Il faut être aveugle pour ne pas voir que nous vivons aujourd'hui dans une société malade qui produit plus de névrosés que de gens équilibrés. Société post-moderne en quête d'identité où chacun se débat pour s'épanouir quand il ne sombre pas dans les boues glauques d'un quotidien routinier.

Il ne faut pas se leurrer, alors que nous avons accès à un confort relatif qui devrait nous apaiser, beaucoup de gens sont insatisfaits, malheureux, coupés de leur nature intérieure, de leur moi divin. Pour s'en convaincre, il suffit de voir le nombre de personnes attendant la fin du monde : 2012, apocalypse, parousie, débarquement alien,... Les délires de toutes sortes fleurissent sur la toile, dans les librairies et sur le petit écran. Et tous ces gens semblent, avec un mélange de craintes et d'espoir, attendre ‘l’Événement' qui mettra fin à leur déprime et à leur mal être.
Un pasteur de renom disait l'autre jour que, selon lui, la fin des temps et le retour du Christ arriveraient lorsque Israël se serait convertie au christianisme. Ce disant, ce professeur d'université, se basait sur une prophétie de Saint Paul. Sans diminuer en rien le message de l'apôtre, je ne peux m'empêcher de me demander comment peut-on prendre de tels passages à la lettre ?
Avec humour, je ne peux m'empêcher d'imaginer dans quelques décennies (ou siècles), lorsque l'humanité commencera à coloniser d'autres mondes, y en aura-t-il toujours pour attendre qu'Israël (alors petit bout de terre sur la Planète Mère) se reconvertisse ?
 

Ne serait-il pas plus constructif de s'interroger une fois pour toute sur les causes de ce mal être et de tout faire pour y remédier ?
Je pense sincèrement que la cause principale est le matérialisme éhonté dans lequel nous vivons. Nous avons construit des murs de béton qui nous coupent de la nature (et donc de notre Nature), nous avons construit les pires des idoles à qui nous sommes obligés de vouer un culte sous peine de crever dans la rue : argent, bourse, concurrence, cynisme et volonté d'écraser sont les Baals d'aujourd'hui. Ils imposent leurs lois délétères, ils règnent sans pitié sur des armées d'esclaves qu'on pressurise et qu'on dévalorise avant de les jeter sans un regard, sans un regret pour les remplacer par d'autres anonymes qu'on videra à leur tour de leur substance.
Pour éviter l'élévation collective, on abrutit les masses à coup de TV réalité, de porno vulgaire et facile... Etouffée, angoissée et coupée de Dieu, l'âme tente de surnager, de tendre une main vers la Lumière spirituelle, on lui saisit la main mais la plupart du temps il ne s'agit que des griffes d'un charlatan, psychologue ou prêtre d'une secte quelconque.
 

Alors pour tenter de briser leurs chaînes, pour sortir de cette illusion décadente, certains tombent dans le piège du fondamentalisme :
- Ils oublient que malgré ses errances l'humanité a acquis des trésors, que tout n'est pas à jeter. Pour combattre l'extrême complexité du monde, ils simplifient à l'extrême, rejettent tout intellectualisme et deviennent des amas d'émotion brute : mélange insipide de révolte, d'amour mièvre de façade, de dégoût intérieur et de désir de pureté.
- Ils rejettent l'humanisme accusé de nous faire perdre Dieu de vue, évacuent la Charte des Droits de l'Homme, vue comme la production d'un complot ténébreux.
- Ils font l'amalgame entre pornographie dégradante et érotisme frais et sain. Ils oublient les dégâts qu'occasionne une sexualité non épanouie ou une libido honteuse.
- Ils stigmatisent les minorités (juifs, homosexuels, franc-maçons,...) accusées de tous les maux. Ils ne veulent pas voir que le mal, c'est précisément le jugement de l'autre et la volonté de normalisation insipide menant à la culture consumériste de masse.
- Ils veulent s'éloigner du miroir aux alouettes syncrétiste en affirmant un identitarisme fermé, un nationalisme destructeur, un communautarisme sectaire ou un rejet de tout ce qui est autre.
 

La subtilité n'a jamais été le point fort de l'humanité dans son ensemble, les anciens le savaient lorsqu'ils parlaient de la voie « difficile », la voie étroite, la seule qui mène à la vraie Lumière et qui se situe entre les extrêmes.  

