"On peut trouver des valeurs communes entre les religions comme la compassion ou l'amour. Mais il y a aussi des différences irréconciliables. On peut, un temps,
cheminer sur deux sentiers à la fois mais tôt ou tard, il faut faire un choix sinon, ce serait comme vouloir mettre une tête de yak sur le corps d'un mouton."
Tenzin Gyatso, XIVe Dalaï-Lama
Lorsqu’on s’éveille à la spiritualité, que la conscience se tend timidement vers la Source ineffable de toutes choses, on cherche à entendre la mélodie céleste et l’on est submergé par la multiplicité des symphonies terrestres.
Lorsqu’on décide de prendre le bâton de pèlerin ou de vêtir l’armure de lumière pour partir en quête du Graal, on est rapidement désorienté par le nombre de chemins qui s’ouvrent à nous.
Souvent, dans un premier temps, la tentation du syncrétisme sera la plus forte. En effet, l’intuition soudaine d’une origine et d’un destin spirituel commun à l’ensemble de l’humanité est à ce point enthousiasmant qu’on s’ouvre tout à la fois aux joyaux de la pensée bouddhiste, au parfum subtil du soufisme, à l’enivrante mélodie de l’Inde et à la vivante lumière Christique sans oublier de soulever un minuscule coin du voile kabbalistique…
Quel plaisir et quelle excitation que de découvrir la richesse de la pensée humaine ! Quelle joie que de voir en l’autre un autre soi-même, de se rendre compte de l’élan commun vers l’Absolu ! Quelle revivification intellectuelle et spirituelle pour l’esprit las des querelles de chapelle, fatigué des fanatiques qui prétendent détenir la seule Vérité, comme si celle-ci pouvait s’enfermer entre les lignes figées d’un catéchisme quelconque !
Pourtant, après avoir fait un petit tour du monde spirituel, où l’on aura visité certains monuments incontournables, un vide certain se fera jour dans la conscience du chercheur. Un vide ? Plutôt un manque. Certes, entonner un mantra bouddhiste avant de prier Jésus pouvait avoir son charme au début mais après un certain moment, naît le désir d’approfondir, de s’avancer plus loin vers la Lumière. On ressent alors la nécessité d’une stabilité, d’une fondation de pierre et non de vent, soudain on se rend compte qu’on voudrait une bonne armure d’acier céleste et non une cuirasse d’aluminium. A un certain moment, le bouillon n’est plus nourrissant, il faut se sustenter de choses plus consistantes. C’est presque une question d’esthétique, le temple intérieur se doit d’être décoré avec goût et ne pas ressembler à un étal de brocante mélangeant les styles et les époques en un joyeux capharnaüm.
C’est en tout cas un impératif de cohérence. Car l’âme pour progresser dans la jungle cosmique a besoin de cohérence, de structure, de discipline, d’une carte et d’une boussole et ce, surtout si elle veut se débarrasser des dogmes rigides et du « prêt à penser ». La liberté sans cohérence intérieure n’est qu’un chaos improductif.
« Ce qui est cohérent pour l’un ne l’est pas pour l’autre » me dira-t-on.
Certes, d’où la multiplicité des voies et des chemins et la nécessité de faire preuve de discernement, de séparer le bon grain du grand n’importe quoi.
Aujourd’hui, beaucoup d’Occidentaux recherchent leur voie spirituelle et semblent désemparé devant l’apparente absence de celle-ci. Pourtant elle est là depuis des millénaires. Contrairement à ce que certains apparatchiks de l’Eglise Catholique ou Evangélique voudraient nous faire croire, rien ne naît jamais de rien. Des courants divers ont parcouru et construit la spiritualité occidentale en se mêlant harmonieusement. Le christianisme s’est greffé sur les traditions païennes préexistantes, reprenant ses fêtes principales, son symbolisme, et certains de ses concepts philosophiques. Loin d’être une Révélation tranchant avec tout le reste, le message et la Lumière Christique devait revivifier ce qui existait précédemment, mettant en relief ce qui devait l’être et détruire les formes usagées de la superstition, de la vendetta et de l’injustice.
