Art et Culture

Jeudi 24 décembre 2009 4 24 /12 /Déc /2009 01:25

Dans l’antiquité, les sibylles étaient des oracles par lesquelles s’exprimaient les dieux.  Une série de livres connus sous le nom d'Oracles Sibyllins circulent en Méditerranée dès le IIIe siècle avant notre ère. Ces livres, au nombre de douze, comprennent des oracles antiques, des oracles juifs et des écrits chrétiens. C'est dans le 8ème livre que l'on trouve des vers, attribués à la Sibylle Érythrée, annonçant le jour du Jugement Dernier sur une terre couverte de ténèbres, où à la fin, grande guerre oppose les armées angéliques aux légions démoniaques.

Le christianisme incorpore ces textes à son corpus et  Saint-Augustin en offre une version traduite du grec qui commence ainsi : Iudicii signum : tellus sudore madescet (le signe du jugement : la terre s'inondera de sueur...) Cette version est lu à la veille de Noël, au moment où, juste avant la renaissance de la lumière et l’Incarnation de la Lumière, les ténèbres sont les plus profondes.

 

Des versions musicales du Iudicii signum ont été retrouvées dans des manuscrits de divers monastères. Dans la péninsule ibérique, le sermon comprenant la prophétie de la Sibylle apparaît dès le XIème siècle. À partir du XIIIème siècle, le Chant de la Sibylle est exécuté en langue vulgaire, occitan, castillan et catalan. Voici un extrait des paroles interprétées ici par Montserrat Figueras :

 

Le soleil perdra son éclat les étoiles leur clarté
la lune fera erreur et deviendra noire
Les monts s'affaisseront et les vallées se dresseront
les lignages se perdront plus de Comtes ni de Rois
Ponts et fleuves s'embraseront et la mer flambera
puis une voix retentira, Dieu ! Quel triste son !
La terre s'ouvrira, l'enfer apparaîtra
ils pleureront ses tourments et on plaindra les méchants.
Le jugement sera prompt et inflexible,
du ciel descendra le souffre brûlant et le feu ardent.

 

Que cette fête de Noël apporte Lumière et Paix dans votre foyer !

Quelle soit source de joie pour vous et pour vos proches

Afin qu'inspiré et guidé par la flamme d'En-Haut,

Vous puissiez vous réaliser pleinement et connaître le bonheur !!!!

 

Par Galahad - Publié dans : Art et Culture
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /Déc /2009 15:28

RoueLa roue de la fortune tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, sens de rotation de la Terre.

 

A gauche, une sorte de démon bestial (un singe dans le Tarot de Marseille) semble chuter, tandis qu’à droite un dieu semblable à Thot (un chien dans le Tarot de Marseille) s’élève vers un sphinx qui se situe, bien stable, sur un plateau au sommet de la roue.

La roue, c’est le temps et le monde.  La roue, c’est l’univers matériel dans lequel l’âme humaine a chuté et qui est lui-même en exil, loin de Dieu.

Le démon représente le mystère de cette chute et ses conséquences : l’être humain (ainsi que l’Univers tout entier) est désormais soumis au temps, à la souffrance, à la maladie, à la mort apparente et à l’illusion des sens de chair.  Etrange mystère de l’Univers conservant en son sein l’étincelle de son origine divine mais déchiré par la loi d’entropie, écrasé par la limitation de sa condition !

 

Face à ce monde où tout est vain, où tout est douleur… Face à ce monde si opposé à l’Eternité de notre nature profonde, on peut, au risque de caricaturer, dégager cinq attitudes spirituelles possibles : l’indifférence, la résignation, le détachement, l’ivresse ou la transmutation.  Bien sûr, au cours de la vie, on passera souvent d’une attitude à l’autre, parfois même sans s’en rendre compte.

 

1) L’indifférence est l’attitude la plus commune.  Elle est souvent le produit de l’athéisme mais peut être aussi le fait de croyants à l’ego surdéveloppé ou de personne à la doctrine vague et superficielle.  L’indifférence consiste à fermer les yeux, à ignorer ou à vouloir ignorer la roue sur laquelle on se trouve.  L’indifférence caractérise bien notre civilisation occidentale qu’un sociologue pertinent à qualifié de civilisation du « bof ».  Elle a souvent comme corollaire le relativisme : la Vérité n’existe pas (même en tant que concept métaphysique), le bien et le mal n’existent pas, on ne s’engage pour rien, rien ne vaut la peine d’être milité, plus aucune cause ou idéal ne subsiste.  C’est aussi le tout tolérant, l’égalitarisation de toutes les religions, de toutes les philosophies, tout se vaut sans esprit critique aucun, sans hiérarchisation des valeurs.  Une civilisation basée sur ces valeurs est une civilisation qui aspire à exister sur une roue statique, une roue qui ne tourne plus, c’est une attitude profondément autodestructrice car le statisme l’est toujours.   

