Lundi 2 mai 2011 1 02 /05 /Mai /2011 13:24

 

nueesurlesanctuaire.png La nuée sur le sanctuaire est un texte qu'on pourrait qualifier de classique pour tous ceux qui portent un intérêt à la tradition spirituelle occidentale et plus particulièrement à l'illuminisme du XVIIIe siècle. Son auteur, Karl von Eckartshausen est un écrivain Allemand né en 1752 et mort en 1803. Proche des sociétés initiatiques de son temps Karl développe l'idée d'une société des sociétés qui réunirait les plus grands serviteurs de Dieu du monde entier. Cette société n'existerait pas d'un point de vue visible et administratif mais serait plutôt une sorte de communion d'initiés œuvrant par Dieu et pour Dieu en toute humilité et discrétion. L'une des caractéristiques des membres de cette société serait d'avoir développé un sens leur permettant de vivre et de ressentir le monde invisible et le Christ comme l'on vit et ressent les stimuli du monde phénoménal.

Ce livre rapidement lu est l’œuvre intemporel d'un ésotériste chrétien sensible et sérieux. On aurait tort de passer à côté car tant dans le dit que dans le non dit de ce texte se trouvent de nombreux germes de réflexions.

 

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Par Galahad - Publié dans : Reliance Livresque
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Lundi 25 avril 2011 1 25 /04 /Avr /2011 00:14

 

resurrection-jesus-christ-lavie.jpg Pâques est sans doute la fête la plus importante de la spiritualité chrétienne. Marquant la fin du Carême, elle est l'occasion de laisser éclater la joie de la Résurrection. Joie et Résurrection, deux mots qui ne font qu'un avec la nature de cette fête mais qui ne font qu'un aussi avec la nature profonde du christianisme. Car enfin, comment peut-on se dire chrétien sans éprouver en permanence une joie indicible ?

Loin d'être une déclaration d'intention, il s'agit ici d'une réalité : le chrétien est joyeux par nature. Pas de cette joie forcée et de façade sous laquelle se cacherait une profonde déprime. Pas non plus cette joie superficielle, bruyante et souvent fausse qui s'exprime en beuverie et en fête où l'on s'oublie dans la prise de substances diverses. Non, la joie chrétienne est profonde, vraie, lumineuse et constante. Elle a quelque chose de la sérénité profonde, de la force tranquille, qu'on imagine chez les plus grands saints et les plus grands sages.

Pourquoi cette joie ? Grâce à Pâques !

Il faut sans cesse prendre la pleine mesure de la signification de la fête : Christ est ressuscité ! Conscientise-t-on vraiment encore la portée de la Bonne Nouvelle chrétienne ? Que le lecteur me permette de le rappeler brièvement : le Créateur de l'Univers, qui a fait surgir l'Être du néant, qui modela le monde qui nous entoure, dans lequel nous évoluons tous les jours. Le Créateur qui fit notre corps, notre âme et notre esprit, bref Dieu, s'incarna par amour dans ce monde limité et rendu imparfait par l'inconséquence de l'homme. Non seulement, Il s'incarna par amour mais aussi Il vint exprimer son amour envers nous en guérissant tous les malades que sa route croisait et vint nous apprendre qu'il n'y a rien de supérieur à l'amour et donc au bonheur. En prend-on vraiment la pleine mesure ?

Non content de venir nous expliquer les fondements du monde, de venir exprimer la force qui soutien tout l'Univers, le Dieu-homme se laissa tuer par la bêtise humaine. Il aurait pu faire disparaître ses bourreaux, Jérusalem et cette drôle d'espèce imparfaite qu'on appelle l'homme d'un claquement de doigt. Non, débordant tellement d'amour, il préfère endurer mille souffrances humaines et mourir que tuer. Qui d'entre nous est-il prêt à revêtir la peau d'un chat et passer 24h sur une table de vivisection pour sauver l'espèce féline ? Et tant qu'à faire, Dieu détruit la mort qui ne devient plus qu'un passage menant à la vraie Vie, nous rétablissant dans notre statut d'immortel. En prend-on vraiment la pleine mesure ?