Et bon gré, mal gré c’est ce qui se passa. La volonté d’obscurantisme inquisitorial, la compréhension doloriste, mortifère et bornée des uns n’a jamais empêché le Christ de donner à boire à ceux qui avaient soif d’une spiritualité saine, équilibrante et constructive. La Tradition spirituelle d’occident parcouru l’histoire plus ou moins souterrainement.
Mais qu’est ce donc que cette Tradition d’occident ? Un fabuleux fleuve-soleil qui naît de la rencontre de multiples affluents : hermétisme – traditions mystériques païennes – philosophie grecque – souffle celtico-germanique – kabbale – révélation christique et théosophie chrétienne, voire même quelques parfums soufis qui vinrent se greffer aux pratiques mystiques de l’occident via les troubadours d’occitanie. Voilà la tradition d’occident ! Belle par cette richesse diverse et harmonieuse, magnifique par la foule de symboles qui l’habite, solide par sa cohérence interne et par la profondeur de sa réflexion.
« Mais, me dira-t-on, comme elle s’est enrichi de tout ce qui précède, rien n’empêche alors à cette Tradition occidentale de s’enrichir de chose plus lointaine comme les philosophies indiennes ou bouddhistes ? »
Non, rien ne l’empêche. Sauf qu’il a fallu des siècles pour que chaque ingrédient s’harmonise aux autres. Des siècles pour que la subtilité de pensée d’un affluent mêle ses eaux à la force du fleuve alors qu’on commence seulement à percevoir la richesse de la pensée indienne ou bouddhiste. Ces deux philosophies se suffisant d’ailleurs à elles-mêmes, tout comme la tradition occidentale se suffit à elle-même.
Tout ceci ne veut, bien sûr, pas dire qu’on ne puisse pas se nourrir aux sources millénaires de l’orient, ni éclairer sa spiritualité à la lumière de concepts autres. Je suis personnellement un grand admirateur de la pensée et de l’esthétique extrême orientale et indienne. Après tout, l’Inde est le berceau de notre civilisation. Mais, je suis persuadé qu'il faut être ancré dans une tradition, pour s’ouvrir avec plus de profondeur à celle des autres, et que c’est seulement à ce moment là qu’on peut partager car on a quelque chose à échanger.
On perd la trace du Corpus Hermeticum en Occident entre le VIe siècle et le XIe siècle. W.
Scott suggère qu'il aurait été conservé par les Sabéens qui célébraient un culte consacré à Hermès-Thot jusqu'au XIe siècle. Les Sabéens faisaient remonter leur origine à Hermès et ils
produisirent eux-mêmes un certain nombre d'écrits originaux dont ils attribuaient le contenu à Hermès lui-même. Ainsi en est-il du Risâlat fi'n-nafs (Lettre sur l'âme) et les Institutions
liturgiques d'Hermès rédigé probablement par Thâbit ibn Qurra de Bagdad.
Le mot Noël apparaît vers 1112, comme modification
vocalique du latin natalis (« relatif à la naissance ») qui avait déjà donné le terme nael. Le o, remplaçant le a de l'ancien français nael, vient de la dissimilation (type de modification
phonétique subie par un son au contact de son voisin qui tend à augmenter les différences entre les deux) des deux a de natalis tandis que le tréma n'apparait qu'en 1718.
Je suis convaincu que la
connaissance des lois spirituelles qui régissent l'Univers et la connaissance en général sont des conditions essentielles à l'épanouissement de l'âme humaine et à son évolution vers Dieu. On peut
me qualifier de gnostique, je l'assume et n'en suis pas moins persuadé que l'ignorance est la source des principaux maux sur Terre.
L'autre jour, à la radio, j'ai entendu le commentaire d'une sœur chrétienne concernant
la fête d'Halloween : « Bientôt, nous cauchemarderons à nouveau en orange et noir plutôt que de rêver en blanc et or. »