Lundi 7 mars 2011 1 07 /03 /Mars /2011 14:19

 

russie-moscou-cathedrale-basile.jpg Dans notre monde d'individualisme mais aussi d'information, il faut se réinterroger sur le rôle de l'Eglise. Peut-on limiter son rôle à une action sociale et caritative ? Je ne le pense pas. Même si je reste persuadé que cette action est primordiale, elle ne doit, elle ne peut pas être la seule. Le rôle de l'Eglise est d'abord spirituel, c'est à dire qu'il lui appartient avant tout de relayer le Souffle de l'Esprit afin d'attiser les braises divines qui dorment en chacun et inspirer le peuple chrétien afin que les fidèles puissent construire les fondations numineuses d'un monde plus juste, plus beau et plus conforme au plan divin.

 

Dans cet ordre d'idée, il ne s'agit pas de gommer toutes les fonctions présentes dans l'Eglise mais de les remettre à leur juste place. Car si certains papes ou certains évêques furent certainement de véritables saints, le seul "haut prêtre" dans l'Eglise, c'est le Christ.  Autrement dit, les prêtres et évêques n'ont qu'un titre correspondant à une fonction censée elle-même répondre à leur vocation charismatique.  Et aussi prestigieuse, spirituelle et importante que soit la fonction, elle ne correspond en rien à une supériorité spirituelle quelconque : tout le peuple chrétien est prêtre, roi et prophète (ce que les protestants ont bien compris et mis en avant mais qui est également vécu par la plupart des églises orthodoxes)... Cette conception, que je n'invente pas mais qui est celle de la Tradition et du christianisme premier, donne un tout autre éclairage sur la fonction de l'Eglise.  Beaucoup plus dans l'éveil que dans l'admonestation, beaucoup plus dans la communion et l'empathie que dans le jugement ex cathedra... Rappelons une fois encore que tout le peuple est prêtre, roi et prophète et que c'est dans ces fonctions qu'il doit être rétabli.

 

Autrement dit, je pense que le clergé doit avoir, non pas, un rôle minimaliste de garant d'une loi ou d'une tradition légaliste mais bien être à la pointe de l'éveil spirituel et de l'ouverture des consciences. Bref, servir d'exemple tant au niveau de la miséricorde que de l'ouverture aux énergies divines et à l'expérience mystique et réellement vécue du Christ. Dans cet ordre d'idée, Syméon le Nouveau Théologien martelait que quiconque accepte l'épiscopat sans avoir reçu la vision, n'était rien d'autre qu'un intrus.

 

La spiritualité chrétienne se doit d'être vivante à l'image du Dieu Vivant et non enfermée dans des concepts froids ou pire, juridiques. Dieu Infini est la Vérité, la Vérité est Dieu Infini. Par conséquent la Vérité « totale » est inexprimable en langage conceptuel, l'esprit humain étant incapable d'atteindre à l'essence de Dieu. Comme le rappelle Meyendorff : « Dieu s'est en vérité révélé en Jésus-Christ, et la connaissance de sa vérité est essentielle au salut, mais Dieu est aussi au-dessus de l'intellect humain et ne peut-être pleinement exprimé par des mots. »

 

Aussi, si la Vérité est inaccessible conceptuellement, elle l'est moins au niveau du vécu. Tout chrétien a la possibilité de faire l'expérience de la Vérité. La théologie, la vraie, n'est pas un processus de déduction rationnelle (processus considéré comme la forme la plus basse de théologie par les Byzantins).

Non, le vrai théologien (ou le vrai chrétien) est celui qui, s'ouvrant à la Vérité, la pressent, la goûte, l'embrasse et la ressent au fond de son être d'une manière presque sensuelle. Tout l'être du théologien contemple la Vérité en même temps qu'il est contemplé par elle, s'y abandonnant, il la laisse l'embraser.

Et c'est cette expérience directe de Dieu chez chacun de ses membres que l'Eglise doit encadrer et encourager loin de la conformiste morale moralisante. Car cette expérience n'est pas un vague ressenti émotif fondé sur des fondations bancales et arbitraire mais une expérience mystique profonde et structurée, s’appuyant sur une vie communautaire et sacramentelle authentique et apostolique. Ceci évitant, de facto, le problème des sectes et autres dérives.

 

L'Eglise est aussi un lieu de communion entre Dieu et les hommes mais aussi entre chacun de ses membres. Lieu de solidarité mais aussi lieu où doit s'exprimer la liberté la plus absolue. Car il ne peut y avoir de réconciliation avec la Source de Tout que librement consentie sous peine de n'être qu'un pacte coercitif.

Le manifeste le rappelle très bien : « Le respect inconditionnel de toute personne, l’égard pour la liberté de conscience, l'engagement pour le droit et la justice, la solidarité avec les pauvres et les opprimés : ce sont là des principes théologiques essentiels qui découlent de l’Évangile et que l’Église doit s’obliger à suivre. C’est à travers eux que l'amour de Dieu et du prochain deviennent concrets. »

Et le manifeste de demander un plus grand pouvoir décisionnaire des fidèles au niveau des structures participatives de la paroisse, à la nomination des prêtres et prélats et qu'on laisse (enfin!) les prêtres se marier et les femmes exercer le ministère.