Pas rancunier pour un sou, Celui qui est tout amour, nous montre, physiquement en sortant du tombeau, que la mort n'est rien et que la Vie est la seule réalité. Et pour couronner le tout, Il promet de rester avec chacun d'entre nous, accomplissant miracles et prodiges pour ceux qui savent les voir, nous guidant chacun sur la voie de notre bonheur, c'est à dire sur la voie qui mène à la purification de notre être, nous débarrassant de nos scories intérieures seules responsables de notre malheur.

En prend-on vraiment la pleine mesure ?

Se rend-on compte de l'attention totale et incroyable dont nous sommes bénéficiaires ? Se rend-on compte que nous sommes aimés par Celui qui est l'amour même et que rien ne pourra jamais faire diminuer cet amour ?

Comment encore, après cela, éprouver une peine quelconque que la joie ineffable de cette prise de conscience ne peut effacer ? Comment ne pas être d'un optimisme invincible lorsque même après avoir tué et torturé notre Créateur et Sauveur, Celui-ci revient et reste constamment parmi nous afin de nous dire combien Il nous aime et afin de tout faire pour nous relever ?

Pâques nous rappelle que si nous le voulons, c'est à dire si nous sommes d'accord pour nous régénérer à la Source d'Amour, alors nous sommes immortels et rien ne peut durablement nous atteindre même la mort.

Intégrer cette réalité qui est la réalité ultime, c'est-à-dire non pas la considérer comme une idée religieuse, poétique ou comme un objet d'intellectualisation. Intégrer cette idée, dis-je, c'est-à-dire s'y baigner complétement, la faire sienne jusqu'à ce qu'elle ne soit plus une idée mais une foi vécue à tous les niveaux de l'être, c'est vivre dès à présent dans la Lumière du Royaume où il ne peut y avoir le moindre manque et la moindre tristesse. Vivre la6204-the-resurrection-of-christ-albrecht-altdorfer  Résurrection, c'est vivre dans la joie permanente, c'est être véritablement chrétien. Vivre la Résurrection, c'est prendre conscience que dès à présent, pour peu que nous le voulions, le Christ nous débarrasse de tous nos poids, de toutes nos frustrations, de toutes nos culpabilités, de tous nos manques. Dès à présent, Il nous libère des angoisses dont celle de la mort et des tombeaux d'absurdes dans lesquels nous nous enfermons au quotidien par dépit ou par ignorance, afin que le cœur léger, nous puissions laisser briller notre joie en chantant : « Christ est ressuscité, par sa mort Il a vaincu la mort ! A ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la Vie ! » 

Par Galahad - Publié dans : Reliance Divine - Communauté : Religions en toute liberté
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Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 14:08

 

introbyzance.jpg Cette introduction à la théologie byzantine, et par la même à l'orthodoxie, est une merveille. Dans une langue claire, vivante, à la fois précise, historique et poétique, le Père Meyendorff expose l'histoire de cette pensée qui marqua plus de 1000 ans de christianisme. Dans la première partie, l'auteur aborde la naissance de la pensée byzantine, héritière directe de celle des Pères de l'Eglise. Quelle furent les difficultés auxquels elle se trouva confrontée, quels furent ses penseurs clés et ses détracteurs. De la crise des grandes hérésies du Ve siècle, de la confrontation avec l'Islam, de la crise des Iconoclastes sans oublier le terrible schisme entre l'Occident et l'Orient, voici un pan d'histoire parfois mal connu qui s'éclaire sous la plume limpide et didactique de l'auteur.

Dans la deuxième partie de l'ouvrage, l'auteur décrit en quelques grands chapitres les traits particuliers du christianisme byzantin et orthodoxe : création du monde et de l'homme, la Chute, la Rédemption et l'envoi du Sauveur, les énergies divines, le devenir eschatologique de l'homme et son devoir sur Terre... Aucun aspect n'est oublié et l'on découvre cette chrétienté orthodoxe lumineuse, joyeuse, optimiste, mystique, à l'art spirituel prononcé. On ne peut que s'enthousiasmer pour une pensée si riche qui mit les relations entre Dieu, l'homme et la Nature au centre de ses préoccupations. Relations basées sur l'amour où sont totalement absents les conceptions doloristes, culpabilisatrices et juridiques qui malheureusement virent parfois le jour en Occident.