 

2) La résignation est celle des âmes guettée par l’acédie, cette étrange maladie spirituelle dont les symptômes sont aussi variés que terrible : cynisme, déprime, spleen, paresse ou hyper activité.  L’âme perd de vue son but sur Terre, ne percevant plus la Lumière, elle est engloutie par la ténèbre, elle ne voit plus que l’absurde de l’existence qui pèse sur elle comme une chape de plomb.  Cette état d’être est considéré comme pêché mortel par la théologie catholique.  En effet, pêcher signifie « manquer sa cible », sous entendu « manquer sa raison d’être », or la raison d’être de l’Homme, c’est rejoindre sa propre nature, c’est à dire Dieu.  En se laissant aller à la résignation, on devient comme le Roi Salomon à la fin de sa vie : aigri, amer, tellement amer que même le goût de Dieu devient insignifiant, sans intérêt. 

 

3) Le détachement est la troisième attitude dans ce monde en exil.  Elle est celle de Siddhârta Bouddha et de ses disciples.  Nier l’illusion, nier la pensée, sortir de maya et du monde, briser le cercle infernal des réincarnations impersonnelles.  Le bouddhiste compte sur ses propres forces afin de se parfaire et atteindre le Nirvana, état ultime du non-être.

 

4) L’ivresse est l’attitude de celui qui décide de se marier au démon, il fait sien tout les travers de ce monde, y prenant appui afin de se conquérir un royaume.  Désir de puissance, exacerbation de l’ego au détriment d’autrui, mépris du monde, utilisation des autres,… Ivre de puissance, ivre de son ego, celui qui choisi cette voie n’avance pas vers la Lumière de la Theosis mais vers l’éclat malsain du surhomme nietzschéen le menant le plus souvent vers sa destruction vers celle de ceux qui l’entourent.

 

5) La transmutation est l’attitude alchimique proposée par le christianisme en général et par l’ésotérisme chrétien en particulier.  Celui qui marche sur ce chemin, n’est pas seul.  Dieu l’accompagne à chaque instant, transformant progressivement, par Grâce, ses vices en vertus, ses faiblesses en forces.  Se présentant devant Dieu avec humilité, c'est-à-dire avec vérité (notion rappelée par la lettre Yod associée à cette lame), l’être se place d’emblée sur le côté ascendant de la roue.  Se faisant, il sait qu’il ne parviendra pas à gravir les rayons seuls, car « avec vérité » il a vu que sa puissance n’était rien comparée à celle de Dieu, rien comparée à l’état d’avant la Chute.  Or, c’est justement cette prise de conscience qui lui donne la force de s’accrocher à la roue qui, poussée par Dieu, entame sa montée vers le sphinx.  Ce sphinx est l’Etre transmuté, l’Etre déifié qui a pu rassembler ce qui est épars en lui.  Car nous sommes tous constitués de plusieurs personnalités, de plusieurs tendances qu’il est souvent difficile de rassembler de façon homogène. Parce qu’il est à la fois Lion, Aigle, Taureau et Homme, le Sphinx est celui qui a pu faire Un de la multiplicité et se faisant, il se trouve lui-même et en se trouvant lui-même, profondément, essentiellement, il trouve Dieu.  Seul et unique but de l’Humanité.             

Par Galahad - Publié dans : Art et Culture
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 6 décembre 2009 7 06 /12 /Déc /2009 17:44

Toi, petit homme, tu es un enfant

Prisonnier des cycles du temps

Les chaînes qui t’enferment sont au-dedans

Tu attends ton épanouissement

 

Tes ennemis seront nombreux

Guerriers d’ombre, cruels et obséquieux

Il te faudra être courageux

Dans ta longue quête vers les cieux

 

Car les tristes anges noirs sont en toi

Vois leurs visages, pâles et narquois

Ils rient, chuchotent et se moquent de toi

Leurs noms sonnent et résonnent comme le glas :

 

Dague, sang et fanatisme

Esclave, pouvoir et fatalisme

Poison, mort et despotisme

Mensonge, venin et égoïsme

 

