Vendredi 5 juin 2009 5 05 /06 /2009 16:02

J’aurais voulu m’élever vers les étoiles infinies, quitter cette Terre et sa mesquinerie et me baigner dans les espaces sans fin de la voie lactée.

Mais je ne suis qu’un petit terrien vivant entre deux siècles, je n’ai pas l’intelligence d’un astronome, d’un physicien quantique.

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors je tourne mon regard vers l’intérieur cherchant à y observer les constellations qui s’y trouvent afin de trouver le sens et le chemin sacré qui me mènera au Graal. 

 

J’aurais voulu échapper à la morne société consumériste et partir loin, très loin, là où la vie ne s’achète pas, là où chaque battement de cœur résonne comme un coup de gong dans le silence blanc.

Mais je ne suis qu’un petit terrien vivant entre deux siècles, je n’ai pas de vaisseau interstellaire pour me porter vers l’au-delà du platement économique.

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors je me détache intérieurement du système mécaniste délétère et observe mes contemporains s’agiter comme une fourmilière en ébullition.  Je voudrais leur dire de ralentir, de s’arrêter un instant et de regarder le soleil, mais ils ne m’écoutent pas, ils ne m’entendent pas, entre eux et moi, il y a comme une vitre, un verre qui ne cesse de s’épaissir.

 

J’aurais voulu fuir la grisaille de l’abrutissement, de la vulgarité, du manque d’imagination et du désenchantement.  Je voulais respirer la magie de l’Univers, me ressourcer dans les courants chromatiques stellaires et être bercé par la musique des sphères.

Mais je ne suis qu’un petit terrien vivant entre deux siècles, au cœur d’une société schizophrène qui n’en finit pas de se débattre avec ses modes de pensées rationalistes, matérialistes et scholastiques.

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors je m’ouvre à des mondes autres, des mondes à la lumière apaisante, des mondes d’harmonies et de couleurs, de Nature et d’enchantement, au cœur des forêts là où les rayons du soleil sont d’émeraude, sur le bord des rivages marins là où le Grand Océan me chuchote des secrets non encore connus des mortels, dans les brumes des rêves éveillés là où l’air tinte comme du cristal et les lunes jumelles sont pareilles à des globes d’or et d’argent liquide.

 

J’aurais voulu m’extraire des ténèbres obscurantistes qui coulent des esprits bornés et giclent des cœurs intégristes.  J’aurais voulu baigner dans la Lumière d’une spiritualité qui n’a pas peur d’elle-même et des autres, une vraie spiritualité d’Amour, de quête de sens et de connaissance, une spiritualité qui motive la science, qui explore l’infiniment petit et l’infiniment grand.

Mais je ne suis qu’un petit terrien vivant entre deux siècles, je ne suis pas un Prophète, un Pape ou un prêtre.

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors je me plonge dans les écrits des maîtres éclairés, des grands explorateurs de l’invisible, de ceux qui savent car ils ont vu et entendu la Parole.  Je déchiffre leurs mots et décortique leur pensée et je tente de me hisser vers leur niveau de vision pour enfin, à ma petite mesure, faire rejaillir ces fontaines de lumière qui ne désirent qu’une seule chose : abreuver l’humanité. 

 

J’aurais voulu respirer le frisson exaltant de l’aventure, connaître l’ivresse de l’adrénaline coulant à flots dans les veines, connaître la sensation qui accompagne la découverte d’un nouveau monde.

Mais je n’ai pas l’endurance et la volonté des explorateurs de l’enfer vert – jaune ou blanc.

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors je crie vers toutes les directions et mes mots portés par le vent invisible montent jusqu’au Cœur des cœurs.  J’espère qu’ils y trouvent un écho et qu’ils reviendront me frapper bientôt tels les chants d’un barde angélique, m'apportant les nouvelles d’un monde vivant.

 

J’aurais voulu connaître la fierté d’être une partie individualisée d’un tout oeuvrant pour la gloire de l’ensemble, retrouver l’esprit des cathédrales mais à l’échelle d’une humanité unie dans sa diversité et son désir de construire un royaume de paix et de bien commun.

 

Mais je ne suis qu’un petit terrien vivant entre deux siècles dans un monde ultra individualiste et superficiel qui ne vit plus son élan épique qu’au cinéma.  Je n’ai pas le pouvoir politique ou économique pour changer quoique ce soit. 

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors j’enfourche la monture ailée de la méditation et de la prière et tente d’aller cueillir les roses d’or immortelles du Paradis afin, par magie peut-être, d’ensemencer la Terre de leurs pétales.

Je fait œuvre de volonté et cherche à briser en moi toutes les digues des préjugés et à construire des ponts plutôt que des murs.  Je cultive ce sentiment chevaleresque qui me vient d’un temps oublié et cette bienfaisance désuète tout en me riant des embûches de la vie car tout cela est sans doute trop important que pour être pris au sérieux.      