Un livre à lire par quiconque se sent attiré par une vision saine du christianisme.

 

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Par Galahad - Publié dans : Reliance Livresque - Communauté : Chrétiens - et fiers de l'être
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Samedi 16 avril 2011 6 16 /04 /Avr /2011 00:48

 

168077_1635452681022_1077865799_31399324_1861350_n.jpgOn trouve aujourd'hui l'idée assez répandue dans les milieux spirituels que chaque homme est la cellule d'un gigantesque organisme appelé « Univers ». Dans cette conception, toute panthéiste, l'Univers est Dieu et tout Dieu. Dieu n'existe pas en dehors de l'Univers. Autrement dit, chaque caillou, chaque fleur, chaque nuage est autant Dieu que chaque être humain.

Parmi les plus extrêmes tenants de cette conception, on en trouve certains qui, allant au bout du raisonnement, vont jusqu'à affirmer un écologisme radical, prétendant que la Nature-Dieu se suffit à elle-même et peut très bien se passer de l'homme.

La conséquence eschatologique de cette position théologique est souvent, pour l'homme, de chercher à se parfaire, souvent au cours d'innombrables incarnations desquels il oublie tout, afin de finalement pouvoir se fondre dans un grand Tout indifférencié.

 

Cette soif de monisme actuel, se comprend très bien de par la réaction à un transcendantalisme extrême et à un rationalisme sec ayant prévalu en occident et ayant lui-même conduit à la chosification de la Nature et au désenchantement du Monde.

Pourtant, le paradigme de ce monisme new-age ou néo-païen a un côté aussi pessimiste, triste et déprimant que celui du Dieu épouvantail, juge lointain d'une Création à la dérive. Car une telle conception ne peut mener qu'à l'anonymat. Univers, Dieu Impersonnel sans Nom et sans Visage peuplé d'hommes et de femmes destinés à se fondre dans cette amibe cosmique et à oublier leur identité comme autant de gouttes d'eau diluées dans l'océan du Non-être. Dissolution complète de l'être, négation totale de ce qui fait la personne et l'individu, cette vision propose rien de moins qu'un suicide ontologique de l'être.

Le christianisme ésotérique ou mystique (oserais-je dire originel ?), propose une alternative à cette vision déstructurante du moi et à la sécheresse d'un monde mécanique : le panenthéisme.

La notion clé du christianisme est celle de la « Personne ». Parfaitement homme et parfaitement Dieu, le Christ est le visage humain de Dieu sur Terre. Dieu en prenant corps pleinement dans un être distinct des autres donne de l'importance à chaque individu et aux particularismes de chacun.

En tant que personne individuelle appelée par Dieu, chaque homme, chaque femme a une vocation, une tâche particulière à accomplir dans le grand plan de Salut qui est le Grand Oeuvre de Dieu. Lui-même situé en dehors de sa Création mais présent en elle par Ses énergies divines.

Cette situation d'altérité crée un dialogue et place l'individu dans une position unique parce que Dieu s'adresse à chacun en le tutoyant.

De cette rencontre, naît une tension de chacun vers l'Autre, et par cette tension qui se fait chemin, l'homme acquiert une dignité incommensurable. En choisissant de marcher sur la voie que Dieu a tracé pour lui et pour lui seul, chaque homme est à même de sanctifier ses conditions de vie, sa vie tout entière, et par la même de transfigurer totalement son existence. Plutôt que de subir, de s'oublier et de se dissoudre, l'homme est appelé à transcender son héritage génétique, familial, culturel, psychologique afin de convertir tout son être, toute sa vie à celui qui est l'Être, la Conscience et la Vie. En épousant son Créateur, l'homme s'unit sans se confondre et devient, in fine, lui-même.