Les secondes et les heures passent

Le Temps et sa faux terrassent

La vie et le souffle fugace,

Le sang et les larmes se glacent

 

C’est pourquoi, part sans tarder

L’amour des autres sera ton épée

La tolérance, ton destrier

La sincérité, ton bouclier

 

Les dragons en toi, tu les vaincras

Ta quête finie, le Graal tu trouveras

Prisonnier des cycles du temps

Tu attends ton épanouissement

Par Galahad - Publié dans : Art et Culture - Communauté : Le Monde Spirituel
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 27 novembre 2009 5 27 /11 /Nov /2009 16:54

Yod est la plus petite lettre de l’alphabet hébreu.  Première lettre du tétragramme sacré, Yod est la lettre qui contient le plus de puissance.  En effet, petite parmi les petites, simple point, elle est l’élément constitutif de toutes les autres lettres et donc de l’Univers.  Noyau de la création, elle est la main agissante et créatrice de Dieu qui produit des univers entiers à partir de la semence la plus petite. 

Ainsi de la petitesse naît la grandeur et la puissance ultime, ainsi parle le Rabbi Akiva : « A celui qui s’humilie en ce monde, se verra accordée sa pleine part dans le Monde à Venir, car le monde a été créé avec l’humble lettre Yod »

La lettre Yod est sans conteste liée au principe de kénose, concept essentiel de la pensée chrétienne.  Dieu dans sa toute puissance et dans sa toute grandeur a accepté, par amour, de s’incarner, c'est-à-dire de vivre toute les vicissitudes de la vie terrestre, jusqu’à mourir sur la croix après d’innommables tortures.  Saint Paul l’explique très bien : « Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu. Mais il s'anéantit (kénose) lui-même, prenant condition d'esclave, et devenant semblable aux hommes. S'étant comporté comme un homme, il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix! » (Philippiens 2, 6)

 

Dieu se laisse crucifier, non par faiblesse, non par dolorisme mais par amour, pour pouvoir connaître l’ensemble des souffrances physiques et morales que connaît le genre humain. A partir de cet instant, étymologiquement, Dieu n’est plus que compassion pour le genre humain (cumpatire = souffrir avec).

Plein de sa puissance infinie, Dieu s’abaisse au niveau de sa créature, pour l’accompagner et la servir.  Déjà Jésus en avait fait la démonstration : « Il se lève de table, dépose ses vêtements, et prenant un linge, il s'en ceignit. Puis il met de l'eau dans un bassin et il commença à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint. Il vient donc à Simon-Pierre, qui lui dit: "Seigneur, toi, me laver les pieds?" Jésus lui répondit: "Ce que je fais, tu ne le sais pas à présent; par la suite tu comprendras." Pierre lui dit: "Non, tu ne me laveras pas les pieds, jamais!" Jésus lui répondit: "Si je ne te lave pas, tu n'as pas de part avec moi." Simon-Pierre lui dit: "Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête!"

Quand il leur eut lavé les pieds, qu'il eut repris ses vêtements et se fut remis à table, il leur dit: "Comprenez-vous ce que je vous ai fait? Vous m'appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. Car c'est un exemple que je vous ai donné, pour que vous fassiez, vous aussi, comme moi j'ai fait pour vous. » (Jean 13, 4-16)

C’est parce qu’il s’abaisse au niveau de sa créature et qu’en même temps, il la rehausse que le Créateur et la créature peuvent être à égalité et se parler face à face à l’instant où l’âme épouse Dieu.  Mais pour arriver à ce moment, l’homme devra mourir à lui-même car comme il est dit « Nul homme ne peut voir Dieu et demeurer en vie. ».  Or mourir à soi-même, c’est précisément abandonner tout orgueil, toute prétention, c’est devenir toute humilité.  Etre humble, c’est être vrai, transparent, savoir ce que nous sommes en vérité : « connais-toi même et tu connaîtras l’univers et les dieux. ».  Notre but eschatologique est de devenir semblable à Dieu, donc de faire preuve d’une kénose semblable à la sienne.  Plus qu’une énumération de traits de caractère, la connaissance de soi consiste à admettre notre condition de créature, à prendre conscience de l’infini qui nous sépare de Dieu, à plonger aux tréfonds de notre être afin d’atteindre le noyau divin et de brûler les scories de notre âme, s’anéantissant dans une fulgurance d’ouverture à l’Amour divin.  Alors seulement ne reste que l’essentiel de notre être et nous pouvons contempler Dieu face à face.      