Par Galahad - Publié dans : Poésie Symbolique - Communauté : Communauté spirituelle
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Vendredi 29 mai 2009 5 29 /05 /2009 00:04

Un jour, un maître de taï-chi m’a confié que le véritable maître d’art martial est à la fois un philosophe et un mystique.  En tant que philosophe, il cultive la sagesse, en tant que mystique, il recherche la paix du cœur et de l’âme.  Possédant l’art du combat jusque dans ses moindres subtilités, il est sûr de sa force et ne craint rien.  Cette force qui est sienne, lui donne une telle assurance qu’il n’a pas besoin de se battre, le combat et les ennuis le fuient comme les moineaux s’égaillent devant la foulée du tigre.

 

La  véritable force et la véritable puissance donnent plus de devoirs que de droits et seul le fort peut-être réellement non violent ou pacifique.

Ainsi, l’Empereur est le symbole par excellence de la force et de l’autorité.  L’une de ses mains porte un globe terrestre surmonté d'une croix, tandis que l’autre porte un sceptre (et non une épée).  Ses pieds sont croisés devant lui comme s’il s’empêchait de bouger car s'il règne sur le monde (le globe), il le fait par la Sagesse du sceptre et l’autorité de l’Esprit (la croix) et non par la force du glaive et la peur.


Lorsque le Roi des rois fut crucifié, certains le mirent au défi d’utiliser le pouvoir qui était le sien en tant que Dieu incarné : « Les passants l'insultaient, hochant la tête et disant : « Toi qui détruis le sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es le Fils de Dieu, et descends de la croix ! » De même, avec les scribes et les anciens, les grands prêtres se moquaient : « Il en a sauvé d'autres et il ne peut pas se sauver lui-même ! Il est Roi d'Israël, qu'il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui » (Matthieu 27 ; 39-43).


Il est évident que le Christ avait le pouvoir de foudroyer ses adversaires, de les subjuguer ou de les terrasser et que s'il l'avait fait, tout le monde aurait cru.  Mais quel exemple aurait-il donné ? Quelle philosophie abjecte l’humanité en aurait-elle tiré ? Celle du fort qui écrase le faible, celle de la puissance érigée en idole, celle du dieu qui foule aux pieds ses pauvres fidèles.  Et Dieu sait que l’humanité a déjà trop tendance à tomber dans ce travers, combien l’histoire ne nous donne pas d’exemples de tyrans, hiérophantes, et autres prélats gorgés de leur puissance et en abusant sur les bases de la pyramide hiérarchique… et je ne parle même pas des patrons d’entreprise actuels méprisants leurs employés taillables et corvéables à merci.


Par sa présence dans le jeu du Tarot, la carte de l’Empereur, nous enseigne l’autorité et le bien-fondé du modèle hiérarchique mais une hiérarchie fondée sur le service et sur l’Amour et non sur la compétition, l’abus de pouvoir et le mépris.  Si Jésus appelait Dieu « son Père », ce n’est pas par machisme ou sexisme déplacé, c’est parce que Dieu présente les aspects de force et d’Amour qu’on relie à la paternité.  L’Empereur apporte la structure bienveillante de la vie et de la pensée, structure nécessaire à la réalisation du Soi et à la construction de l’harmonie.  Mais il montre également la Force infinie du pouvoir soumis à l’Amour.  Cette carte pourrait avoir comme devise « la volonté mais la volonté soumise à l’Amour ».  Car c’est seulement quand les hommes mettront leur volonté et leur force au service de l’Amour que la blessure provoquée par l’Exil pourra être guérie et que l’Univers pourra être transfiguré.  Comprendre cela, c’est comprendre la beauté infinie du sacrifice du Fils du Dieu, c’est comprendre le Mystère de la Passion.  Comprendre cela, c’est comprendre que ce Mystère ne possède en lui nulle trace de masochisme, de légalisme et qu’il est autre chose qu’une représentation sanguinolente.  Car la Passion, c’est l’expression ultime du Pouvoir et de la Force, c’est Dieu qui se donne en entier par Amour comme la Lumière subtile descend au cœur des ténèbres grossières.


Il appartient à l’humanité qui est à l’image de Dieu de ne faire rien de moins : régner par la force de l’Amour, actualiser sa fonction de prêtre-roi de la Création. 

Cela sous-entend de régner en premier lieu sur notre royaume intérieur avec fermeté mais avec également avec foi et Amour, afin de transmuter nos manquements en forces de lumière, de guérir nos brisures et de devenir des Chevaliers du Christ : « Pour finir, armez-vous de force dans le Seigneur, de sa force toute-puissante. Revêtez l'armure de Dieu pour être en état de tenir face aux manœuvres du diable. Ce n'est pas à l'homme que nous sommes affrontés, mais aux Autorités, aux Pouvoirs, aux Dominateurs de ce monde de ténèbres, aux esprits du mal qui sont dans les cieux. Saisissez donc l'armure de Dieu, afin qu'au jour mauvais, vous puissiez résister et demeurer debout, ayant tout mis en œuvre. Debout donc ! A la taille, la vérité pour ceinturon, avec la justice pour cuirasse et, comme chaussures aux pieds, l'élan pour annoncer l'Evangile de la paix. Prenez surtout le bouclier de la foi, il vous permettra d'éteindre tous les projectiles enflammés du Malin. Recevez enfin le casque du salut et le glaive de l'Esprit, c'est-à-dire la parole de Dieu. » (Ephésiens 6 ; 10-17)


L’homme est par nature le Prince de la Création mais, chargé de ramener celle-ci à Dieu, il est un prince qui se doit d’exercer son pouvoir comme un sacerdoce sacré et non comme une tyrannie.  Seulement alors la Création gémira de plaisir et non plus de douleur : « Car la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu :livrée au pouvoir du néant — non de son propre gré, mais par l'autorité de celui qui l'a livrée —, elle garde l'espérance, car elle aussi sera libérée de l'esclavage de la corruption, pour avoir part à la liberté et à la gloire des enfants de Dieu. »  (Rom 8 ; 19-21)

 

La carte de l'Empereur est symboliquement reliée à la lettre Daleth.