Oui, on peut défendre la liberté de pensée, d'expression et d'action tout en cherchant à accomplir la Volonté de Dieu.
Oui, on peut considérer que les autres cultures ont tout autant accès à la Vérité tout en vivant soi même une spiritualité forte.
Oui, on peut défendre le droit pour chacun de vivre sa sexualité comme il l'entend tout en vivant les vertus cardinales de : Force - Prudence - Tempérance et Justice.
Oui, on peut être intellectuellement exigeant, pragmatique et rationnel tout en étant mystique et réceptif à la Présence de l'Esprit.
Oui, on peut souhaiter une société imprégnée de vraies recherches spirituelles, où la quête ferait partie de la vie de tous, où règnerait la joie et la couleur, l'humour et l'art tout en n'étant pas favorable à un syncrétisme fade et superficiel.
Oui, on peut considérer que la Bible est remplie de symboles, qu'elle se lit sur plusieurs niveaux et la considérer comme un Livre Saint et Sacré écrit sous inspiration divine.
 

La Voie du Milieu est équilibrée et exigeante. Exigeante car elle demande une maturité spirituelle qui perçoit la Source au-delà des apparences. Exigeante car elle demande de se forger une force de caractère imposant une droiture morale et une intelligence du cœur sans faille. Exigeante car elle demande de se mettre au diapason de la Présence de Dieu et de porter sur le monde un regard empathique, compassionnel, intelligent, cultivé et surtout très humble.
Equilibrée car elle demande de marcher entre le pilier de la Rigueur et le pilier de la Miséricorde, entre la raison et l'émotion, entre l'intellect et l'élan mystique.
 

Ce n'est qu'en étudiant les grands penseurs et philosophes dans une perspective spirituelle éclairée par l'Esprit Saint que nous pourront atteindre cette Voie du Milieu et éviter les pièges du fanatisme obscurantiste sordide et du matérialisme froid, tout aussi sordide.

Par Galahad - Communauté : Religions en toute liberté
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Samedi 9 août 2008 6 09 /08 /Août /2008 15:27
L'autre jour, à la radio, j'ai entendu le commentaire d'une sœur chrétienne concernant la fête d'Halloween : « Bientôt, nous cauchemarderons à nouveau en orange et noir plutôt que de rêver en blanc et or. »
J'ai d'abord commencé par sourire devant tant de craintes naïves et peureuses. Puis je me suis rappelé avoir lu un article sur un blog qui m'avait également interpellé. L'auteur était un ancien conseiller ministériel devenu évangélique. Entre deux considérations conspirationistes du plus haut ridicule, il expliquait comment, lorsqu'il rentrait chez quelqu'un possédant une statuette de Bouddha, il ressortait aussitôt en courant et en se signant pour conjurer le diable. Atterrant.

Je crois vraiment que le monde ira mieux lorsque chacun sera soucieux de développer la gnose en lui. Par gnose, j'entends non pas les mouvements contemporains des premiers siècles du christianisme, mais bien la Connaissance. Connaissance du monde, des hommes, de soi, de Dieu. Celle-ci ne peut se construire que si, au quotidien, on a à cœur de développer une attitude de perpétuelle recherche et de se questionner sur tout. Peut-être que ma sœur chrétienne aurait fort à gagner en se renseignant sur les origines celtiques de la fête d'Halloween et sur comment les Celtes la percevaient. Car finalement, en ce jour, le monde des vivants et celui des morts étaient censés être concomitant et on rendait hommage aux morts. Le déguisement (il y aurait beaucoup à dire sur la valeur symbolique du masque) peut être vu comme une sorte d'exorcisme et de protection à valeur prophylactique (et aussi une manière d'exorciser notre peur de la mort). Mais tiens, en fait dans le christianisme, la Toussaint est le jour où on rend hommage aux morts... et nos cathédrales ne sont-elles pas gardées par des gargouilles plus effrayantes que nos bambins en quête de bonbons... Comme quoi, les traditions (ou connaissances) persistent sous une forme ou sous une autre... Si ma sœur s'était un peu renseignée, elle verrait peut-être la fête d'Halloween d'un autre œil que le préjugé qu'elle s'en fait. Mais peut-être aurait-elle à gagner à s'interroger sur le pourquoi de sa peur panique des déguisements monstrueux ? Il y a peut-être là quelque chose d'inconscient à régler. En réalité, seul l'esprit sans a priori peut atteindre à la connaissance de Soi qui mène indubitablement à la connaissance du Dieu Vivant.