Le texte appelle aussi Rome à faire preuve de discernement et à voir dans l'amour fidèle entre des divorcés-remariés ou des personnes de même sexe, un amour tout aussi valable que celui d'un premier mariage entre hétéros.

Enfin, l'un des derniers paragraphe du manifeste vaut la peine d'être cité in extenso : « Le rigorisme moral péremptoire ne sied pas à l'Église. L'Église ne peut pas prêcher la réconciliation avec Dieu si elle ne fait pas elle-même en sorte de créer les conditions d'une réconciliation avec ceux envers qui elle s'est rendue coupable par la violence, par le refus du droit, et par le renversement du message libérateur de la Bible en une morale rigoriste et impitoyable. »

J'espère sincèrement que ce texte sera entendu par le Pape et les prélats (et même par certains pasteurs) qui, trop souvent, ont eu tendance à enfermer la colombe dans la cage étroite de la pensée normative et du droit canonique.

 

N'oublions pas que le Dieu chrétien est la Vie et que la vie est mouvement.

N'oublions pas que les chrétiens moururent et meurent encore en martyr, victimes de l'ignorance et de leur opposition aux systèmes établis et cadenassés tout comme le Christ s'est opposé aux pharisiens.

N'oublions jamais que Jésus fut avant tout un rebelle dont le Verbe et l'ANotre Dame de Paris 1600x1200mour ébranla le monde sur ses fondations ! A nous, peuple de Dieu, de faire évoluer notre inst itu tion afin qu'elle soit digne de son unique Grand Prêtre, le Christ Jésus.

 

Pour le texte original du manifeste , c'est ICI

Par Galahad - Publié dans : Reliance Chrétienne - Communauté : Religions en toute liberté
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Jeudi 3 mars 2011 4 03 /03 /Mars /2011 23:13

 

cathedrale-illuminee-228541.jpg En ce début février 2011, 190 théologiens de langue allemande (la moitié des professeurs de théologies universitaires) ont signé un texte intitulé Kirche 2011, Ein notwendiger Aufbruch" (" Église 2011 : un renouveau indispensable"). Ce texte revêt, à mon sens, une importance majeure dans l'histoire de l'Eglise Catholique et de la chrétienté en général. D'ailleurs, dans le contexte général de révoltes au Proche Orient, je ne peux m'empêcher d'y voir une action de plus de l'Esprit Saint et de son souffle libérateur. Comme si en ce début de deuxième décennie du 21e siècle, il fut décidé, par décret divin, d'en finir une fois pour toute avec la dictature d'où qu'elle vienne.

C'est que ce texte est un véritable sursaut. L'électrochoc, conséquence des abus atroces commis par des membres du clergé.  D'autant que comme on le sait, ces abus furent commis dans l'indifférence générale d'une hiérarchie ecclésiale dont la suffisance et l’intransigeance est certainement davantage responsable du vent de matérialisme soufflant sur le monde que la modernité qu'elle dénonce.

 

Ainsi, l'année 2010 fut, encore plus que les années précédentes, une année d'hémorragie parmi les chrétiens fréquentant les églises. Certains perdirent malheureusement la foi, d'autres décidèrent de vivre leur foi uniquement dans la sphère privée. Cette dernière solution peut sembler naturelle en cette période d'individualisme et finalement pas si dommageable que cela. Que chacun vive librement et intérieurement sa relation personnelle avec le Dieu Vivant, n'est ce pas cela le véritable but de la religion, qui rappelons le, se doit de relier l'homme au divin ?

« Qu'on supprime l'institution ! » ai-je déjà entendu dire, « On a pas besoin de gendarmes spirituels autocratiques ! ».

Oui, d'accord. Mais je crois que c'est quand même rater une dimension importante, à savoir la vie dans l'Eglise. En fait, je crois qu'à cet égard, l'Occident manque le coche depuis de nombreux siècles. Car, à force de césaro-papisme, avec ou sans gant de velours, on a oublié ce qu'était ou devrait être réellement l’Église.

 

Et le fameux texte des théologiens rebelles de commencer par « L'Église n'est pas en elle-même un but. Elle a pour mission d'annoncer Jésus-Christ, le Dieu libérateur et aimant, à tous les êtres humains. »

C'est un bon début mais je crois qu'on peut aller encore plus loin. Le but de l'Homme, en tant qu'individu et collectivité, est de connaître Dieu, de prendre part à sa Vie en devenant Dieu. En se déifiant, l'homme sanctifie toute la Création. Or, cette déification ne se fait pas en accumulant des mérites mais en s'ouvrant totalement à l'Amour divin. Susciter cette ouverture au divin, cette écoute au Souffle de l'Esprit, cette vie dans le Christ de Lumière est précisément le rôle de l'Eglise. Il n'y a pas une Eglise enseignante et une Eglise enseignée, il y a une communauté d'hommes et de femmes qui marchent ensemble vers le tout Autre qui leur tend les bras.

 

D'après certains historiens et théologiens, dont Jean Meyendorff n'est pas des moindres, le modèle hiérarchique de l'Eglise Catholique viendrait en grande partie des écrits du Pseudo Denys. Cet auteur du début du VI e siècle est connu pour ses magnifiques traités de théologies mystiques et ses écrits fort instructifs sur les mondes angéliques. Dans ces derniers, il décrit de manière fort détaillée l'organisation des créatures célestes en 9 ordres, eux-mêmes organisés en 3 triades.