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Le Monde Spirituel
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Vendredi 22 mai 2009 5 22 /05 /2009 18:01

Après avoir vaincu la Mort et donné ses ultimes enseignements pendant 40 jours, le Christ rejoint le Royaume des Cieux, le monde spirituel et invisible ; « Donc le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu » (Marc 16 ; 19).

Ensuite, les disciples s’en retournent rassérénés vers Jérusalem « Quant à eux, après s'être prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem avec une grande joie ; ils étaient constamment dans le temple et bénissaient Dieu. » (Luc 24 ; 52-3)

 

La Crucifixion et la Résurrection sont des moments cruciaux dans l’histoire de l’Humanité.  Pendant ces deux moments clés, l’Histoire de l’humanité se trouve bouleversée, la Mort est vaincue par l’Envoyé qui nous montre que notre situation misérable d’humain exilés et mortels n’est pas irrémédiable.  Tout au long de sa vie, le Christ enseigne mais c’est dans la mort vaincue qu’Il nous montre la Voie…Voie de la Vie foulant la mort aux pieds…Voie de la Lumière chassant la ténèbre…Voie de l’Amour mouvant l’Univers... Voie banissant la grisaille quotidienne pour nous faire participer au Royaume...

 

Quoiqu’ « enlevé au ciel », le Christ n’en reste pas moins parmi nous comme Il le montre quelques jours plus tard en envoyant le Feu de la Pentecôte sur ses disciples.  Malgré les horreurs, malgré la maladie, la faim et la guerre, malgré le fanatisme, la douleur et les discriminations, malgré le froid, la folie et l’ignorance qui frappent notre planète à chaque instant, nous devons prendre conscience que le Christ, Lumière Eternelle est partout présent.

 

Dans notre époque cynique et matérialiste, ces mots peuvent sembler vains, creux, voire niais.  Il n’en est rien.  Certes l’Exil a enfermé la conscience dans des formes figées qui n’évoluent que par leur destruction progressive (vieillesse) et définitive (mort).  Plutôt que de pouvoir évoluer à la vitesse de la pensée et de la lumière comme c’était le cas avant la Chute, nous sommes pris dans ces tuniques de chair qu’il nous appartient de transfigurer, tout comme le monde qui nous entoure. 

Et certes, plutôt que d’être en permanence en communion avec Dieu et Sa gnose, la souffrance doit trop souvent faire œuvre d’éveilleur de conscience.

Pourtant, le bonheur est à portée de main pour qui sait vivre pleinement, c'est-à-dire celui qui sait allumer son feu intérieur et s’ouvrir à la Lumière qu’il porte pour devenir un porteur d’Amour.

Il ne s’agit pas de devenir mièvre, endormi ou allumé mais bien de pouvoir répondre à l’appel ultime, celui du Verbe divin qui retentit en tout endroit, à chaque instant.  Celui qui veut tendre l’oreille dans le silence et plonger son regard dans les profondeurs de son océan intérieur pourra toucher du doigt cet Amour Ineffable que l’Eternel nous offre en permanence, celui-là se rendra compte de l’extraordinaire pouvoir purificateur et transformateur de cette Lumière, il prendre conscience que la Présence est partout en permanence et loin d’être une idée vaine, c’est la plus pure et la plus forte des réalités.

 

Dieu est réellement présent dans notre vie quotidienne, pas comme une idée consolatrice mais comme un être réel, un Etre qui s’incarna et ne quitta plus l’Histoire mais aussi notre histoire personnelle.  Celui qui réussi à tendre la main vers Yechoua, ne sera pas déçu car Il lui enverra alors les Feux de la Pentecôte qui illumineront sa conscience et sa vie, la transformant en Grand Œuvre et l’élevant vers Dieu dans une préfiguration de Vie Eternelle au quotidien.

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Vendredi 15 mai 2009 5 15 /05 /2009 22:01

Le Soleil est au centre de l’Univers comme le cœur est au centre de l’homme.  Sans Soleil, pas de chaleur ni de vie sur Terre.  Sans cœur, pas de chaleur ni de vie en l’homme.

Du centre de l’Univers, le Soleil darde ses rayons sur la Terre.  Ceux-ci apportent l’énergie invisible qui va permettre à la vie de s’exprimer.  Plus une région est exposée au Soleil, plus la vie éclos dans une multitude de formes, dans une luxuriance d’expressions.

