Dans notre monde
d'individualisme mais aussi d'information, il faut se réinterroger sur le rôle de l'Eglise. Peut-on limiter son rôle à une action sociale et caritative ? Je ne le pense pas. Même si je reste
persuadé que cette action est primordiale, elle ne doit, elle ne peut pas être la seule. Le rôle de l'Eglise est d'abord spirituel, c'est à dire qu'il lui appartient avant tout de relayer le
Souffle de l'Esprit afin d'attiser les braises divines qui dorment en chacun et inspirer le peuple chrétien afin que les fidèles puissent construire les fondations numineuses d'un monde plus
juste, plus beau et plus conforme au plan divin.
Dans cet ordre d'idée, il ne s'agit pas de gommer toutes les fonctions présentes dans l'Eglise mais de les remettre à leur juste place. Car si certains papes ou certains évêques furent certainement de véritables saints, le seul "haut prêtre" dans l'Eglise, c'est le Christ. Autrement dit, les prêtres et évêques n'ont qu'un titre correspondant à une fonction censée elle-même répondre à leur vocation charismatique. Et aussi prestigieuse, spirituelle et importante que soit la fonction, elle ne correspond en rien à une supériorité spirituelle quelconque : tout le peuple chrétien est prêtre, roi et prophète (ce que les protestants ont bien compris et mis en avant mais qui est également vécu par la plupart des églises orthodoxes)... Cette conception, que je n'invente pas mais qui est celle de la Tradition et du christianisme premier, donne un tout autre éclairage sur la fonction de l'Eglise. Beaucoup plus dans l'éveil que dans l'admonestation, beaucoup plus dans la communion et l'empathie que dans le jugement ex cathedra... Rappelons une fois encore que tout le peuple est prêtre, roi et prophète et que c'est dans ces fonctions qu'il doit être rétabli.
Autrement dit, je pense que le clergé doit avoir, non pas, un rôle minimaliste de garant d'une loi ou d'une tradition légaliste mais bien être à la pointe de l'éveil spirituel et de l'ouverture des consciences. Bref, servir d'exemple tant au niveau de la miséricorde que de l'ouverture aux énergies divines et à l'expérience mystique et réellement vécue du Christ. Dans cet ordre d'idée, Syméon le Nouveau Théologien martelait que quiconque accepte l'épiscopat sans avoir reçu la vision, n'était rien d'autre qu'un intrus.
La spiritualité chrétienne se doit d'être vivante à l'image du Dieu Vivant et non enfermée dans des concepts froids ou pire, juridiques. Dieu Infini est la Vérité, la Vérité est Dieu Infini. Par conséquent la Vérité « totale » est inexprimable en langage conceptuel, l'esprit humain étant incapable d'atteindre à l'essence de Dieu. Comme le rappelle Meyendorff : « Dieu s'est en vérité révélé en Jésus-Christ, et la connaissance de sa vérité est essentielle au salut, mais Dieu est aussi au-dessus de l'intellect humain et ne peut-être pleinement exprimé par des mots. »
Aussi, si la Vérité est inaccessible conceptuellement, elle l'est moins au niveau du vécu. Tout chrétien a la possibilité de faire l'expérience de la Vérité. La théologie, la vraie, n'est pas un processus de déduction rationnelle (processus considéré comme la forme la plus basse de théologie par les Byzantins).
Non, le vrai théologien (ou le vrai chrétien) est celui qui, s'ouvrant à la Vérité, la pressent, la goûte, l'embrasse et la ressent au fond de son être d'une manière presque sensuelle. Tout l'être du théologien contemple la Vérité en même temps qu'il est contemplé par elle, s'y abandonnant, il la laisse l'embraser.
Et c'est cette expérience directe de Dieu chez chacun de ses membres que l'Eglise doit encadrer et encourager loin de la conformiste morale moralisante. Car cette expérience n'est pas un vague ressenti émotif fondé sur des fondations bancales et arbitraire mais une expérience mystique profonde et structurée, s’appuyant sur une vie communautaire et sacramentelle authentique et apostolique. Ceci évitant, de facto, le problème des sectes et autres dérives.
L'Eglise est aussi un lieu de communion entre Dieu et les hommes mais aussi entre chacun de ses membres. Lieu de solidarité mais aussi lieu où doit s'exprimer la liberté la plus absolue. Car il ne peut y avoir de réconciliation avec la Source de Tout que librement consentie sous peine de n'être qu'un pacte coercitif.
Le manifeste le rappelle très bien : « Le respect inconditionnel de toute personne, l’égard pour la liberté de conscience, l'engagement pour le droit et la justice, la solidarité avec les pauvres et les opprimés : ce sont là des principes théologiques essentiels qui découlent de l’Évangile et que l’Église doit s’obliger à suivre. C’est à travers eux que l'amour de Dieu et du prochain deviennent concrets. »
Et le manifeste de demander un plus grand pouvoir décisionnaire des fidèles au niveau des structures participatives de la paroisse, à la nomination des prêtres et prélats et qu'on laisse (enfin!) les prêtres se marier et les femmes exercer le ministère.