Là où Denys s'avance, c'est en faisant un parallèle entre ces ordres angéliques et les ordres ecclésiaux terrestres. Ainsi, pour lui, la hiérarchie ecclésiastique qui comprend les triades « évêques – prêtres et diacres » et « moines – laïcs - catéchumènes » n'est rien de moins que le reflet terrestre de l'ordre céleste. Pour Denys, chaque ordre participe à Dieu selon sa capacité et cette participation est accordée par celui qui lui est immédiatement supérieur. Autrement dit, on en vient tout naturellement à penser que chaque ordre ecclésial est un état spirituel personnel et non une fonction dans la communauté, le titre devient l'équivalent d'un degré d'évolution spirituelle inaliénable.

 

Encore une fois, cette conception fut typiquement occidentale et catholique. Non pas qu'à Constantinople certains Empereurs n'eurent pas la tentation de s'approprier le pouvoir spirituel en plus du temporel mais ils se retrouvèrent toujours en but à l'Eglise tout eTallinn_Cathedrale_orthodoxe.jpgntière , c'est à dire à l'ensemble des fidèles qui tenaient en grande estime l'avis, la réflexion et l'expérience personnelle de chacun. (à suivre...)

Par Galahad - Publié dans : Reliance Chrétienne - Communauté : Religions en toute liberté
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Jeudi 24 février 2011 4 24 /02 /Fév /2011 13:29

 

Numeriser0002.jpg Voici une lame qui a triste réputation, tant et si bien qu'on ne lui donne pas de nom. On y voit un squelette maniant une faux sur une terre bleue sombre sur laquelle est posés des pieds et des mains semblant implorer le ciel. Dans les coins gauche et droit se trouvent respectivement une tête de femme et une tête d'homme couronné.

Voici donc bien la mort qui fauche indifféremment les humbles et les riches, les anonymes et les célèbres.

 

D'emblée, on remarque également sur la lame des plantes qui germent tels des épis de blé sur cette terre sombre. La terre sombre est souvent symbole de fertilité et de vie, lointain souvenir du Fleuve Nil sortant de son lit une fois l'an et déposant les précieuses alluvions qui fertilisaient la terre sèche.

Dans cette antiquité égyptienne, la terre de couleur noire devint tellement synonyme de fertilité qu'elle donna, plus tard, son nom arabe (Al kimia) à la science de la vie par excellence, l'alchimie.

La lettre hébraïque associée à la treizième lame du tarot est la lettre Mem, lettre mère par excellence car symbolisant l' « Eau » de laquelle tout naît.

Le message est ici clair : de la putréfaction, de la mort naît la vie ! Voilà une assertion qui peut surprendre quelqu'un de matérialiste mais qui ne surprend pas le spirituel familier de l’Écriture et de l'observation du grand Livre de la Nature. Celui-là se souviendra de la réponse de Jésus à Nicôdème :

 

« Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis : à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu. » Nicodème lui dit : «  Comment un homme pourrait-il naître s'il est vieux ? Pourrait-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ? » Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis : nul, s'il ne naît d'eau et d'Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l'Esprit est esprit. Ne t'étonne pas si je t'ai dit : “Il vous faut naître d'en haut” . » (Jean 3 ; 3 - 7)

 

Dans le monde initiatique, il est courant de symboliser la mort de l'initiable avant de figurer sa renaissance. La mort est l'agent transformant ultime, la pierre alchimique, qui brise tout afin que quelque chose de nouveau puisse prendre place. Ainsi l'initié va livrer à la mort sa vie profane, ses passions plates et ses basses aspirations pour permettre à la Vie et au Désir de Dieu de brûler en lui.

Ainsi la mort physique va laisser place à la Vie éternelle comme le sait chaque chrétien. Car la mort n'est pas naturelle, elle n'est qu'une conséquence absurde de la Chute. C'est pour cette raison que la treizième arcane n'est pas nommée, car nommer, c'est donner l'existence.

Or, la mort n'a pas d'existence réelle, l'ésotériste R.Falconnier aura ces mots très beaux et très justes : « La mort n'est qu'un fantôme de l'ignorance, et les yeux que l'on ferme en ce monde se rouvrent dans un autre ; l'âme, parcelle du souffle divin est immortelle. Le sage ne craint pas la mort, car mourir c'est savoir. »

 

C'est que « Dieu n'a pas fait la mort, Il ne Se réjouit pas de la perte des vivants. Il a tout créé pour que tout subsiste ; les créatures du monde sont salutaires, en elles il n'est pas substance destructrice. »(Sg 1 ; 13-14)

Tout comme l'ombre est l'absence de lumière et n'existe pas positivement (il n'y a pas de source de ténèbres), tout comme le mal est l'absence de Bien et n'existe pas posi mortwirth.jpeg tivement, la mort est l'absence de Vie et n'existe pas positivement. C'est ce que le Christ montra par sa résurrection, délivrant ceux qui en prennent conscience de la peur de la mort et donc de la mort elle-même.