 

« Observe que la Nature parle plus haut le jour que la nuit, vérité que la moindre expérience te confirmera et ton intelligence en apprendra aisément la raison.  Elle t’apprendra que le Soleil est le Verbe de la Nature.  Que quand il la prive de sa présence, elle ne jouit plus de l’usage de ses facultés.  Mais que, quand il vient lui rapporter la vie par sa parole de feu, elle redouble ses efforts pour manifester tout ce qui est en elle. » dit le Philosophe Inconnu dans son livre « Le Ministère de l’Homme Esprit ».

 

Si l’âme n’a pas son siège dans un endroit particulier du corps mais est partout présente, c’est néanmoins dans le cœur que se situe le pont qui mène au Royaume des Cieux.  Tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, le cœur est le centre de vie de l’homme comme l’astre du jour est celui du système dans lequel nous vivons. C’est du cœur que s’écoulent les rayons de lumière qui vont permettre à la vie spirituelle de mûrir et d’exprimer sa luxuriance.  Tout comme le Soleil est l’image physique du Dieu Ineffable, le cœur est le contenant du Verbe qui vient apporter la vraie Vie par sa parole de feu.

 

Mais de peur d’être comme le pays trop exposé au Soleil qui se transforme en désert, il nous faut irriguer notre royaume intérieur aux eaux vives de l’Amour.  Dans les tréfonds de notre cœur, par la grâce de la prière.  S’opère alors l’alchimie merveilleuse entre le feu divin et les eaux de la miséricorde divine – entre la Force et l’Amour.  Car comme disait Saint Paul « Quand je parlerais les langues des humains et des anges, si je n'ai pas l'amour, je suis une pièce de bronze qui résonne ou une cymbale qui retentit. Quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j'aurais même toute la foi qui transporte des montagnes, si je n'ai pas l'amour, je ne suis rien. Quand je distribuerais tous mes biens, quand même je livrerais mon corps pour en tirer fierté, si je n'ai pas l'amour, cela ne me sert à rien. » (1 Corinthiens 13 :1).

 

Par la Grâce du Verbe présent en chaque cœur, l’alchimie intérieure mêle l’Amour et la Force pour donner naissance à la sublime Lumière qui va irradier dans la conscience et le corps tel le Soleil resplendit dans l’Univers.  Le cœur de chair devient un cœur de feu qui réchauffe mais ne brûle pas, qui éclaire mais n’aveugle pas, tout l’être est transfiguré et fait un pas vers sa réintégration, vers l’état où il sera unit à Dieu sans confusion ni séparation, il est devenu un cœur de Soleil !

Par Galahad - Publié dans : Théosophie - Communauté : COEUR DE LUMIERE
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Vendredi 8 mai 2009 5 08 /05 /2009 17:09

La tradition spirituelle et ésotérique occidentale a beaucoup développé la notion d’androgynéité sans laquelle, pour Franz von Baader, les mystères de la religion resteraient impénétrables.

« Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre ! Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa ;

mâle et femelle il les créa. » (Gn 1 :26-27).  Ce passage de la Genèse est celui qui fait mention pour la première fois de l’espèce humaine semble plaider pour une création androgyne de l’Adam Kadmon, de l’âme humaine.  Avant la chute, l’âme humaine possède les deux  polarités en elle.

 

L’Homme, contrairement aux animaux, fut créé directement par Dieu, non pour vivre sur Terre mais pour régner sur elle et sur la Création.  Pour Martines de Pasqually, « Adam, dans son premier état de gloire, était le véritable émule du Créateur.  Comme pur esprit, il lisait à découvert les pensées et les opérations divines… Adam (…) vit que sa puissance était grande et apprit à connaître avec certitude une partie du tout composant l’univers.  Cette partie est ce que nous nommons le particulier, composé de tout être actif et passif habitant depuis la surface terrestre et son centre jusqu’au centre céleste appelé mystérieusement ciel de Saturne » (Pasqually, Traité de la Réintégration des Etres, 8)

Dans cet état, la responsabilité de l’Homme était lourde puisqu’il s’agissait ni plus ni moins que d’être le gérant de l’Univers pour le Créateur ; « Adam aussi avait part à ce flamboiement et à cette splendeur de Dieu avant la transgression, quand il était vraiment couvert d’un vêtement de gloire, il n’était pas nu.  Mais il était bien plus paré de beauté, cela va sans dire, que ceux qui maintenant sont couronnés de diadèmes ornés de beaucoup d’or et de pierres brillantes. » (Grégoire Palamas, 150 chapitres, 67) 

 

Par ailleurs, il est dit « Dieu les bénit et Dieu leur dit : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre ! » (Gn 1 :28) 

A cette époque d’avant le temps tel que nous le connaissons, l’âme humaine est un agent-esprit comprenant directement la volonté divine et se reproduisant de manière autonome sans que ses polarités masculine et féminine n’actualisent leur opposition.