Par Galahad - Publié dans : Art et Culture - Communauté : Le Monde Spirituel
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 14 novembre 2009 6 14 /11 /Nov /2009 18:03

Pour le génial J.R.R. Tolkien, écrire, inventer des mythes, est exercer notre pouvoir créateur qui nous rend semblable à Dieu. Et cela d’autant plus si consciemment nous cherchons à transmettre la Vérité.  Tolkien, très catholique (on connaît son amitié avec C.S.Lewis, qui deviendra l’un des plus grands théologien du XXe siècle à son contact), a très vite l’idée de former une grande mythologie,  moyen puissant et efficace pour imprégner la culture de valeurs chrétiennes.


Selon le site « Catholique.org » : « on peut même dire que le Seigneur des Anneaux est une œuvre de « pré-évangélisation » : son contenu, ses valeurs, sont non seulement compatibles avec la foi, mais en constituent la toile de fond. Tolkien, dont la carrière littéraire avait commencé avec les histoires qu’il racontait à ses enfants avant de s’endormir, se rend compte du bien énorme que pourrait porter une grande épopée fantastique : le conte dépasse en effet toutes les limites culturelles et religieuses et peut permettre à tous les hommes sans distinction de « savourer sans le savoir » les valeurs inhérentes à la foi chrétienne. »

Tolkien ne cachait pas en effet que le Seigneur des Anneaux est « une œuvre fondamentalement religieuse et catholique ; elle l’était inconsciemment au début, mais consciemment dans sa révision ». Bien sûr, il ne s’agit pas d’une transposition originale de l’Evangile ou d’une simple allégorie, mais d’une histoire propre, archétypale, qui reprend de nombreux éléments mythologiques en lui ajoutant une dimension transcendantale et humaine plus importante. Car le Seigneur des Anneaux traite des questions religieuses fondamentales de toute l’humanité : la Création, la Chute, la mort, l’éternité et le destin de l’homme.

Les héros du Seigneur des Anneaux sont indéniablement humains et faibles devant la tentation.  Comment ne pas faire le rapport entre les petits hobbits et les paroles du Maîtres « Celui-là donc qui se fera petit comme cet enfant, voilà le plus grand dans le Royaume des cieux. » (Mt 18 ;4)

De même la vertu principale du noble Aragorn, pourtant roi tout puissant, est l’honnêteté sur lui-même.  Reconnaissant ses faiblesses, Aragorn refuse de s’approcher de l’anneau maudit.

 

Tolkien avait également développé la notion d’ « eucatastrophe ».  Selon ce principe, toute histoire à vocation spirituelle doit provoquer un sentiment de joie indicible par son dénouement final.  Ce retournement heureux est loin de l’happy end fade de certaines productions.  L’ « eucatastrophe » doit en effet atteindre profondément le lecteur (ou le spectateur) et l’amener à anticiper la Vérité qui est profondément Amour et Espérance :   « Pour cela j’ai créé le terme ‘eucatastrophe’, le soudain retournement heureux d’une histoire qui vous transperce d’une joie qui apporte des larmes (ce que je déclare être la fonction la plus haute que le conte doit produire). Et je fus conduit à cette idée qu’elle produit cet effet particulier parce que c’est un rayon soudain de la Vérité... »

 

Faire pressentir au lecteur, la Lumière et la Vérité, une fonction missionnaire semblable à celle des Evangiles qui après les affres de la passion baigne le lecteur dans la lumière pascale.  Et Tolkien de conclure :

  « La naissance du Christ est l’eucatastrophe de l’histoire de l’homme... la Résurrection est l’eucatastrophe de l’histoire de l’Incarnation… bien sûr, je ne veux pas dire que les Evangiles ne sont qu’un conte ; mais je tiens avec force qu’ils racontent un conte : le plus grand ».

Par Galahad - Publié dans : Art et Culture - Communauté : Autres Mondes...
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 8 novembre 2009 7 08 /11 /Nov /2009 16:44

Que ce soit dans l’antiquité païenne ou dans le christianisme médiéval, les conteurs et les troubadours ont toujours eu une place à part.  On peut même dire que les contes furent la charpente sur laquelle se bâtit l’ensemble des civilisations.  Peut-être même que la période de décadence dans laquelle nous vivons est d’une certaine manière due à un manque de contes référentiels, la quantité des histoires superficielles noyant celles à la trame proche de la Vérité.  