Et la Nature dans tout cela ? L'Univers est une création de Dieu, au même titre que l'homme. La Nature est vivante, puissante, peut-être habitée par des esprits intermédiaires et un monde invisible riche. Mais la Nature n'est pas Dieu. En réalité nous sommes des dieux en devenir, chargés de régir la Nature, de l'accompagner dans son chemin vers la Réintégration. L'ironie, c'est que l'homme a rendu des cultes à des esprits naturels qu'il prenait pour des dieux de la Nature alors que le dieu de la Nature, c'est lui ! 5014 1090880550597 1183999598 30246286 5840885 n

En tant que tel, nous nous devons de sacraliser le temps, l'espace, la Nature et l'Univers tout entier. Dans ce monde mais non de ce monde, nous sommes appelés à vivre en harmonie avec la Création et avec les autres, non en fusion mais en communion. Chacun d'entre nous a son importance, avec son histoire, ses doutes, ses forces et ses faiblesses qu'il est appelé à transmuter en laissant agir une lumière qui n'est pas de ce monde.

Par Galahad - Publié dans : Reliance Divine - Communauté : Chrétiens - et fiers de l'être
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Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 16:11

Voilà une émission qui passe sur Arte dans les jours qui viennent et qui m'a l'air du plus haut intérêt.  N'ayant pas la télédistribution, je ne pourrai la regarder, j'attendrai qu'elle sorte en DVD.

 

 

Par Galahad - Publié dans : Reliance Culturelle
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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 14:54

 

eau1.jpg Difficile de nous laisser aimer par Dieu tellement nous sommes conditionnés, dans ce monde soumis à la mort, à être sur la défensive, dans la méfiance, programmé en mode de combat. Or, s'il peut être parfois légitime de se défendre, il faudra se garder de franchir le pas vers la haine, la colère égocentrique aveugle et le ressentiment qui referme l'âme aux rayons du soleil divin aussi certainement que des volets séparent une pièce des bienfaits de l'astre du jour.

 

A un autre niveau, accepter de descendre de la barque, c'est accepter de marcher vers Dieu, donc de marcher vers une autre vie ou plutôt une autre manière de concevoir la vie.

Qu'on se souvienne que c'est le même Pierre à qui Jésus dit « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église. ». Or, on oublie généralement que ces paroles font suite à une question posée par le Christ . Le passage complet de Matthieu est : « Il leur dit : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Prenant la parole, Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Reprenant alors la parole, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Jonas, car ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et la Puissance de la mort n'aura pas de force contre elle. » (Mt 16:15-18) 

Si Pierre est le roc sur lequel est bâti l’Église, c'est parce qu'il s'est mis à croire que Jésus était Dieu. Ainsi, tout chrétien croyant que Jésus est Dieu est Pierre et est le roc sur lequel est bâti l’Église. Tout chrétien croyant que Jésus est Dieu Vivant est libéré de l'esclavage de la mort, faisant une confiance absolue en Dieu, il se donne la possibilité de lui saisir la main et de marcher sur ses propres eaux.

 

Mais il faut aller plus loin. Croire que Jésus est Dieu n'est pas simplement mettre sa foi dans le dogme d'une institution particulière car comme je l'ai déjà exprimé ailleurs, l’Église est faite pour le service de l'homme et des âmes et non pour imposer un credo. Le credo (et le dogme) n'est qu'un garde fou qui n'a de sens que si chacun le vit dans son cœur.

Or, a-t-on déjà réellement pris la pleine mesure de cette profession de foi : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ? Croire cela, c'est prendre conscience que Dieu, le Créateur de l'Univers, Celui qui fait tourner les planètes et se mouvoir les galaxies, Celui qui est à l'origine de la réalité dans toute sa diversité, Celui là même, s'incarna dans un corps de chair semblable à chacun d'entre nous afin de nous permettre de franchir l'abîme qui le sépare de Lui.

Prendre conscience de cela et croire cela, nous fait entrer dans une toute autre perception du monde et de notre vie.

Il y a 2000 ans, l'Infini devint fini et entra dans l'Histoire par Amour ! Quelle idée plus forte que celle-là !?! Quelle source de changement plus fondamental ?!? Croire cela nous fait entrer dans un univers nouveau, un univers de joie, de force et d'optimisme, un univers où les lois physiques n'ont plus la même emprise car nous pouvons marcher sur les eaux, un univers où la mort a été vaincue et n'est plus qu'une porte vers la Vie.

 

Croire en la divinité du Christ, n'est pas une déclaration d'intention que l'on fait du bout des lèvres, de la pointe de l'âme, c'est une réalité surnaturelle qu'on embrasse complètement, de tout l'être.