« Adam ayant ainsi opéré et manifesté sa volonté au gré du Créateur, reçut de lui le nom auguste d’homme-Dieu de la terre universelle, parce qu’il devait sortir de lui une postérité de Dieu et non une postérité charnelle. »(Pasqually, ibidem, 10)

Pour von Baader, la mission d’Adam était de maintenir en soi l’état d’androgyne afin de se « fixer » lui-même comme une image de Dieu par elle-même ni mâle ni femelle.  De cet ordre d’idée, l’Homme, la plus jeune des classes d’esprit émanée par Dieu, n’était pas immuable mais devait faire en quelque sorte ses preuves pour devenir le Roi tout-puissant de la Création ne connaissant que Dieu comme suzerain.

Par Galahad - Publié dans : Théosophie - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /2009 17:44

L’histoire a montré combien l’évolution humaine se fait par paliers, par étapes.  Toutes les civilisations ont connu les fameux cycles de naissance, d’apogée puis de déclin et de mort.  Cette mort fut parfois définitive, parfois elle ne fut que le prologue à une nouvelle naissance, à une résurrection.

 

Tout mouvement qu’il soit politique, religieux ou mystique est soumis à cette loi divine d’impermanence quand bien même il se croirait éternel et au-dehors de cette terrible loi d’évolution.  Freiner des deux pieds ne rend que l’agonie plus douloureuse et limite les chances de revenir à la vie car plutôt que de se construire une chrysalide afin de se protéger et de renaître, on utilise ses dernières énergies à lutter contre l’inévitable.

 

Les Eglises chrétiennes et le christianisme en général ne font pas exception à la règle.  Après deux mille ans d’existence, le christianisme doit, à mon sens, quitter certaines habitudes dépassées afin d’envisager le troisième millénaire de son existence avec la force et la sérénité qu’il convient.

Ainsi, serait-il temps de concéder que si l’Eglise se veut l’épouse du Christ, le réceptacle de l’Esprit, elle est avant tout composée d’hommes qui dans toute l’infaillibilité que le Saint Esprit est censé apporter ont tout de même plongé le monde occidental dans les flammes de l’Inquisition, dans l’abjection de l’anti-sémitisme, dans le sang des croisades, dans les affres de la culpabilisation, dans les chaînes d’un ascétisme doloriste, dans les douleurs des mortifications masochistes et dans la négation pathogène de la sexualité…

Et si les choses ont été mieux vécues au sein de l’Eglise d’Orient, il faudrait tout de même faire preuve d’humilité et bannir toute notion d’infaillibilité et d’inspiration divine au sein des institutions humaines.

Il m’apparaît que l’humanité a besoin de guides spirituels, montrant l’exemple de la compassion, et menant les fidèles vers la voie de la déification individuelle, de la réparation et de la réunion à Dieu et non de législateurs froids se posant en intermédiaire d’un Dieu formaliste, sanguinaire et vengeur.

 

Dans cet ordre d'idée, peut-être serait-il temps de remplacer les gémissements et les culpabilisations morbides par la force sereine donnée par la spiritualité vraie en Christ ? Car une conscience qui repose dans la Lumière est une conscience épanouie.

 

L’Eglise se pose actuellement comme adversaire des pratiques ésotériques fort à la mode ces derniers temps.  Or, lorsqu’on étudie l’histoire du christianisme, on voit qu’il n’en a pas toujours été ainsi.  Que souvent, des hommes de grand esprit au sein de l’institution ecclésiale,  ont pratiqué l’astrologie, la mancie, voire la magie. 

C’est que, loin des horoscopes vulgaires, la vraie astrologie, placée dans un contexte théologique peut être un outil très efficace pour se connaître soi même et prendre conscience de l’union qui existe entre le microcosme et le macrocosme, entre la Terre et l’Univers, entre l’individu et Dieu.  Car si celui-ci est transcendant, il est aussi immanent et toute chose est soumise à Sa volonté.

C’est qu’une mancie, lorsqu’elle est consciemment dirigée vers Dieu est un procédé efficace pour se mettre au diapason de Sa volonté.  Les premiers apôtres le savaient d’ailleurs fort bien et la pratiquèrent lorsqu’il fallut choisir un successeur à Judas : « On proposa alors deux hommes : Joseph, appelé Barsabbas, surnommé aussi Justus, et Matthias. Puis l'assemblée fit cette prière : « Seigneur, toi qui connais le cœur de tous, montre-nous lequel de ces deux tu as choisi pour occuper, dans cette fonction d'apôtre, la place que Judas a quittée pour aller à celle qui lui revient. » Ils tirèrent alors au sort et le sort désigna Matthias, qui fut donc associé aux onze apôtres. » (Actes 1 : 23-26)

Ils auraient tout aussi bien pu tirer les cartes, les runes ou le yi-king.

Quand à la magie qui consiste à appeler les énergies divines afin de se voir réaliser des œuvres diverses, elle est très courante dans le monde chrétien sous forme de thaumaturgie. 

Bref, ce n’est pas les pratiques qui sont critiquables mais la vulgarisation de celles-ci ou leur utilisation à des fins mercantiles ou maléfiques. 

 

Peut-être serait-il également temps de faire la place belle à la sophiologie et de s’ouvrir à la dimension féminine et maternelle de Dieu et de consacrer des femmes prêtres ?