Ainsi l'Homme créé par et pour Dieu, pour la Lumière est également créé pour l'in corruptibilité et l'immortalité.

C'est en faisant un usage peu avisé de sa liberté, en s’écartant des rayons bienfaisants de sa Source, en faisant un pas vers l'ombre froide que l'Homme fut saisi par la mort et la peur de celle-ci. Ne tient qu'à lui de s'en libérer et de revenir vers la Vie.

Par Galahad - Publié dans : Reliance Culturelle
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Dimanche 20 février 2011 7 20 /02 /Fév /2011 23:44

 

the-pillars-of-the-earth-affiche-poster-01.jpgCe week-end fut entièrement consacré à regarder la série « The Pillars of the Earth » (Les Piliers de la Terre). Série en 8 épisodes tirée du roman du même nom de Ken Follet. Je n'ai pas lu le roman, je ne peux donc dire si la série y est fidèle. Par contre, je eux dire que je n'avais plus été scotché de la sorte devant mon écran depuis la seconde saison de « Rome » que j'avais également avalé en un week-end !

C'est que « The Pillars of the Earth » a tout pour plaire : belle réalisation, superbes acteurs, intrigue captivante, personnages tout en profondeur et surtout très belle évocation de la vie anglaise en ce XIIe siècle, période de construction des cathédrales.

 

L'histoire débute avec le naufrage de la Nef Blanche, noyant les espoirs du roi Henri Ier de voir son fils lui succéder. Ce malencontreux accident provoque une guerre civile connue sous le nom d'Anarchie.

Sur fond de complots politiques et de batailles sanglantes, l'histoire est centrée sur le personnage de Tom Builder, maçon pauvre mais doué dont le rêve est d'ériger une cathédrale. Du moins Tom rêve-t-il d'en lancer les travaux puisque la construction de ces maisons de Dieu prenait plusieurs dizaines d'années. Et la série de montrer les difficultés rencontrées par les bâtisseurs et d'évoquer très joliment les implications spirituelles de pareille œuvre.

Tous ceux que ce sujet en particulier ou le Moyen Age en général intéressent ne doivent manquer cette série sous aucun prétexte !

 

Voici un avant goût :

 

 

 


Par Galahad - Publié dans : Reliance Culturelle - Communauté : Quête d'un monde meilleur
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Mercredi 16 février 2011 3 16 /02 /Fév /2011 23:24

 

Sceau_ElusCohen.jpg Il y a deux grandes branches ésotériques en Occident que l'on fourre souvent dans le même sac, à tort. Leur différence principale réside dans leur positionnement par rapport à l'Eglise.

 

Jusqu'à la Renaissance, l'Eglise intégrait l'ésotérisme en son sein. Certes, on peut ressortir l'image atroce des bûchers et des inquisiteurs vociférants contre la moindre incartade supposée au dogme rigide, ce cliché n'est vrai qu'en partie.

Car beaucoup d'hommes d'Eglise, moines ou théologiens pratiquaient la véritable astrologie et la véritable alchimie. Les textes néoplatoniciens ou hermétiques étaient tenus en très grande considération par la plupart du clergé et si l'on condamnait la sorcellerie et que l'on se méfiait à juste titre de la théurgie, on examinait avec le plus grand sérieux certaines théories dites magiques.

Malheureusement, les clichés ont la vie dure et beaucoup de personnes sincères se sentant attiré par la vie intérieure ont fondé des groupes de recherche spirituelle en opposition à l'Eglise. Ceci est certainement vrai au XIXe siècle où l'on (re)découvre l'orient lointain et les religions bouddhistes et hindouistes. Dans cet ordre d'idée, la Théosophie de Mme Blavatsky rompt franchement avec le christianisme, ne voyant en Jésus qu'un Avatar de Vishnou ou un Grand Initié parmi d'autres. Sans entrer dans le détail, les successeurs de Blavatsky vont être à l'origine de la greffe de concepts orientaux sur le mysticisme occidental. Cela donnera naissance à des idées originales et purement syncrétiques comme celles de la réincarnation à l'occidentale, des Maîtres Cosmiques et autres Seigneurs des rayons divins... Le new age voit alors le jour, pour le meilleur et surtout pour le pire.

Il faut remarquer que beaucoup d'ésotéristes critiquèrent Blavatsky à son époque. En effet, d'aucun appréciait fort peu l'apport massif d'éléments exotiques mal digérés dans la Vérité telle qu'elle fut transmise par la Révélation depuis les Pères de l'Eglise.

 

C'est que l'autre branche de l'ésotérisme occidental n'est pas du tout opposée à l'Eglise et aux connaissances spirituelles véhiculées par Celle-ci. Au contraire, les tenants de l'ésotérisme chrétien rappelèrent souvent ses devoirs à une autorité ecclésiale parfois déviante.

Que l'on pense à l'Académie Florentine, Marcile Ficin et Pic de la Mirandole voulant ré-insuffler une mystique spéculative et pratique centrée sur le Christ alors que l'Eglise est minée par les affaires de poisons et la déliquescence des Borgias.

Que l'on songe aux Rose-Croix du XVIIe siècle voulant bâtir un monde de progrès dans tous les domaines de la connaissance et reposant sur le Christ et l'inspiration de l'Esprit Saint alors que l'Eglise universelle se morcelle et que les chrétiens s'entretuent à qui mieux mieux.