Croire en la divinité du Christ, c'est prendre la main de Dieu, c'est entrer dans une réalité différente, plus colorée, plus vivante, plus libre, une réalité d'abondance, où les eaux de la conscience sont peu à peu nettoyées par la Présence.

Ce nettoyage, cette purification rend notre âme plus récen1346332447_267746_6362.jpgptive à l'Amour et à la Vérité de Dieu. Plus transparent à Sa Lumière aussi. Plus nos eaux intérieures sont purifiées, plus notre corps composé à 60% d'eau se purifie également jusqu'à atteindre la transfiguration intégrale de l'être qui est corps – âme – esprit.

 

Par Galahad - Publié dans : Reliance Divine - Communauté : Chrétiens - et fiers de l'être
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Samedi 2 avril 2011 6 02 /04 /Avr /2011 13:44

 

746375-j-sus-marche-sur-l-39-eau.jpg Et, après avoir renvoyé les foules, il monta dans la montagne pour prier à l'écart. Le soir venu, il était là, seul. La barque se trouvait déjà à plusieurs centaines de mètres de la terre ; elle était battue par les vagues, le vent étant contraire. Vers la fin de la nuit, il vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent affolés : « C'est un fantôme », disaient-ils, et, de peur, ils poussèrent des cris. Mais aussitôt, Jésus leur parla : « Confiance, c'est moi, n'ayez pas peur ! » S'adressant à lui, Pierre lui dit : « Seigneur, si c'est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » — « Viens », dit-il. Et Pierre, descendu de la barque, marcha sur les eaux et alla vers Jésus. Mais, en voyant le vent, il eut peur et, commençant à couler, il s'écria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus, tendant la main, le saisit en lui disant : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Mathieu 14. 23-33)

 

Il faudrait un jour écrire un livre sur l'importance de l'eau dans la Bible. Si l'on sait que l'Esprit de Dieu planait au-dessus des Eaux primordiales et que c'est par les eaux que le monde est remis à neuf lors du Déluge, il faut également se rendre compte de l'importance de l'eau dans les Evangiles, particulièrement en présence de Jésus.

Dans le passage ci-dessus, nous avons un exemple stupéfiant de la puissance du Christ mais aussi un message d'une force impressionnante si l'on veut bien se donner la peine d'aller en profondeur.

Le Christ marche sur l'eau. Qu'est ce que l'eau ? Les Byzantins se méfiaient des eaux profondes dont ils disaient qu'elles étaient pleines de nids de dragons. Et ils n'avaient pas tort ! Car il y a deux types d'eaux : les eaux purifiées et les eaux troubles. Les premières donnent la vie et sont perméables aux rayons du soleil, les secondes détruisent et empoisonnent. Les premières sont les Eaux primordiales desquelles sortent la diversité vivifiante et bonne, les secondes abritent des monstres terribles en leurs tréfonds, Léviathan et Kraken redoutables dévastant tout sur leur passage.

L'eau symbolise notre subconscient qui abrite la pureté originelle comme les pires monstres refoulés dans ses profondeurs les plus sombres. Le but de la vie est justement de parvenir à purifier ces eaux troubles afin qu'elles deviennent aussi pures que l'eau du baptême et puissent absorber et refléter la Lumière de Dieu dans toute sa chaleur et toute sa splendeur.

Jésus qui marche sur les eaux, c'est Dieu qui se tient en dessus de notre inconscient, se tenant prêt à l'assainir par sa seule présence. Encore faut-il que nous voulions de sa purification car Dieu propose sans jamais forcer.

Il faut que ce soit nous, qui lui demandions de l'aide et Lui trop heureux de nous aider nous dira « Viens ». Ainsi, concrètement, il nous appartient d'ouvrir la porte à la Lumière, de faire entrer volontairement Jésus dans notre vie, de souhaiter ardemment qu'il vienne nous débarrasser de tout ce qui encombre notre psychologie et nous empêche d'être nous-même : refoulement, complexes, frustrations, manquements, peurs, angoisses, traumas divers, manque de discernement, bref tout ce qui fait que nous sommes égoïstes, égocentriques, orgueilleux, esclaves et pleins de colère.