 

Enfin, je suis intimement convaincu de la richesse de la réflexion et de la méthode kabbaliste, racine et origine du christianisme.  La kabbale est le cœur palpitant du monothéisme judéo-chrétien et de la Bible, il serait temps que les chrétiens en prennent conscience afin de développer une kabbale chrétienne digne de ce nom.  Dans le même ordre d'idée, les origines hermétistes et hélléniques (voir l'imaginaire celtique) de la pensée spirituelle occidentale devraient être remises en valeur.

 

Avec ou sans les Eglises, le christianisme doit évoluer afin de pouvoir déployer ses ailes de lumière et s’envoler vers les cieux à venir.  Il faut que le christianisme se retourne sur lui-même et s’intériorise afin de s’élever d’un échelon vers la pleine conscience de l’Etre.  Ce n’est qu’au prix de cette mutation, qu’il pourra abandonner le vêtement du vieil homme et irriguer l’humanité de la Grâce divine.  

Par Galahad - Publié dans : Réflexions sur le chemin - Communauté : Religions en toute liberté
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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /2009 09:37

Daleth est la porte des mondes manifestés.  Elle mène dans le plan des quatre éléments, des quatre points cardinaux, des quatre vents, des quatre saisons et des quatre mondes : Atzilouth – Beriah – Yetsirah et Assyah.

Daleth est souvent associé à la pauvreté car avec la manifestation matérielle, la lumière provenant de l’Aïn Soph se densifie et est voilée par la matière.  Et avec la manifestation vient le cercle de la vie et ses quatre étapes : naissance – croissance et plénitude – flétrissement – mort. 

Toutefois, cette densification n’est pas négative car elle sert de support à l’évolution de l’âme et permet à la volonté de s’exercer, de se renforcer.

Car si une porte est un espace intermédiaire entre deux états d’être, on peut la franchir dans les deux sens.  En tout endroit, dans le désert écarlate, dans les villes de métal, dans les forêts d’émeraude et sur les mers de saphir, on peut franchir la porte et revenir au monde divin, renouer avec la Présence.  La Lumière, l’Aïn Soph se trouve partout.  Dans la Bible, cette porte menant au Royaume des Cieux est symbolisée par la tente d’assignation que les hébreux emportent partout : « Moïse, Aaron et ses fils campaient devant le tabernacle, à l'orient, devant la tente d'assignation, au levant; ils avaient la garde et le soin du sanctuaire, remis à la garde des enfants d'Israël; et l'étranger qui s'approchera sera puni de mort. (Nbr 3 :38) »

L’ « étranger » est celui qui est devenu étranger à la présence de Dieu, car si Dieu est partout présent, il se cache néanmoins sous le voile de la manifestation.  Et cela pour notre bien, car depuis l’Exil, nos yeux ne sont plus capables de regarder en face son étincelante Beauté.

  

Dans le même ordre d’idée, le monde manifesté contient l’ensemble de la Création comme le montre la tetraktys : 1 + 2 + 3 + 4 = 10.  Autrement dit en déroulant le chiffre 4 et en additionnant ses parties constitutives, on arrive à 10, chiffre symbolisant la création dans son entièreté.

 

Pour le théosophe Franz von Baader, la Création est deux fois double : masculine et féminine, chacune des parties contenant l’autre polarité comme dans le Tao où le yin est présent dans le yang et vice-versa.

De plus, la divinité est androgyne, Père et Mère mais aussi trinitaire, Père – Fils – Esprit.  Le processus de création et de fondation, lui ne peut être que quaternaire car seul la quaternité exprime l’accès au Soi et à la personnalité de Dieu dans les trois Personnes égales et distinctes car « le quatrième terme, passif, n’ajoute rien à la Trinité car il ne crée ni ne génère ; il reflète seulement la génération, renvoie aux puissances génératrices leur image dans laquelle elles peuvent se saisir en leur unité et leur distinction. » (L.P.Xella, Filosofia Erotica, p38).

 

Autrement dit, le quaternaire est la Création en tant que miroir du Créateur, reflet imparfait du monde d’En haut mais qui évolue sans cesse car « l’inférieur, admirant le supérieur, sort de sa propre infériorité, se soulève en quelque sorte ; le supérieur, se mirant et se contemplant dans l’inférieur, le soulève jusqu’à soi sans pour autant s’abaisser à son niveau.  Le supérieur est un miracle pour l’inférieur et l’inférieur est un miroir pour le supérieur : ainsi ils se rencontrent sans se confondre » (L.P.Xella, op.cit., p40) 

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Le Monde Spirituel
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Samedi 18 avril 2009 6 18 /04 /2009 16:45

« Il dit ensuite à ses disciples : C'est pourquoi je vous dis : Ne vous inquiétez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez ni, pour votre corps, de ce dont vous serez vêtus. Car la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement. » (Luc 12 : 22-23)

 

Dans notre société ultra matérialiste et consumériste, peu ont conscience que la vie, la vraie, celle avec un grand « V », dépasse largement le cadre quotidien, que les enjeux collectifs et individuels sont de plus grande importance que d’entretenir cette terrible et froide machine dans laquelle on vit. 