Que l'on évoque encore le mystérieux Martinès de Pasqually en ces dernières années du XVIIIe siècle voulant rétablir l'homme dans son état originel d'avant la chute alors que l'Eglise se gave de privilège et de richesse.

Que l'on chante aussi le fol Sâr Péladan, poète et artiste de génie qui éleva un temple à la Beauté dans la plus pure tradition philocalique chrétienne et qui dira : « Ce jour, l'Idéal eut son temple et ses chevaliers, et nous, Macchabées du Beau, nous allâmes apporter à Notre-Dame, aux pieds de notre Suzerain Jésus, l'hommage du temple et l'agenouillement des Rose-Croix. »

 

On pourrait multiplier les exemples à l'envi : il existe un ésotérisme chrétien fidèle à l'Eglise et composé de vrais chrétiens. Changeant de visage au cours des siècles, les ordres et les mouvements qui le compose forment ce que certains appelle l'Eglise de Jean en comparaison de l'Eglise de Pierre qui serait exotérique. Pour ma part, je trouve que l'expression est malheureuse car il n'y a pas plusieurs Eglises, il n'y en a qu'une sous différents visages : l'Eglise indivise du Christ.

 

L'ésotériste chrétien n'est en rien supérieur à n'importe quel autre chrétien, il n'est pas le détenteur de pouvoirs extraordinaires ou de connaissances secrètes terribles. Tout est là pour qui veut chercher. Le christianisme n'est pas une religion élitiste, le christianisme est la Vérité pour qui veut voir et entendre. Je pense que, comme le prêtre, l'ésotériste a une fonction particulière à laquelle certains se sentent appelés. Cette fonction mêle l'étude et la transmission du langage symbolique ; une curiosité pour le Grand Livre de l'Hom Josephin Peladan 2 me et de la Nature; un intérêt certain pour les pratiques spirituelles et mystiques (de la lectio divina à la prière du coeur); une ouverture aux arts ésotériques comme l'astrologie, l'alchimie ou certaines mancies sans toutefois s'écarter du dogme; une soif de vivre et d'expérimenter la vie spirituelle; une volonté de se transformer, de bâtir son temple, de se purifier; un attrait pour l'eschatologie, les fins dernières, les différents mondes, les différents degrés d'ex istence et la vie au delà des apparences et surtout un désir total de vivre les noces avec l’Époux Divin. 


Tout le monde n'est pas fait pour être ésotériste, comme tout le monde n'est pas fait pour être prêtre. Dans l'Eglise, c'est à chacun son charisme, à chacun sa vocation et son appel particulier. Car chacun avec son particularisme et ses dons est appelé à œuvrer à l'avènement de la Jérusalem Céleste aboutissement de l'Histoire telle que nous la connaissons      

Par Galahad - Publié dans : Reliance Divine
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Jeudi 10 février 2011 4 10 /02 /Fév /2011 23:11

en-direct-egypte.jpg Alors que nous sommes peut-être à quelques minutes de l'annonce du départ du raïs égyptien Hosni Moubarak, je ne peux m'empêcher de me demander : quelle est la portée spirituelle des événements qui bousculent le Moyen Orient depuis quelques semaines ?

En effet, la caractéristique majeure du christianisme est de révéler un Dieu proche des hommes, un Dieu qui s'implique dans l'Histoire. Non comme un tyran écrasant les peuples d'une main de fer ou dirigeant les destins individuels seconde après seconde, jouant les vies de chacun comme du papier musique bien réglé.

Non le Dieu que nous connaissons est un Dieu qui vient dans l'Histoire jusqu'à l'Incarnation, jusqu'à vivre toutes les épreuves et toutes les difficultés de la vie humaine, un Dieu qui aime tant ses créatures qu'Il boit le vin jusqu'à la lie, histoire de dire : « Regarde, j'ai fait le monde, les étoiles, l'Univers, je t'ai fait toi régent de cet Univers et tu as préféré te détourner de moi dans un premier temps. Ce n'est pas grave, tu t'es mis dans de beaux draps, mais je vais t'aider, je vais t'ouvrir le passage et aller dans les endroits sombres de la douleur afin de te montrer qu'on en revient et qu'après la vie, il y a la Vie... »

 

Un tel Dieu agit sur l'Histoire et à fortiori sur l'actualité. Comme une brise légère, en suggérant plutôt qu'en forçant, doucement ou parfois plus fermement, son Esprit Saint donne une petite impulsion ici, une petite suggestion là, un simple courant d'air frais sur les braises...

Croire cela est une bonne chose, une idée intéressante qui permet parfois de passer outre les inquiétudes et les angoisses que donne le spectacle souvent affligeant de l'actualité.

Vivre cela est une autre chose. Car vivre cela, c'est avoir la certitude que l'Histoire se dirige vers son accomplissement, qu'elle prend immanquablement le chemin dicté par la Providence. Vivre cela, c'est assister aux événements qui secouent le monde non pas comme un spectateur passif, non pas comme un désabusé, un cynique ou un insensible, non. Vivre cela, c'est regarder les événements avec une vision plus profonde, plus riche, plus colorée, plus réelle et surtout plein de l'Amour et de la Force que donne la foi totale en Sa présence, Son action et Sa bonté. Peut-être faudrait-il un jour créer une théologie de l'Histoire et des événements présents afin de pouvoir discerner les actions d'En-Haut sur le cours des choses ?