 

Viens Seigneur, si tu es là, à marcher au-dessus de mes eaux, je t'en prie, sanctifie-les et débarrasse moi de tout ce qui m'encombre et m’empêche de m'élever vers toi.

 

Et Dieu dans son enthousiasme dira : « Mais oui, viens, je te tends la main, avec mon aide tu peux marcher au-dessus de tes monstres, les fouler aux pieds, les faire disparaître. »

Naturellement, il faudra Lui faire une confiance totale sinon, nous coulerons. Pourquoi ? Parce que la confiance en Dieu est la clé de tout. Encore une fois, Dieu ne 7927_1133274730425_1183999598_30366600_5855225_n.jpg se permettrait jamais de nous imposer son Amour et son Salut car un amour imposé n'est pas un amour véritable, ce n'est qu'une projection narcissique en l'autre. Pour que l'amour devienne Amour et que la relation soit saine, il faut qu'elle soit librement consentie des deux côt és. Or Dieu, lui donne en permanence l'Amour le plus absolu qui soit. De toute éternité, ses ma ins sont tendues vers nous, ses bras sont ouverts pour toute l'humanité, la seule chose que nous ayons à faire, c'est de L'aimer et de Le laisser nous aimer. 

Par Galahad - Publié dans : Reliance Divine - Communauté : Chrétiens - et fiers de l'être
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Mardi 29 mars 2011 2 29 /03 /Mars /2011 15:15

 

eusebe.gif Ce petit ouvrage contient deux discours rédigés par Eusèbe de Césarée aux alentours de 336. Le premier est un panégyrique à l'occasion des trente ans de règne de Constantin, le second est le fondement théologique du premier discours.

Ce petit livre à de quoi surprendre tant les conceptions de l'auteur sont éloignées de notre vision de la politique. En effet, pour Eusèbe, le gouvernement du monde est donné par le Père au Christ-Logos médiateur qui lui-même délègue son pouvoir à un représentant terrestre, dans ce cas ci, l'empereur byzantin.

Marqué par les persécutions de chrétiens auxquels il assista, Eusèbe vante les mérites de cette théocratie chrétienne capable d'unir les peuples dans l'adoration du vrai Dieu et de mener les barbares vers la civilisation les débarrassant de leurs pratiques mauvaises comme les sacrifices humains et l’idolâtrie.

Certes, la vision dépeinte par Eusèbe est utopiste et idéale, tout comme le sera la vision des Byzantins au cours du millénaire que dura leur civilisation. Contrairement à ce qui est parfois véhiculé, l'idéal Byzantin consistera précisément en une Église ne s'occupant pas des affaires de l’État. L'Empereur étant choisi par Dieu, celui-ci avait en effet à charge de protéger l'ensemble des chrétiens. Cette protection assurée et entre de bonnes mains, les dignitaires pouvaient se concentrer sur la spiritualité. L'Eglise d'orient, par conséquent, ne s'occupa que très rarement d'émettre une opinion sur la politique ou sur la vie civile et quotidienne.

 

Pourquoi lire Eusèbe aujourd'hui ? Il y a indéniablement un intérêt historique à lire l'auteur, ne fut-ce que pour découvrir les circonstances et les opinions qui avaient cours à la fondation de cet empire si peu connu mais qui a su porter si haut les valeurs de la lumière chrétienne. Ensuite, les considérations théologiques d'Eusèbe sur la fondation du monde, la hiérarchie et le pouvoir structurant du Logos sont loin d'être dénuées d'intérêt pour ceux qui sont soucieux d'approfondir la spiritualité chrétienne.

 

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Par Galahad - Publié dans : Reliance Livresque - Communauté : Chrétiens - et fiers de l'être
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Dimanche 20 mars 2011 7 20 /03 /Mars /2011 14:05

 

charge-des-templiers.jpg Le véritable chrétien, le véritable chevalier pratique perpétuellement cette prise de conscience, sans repos il mène la croisade contre les démons nés des graines qu'il a lui-même plantés ou que la tempête de la vie a porté jusque dans son jardin intérieur. La période de carême est l'occasion de pousser les troupes de la vertu plus avant, de mener une percée décisive contre l'Adversaire.