C’est la réalisation spirituelle qui devrait être au cœur des préoccupations de nos contemporains car, contrairement à ce que beaucoup croient habituellement, c’est dès cette vie que se gagne le Royaume des Cieux.  Comment ? Par l’ouverture du cœur à Dieu, par le changement de regard qui cherche à voir avec les yeux d’en-haut, par la conversion de l’âme aux valeurs divines, par la synergie consciente instaurée avec Dieu, par la recherche de la Terre Promise intérieure, par l’établissement de la Jérusalem Céleste au cœur de l’être.

Pour cela, il faut qu’une partie de nous meure : notre vision égoïste, étriquée et mesquine.  A nouveau, on serait tenté de citer ce fameux verset de Jean : « Celui qui tient à sa vie la perd, et celui qui déteste sa vie dans ce monde la gardera pour la vie éternelle » (Jean 12 : 25)

 

Lorsqu’on a pris conscience de l’Infini qui habite en nous comme au dehors de nous, le monde et la vie prennent une autre coloration, ils deviennent plus riches.  Riches de sens, riches de potentiels, riches d’une beauté sans fin.  Tout devient prétexte à l’émerveillement, on ne manque, intérieurement, plus de rien.  L’inquiétude de l’avenir disparaît.  D’autant, qu’elle est souvent générée par des désirs mal placés ou des ambitions menant à l’insatisfaction perpétuelle :

 

« Qui de vous peut, par ses inquiétudes, rallonger tant soit peu la durée de sa vie ? » (Luc 12 : 25)

 

Souvent, dans ces cas là, la Providence pourvoit à nos besoins minimums car lorsqu’on a pressentit le Royaume des Cieux en-dedans, on se rend compte que Dieu nous donne en permanence et que nous ne le voyions pas.  Et lorsqu’on le réalise et qu’on en éprouve de la reconnaissance, plus rien ne s’oppose au bonheur :

 

« Considérez comment poussent les lis : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas ; cependant je vous dis que pas même Salomon, dans toute sa gloire, n'a été vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu habille ainsi l'herbe qui est aujourd'hui dans les champs et qui demain sera jetée au four, à combien plus forte raison le fera-t-il pour vous, gens de peu de foi ! Et vous, ne cherchez pas ce que vous allez manger ou ce que vous allez boire, et ne vous tourmentez pas. Tout cela, en effet, c'est ce que les gens de toutes les nations du monde recherchent sans relâche ; votre Père sait que vous en avez besoin. Cherchez plutôt son règne, et cela vous sera donné par surcroît. N'aie pas peur, petit troupeau ; car il a plu à votre Père de vous donner le Royaume. » (Luc 12 : 27-32)

 

Ce n’est pas tant que les biens matériels affluent mais que la conversion du regard a opéré un changement, nous rendant dérisoires les contingences matérielles et replaçant les épreuves dans leur contexte évolutif.  On sait, non pas par éducation ou par auto persuasion mais par vécu personnel continu, que quoiqu’il advienne, la divine Lumière nous a en sa protection.  Même la misère, la souffrance et la mort ne tiennent pas devant la Force du Ressuscité.  Et cette force, par Amour, il la fait nôtre à chaque instant, à nous d’en prendre conscience.   
Par Galahad - Publié dans : Lectio divina, Bâtin et Pardès - Communauté : COEUR DE LUMIERE
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Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /2009 22:33

Le monde est constamment irrigué par la Présence de Dieu qui régit, via ses esprits agents, l’ensemble de la Création, de l’infinitésimal microcosme au macrocosme universel.  Toutes les constellations sont sous la direction d’un régent, lui-même placé sous l’autorité suprême de l’Esprit Saint représenté par l’Impératrice dans le Tarot.  Ainsi sur la lame dessinée par Oswald Wirth, voit-on cette Impératrice majestueuse entourée de douze étoiles symbolisant les douze constellations sur lesquelles elle règne.

Toujours chez Wirth, l’Impératrice porte des ailes d’ange, on trouve également une aile figurée sur son trône dans le tarot de Marseille.  Ces ailes nous rappellent que l’Esprit Saint est souvent figuré par une colombe : « Jean rendit ainsi témoignage: J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe, et il demeura sur lui. » (Jean 1 : 32), Esprit qui est là depuis le commencement des temps, « La terre était informe et vide: il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu planait au-dessus des eaux » (Gn 1 : 2).

Accomplissant la volonté divine, c’est l’Esprit Saint qui va consacrer la chair de Marie afin qu’elle donne naissance au Roi des rois, le Christ symbolisé ici par l’aigle.  Christ-Aigle qu’il nous faut devenir à notre tour, en cultivant les vertus inspirées du Saint Esprit car la figure de l’aigle indique la royauté, la tendance vers les cimes, le vol rapide, l’agilité, la promptitude, l’ingéniosité à découvrir les nourritures fortifiantes, la vigueur d’un regard tendu librement, directement et sans détour vers la contemplation de ces rayons, que la générosité du Soleil théarchique multiplie (Pseudo Denys, Œuvres Complète, Paris, 1943, 242).     