Le texte appelle aussi Rome à faire preuve de discernement et à voir dans l'amour fidèle entre des divorcés-remariés ou des personnes de même sexe, un amour tout aussi valable que celui d'un premier mariage entre hétéros.
Enfin, l'un des derniers paragraphe du manifeste vaut la peine d'être cité in extenso : « Le rigorisme moral péremptoire ne sied pas à l'Église. L'Église ne peut pas prêcher la réconciliation avec Dieu si elle ne fait pas elle-même en sorte de créer les conditions d'une réconciliation avec ceux envers qui elle s'est rendue coupable par la violence, par le refus du droit, et par le renversement du message libérateur de la Bible en une morale rigoriste et impitoyable. »
J'espère sincèrement que ce texte sera entendu par le Pape et les prélats (et même par certains pasteurs) qui, trop souvent, ont eu tendance à enfermer la colombe dans la cage étroite de la pensée normative et du droit canonique.
N'oublions pas que le Dieu chrétien est la Vie et que la vie est mouvement.
N'oublions pas que les chrétiens moururent et meurent encore en martyr, victimes de l'ignorance et de leur opposition aux systèmes établis et cadenassés tout comme le Christ s'est opposé aux pharisiens.
N'oublions jamais que Jésus fut avant tout un rebelle dont le Verbe et
l'A
mour ébranla le monde sur ses fondations ! A nous, peuple de
Dieu, de faire évoluer notre inst itu tion afin qu'elle soit digne de son unique Grand Prêtre, le Christ Jésus.
Pour le texte original du manifeste , c'est ICI
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
En ce début février 2011, 190 théologiens de langue allemande (la moitié des professeurs de théologies universitaires) ont signé un texte intitulé Kirche 2011, Ein notwendiger
Aufbruch" (" Église 2011 : un renouveau indispensable"). 
Voici une lame qui
a triste réputation, tant et si bien qu'on ne lui donne pas de nom. On y voit un squelette maniant une faux sur une terre bleue sombre sur laquelle est posés des pieds et des mains semblant
implorer le ciel. Dans les coins gauche et droit se trouvent respectivement une tête de femme et une tête d'homme couronné.
Ce week-end fut entièrement consacré à regarder la série « The Pillars of the Earth » (Les Piliers
de la Terre). Série en 8 épisodes tirée du roman du même nom de Ken Follet. Je n'ai pas lu le roman, je ne peux donc dire si la série y est fidèle. Par contre, je eux dire que je n'avais plus été
scotché de la sorte devant mon écran depuis la seconde saison de « Rome » que j'avais également avalé en un week-end !
Il y a deux grandes branches ésotériques en Occident que l'on fourre souvent dans le même sac, à tort. Leur différence principale réside dans leur
positionnement par rapport à l'Eglise.
Alors que nous sommes peut-être à quelques minutes de l'annonce du départ du raïs égyptien Hosni Moubarak, je ne peux m'empêcher de me demander :
quelle est la portée spirituelle des événements qui bousculent le Moyen Orient depuis quelques semaines ?
« Puis quand vint le jour où, suivant la loi de Moïse, ils devaient être purifiés, ils l'amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, ainsi qu'il est écrit dans la
loi du Seigneur : Tout garçon premier-né sera consacré au Seigneur — et pour offrir en sacrifice, suivant ce qui est dit dans la loi du Seigneur, un couple de tourterelles ou deux
petits pigeons. Or, il y avait à Jérusalem un homme du nom de Syméon. Cet homme était juste et pieux, il attendait la consolation d'Israël et l'Esprit Saint était sur lui. Il lui avait été révélé
par l'Esprit Saint qu'il ne verrait pas la mort avant d'avoir vu le Christ du Seigneur. Il vint alors au temple poussé par l'Esprit ; et quand les parents de l'enfant Jésus l'amenèrent pour
faire ce que la Loi prescrivait à son sujet, il le prit dans ses bras et il bénit Dieu en ces termes : « Maintenant, Maître, c'est en paix, comme tu l'as dit, que tu renvoies ton
serviteur. Car mes yeux ont vu ton salut, que tu as préparé face à tous les peuples : lumière pour la révélation aux païens et gloire d'Israël ton peuple. » (Luc 22 ; 32)
"
Dans la vision Rose-Croix, le but de l'homme sur Terre est de renaitre en Christ, de devenir « Renatus ». Or seul ce Renatus peut se livrer à une
observation vraiment scientifique de la nature, sans les entraves, les préjugés et les illusions des prétendus savants de ce monde. S'il peut le faire, c'est qu'il est chrétien et que le chrétien
qui meurt et renait à lui-même a les yeux ouverts par l'Esprit Saint. Sa perception des choses lui permet d'exercer une science vraie et pure, non basée sur une vision mécaniste ou pragmatique de
l'Univers mais rétablissant l'harmonie dans le domaine du savoir...
Ceux qui s'intéressent un peu à la marche du monde, à la diplomatie ou à la géostratégie connaissent l'excellente revue « Diplomatie », bimensuel
exemplaire par la qualité de ses analyses et des sujets traités. Dans le dernier numéro, le dossier est consacré aux protestants évangéliques et à leur vue expansionniste.






Derniers Commentaires