 

Et j'entends déjà les esprits chagrins dire : « Quel angélisme ! Quelle naïveté ! » et d’égrainer la liste interminable des horreurs mondiales...

 

Ceux là, malheureusement, n'ont rien compris. Avoir conscience de l'action personnelle Divine dans le monde n'est pas faire preuve de niaiserie. Au contraire, Dieu a laissé la liberté aux hommes et l'on sait depuis le premier meurtre ce que l'homme fait de sa liberté. L'on sait aussi que la Chute a laissé une blessure profonde dans l'Âme humaine et a engourdi son discernement, conséquence de quoi, beaucoup vivent dans les complexes, les frustrations et l'égoïsme le plus pur, sentiments ouvrant souvent la voie du chemin obscur. L'on sait également que certaines forces négatives sont à l’œuvre et qu'elles se jouent parfois de l'âme humaine alimentant l'ivresse de destruction propre à l'Homme. L'on sait tout cela mais celui qui a la foi peut regarder le mal dans les yeux, il n'a plus peur car il se sait soutenu, il sait que son chemin et celui de l'Humanité sont à jamais éclairés par une Lumière invincible.

 

Alors, certes, on ne sait pas de quoi demain sera fait. Peut-être que les Egyptiens feront un mauvais usage de leur liberté ? Peut-être que des régimes fanatiques récupéreront cette aspiration à la liberté et l'entraîneront sur une voie obscurantiste et encore plus autocratique ? Qui sait ?

En attendant, même truffée d'agents iraniens, ce mouvement libertaire transnational me semble faire souffler un vent de liberté sur une région où bien des barreaux emprisonnent les âmes et les corps. Et je ne peux qu'y voir l'action de l'Esprit Saint qui tente toujours d'instaurer la Liberté là où règne la dictature car la Liberté fut l'un des dons majeures que Dieu fit à l'homme et nul ne peut lui enlever cela !

Peut-être, après les triste événements d'Alexandrie, est-ce l'occasion pour nos frères chrétiens de se faire entendre et de retrouver une place décente dans une société plus démocratique ?  Peut-être est-ce l'occasion de balayer les mouvements islamistes nourris de l'opposition au pouvoir et qui n'auront plus de raison d'être en démocratie ? Je le souhaite de tout cœur et je prie sincèrement pour que les peuples du Moyen Orient se laissent guider par la Lumière de l'Esprit et s'ouvrent à la Grâce.

 

 

« L’esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, guérir ceux qui ont le c oe2009-2e-dim-esprit-saint-1.jpgur brisé, annoncer aux prisonniers la délivrance et aux captifs la liberté, annoncer une année de bienfaits, accordée par le Seigneur, et un jour de revanche pour notre Dieu. Alors, tous ceux qui pleurent, je les consolerai. » (Isaïe 61, 1-2)

Par Galahad - Publié dans : Reliance Chrétienne - Communauté : Religions en toute liberté
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Samedi 5 février 2011 6 05 /02 /Fév /2011 23:00

 

35423897.jpg « Puis quand vint le jour où, suivant la loi de Moïse, ils devaient être purifiés, ils l'amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, ainsi qu'il est écrit dans la loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur — et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux petits pigeons. Or, il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint était sur lui. Il lui avait été révélé par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint alors au temple poussé par l'Esprit ; et quand les parents de l'enfant Jésus l'amenèrent pour faire ce que la Loi prescrivait à son sujet, il le prit dans ses bras et il bénit Dieu en ces termes : « Maintenant, Maître, c'est en paix, comme tu l'as dit, que tu renvoies ton serviteur. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé face à tous les peuples : lumière pour la révélation aux païens et gloire d'Israël ton peuple. » (Luc 22 ; 32)

 

La semaine dernière, nous avons fêté la Sainte Rencontre ou Fête de la présentation de Jésus au Temple. L’Histoire Sainte se lit à plusieurs niveaux. D'abord, au niveau historique : le texte décrit ici les événements vécus par l'Enfant-Dieu qui a marché dans l'Histoire. Il est évident qu'il est d'une importance capitale d'insister sur l'historicité des événements décrits par les Évangiles car c'est ce qui différencie les écritures Saintes d'autres récits à caractère mythologique ou légendaire (également fort intéressants d'ailleurs mais pour d'autres raisons).

 

Toutefois, l’Évangile résonne dans tout l'Univers et atteint toutes les couches de la réalité. Ainsi, la présentation de l'Enfant-Dieu au Temple et sa reconnaissance par Syméon est-il l'illustration de l'Alliance Nouvelle qui remplace l'ancienne Alliance. Syméon, juif « juste et pieux », c'est à dire digne représentant de la Loi mosaïque s'incline devant Celui venu renouveler et approfondir l'Alliance.

Ainsi, ce jour-là, le monde fait-il un pas de géant sur le chemin le menant à son accomplissement, à sa transfiguration finale. La Mère de Dieu, théotokos, est la préfiguration d'une humanité portant en elle l'Esprit Saint et enfantant Dieu.