 

Après le Bateleur qui manifeste l’Unité du monde dans la diversité et le sublime destin de l’âme humaine, après la Papesse qui nous invite à pénétrer les secrets de la Nature qui nous entoure, voici venir l’Impératrice manifestant les forces nobles de l’Intellect souverain et de la Grâce divine qui ordonne, transmute et donne la Vie éternelle.  Car s’il s’agit de devenir par Grâce ce que Dieu est par Nature, encore faut-il que nous utilisions notre libre arbitre afin de tendre consciemment vers le sublime. 

Par les vertus du discernement et du détachement, par l’adombrement de l’Esprit, nous pourrons, à notre tour, porter notre propre sceptre surmonté d’un globe et d’une croix symbolisant la maîtrise de l’Esprit sur les passions, l’ascension de l’âme vers les régions célestes.

 

L’Impératrice, Esprit Saint et Mère Cosmique a, chez Oswald Wirth, la tête dans les étoiles mais son pied sur la lune, faisant le lien entre les régions les plus hautes de l’Univers et notre cadre de vie soumis aux émotions et aux passions, symbolisées par l’astre de la nuit.  L'Impératrice nous donne la force de dominer celles-ci afin de nous élever spirituellement.

Et s’il est de notre devoir, en tant qu’être humain, de nous élever en conscience vers Dieu, c’est pour notre propre évolution mais aussi pour celui de toute l’humanité car un sage qui se réveille répare la trame endommagée de l'Univers et favorise l'éveil de mille autres. 

L’Esprit Saint rend possible la manifestation de l’Ineffable, l’incarnation de la Lumière divine dans cet espace limité qu’est la Terre.  Qui se purifie lui-même, qui évolue personnellement, incarne la Présence et participe à l’évolution de l’ensemble     

 

La Lame de l’Impératrice est liée à la lettre hébraïque Guimel.

Par Galahad - Publié dans : Symboles Traditionnels - Communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité
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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /2009 17:58

Merci à Oussama, à Benoît, aux réactionnaires, aux apparatchiks de la pensée sacrée et aux intégristes de tous horizons pour nous montrer combien le sens rigide de la lettre fige la pensée et l’Esprit, combien la pauvreté du dogme pétrifie la richesse de la doctrine, combien la religion peut facilement n’être qu’un ensemble froid et légaliste de coutumes creuses.

 

Merci de nous montrer comment la soumission servile à une morale subjective éloigne de la véritable éthique qui est alimentée par la compassion et la compréhension numineuse des voies divines.  Merci de nous rappeler que le Christ lutta sans répis contre ceux qui, comme vous, servaient une loi sèche, vindicative et dénuée de la moindre empathie.  Merci de montrer combien est archaïque cette conception d’un Dieu assoiffé de formalisme. Combien kafkaïen est cette conception d’un être absolument transcendant et tout puissant se permettant de juger sans pitié les misères dans lesquelles sont plongés ses créatures.  Combien sont bas ceux qui se prétendent ses intercesseurs, excommuniant – tuant – lapidant – jugeant ou méprisant en son nom, ne faisant en cela que laisser libre cours à leurs pulsions de domination les plus sordides.

 

Merci de nous rappeler que les Eglises sont des structures bien humaines, bouffies d’autocratisme, de volonté coercitive qu’il faudra bien purger un jour.  Merci de nous montrer que ceux qui devaient protéger la Lumière, l’accueillir comme un écrin en leur sein, n’ont souvent fait que l’étouffer, la délimiter et lui ont retiré toute sa chaleur.  Merci de nous montrer combien il est important aujourd’hui que ces Eglises évoluent sous peine pour les hommes de bonne volonté de s’engager sur une quatrième voie qui ne sera ni celle des institutions hiérarchisées et gigantesques, ni celle du matérialisme desséchant, ni celle des sectes décérébrantes mais de communautés fraternelles d’amis de Dieu cherchant à vivre de manière immanente la reliance à Dieu. 

 

Merci de nous rappeler combien la sexualité pose problème chez certains. Combien d’ailleurs elle est bannie dans les tyrannies religieuses et les dictatures politiques. Combien l’obsession vulgaire pornographique et la pudibonderie hypocrite ressortent d’une même pathologie psychologique, d’un même déséquilibre.  Merci de nous rappeler combien il est important de sainement jouir des plaisirs terrestres et de se sentir bien dans son corps.  Merci aussi de nous rappeler combien les sociétés machistes et les schémas patriarcaux sont l’expression d’un déséquilibre sociétal total.

 

Merci de nous rappeler que la spiritualité n’est pas l’observance de règles mais l’épanouissement de la Lumière en soi, que le but de l’homme n’est pas de se conformer au troupeau mais d’explorer, dans le respect d’autrui, les spécificités et les dons qui sont les siens.

 

Merci de nous rappeler combien un représentant religieux se doit avant tout d’être un maître, habité par la Grâce et touché par l’illumination.  Merci de nous rappeler combien nous manquons de pareils êtres en Occident et combien les vrais guides spirituels sont rares en notre société.  

 

Merci enfin de nous rappeler que la reliance ne peut être pleinement vécue que dans la liberté car seul la prise de conscience pleinement libre peut mener au tutoiement avec Dieu et ce, sans intermédiaires aucun !       

Par Galahad - Publié dans : La marche du Monde - Communauté : Religions en toute liberté
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