 

Pourtant, on peut espérer qu’intermédiaire entre Dieu et la société, l’Esprit Saint souffle toujours, inspirant certains chanteurs, en peintres, en écrivains ou réalisateurs de cinéma.

 

Ces dernières années ont vu l’émergence d’un genre littéraire particulièrement fécond en symboles : l’héroïc-fantasy, suite à l’œuvre extraordinaire de Tolkien.

Même si l’ensemble des successeurs sont loin d’égaler le maître, on peut dire que par les images archétypales qu’il transporte, la fantasy se rapproche des légendes d’autrefois qui véhiculaient symboliquement la connaissance secrète.  Une œuvre comme le Seigneur des Anneaux puise formellement dans le fond celtico-germanique mais loin d’être une œuvre païenne, elle transmet plutôt, au dire de l’auteur, la sagesse chrétienne.  Comme le dit l’historien philologue David Day en parlant de Tolkien : « Avec son Seigneur des Anneaux, Tolkien a réveillé un sentiment profondément enfoui dans la conscience humaine. Il l'a fait en usant du langage universel d'images mythiques tirées de l'ère primaire de l'humanité. On sait que Tolkien avait l'habitude de regretter que la mythologie anglaise ne soit pas à la hauteur des immenses épopées grecques ou nordiques. Son but en écrivant Le Seigneur des Anneaux était de rendre à la Grande Bretagne une mythologie perdue à cause de multiples invasions. Les peuples de la Terre du Milieu ont donc leurs racines dans les plus grandes civilisations du monde. »

 

Invention d’un auteur à l’imagination fertile ? Certes, mais J.R.R. Tolkien disait lui-même qu’en utilisant notre inspiration pour créer des histoires, nous utilisons notre pouvoir divin. Qu’en créant des mythologies, nous nous rapprochons de la Vérité. 

En réalité, Tolkien présente le conte comme « la fonction la plus élevée » de l’art, puisqu’il trouve sa source dans les deux pouvoirs majeurs donnés par Dieu à l’homme : celui de nommer et de qualifier les êtres et les choses, comme il est dit dans la Genèse « Le Seigneur Dieu modela du sol toute bête des champs et tout oiseau du ciel qu'il amena à l'homme pour voir comment il les désignerait. Tout ce que désigna l'homme avait pour nom « être vivant » ; l'homme désigna par leur nom tout bétail, tout oiseau du ciel et toute bête des champs,… » (Gn 2 ; 19-20)

En créant des contes, l’homme exerce donc le pouvoir créateur que Dieu lui a donné, prolongeant la création divine et donnant naissance à des « mondes secondaires ».

L’écriture d’une histoire dans un monde de fantasy, demande de s’ouvrir à une réalité autre, plus subtile que celle du quotidien.  Tout en gardant une cohérence dans le monde qu’on invente, on s’ouvre inconsciemment à la Source Ultime d’Inspiration, on touche au Sublime. 

Par Galahad - Publié dans : Art et Culture
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /Oct /2009 16:18

L’Ermite se tient debout dans les ténèbres, avançant à la façon d’un aveugle avec son bâton et éclairant le chemin devant lui grâce à sa lanterne.

Comme toutes les lames du Tarot, l’ermite représente à la fois une étape que connaît la conscience personnelle sur le chemin menant vers Dieu et la charité, et d’autre part un idéal archétypal à atteindre.

 

L’Ermite représente donc le Père sage et bon, reflet du Père aux Cieux. Guide par excellence, capable d’éclairer les ténèbres environnantes car « la Lumière luit dans les ténèbres et celles-ci ne l’ont point comprise. » (Jean 1 : 5)

L’Ermite représente l’idéal de celui qui, s’isolant du pouvoir prégnant des ténèbres, peut en faire jaillir la Lumière.  Se gardant d’être contaminé par les préjugés, les faiblesses et les tentations, il est capable de voir et d’apporter la Lumière à chaque être.  L’Ermite se garde aussi, comme le faisait remarquer Valentin Tomberg, de la mégalomanie spirituelle.  Cet état de suffisance spirituel, cette étrange tendance égocentrique, fille de l’orgueil luciférien, aveugle le sujet au point qu’il se croit parvenu à la maîtrise et au droit de juger les autres.  Or, personne n’a le droit de juger autrui dans son âme.  Or, la spiritualité qui s’enfle et se nourrit d’elle-même est un gargarisme spirituel si elle ne se fait pas charité et amour inconditionnel des autres.