 

Ainsi, au niveau cosmique, cette histoire a-t-elle également une signification. Sans doute qu'en observant la Nature, on pourrait y retrouver les événements contés par l'Histoire Sainte. Non parce que l’Évangile est le symbole d'éléments naturels mais parce que, à l'inverse, la Nature cherche à se conformer aux rythmes divins. Car la Nature qui geint et gémit dans les douleurs de l'enfantement attend aussi de donner naissance à sa part divine. Ceci est figuré par l'hiver (le vieil homme) qui s'incline doucement devant le printemps naissant, porteur de Vie.

 

Ainsi, trouve-t-on cette histoire, comme tout l’Évangile, à l'intérieur de notre être profond, dans le cœur de notre temple intérieur.

A chaque fois que nous faisons un pas vers Dieu, à chaque fois que nous nous ouvrons à Lui, à chaque fois que nous exprimons la part divine en nous, nous présentons intérieurement l'enfant-Dieu au vieil homme qui habite notre temple intérieur et qui s'inclin e devant Lui.

 

S'il est indéniable que l'univers est scandé en cycles, l'Histoire dans son ensemble est comme une spirale allant vers le haut, de l'alpha à l'oméga. Quelques soient les marches arrières que la société ou l'histoire semblent opérer, quelques soient les stagnations et les piétinements, l'Humanité et l'Univers entier s'avancent de manière inéluctable vers leur propre accomplissement. Un jour, toutes les créatures, toute la Création, aura, à l'image de Marie, dit « oui »à la naissance de Dieu. Ce jour là, les vieilles formes, les vieilles i736px-Andrea Mantegna 049dées et les vieux sentiments se retireront afin de laisser définitivement la place au Roi de l'Univers et à un monde qui se trouve bien au delà de notre imagination.

Par Galahad - Publié dans : Reliance Divine - Communauté : Chrétiens - et fiers de l'être
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Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 17:47

Historique-de-Jerusalem.jpg "Yerushalaim Shel Zahav", "Jérusalem d'Or" est une chanson écrite par Naomi Shemer en 1967.  Je trouve qu'elle est l'une des chansons évoquant le plus l'âme du peuple juif et la Terre Sainte d'Israël où Dieu choisit de se manifester.

 

Elle est ici interprétée par Ofra Haza.  Les paroles sont traduites en dessous de la vidéo.

 

 

 

L'air des montagnes est pur comme le vin
Et l'odeur des pins
Est portée par le vent du soir
Avec le son des cloches.

Et quand sommeille l'arbre et la pierre
Enfouie dans son rêve,
S'abime la ville solitaire
Un mur dans le cœur.

Jérusalem d'or, de bronze et de lumière,
Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon ? (bis)

Comme ils sont à sec les puits !
La place du marché est vide.
Et nul œil ne guette le mont du Temple
Dans la Vieille Ville.

Et dans les grottes des rochers
Hurlent les vents
Et nul ne descend vers la Mer Morte
Par la route de Jéricho.

Jérusalem d'or, de bronze et de lumière,
Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon ? (bis)

Mais venue aujourd'hui chanter pour toi
Et te tresser des louanges
Je ne suis pas à la hauteur du moindre de tes enfants
ni du dernier des poètes.

Car ton nom brûle les lèvres
Comme le baiser d'un séraphin
Si je t'oublie Jérusalem...
Toi qui es toute d'or.

Jérusalem d'or, de bronze et de lumière,
Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon ? (bis)

Nous sommes revenus aux puits des eaux,
au marché et sur la place.
Un shofar appelle sur le Mont du Temple
dans la Vieille Ville.

Et dans les grottes des rochers
Des milliers de soleils rayonnent
Nous reviendrons et descendrons vers la Mer Morte
Par la route de Jéricho.

Jérusalem d'or, de bronze et de lumière,
Pour toutes tes chansons, ne suis-je pas un violon ? (bis)


Par Galahad - Publié dans : Reliance Culturelle - Communauté : Religions en toute liberté
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Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 19:12

 

BEESandtheROSE.jpg Dans la vision Rose-Croix, le but de l'homme sur Terre est de renaitre en Christ, de devenir « Renatus ». Or seul ce Renatus peut se livrer à une observation vraiment scientifique de la nature, sans les entraves, les préjugés et les illusions des prétendus savants de ce monde. S'il peut le faire, c'est qu'il est chrétien et que le chrétien qui meurt et renait à lui-même a les yeux ouverts par l'Esprit Saint. Sa perception des choses lui permet d'exercer une science vraie et pure, non basée sur une vision mécaniste ou pragmatique de l'Univers mais rétablissant l'harmonie dans le domaine du savoir...

 

Dans cet ordre d'idée, l'idéal Rose-Croix est plus que jamais d'actualité : faire de la science une extension de la spiritualité ou pour mieux dire que la science soit motivée et inspirée par la plus haute spiritualité chrétienne me semble être la solution pour sortir de la course effrénée actuelle souvent uniquement motivée par des buts mercantiles.

Par ailleurs, nulle croyance ne doit entraver la recherche scientifique car la compréhension du comment ne peut que se conjuguer à une recherche sincère de la Vérité, base de toute recherche spirituelle.