 

On est loin de l'apitoiement sur soi et de l'auto-dénigrement, loin de la macération masochiste, loin de la simple observance morale, on est dans une optique de transformation radicale de l'être, de marche vers un niveau plus avancé de conscience.

L'ascèse du carême propose de rejeter le manteau du vieil homme afin de se vêtir du blanc manteau de l'Homme nouveau qui participera aux énergies divines et deviendra un champion de la Lumière et du Christ.

Cette lutte contre nos passions ne sera pas facile, elle n'est pas un passe-temps ou une vague idée abstraite, elle est un travail de fond incessant sur notre être.

 

Dans ce combat, nous devrons nous assurer l'aide d'alliés de taille, les armées angéliques et les saints sont prêts à nous porter secours, à conditions toutefois que nous les laissions agir en nous et dans notre existence. Une fois encore, il faut préciser qu'il ne s'agit pas ici d'une image. La prière vers les saints et la demande sincère de l'aide des anges permettent réellement à ceux-ci de se manifester dans notre vie et de nous mener vers la victoire. Rêves, inspirations, événements opportuns, leur mode d'action n'a pas de limite. Il se peut aussi que de nouvelles épreuves et difficultés surgissent, toujours celles-ci seront l'occasion de nous dépasser, de nous révéler un travers que nous n'avions pas encore identifié. Une épreuve de vie est un ennemi qui sort du bois, embusqué qu'il était dans notre forêt intérieure. Soudain le voilà qui surgit, fait pleuvoir ses traits enflammés, fait charger ses palefrois de la nuit. Qu'à cela ne tienne, nous sommes prêt aux combats et les épreuves ne sont qu'occasions de nous renforcer dans notre foi.

 

Car, si nous le voulons, nous sommes en permanence sous la protection du Créateur du Monde qui par son Incarnation, a tout assumé afin que tout soit guéri. Il nous donna les armes et la possibilité de vaincre, afin que « la nature humaine qui était autrefois vaincue par le moyen des épreuves, vainquit à son tour celui qui autrefois l'avait vaincu. »(Saint Jean Damascène)

 

Le carême est donc l'occasion de fourbir nos armes, d'aiguiser notre épée, de rajuster notre armure et de reprendre l'entraînement. Concrètement, de renouer avec une discipline spirituelle adaptée à notre être. Les exercices spirituels sont à l'âme ce que les entraînements à l'équitation et au maniement de l'épée sont au corps du chevalier. Et tout comme pour le combat physique, il faudra choisir un programme adapté à sa personnalité et à sa structure mentale : prière, lecture du Livre Saint, visualisation, oraison, ouverture du cœur... autant d'armes mises à notre disposition afin d'affûter notre âme, afin de s'ouvrir à la epeecroixtempliere.jpg Présence et de permettre au Christ de nous revêtir de l'armure. Car si les exercices spirituels sont essentiels, il ne faut pas oublier qu'ils ne sont qu'un moyen de s'ouvrir à la Grâce et non une fin qui sauve.

Par l'entraînement régulier, notre âme se met au diapason de Celui qui sauve , peu à peu notre volonté ne fait plus qu'un avec la Sienne, nous pouvons alors vaincre nos iniquités. Ces victoires de notre âme retentissent dans l'Univers à mesure que la victoire finale sur les forces du mal se fait plus proche.

Car le travail du chevalier spirituel est entrepris non pour lui même, no n pour son salut individuel mais pour l'évolution de toute l'humanité afin que jaillisse la gloire de la Trinité. Le chevalier spirituel peut alors faire sienne l'ancienne devise templière : Non nobis, Domine, non nobis, sed nomine tuo da gloriam ! (Par pour nous Seigneur, pas pour nous mais pour la gloire de Ton nom) 

Par Galahad - Publié dans : Reliance Chevaleresque - Communauté : Chrétiens - et fiers de l'être
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Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 14:27

 

templier_ordres.jpg De plus en plus de gens dans le monde chrétien semblent s'intéresser à nouveau à l'esprit chevaleresque. Qu'on se passionne pour la littérature de chevalerie, qu'on étudie les ordres disparus comme les templiers, qu'on se passionne pour les activités d'ordres vénérables subsistant depuis le Moyen Age comme l'Ordre de Malte et l'Ordre du Saint Sépulcre ou que l'on soit initié dans un ordre chevaleresque ésotérique comme la maçonnerie rectifiée, la chevalerie semble fleurir de toute part dans notre monde moderne.