 

L’Ermite, parce qu’il sait qu’il avance dans un monde de ténèbres et d’illusions à l’instar de ses frères et parce qu’il possède la prudence (le bâton d’aveugle) ne tombe pas dans le piège de l’inflation égotique.  Au contraire, il sait que nous, humains limités dans un monde en chute, sommes profondément solidaires en cette vie comme en l’autre et qu’il n’est pas question de se hausser vainement mais plutôt de se stabiliser dans la vraie foi et de tendre une main vers son frère.

 

L’Ermite, comme tous les hommes (consciemment ou inconsciemment) est en manque de Dieu.  Il prend son bâton et pèlerin du cœur, part à la recherche du Dieu caché.  Ce Dieu qui se manifesta pleinement en la personne du Christ, n’est pas (comme on l’entend trop souvent dire de nos jours) un Dieu abstrait, une sorte d’énergie impersonnelle, substance même de l’Univers.  Non.  Si Dieu était abstrait ou impersonnel, il serait totalement inaccessible et n’aurait pas beaucoup d’intérêt pour nous.  Or, Dieu est une personne, créateur de l’Univers mais vivant aussi en chaque chose.

L’Ermite est un véritable chrétien car il marche vers le cœur de son cœur, cherchant sans cesse à établir le dialogue avec son Créateur qui ne veut pas être son maître mais véritablement son ami : « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur reste dans l'ignorance de ce que fait son maître ; je vous appelle amis, parce que tout ce que j'ai entendu auprès de mon Père, je vous l'ai fait connaître » (Jean 15 : 15).

L’Ermite a fait sienne la devise traditionnelle V.I.T.R.I.O.L.  signifiant « Visita Interiora Terrae, Rectificandoque, Invenies Occultum Lapidem » ou encore « Visite l’intérieur de la Terre, et en rectifiant, tu trouveras la Pierre Occulte ».  Autrement dit, c’est à l’intérieur de soi, à l’intérieur de son « soi brut » que se trouve l’étincelle de Lumière divine, le savoir s’appelle la foi.  Mais la foi seule ne suffit pas, il nous faut rectifier, c'est-à-dire travailler sur nous-mêmes et pratiquer le don gratuit, cela s’appelle les œuvres.  Mais la foi et les œuvres ne suffisent pas, elles préparent. Seul l’acceptation de la grâce permettra de trouver la « pierre occulte », la présence de l’Ineffable en soi.

 

Celui qui marche avec le Christ est un pèlerin de l'Invisible, un ermite « dans le monde mais non de ce monde ».  Il devient un vivant reflet du Seigneur des Mondes et éclaire la Terre de son Amour, en toute humilité, c'est-à-dire en toute Vérité.  L’Ermite est humble et vrai, il ne se rabaisse pas, il ne se gonfle pas d’importance, il se contente d’Être ce qu’il est, faisant passer l’intérêt des autres avant le sien.  Il est une lumière qui lui dans les ténèbres, un fanal pour ses frères.        

Par Galahad - Publié dans : Art et Culture - Communauté : Religions en toute liberté
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 16 octobre 2009 5 16 /10 /Oct /2009 16:48

Au dire de certains auteurs, Teith est une lettre à part.  Elle est en effet, la seule absente des 10 commandements et des noms des dix Séfiroth.  Teith se signale donc par son absence apparente, apparente car souvent dans la pensée ésotérique, l’absence est une façon de mettre en évidence, l’absence indique la présence.  Ainsi l’absence apparente de Dieu hurle sa Présence pour celui qui a des yeux pour voir.

 

Teith est la neuvième lettre de l’alphabet hébreu, or le neuf est le chiffre du changement car il est celui qui précède le commencement d’un nouveau cycle représenté par le 10.  Theith est donc cette force de changement invisible mais pourtant active au plus profonde de notre être.  Cette force de changement est la conséquence de la vie intérieur « il vous faut, renonçant à votre existence passée, vous dépouiller du vieil homme qui se corrompt sous l'effet des convoitises trompeuses ; il vous faut être renouvelés par la transformation spirituelle de votre intelligence et revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité. » (Ep 4 ; 22-24)

Ouverte vers le haut, la lettre suggère la réception de la Grâce, c’est en effet par l’ouverture à l’Esprit Saint que le vrai changement pourra s’opérer.  Peu à peu, le Christ vient habiter le cœur ou plutôt, peu à peu nous prenons conscience de la présence du Christ en nous et nous nous mettons à son diapason, lui permettant une véritable action en profondeur.