Nul obscurantisme ne doit entraver l'exploration des lois de l'Univers et nulle méthode de recherche scientifique ne doit être balayée par des lectures littéralistes des Livres Saints. A titre d'exemple

le courant intégriste « Jeune Terre » qui nie toute existence de la planète au delà des 6000 ans bibliques est une illustration inquiétante de ce que peut produire la pensée obscurantiste quand elle s'attaque à la science.

 

Naturellement, s'il faut spiritualiser la science, il faut se garder d'étendre la méthode scientifique à la spiritualité comme il était de mode de le faire dans les cercles occultistes du XIXe tout pétris de scientisme et où l'on rationalisait à outrance phénomènes et expériences spirituelles. La Foi ne se place pas au même niveau que la science. Car si celle-ci est un outil efficace d'exploration et d'action sur le monde, la foi devrait être le moteur motivant cette action et cette exploration de la Création.

 

Et c'est cela le génie de ces premiers Rose-Croix : distinguer science et foi tout en nourrissant la première par la seconde. Autrement dit, par ses pratiques spirituelles le scientifique (tout comme l'artiste) reçoit l'inspiration divine qui le guide dans son travail. Et tout en harmonie qu'il est avec le Souffle divin, ses recherches ne sont motivées que par le bien commun.

 

Nous sommes en présence ici du véritable Humanisme. En effet, c'est une profonde erreur, comme on le fait si souvent, d'opposer l'humanisme et la spiritualité. L'Homme étant né pour Dieu et Dieu n'étant qu'Amour pour l'Homme, le véritable humaniste, celui qui a vraiment à cœur l'intérêt universel de ses pairs, ne peut qu'être tourné vers Dieu, Source du véritable bonheur des hommes.

 

Les Rose-Croix avaient conscience qu'en étudiant l'Univers, l’œuvre du Dieu infini et inconnaissable dans son essence, nous faisons en réalité un pas dans cet infini. Or sans l'aide de Dieu pour nous guider, comment appréhender ce qui par définition nous dépasse ? On ne peut que penser à la première épitre de Paul aux Corinthiens (8,2) : « Si quelqu'un s'imagine connaître quelque chose, il ne connaît pas encore de la manière qu'il faut connaître. ». Car les mystères de l'Univers nous serons inconnus « jusqu'à ce que nous parvenions tous ensemble à l'unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme parfait, à la taille du Christ dans sa plénitude. » (Ephésiens 4, 13).

 

Par la science christianisée, l'homme n'atteint pas la domination prométhéenne et froide du monde mais réintègre sa nature ontologique de gestionnaire de la Création en harmonie avec celle-ci (et pour le bien de celle-ci) et avec la Volonté du Créateur Suprême.

Par Galahad - Publié dans : Reliance Divine
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Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 00:00

 

Evangelique.jpgCeux qui s'intéressent un peu à la marche du monde, à la diplomatie ou à la géostratégie connaissent l'excellente revue « Diplomatie », bimensuel exemplaire par la qualité de ses analyses et des sujets traités. Dans le dernier numéro, le dossier est consacré aux protestants évangéliques et à leur vue expansionniste.

Dernière branche du christianisme à avoir de réelles intentions évangélisatrices, les évangéliques ne reculent devant rien, allant parfois dans les coins les plus hostiles et les plus inhospitaliers afin de propager la Bonne Nouvelle.

Loin des clichés, la revue a fait appel à des spécialistes de renommée internationale comme le sociologue Sébastien Fath, on apprendra donc plein de choses à la lecture de ce numéro. Notamment que s'il est vrai que le mouvement évangélique est né en vieille Europe, c'est néanmoins en Amérique qu'il s'est épanoui avant de se faire voler le leadership mondial par l'Asie et l'Afrique, serré de près par l'Amérique du Sud.

 

Revue qui fait réfléchir donc. Personnellement, je n'arrive pas à avoir d'opinion tranchée sur le sujet. D'une part, les discours évangéliques sont parfois emprunts d'un rigorisme et d'un intégrisme qui fait froid dans le dos, leur théologie tient en général sur un mouchoir de poche et leur compréhension littéraliste de la Bible me semble bien réductrice et peu encline à ouvrir les portes de l'esprit. D'autres part, avec leur demi milliard de fidèles, ces mouvements sont animés d'un dynamisme et d'une vie qui fait réellement plaisir à voir dans une Europe plutôt porté sur le matérialisme froid, le relativisme débilitant, l'athéisme asséchant et reniant ses racines chrétiennes (et je ne parle même pas de la spiritualité). Car loin de se contenter des longs sermons et des phénomènes de guérison, certains groupes évangéliques ont des initiatives parfois très porteuses, très imaginatives et très culturelles : pièces de théâtre, concerts jeunes, etc, sans oublier les initiatives humanitaires... Tant d'implication et de volonté de communication pour propager le nom et l'Amour du Christ force le respect.

 

J'invite donc tout ceux que cela intéresse de se faire leur propre opinion sur le sujet. A moins qu'on préfère comme moi rester un observateur neutre mais circonspect, entre méfiance et fascination...

Par Galahad - Publié dans : Reliance Livresque - Communauté : Chrétiens - et fiers de l'être
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