 

Je me propose également sur ce blog, de réfléchir sur cet esprit chevaleresque, j'inaugure donc pour l'occasion une nouvelle rubrique. Je le ferai de la manière qui m'est coutumière, en proposant certaines réflexions personnelles appuyées sur la Tradition.

 

Et précisément, cette période de carême est une bonne occasion d'ouvrir ce travail. Un théologien disait l'autre jour à la radio que le carême était l'occasion de se priver de quelque chose qu'on aime par solidarité avec les pauvres. Oui, soit. Néanmoins, pour quelqu'un qui aspire à la chevalerie spirituelle, ce n'est pas suffisant. Car le carême est l'occasion d'installer certaines pratiques ascétiques dans notre vie. « Ascétisme », voilà un mot qui va en faire frémir plus d'un. Et pour cause, à peine l'a-t-on entendu ou prononcé que des images désagréables viennent à l'esprit : corps malingres, amoindris, mortifiés, yeux ensanglantés, affamés, conscience dérivant sur les eaux âcres de la folie, emportée par le courant de la privation...

 

Et pourtant, comme souvent, en cédant aux images toutes faites, on est loin de la vérité. Pour la trouver, il faut retourner à l'origine du mot. Ascétisme vient du grec askêsis, signifiant exercices et s'appliquant avant tout au monde de l'athlétisme et à la vie militaire. L'ascète est donc quelqu'un qui va pratiquer certains exercices et se soumettre à une certaine discipline volontaire en vue de fortifier son corps et son esprit.

Dans cette période de carême, cette discipline est proposée à l'ensemble des chrétiens mais devrait attirer particulièrement l'attention de ceux qui se réclament d'une certaine chevalerie spirituelle. Car le chevalier est avant tout un combattant et s'il lui faut parfois tirer l'épée contre l'injustice régnant dans ce monde, il lui faut surtout, comme le moine, vaincre ses propres démons.

 

Carême est l'occasion de conscientiser et renforcer ce combat. Mais de quoi s'agit-il au juste ? De se gratter au sang afin d'exhumer nos défauts et nos manquements ? D'ensuite battre sa coulpe avant de refouler aux tréfonds de notre inconscient ces faiblesses, le tout dans une atmosphère de culpabilité délétère ? Non. Trois fois non.

 

Le combat chevaleresque se doit d'être digne, aussi fort et tranchant que la lame d'une épée. L'ascèse consiste à ne rien se cacher, à se voir en vérité, à affronter nos démons en les regardant droit dans les yeux. Qui sont-ils ces démons ? Ils sont légions : addictions, peurs, angoisses, colères, égocentrisme, hypocrisie, pulsion de mort, ...

L'ascèse du chevalier consiste à leur faire rendre gorge avec force, à s'en purger afin d'ouvrir les portes de la transfiguration.

Car le péché n'est pas ontologiquement présent en l'Homme, pour reprendre les mots de Saint Jean Damascène, il est « la semence du diable recueillie volontairement en nous ». C'est donc par notre manque de volonté, notre absence de discernement, par nos choix erronés ou faibles que nous cultivons des attitudes porteuses de mort plutôt que porteuses de Vie. Le choix est nôtre.

 

Terrible responsabilité que celle là qui nous fait seul responsable de nos manquements envers 545px-Blason_de_l-ordre_hospitalier_du_Saint-Esprit.svg.png la Lumière et la Vie. Mais aussi fantastique pouvoir que celui qui nous permet de nous réorienter. Par une ferme décision, par un rajustement de la volonté, par le courage de la prise de conscience et de l'acceptation de la Vérité, nous pouvons à nouveau tourner les yeux vers le Soleil d'Amour Indicible et prendre la main de Celui qui nous la tend et ne désire qu'une chose : nous investir de Sa force et nous hisser au-dessus de notre mesquinerie quotidienne. (à suivre)

Par Galahad - Publié dans : Reliance Chevaleresque - Communauté : Chrétiens - et fiers de l'être
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