Cette action à des conséquences radicales sur l’être conscient, peu à peu les passions (colère, jalousie, orgueil) se dissolvent, peu à peu le regard s’ouvre, on voit le monde avec les yeux du cœur.  Accueillir le Christ en soi, s’ouvrir à la grâce, c’est aussi faire sienne l’exhortation de Sainte Thérèse d’Avila « Nada te turbe ! » : « Que rien ne te trouble, que rien ne t'épouvante ! ». 

Et la Sainte de poursuivre « Tout passe, Dieu ne change pas. La patience triomphe de tout. Celui qui possède Dieu ne manque de rien : Dieu seul suffit ! » 

 

S’ouvrir à la Grâce sanctifiante, c’est entamer un processus de transformation, de transmutation, une alchimie spirituelle qui va changer notre plomb intérieur en or pur.  Ou pour mieux le dire, nettoyer notre âme et révéler l’or caché sous les tâches provoquées par nos manquements, par nos faiblesses, par notre lâcheté et notre ignorance.  L’agent solvant universel est le Christ, en lui permettant d’agir, nous nous reposons sur Dieu qui est parfait dans l’éternité.  En permettant à la Grâce de nous transformer, nous nous rapprochons de l’Eternité immuable et parfaite, infinie et rayonnante…

 

A la fin, le superficiel est abandonné, l'illusion est détruite, le voile d'ignorance est déchiré.  A la fin tout passe… les douleurs, les bonheurs superficiels.  Tout se dilue… les angoisses, les richesses, les mesquineries, les caprices… Tout s’efface… la maladie, la mort, les limites, le temps… Seul reste l’homme régénéré, le Soi, roc d’éternité immuable au centre de l’océan cosmique, à jamais unit sans confusion à l’Autre qui est notre Père, notre Mère, notre Source Ultime.      

Par Galahad - Publié dans : Art et Culture - Communauté : Communauté spirituelle
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Samedi 3 octobre 2009 6 03 /10 /Oct /2009 10:54

Une femme est assise sur un trône.  De sa main droite, elle tient une épée tandis que sa main gauche porte une balance.  L’épée est bien sûr celle de la rectitude qui sied à la justice, mais c’est aussi la lame qui tranche les illusions, les préjugés, qui fait que l’être voit au-delà des apparences comme le signale le regard intense du personnage représenté.  Regard spirituel qui permet de passer par delà le voile (cfr le symbolisme de la lettre Heith à laquelle est reliée la lame de "La Justice")

La balance symbolise l’équilibre, et l’ensemble des éléments qu’il faut prendre en compte et soupeser lorsqu’on veut porter un jugement sur quelque chose.

La couronne indique que la véritable justice vient de Dieu, les hommes ne peuvent que rendre une justice limitée qu’on espère la plus objective possible mais qui ne l’est pas entièrement puisque la vision de l’homme seul est toujours limitée.

Dans cet ordre d’idée, il appartient à l’homme qui cherche à être un homme juste, d’ouvrir ses yeux mais aussi son esprit, afin de le vider des images toutes faites et d’y accueillir la Grâce éclairante.

Ce n’est que dans cet état de vision juste, que l’homme pourra être un réceptacle pour la divinité qui viendra habiter en son sein et lui faire voir la Vérité car Justice est fille de Vérité.

 

A un autre niveau de lecture, la Justice représente aussi les conséquences cosmiques de nos actes, de nos paroles et de nos actions qu’on appelle presque vulgairement « karma », tant le terme s’est popularisé dans nos contrées.  Il faut bien insister sur la conception occidentale de cette notion de karma qui, en Asie, est une force froide et aveugle de rétribution.

Or, Dieu est Amour et le soleil brille de manière identique sur les bons et les méchants.  La carte de la Justice pose donc un triple problème :

 

  1. Existe-t-il une justice immanente ?
  2. Cette justice est-elle de type karmique, froid principe de causes à effets ? Et comment la justice karmique aveugle peut-elle se combiner avec l’Amour de Dieu ?
  3. L’idée de Justice divine soulève aussitôt le problème du mal – est mauvais celui qui contrevient à la Loi divine or la loi divine c’est l’Amour. Dans cet ordre d’idée, comment comprendre la notion de jugement après la mort ou de jugement dernier, comment comprendre aussi l’idée de l’enfer et qui plus est de l’enfer éternel ?