 

Je suis toujours frappé de me rendre compte à quel point la peur est présente dans le cœur de l'être humain et cause de nombreuses souffrances.
La peur est souvent le produit de l'ignorance, ce qu'on ne connaît pas nous effraye. Le cercle vicieux, c'est que l'humain a tendance à combler le vide causé par les ténèbres de son non-savoir en inventant ou en fantasmant des choses pires que ce qui est.

 

Ainsi, dans l'antiquité, on cherchait à s'attirer la bienveillance des esprits ou des dieux par des offrandes (ce qui est plutôt sympa) ou par l'horreur des sacrifices humains.
L'image négative du chrétien, presque archétypale est celle du prêtre austère qui, la bave au lèvres, les yeux injectés de sang et de folie, va jeter l'anathème sur la personne dont il ne comprend pas l'attitude ou dont la manière de penser est éloignée de ce qu'il pense être la bonne manière.
On l'applique souvent au chrétien cette image, ou avec une certaine variante au musulman barbu et enturbanné. Pourtant, je crois que l'ignorance, et la peur qui en découle, sont universelles et qu'elles provoquent les mêmes réactions partout dans le monde : chez l'athée qui rejette en bloc la spiritualité qui lui fait peur, chez le religieux qui rejette en bloc tout ce qui n'est pas de sa tradition (ou ce qu'il croit qui n'est pas de sa tradition), chez l'identitaire raciste qui rejette en bloc tout ce qui est étranger à sa culture, chez tous ceux qui rejettent la moindre chose s'écartant de leurs conceptions étroites et étriquées.

 

Bien sûr, cette peur atavique peut sans doute s'expliquer d'un point de vue théologique. Elle fait partie du « package » qui nous échoie lorsque nous arrivons dans ce monde en chute, pauvre âme humaine tombant dans un monde de mort et de souffrance, de guerre matérielle et spirituelle, à la société en crise et submergée par l'absurde. Pauvre être inconscient de sa destinée cosmique mais la sentant pourtant palpiter dans l'essentiel, loin des malheurs de ce monde, tu es ici-bas exilé et perdu en toi-même.
Mais pourtant, la vie n'est pas que souffrance, elle est aussi amour, joie, humour et découverte alors pourquoi trembler devant son ombre ?
Pour les croyants, une lueur inaltérable brille au terme inéluctable de l'existence : le mariage avec Dieu. Encore que Dieu n'attend pas la fin pour se manifester, il est partout et tout le temps présent. Alors avec un compagnon de route comme Lui, comment est-ce possible de ressentir de la peur ?

 

Peur de l'inconnu, peur du mal, peur de « mal faire », d'être jugé ou condamné, peur de l'impermanence et du temps qui passe... Il serait temps pour les croyants de grandir, de ne plus se comporter comme des enfants tremblant devant leur maîtresse d'école. Dieu est notre Alpha et notre Oméga. Il est le commencement et la Lumière de la plénitude nous attend à la fin. Tout ce qui se déroule ici, n'est que phénomènes fugaces et passagers, aussi illusoire que des ombres sur un mur. Pourquoi avoir peur des ombres alors qu'il suffit d'allumer la Lumière en nous, pour voir au-delà du voir et de l'illusion ? La peur empêche la sérénité et la force de s'affirmer. Pourtant, ce n'est qu'en pleine paix de l'âme que l'on pourra remonter vers la Source de Toute Chose.

 

« C'est pourquoi je fléchis les genoux devant le Père, de qui toute famille tient son nom, au ciel et sur la terre. Qu'il daigne, selon la richesse de sa gloire, vous armer de puissance par son Esprit, pour que se fortifie en vous l'homme intérieur. Qu'il fasse habiter le Christ en vos cœurs par la foi ; enracinés et fondés dans l'amour. Vous aurez ainsi la force de comprendre avec tous les saints, ce qu'est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur...et de connaître l'amour du Christ qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez comblés jusqu'à recevoir toute la plénitude de Dieu. » (Ephésiens 3, 14-19)

Par Galahad - Communauté : Religions en toute liberté
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Samedi 26 juillet 2008 6 26 /07 /Juil /2008 13:24
Voici une vidéo datant d'il y a seize ans où une petite fille de 14 ans fait un vibrant discours à l'ONU.  Certains diront que cela ne sert à rien, je ne suis pas d'accord.  La prise de conscience individuelle et collective fait partie intégrante de notre évolution spirituelle car cette prise de conscience est indissociable de son corrolaire : l'ouverture.  Abandon de notre égoïsme égocentrique pour s'ouvrir sur le monde, sur les autres et sur l'Autre.

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