 

Voici mes tentatives de réponse ou mes pistes de réflexions sur ces questions :

 

  1. Il peut sembler étrange de croire qu'il existe une justice divine immanente dans ce monde lorsqu’on voit le nombre de gens sans foi ni loi qui s’engraissent alors que des gens très bien crèvent la faim.  Comment combiner la croyance en la Justice divine (ou en Dieu tout court) avec les injustices criantes qui sclérosent le monde ?
  2. J’aurais tendance personnellement à croire au karma mais à un karma tempéré par l’incommensurable Amour divin.  Somme toute, si karma il y a, il faut sans doute l’envisager comme une balise censée nous ramener au bercail en nous protégeant de nous-même et de nos pulsions de mort. 
  3. Je suis profondément persuadé que cette notion de Jugement Dernier ou post-mortem est une profonde erreur.  Dieu ne juge pas, Dieu aime.  Et Son Amour embrase les scories de l’âme, purifie le méchant et le rend pareil à un éclat de soleil.  Par Amour, Dieu nous a donné la liberté car on ne peut aimer que dans la liberté.  L’unique sens de notre vie est de nous ouvrir à Son Amour, de nous en rendre conscient.  Dieu n’est pas en face de l’Homme comme un juge, mais avec l’Homme dans un projet commun.  L’Homme est amené à participer à la construction de la Jérusalem Céleste dans un projet eschatologique grandiose, qui nous mènera de la Réconciliation à la Réintégration.  Dans cet ordre d’idée, faire le Bien, c’est participer pleinement et en conscience à la construction de ce projet, le mal étant tout ce qui l’entrave.  Or, le mal n’est pas en l’homme fondamentalement, il vient de la Chute.  Et la Chute, c’est se retirer volontairement de l’influence divine.  Donc le mal est l’éloignement du Bien.  Autrement dit le juste est celui qui suit la voie le ramenant à son origine divine et le mauvais est celui qui s’en éloigne.  L’un comme l’autre vivent les conséquences de l’endroit où ils se trouvent (plus ou moins éloignés ou proches de Dieu), la Justice ne cherchant qu’à ramener les égarés en son centre où réside Dieu. 

Ainsi l’enfer existe bien car celui qui s’est coupé totalement de Dieu vit dans l’espace glacé privé de Dieu et prisonnier de la fournaise de ses passions.  Dans cet état malheureux, la moindre seconde a valeur d’éternité, ce qui nous mène à l’idée d’enfer éternel.  Comme le soulignait Berdiaiev : « L’enfer est l’état d’une âme qui est incapable de sortir d’elle-même, centrée absolument sur elle-même, le sombre et mauvais isolement, c’est-à-dire l’impuissance finale d’aimer. »

Par Galahad - Publié dans : Art et Culture - Communauté : Religions en toute liberté
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /Sep /2009 14:36

Ce matin, un homme est mort en vain

Il s'est tué, saigné, explosé

Maintenant, il marche sur le chemin,

Sur la terre des âmes désincarnées

 

Peut-être sait-il à présent ?

Que personne n'a le droit de tuer

Avec lâcheté de répandre le sang

Au nom d'une sainte vérité


Dans la barque de Charon, le passeur

Il prie et récite, il tremble, il a peur

Pourtant, ils lui avaient dit, promis:

"En héros tu seras accueillis"

 

 

 


Peut-être sait-il à présent ?

Que personne n'a le droit de tuer

Avec lâcheté de répandre le sang

Au nom d'une sainte vérité

 

Il arrive devant un blanc miroir

Une voix s'élève, cristal de pureté

"Je suis l'espoir, le désespoir

Je suis le miroir de vérité"

 

"Miroir, ô beau, ô sublime miroir

Qui de nous, enfin, avait raison?

Après la mort nous allons savoir

Qui mérite la belle oraison"


"Miroir, ô beau, ô sublime miroir

Où est la récompense du martyr ?

Où sont les vierges, les fruits, l'espoir?

Où est la coupe pleine d'élixir ?"


Dans le miroir seul se reflète

L'image triste d'un pauvre malheureux

Qu'on a manipulé, frêle silhouette

A l'esprit brumeux, haineux, lépreux

 

"Pourquoi? Pourquoi m'a t'on menti?

Pourquoi, pourquoi, y ai-je cru?

Pourquoi, pourquoi n'ai-je pas compris

Que l'essentiel, nous l'avions perdu?

Par Galahad - Publié dans : Art et Culture - Communauté : Quête d'un monde meilleur
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés