Mercredi 19 janvier 2011 3 19 /01 /Jan /2011 13:06

 

hermetikfamaanwagen-3ad12.jpg Ayant une certaine fascination pour les symboles et pour la pensée première des Rose-Croix, j'ai décidé d'entamer une série de réflexion sur ce sujet qui a fait couler beaucoup d'encre et remplira encore bien des mégas de fichiers « .doc »

 

Quiconque s'intéresse un tant soit peu à l'histoire de la spiritualité occidentale a entendu parler des Rose – Croix.

Le terme « Rose – Croix «  apparait au tout début du 17e siècle dans trois textes anonymes appelés : « La Fama Fraternitatis (1610) », « La Confessio Fraternitatis (1612) » et « Les Noces Chymiques de Christian Rosencreutz (1614) », ce dernier personnage étant présenté comme le fondateur mythique de l'Ordre.

Dans ces trois textes, l'Ordre Rose – Croix est présenté comme un ordre mystique tirant ses origines de la plus haute antiquité. On est face ici à une filiation du type de celle que pouvaient présenter Pic de la Mirandole concernant l'hermétisme et la Philosophia Perennis.

L'ordre Rose-Croix a-t-il réellement existé en tant qu'ordre organisé, transmettant de manière ininterrompue une initiation et ce, depuis la haute antiquité ? Cela parait historiquement improbable. N'est-il alors qu'une farce d'étudiant orchestrée, en ce début des années 1600, par Johan Valentin Andrea qui aurait créé une légende de toute pièce ? Légende récupérée ensuite par différents mouvements maçonniques désireux de s'entourer d'un voile de mystère ou de saupoudrer leurs rites de christianisme ? Cette vision me parait, par contre, malhonnête et bien réducteur.

 

Ces modestes réflexions n'ont pas pour vocation de relancer le débat historique. Il ne m'appartient pas de juger les ordres contemporains reprenant à leur compte avec plus ou moins de bonheur cette filiation hautement antique. Ce sujet a été longuement traité de part et d'autres et je ne compte pas m'immiscer dans cette vieille foire d'empoigne entre les détracteurs et les défenseurs de tel ou tel ordre. Le débat historique sur ce sujet ne m'intéresse vraiment pas. Ce qui m'intéresse ici, c'est « l'idée Rose-Croix », que représente-t-elle ? Qu'elle est sa valeur hier et aujourd'hui ?

 

Car enfin, canular, pamphlet religio-politique ou textes à réelles portées mystiques, la qualité littéraire des manifestes rosicruciens du XVIIe siècle n'est plus à démontrer, ainsi que leur force d'inspiration spirituelle et la pertinence décapante des idées qui y sont véhiculées. Voire l'étrange actualité de ces idées...

 

Dans les époques charnières, comme ce début de XVIIe siècle mais aussi comme en ce début de XXIe, l'idée Rose-Croix séduit un certain nombre d'Hommes de Désir en recherchent de Dieu et désireux de voir l'apparition de ce que Gerard Dorn décrivait en 1577 comme une humanité totale, composée d'hommes capables de participer à la rédemption du cosmos.

 

Avant tout, il faut noter que les textes rosicruciens ou l'idée Rose-Croix n'est en aucun cas une force opposée d'une quelconque manière au christianisme. Trop souvent dans la littérature ésotérique ou dans la fiction, la Rose-Croix est vue comme une assemblée de savants anticipant l'Esprit des Lumières ou la révolution scientifique des siècles à venir et s'opposant à un christianisme obscurantiste. Cette vision n'est vrai qu'en partie. Les premiers Rose-Croix croyaient que la science, l'étude des lois naturelles et l'évolution de la technique pouvaient améliorer la vie de l'Homme et lui permettre de comprendre l’œuvre de Dieu. Mais ceci  nullement en opposition avec le christianisme, tout au plus avec une certaine frange passéiste et obscurantiste de l’Église.

Loin d'être un appel à une spiritualité ou à un mode de vie dégagé des influences chrétienne comme certain ont pu le dire, la Rose-Croix est, au contraire, un plaidoyer pour une véritable christianisation de la société. N'oublions pas que Valentin Andrea, à qui l'on attribue souvent la paternité ou l'inspiration des premiers textes Rose Croix est l'auteur d'un « Christinapolis », roman où il décrit sa vision de la ville idéale... (à suivre)

Par Galahad - Publié dans : Reliance Divine
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Lundi 17 janvier 2011 1 17 /01 /Jan /2011 20:32

 

le-christianisme-secret.gif Voici un excellent livre de l'ésotériste astrologue bien connu, Denis Labouré. On savait cet auteur fort porté sur l'ésotérisme égyptisant, Franc Maçonnerie de Memphis et Golden Dawn, on ne le connaissait pas spécialiste du mysticisme chrétien.

Pourtant, c'est un livre fort sérieux et fort bien documenté auquel on a affaire ici. Allant à l'essentiel, le livre se concentre sur le but de la vie chrétienne : acquérir le Saint Esprit et parvenir à la transfiguration de l’Être.

Malgré ce que le titre laisse supposer, l'auteur ne joue pas dans le registre douteux de pseudo « secrets se transmettant d'initiés à initiés depuis l'époque du Christ ». Non, le secret dont il s'agit ici est celui possédé par tout un chacun : Lumière divine enfouie aux confins de l'âme et qu'il convient d'exhumer par la prière et la purification du cœur.

Les références utilisées par l'auteur sont tirées des Ecritures ou des Pères de l'Eglise, montrant si besoin était que le christianisme est avant tout la promesse d'une humanité réellement transcendée accomplissant sa propre nature.

 

Pour vous procurer l'ouvrage, c'est ICI

Par Galahad - Publié dans : Reliance Livresque
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Dimanche 9 janvier 2011 7 09 /01 /Jan /2011 23:23

 

albion_celtic_cross_420w.jpg Pour commencer l'année, voici, une fois n'est pas coutume sur ce blog, un exercice spirituel très ancien et purement pratique.

 

L'armure de Saint Patrick est une prière attribuée à Saint Patrick quoique certains historiens la font plutôt remonter au Xe siècle. Quoiqu'il en soit, cette invocation toute celtique dans son esprit et sa formulation possède la puissance du Verbe et fut sanctifiée par au moins mille ans de pratique.

 

D'après moi, elle est une des meilleures façons d'aborder chaque journée, plaçant le chrétien sous la protection des forces de Lumière.

Certains auteurs préconisent de la dire tourné vers l'Est en conscientisant chaque mot, voire en visualisant chaque image grâce à l'imagination. A titre d'exemple, pour la partie Christ devant moi, derrière moi, etc..., on peut visualiser une croix ou un chrisme lumineux se trouvant à l'endroit cité.

Bien sûr, comme il s'agit d'une prière et d'une communion avec Dieu, le plus important est de garder à l'esprit qu'on s'adresse directement à Dieu présent partout, lui demandant humblement de nous exaucer. Dans cet ordre d'idée, l'image mentale est un support aux mots et à la foi, non la mise en œuvre d'une magie mentale humaine, par définition fragile et limitée :

 

Je me lève aujourd'hui
par une force puissante,
l'invocation de la Trinité,
la croyance en la Trinité,
la confession de l’unité
du Créateur du monde.


Je me lève aujourd'hui
par la force de la naissance du Christ et de Son Baptême,
la force de Sa Crucifixion et de Sa mise au tombeau,
la force de Sa Résurrection et de Son Ascension,
la force de Sa Venue au jour du Jugement.


Je me lève aujourd'hui
par la force des ordres des Chérubins,
dans l'obéissance des Anges,
dans le service des Archanges,
dans l'espoir de la Résurrection,
dans les prières des Patriarches,
dans les prédications des Prophètes,
dans les prédications des Apôtres,
dans les fidélités des Confesseurs,
dans l'innocence des Vierges saintes,
dans les actions des Hommes justes.


Je me lève aujourd'hui
par la force du Ciel,
lumière du Ciel,
lumière du Soleil,
éclat de la Lune,
splendeur du Feu,
vitesse de l'éclair,
rapidité du vent,
profondeur de la mer,
stabilité de la terre,
solidité de la pierre.


Je me lève aujourd'hui
par la force de Dieu pour me guider,
la puissance de Dieu pour me soutenir,
l'intelligence de Dieu pour me conduire,
l'œil de Dieu pour regarder devant moi,
l'oreille de Dieu pour m'entendre
la parole de Dieu pour parler pour moi,
la main de Dieu pour me garder,
le chemin de Dieu pour me précéder,
le bouclier de Dieu pour me protéger,
l'armée de Dieu pour me sauver
des filets des démons,
des séductions des vices,
des inclinations de la nature,
de tous les hommes qui me désirent du mal,
de loin et de près,
dans la solitude et dans une multitude.


J'appelle aujourd'hui toutes ces forces
entre moi et le mal,
contre toute force cruelle impitoyable
qui attaque mon corps et mon âme,
contre les incantations des faux prophètes,
contre les lois noires du paganisme,
contre les lois fausses des hérétiques,
contre la puissance de l'idolâtrie,
contre les charmes des sorciers,
contre toute science qui souille
le corps et l'âme de l'homme.


Que le Christ me protège aujourd'hui
contre le poison, contre le feu,
contre la noyade, contre la blessure,
pour qu'il me vienne une foule de récompenses,
le Christ avec moi,
le Christ devant moi,
le Christ derrière moi,
le Christ en moi,
le Christ au-dessus de moi,
le Christ au-dessous de moi,
le Christ à ma droite,
le Christ à ma gauche,
le Christ en largeur,
le Christ en longueur,
le Christ en hauteur,
le Christ dans le cœur
de tout homme qui pense à moi,
le Christ dans tout œil qui me voit,
le Christ dans toute oreille qui m'écoute.


Je me lève aujourd'hui
par une force puissante
l'invocation à la Trinité,
la croyance en la Trinité,
la confession de l'unité
du Créateur du monde.

Au Seigneur est le salut,
au Christ est le salut.


Que Ton salut, Seigneur, soit toujours avec nous. Patrick_Ireland4.jpg

Amen.

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Vendredi 7 janvier 2011 5 07 /01 /Jan /2011 15:43

 

larevoltedelesprit.jpgCe livre datant de 1978 est une réflexion du théologien Olivier Clément sur le monde contemporain.

Converti à la foi orthodoxe au début de la trentaine, Olivier Clément fut l'un des principaux théologien chrétien gravitant autour du célèbre Institut Saint Serge de Paris.

Dans cet ouvrage, l'auteur aborde des sujets plus que jamais d'actualité : position du christianisme social par rapport au marxisme et au socialisme, mystique chrétienne transcendante et personnelle face à l'immanentisme impersonnel de l'hindouisme et du néo paganisme, recherche de la jouissance instantanée et effrénée face à la quête d'éternité chrétienne,... Les sujets sont nombreux et traités sans langue de bois ni concession par un Olivier Clément qui manie la plume de manière à la fois didactique et poétique. Pas de concession de l'auteur face aux spiritualités voulant faire de l'Homme une petite vague d'un océan divin sans visage, pas de concession non plus face aux abus d'une Eglise qui sombre dans l'horreur lorsqu'elle oublie qu'il faut rendre à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu. Les analyses du théologien sont comme des épées aiguisées tranchant l'hypocrisie et les avis policés. On peut sûrement ne pas être d'accord avec tel ou tel aspect mais l'honnêteté et la clarté dont l'auteur fait preuve a le mérite de nous faire nous interroger.

De temps à autre, plus conciliante, l'intervention de Stan Rougier complète cet ouvrage riche de réflexions.

 

Olivier Clément, La révolte de l'esprit, Stock, 1971

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Dimanche 26 décembre 2010 7 26 /12 /Déc /2010 16:20

 

giotto-chapelle-des-scrovegni.1230052980.jpgDans ce monde tourné cyniquement vers la performance personnelle, il est difficile de comprendre le principe chrétien du « rien par soi même ».

Le mythe du self made man a débordé sur la spiritualité. Ainsi l'on croit que l'on va atteindre l'illumination, que l'on va sauver son âme à force d'exercices spirituels ou par un perfectionnement de l'âme devant mener à la perfection.

J'ai longtemps été moi-même dans cette vision des choses et je ne comprenais pas ce point de vue chrétien. Je me disais : « et quoi, ces chrétiens, ils espèrent que tout leur tombe tout cuit dans la bouche, sans faire d'effort, sans bouger le petit doigt...? »

 

En fait, c'était une mauvaise compréhension des choses. Les exercices spirituels sont essentiels à la vie chrétienne mais ils ne sont pas une fin en soi. Ils ont pour but, non pas de construire un surhomme mais d'ouvrir le cœur afin d'accueillir l'étincelle divine qui va l'enflammer.

De même la prise de conscience des faiblesses de l'âme est essentielle ainsi que chercher à se transformer vers un mieux. Mais là encore, in fine, seul la Grâce de Dieu permettra de transformer définitivement les faiblesses en force et de rétablir l'harmonie et la paix intérieure là où règne le conflit et le chaos des passions.

 

Le travail chrétien est donc un travail de collaboration. On ne peut rien faire seul car notre être est trop abimé par la Chute mais nous avons le pouvoir de tendre la main à Dieu qui Lui nous la tend perpétuellement sans jamais nous juger.

 

On ne le dira jamais assez, le Dieu chrétien n'est pas un dictateur assoiffé de sang et de soumission, il n'est pas non plus un juge borné pendu à un code de lois morales. Le Dieu chrétien est un père aimant, qui tente de susciter le gout de la Vie chez sa créature.

 

Qu'on me pardonne le simplisme de l'histoire qui suit, la seule que j'ai imaginé pour illustrer mes propos : Nous sommes comme des aveugles qui errent dans le monde. Or il existe un médecin qui se propose de nous soigner gratuitement. Mais comme ce médecin est très respectueux des libertés individuelles, il se refuse à débarquer chez nous et à nous soigner de force. Nous devons faire la démarche nous même de nous rendre à son cabinet ou de lui demander de passer à la maison. Une fois cette démarche faite, notre vue commence à se rétablir. Seulement, le traitement de convalescence est long et demande l'application régulière d'onguents (prière, méditation, lecture de la Parole). Pour que la guérison soit complète, il faut également veiller à une bonne hygiène de vie et éliminer les comportements qui risquent de mettre le traitement à mal (pêchés)68nativi

 

 

Finalement, le christianisme est très simple dans son principe puisqu'il nous suffit d'accep ter l'Amour de Dieu. Je trouve d'ailleurs que le terme de Religion du Livre concernant le christianisme n'est pas tout à fait satisfaisante. Ne serait-il pas plus juste de parler de Chemin de Rencontre ? Dieu nous a donné rendez-vous sur le pont menant à l'Autre rive, il nous y attend patiemment, ne tient qu'à nous de marcher vers lui dès aujourd'hui. 

 

En cette période de Noël alors q ue les crèches fleurissent et nous rappelle la naissance de l'enfant Dieu, nous pouvons également prendre conscience que notre cœur est la véritable Bethléem. Il nous appartient d'y construire l'étable pour accueillir l'Enfant Roi qui par sa seule présence sanctifiera notre être tout entier.

Par Galahad - Publié dans : Reliance Divine - Communauté : Chrétiens - et fiers de l'être
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Mercredi 22 décembre 2010 3 22 /12 /Déc /2010 01:10

Du fond du coeur, je voudrais souhaiter un joyeux et lumineux noël à tous les lecteurs de ce blog !!!! A vous tous lecteurs anonymes qui avez visité ces pages plus de 60.000 fois et à vous, fidèles compagnons, qui animez régulièrement ce blog.  Je suis vraiment sincèrement touché par l'intelligence, la pertinence, la chaleur et le lumineux des commentaires qui sont laissés ici.

 

Laissez moi vous offrir cette belle chanson traditionnelle du XVIe siècle, reprise ici par l'excellente Loreena Mc Kennit et dont voici les paroles :

 

"Noel nouvelet! Noel chantons icy;
Devotes gens' rendons a Dieu merci;
Chantons Noel pour le Roi nouvelet;
Noel nouvelet! Noel chantons icy!

En Bethleem' Marie et Joseph vy'
L'asne et le boeuf' l'Enfant couche parmy;
La creche etait au lieu d'un bercelet.
Noel nouvelet! Noel chantons icy!

L'estoile vint qui le jour esclaircy'
Et la vy bien d'ou j'etois departy
En Bethleem les trois roys conduisaient.
Noel nouvelet! Noel chantons icy!

L'un portrait l'or' et l'autre myrrhe aussi'
Et l'autre encens' que faisait bon senty:
Le paradis semblait le jardinet.

Noel nouvelet! Noel chantons icy!

Noel nouvelet! Noel chantons icy!

En douze jours fut Noel accomply;
Par cinq vers sera mon chant finy'
Par chaque jour j'en ai fait un couplet.
Noel nouvelet!

Noel chantons icy!"

 

 

 

 

 


 
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Vendredi 17 décembre 2010 5 17 /12 /Déc /2010 17:36

Domy-parchemin.gif Anticipant sur la nouvelle année, le Vatican a mis en ligne le message du Pape à l'occasion de la 44e journée mondiale pour la Paix.  Autant j'ai parfois du mal avec certaines intransigeances de Benoît XVI (ou du moins ce qui en filtre dans les médias), autant il me faut reconnaître que certains textes très puissant sortent parfois de sa plume.  C'était le cas avec l'encyclique "Caritas in Veritate", c'est encore le cas avec ce texte, véritable plaidoyer pour la liberté religieuse. 

Dans cet écrit, le Pape renvoie dos à dos le fanatisme religieux et l'intégrisme laïque, menant tous deux à une civilisation superficielle et fragile car se coupant de la recherche de la Vérité.

 

Voici un extrait, pour le texte au complet, c'est ICI :

 

"On ne peut oublier que le fondamentalisme religieux et le laïcisme sont des formes spéculaires et extrêmes du refus du légitime pluralisme et du principe de laïcité. Tous deux, en effet, absolutisent une vision réductrice et partiale de la personne humaine, favorisant dans le premier cas, des formes d’intégralisme religieux, et dans le second, de rationalisme. La société qui veut imposer, ou qui, au contraire, nie la religion par la violence, est injuste à l’égard de la personne et de Dieu, mais aussi envers elle-même. Dieu appelle à lui l’humanité dans un dessein d’amour qui, alors qu’il concerne la personne tout entière dans sa dimension naturelle et spirituelle, exige d’y répondre en termes de liberté et de responsabilité, de tout son cœur et de tout son être, individuel et communautaire. La société elle-même, en tant qu’expression de la personne et de l’ensemble de ses dimensions constitutives, doit donc vivre et s’organiser en sorte de favoriser l’ouverture à la transcendance. C’est précisément pour cela que les lois et les institutions d’une société ne peuvent pas être configurées en ignorant la dimension religieuse des citoyens ou au point d’en faire totalement abstraction. Elles doivent se mesurer – grâce à la participation démocratique de citoyens conscients de leur haute vocation – à l’être de la personne afin de pouvoir la seconder dans sa dimension religieuse. N’étant pas une création de l’Etat, elle ne peut être manipulée par lui ; elle devrait plutôt en recevoir reconnaissance et respect."

Par Galahad - Publié dans : Reliance Chrétienne - Communauté : Chrétiens - et fiers de l'être
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Mardi 14 décembre 2010 2 14 /12 /Déc /2010 17:45

19-DELACROIX-LE-BON-SAMARITAIN.jpg

 

« Mais le docteur de la Loi, voulant se justifier, dit à Jésus : "Et qui est mon prochain ?" Jésus reprit : "Un homme descendait de  Jérusalem à Jéricho, et il tomba au milieu de brigands qui, après l'avoir dépouillé et roué de coups, s'en allèrent, le laissant à demi mort. Un prêtre vint à descendre par ce chemin-là ; il le vit et passa outre. Pareillement un lévite, survenant en ce lieu, le vit et passa outre. Mais un samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut pris de pitié. Il s'approcha, banda ses plaies, y versant de l'huile et du vin, puis le chargea sur sa propre monture, le mena à l'hôtellerie et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers et les donna à l'hôtelier, en disant : "Prends soin de lui, et ce que tu auras dépensé en plus, je te le rembourserai, moi, à mon retour." Lequel de ces trois, à ton avis, s'est montré le prochain de l'homme tombé aux mains des brigands ?" Il dit : "Celui-là qui a exercé la miséricorde envers lui." Et Jésus lui dit : "Va, et toi aussi, fais de même" (Lc 27-36)

 

L’on critique parfois l’action sociale de l’Eglise arguant le fait qu’il n’appartient pas à une institution qui devrait être spirituelle de s’occuper de tâches ne relevant pas de sa compétence et ce, au détriment du travail mystique.
Parfois, j’entends même certains chrétiens déprécier complètement et intégralement le travail des sœurs Emmanuelle, des mères Térésa, des abbés Pierre et autres prêtres de la Libération sud américain, pas assez théologique ou spirituel à leur goût.  Ces chrétiens rappellent en général le rôle premier de l’Eglise qui est de guider l’humanité vers son accomplissement spirituel.  Ce faisant, ils boudent voire ils snobent l'action caritative de l'Eglise.  C'est oublier à quel point la spiritualité chrétienne est pétrie d'action et d'Amour.

Comme le disait Saint Seraphim de Sarov, le but de la vie chrétienne est d’acquérir le Saint Esprit, autrement dit se replonger dans notre Source divine qui est Dieu.  Cela implique de prendre la main qu’Il nous tend pour nous hisser vers notre destinée sublime et d’accepter de nous faire aime par le Christ.
Ce mouvement de l'âme permet resacraliser la Vie et peut-être d'un jour acquérir à nouveau notre Corps de Lumière qui est notre origine et notre destination première.
Voilà donc le chemin de réalisation spirituelle sur lequel l’Eglise devrait guider ses ouailles. Et aussi grandiose et divin qu’est ce chemin, il n’a pas grand-chose à voir, à priori, avec une action humanitaire ou sociale.

Et pourtant.  Plus on se rapproche de la Source d’Amour, plus on accueille le Sauveur en notre cœur, plus l’Amour s’éveille en notre être profond, illuminant chacune de nos cellules, épanouissant tout notre être.  Celui qui n’a jamais voulu s’ouvrir à Dieu, celui qui garde toutes les portes closes comme autant de volets hermétiques fermés à la lumière du jour, celui là ne peut avoir l’idée de ce dont je parle.  Car il ne s’agit pas ici d’un amour mièvre, vague sentimentalisme compassionné envers son prochain qu’on aura tôt fait d’oublier après un don à une œuvre charitable.
Il ne s'agit pas non plus d'un pacifisme politiquement correct, reliquat d'un peace and love très pop. 

Non.  L’Amour que l’on reçoit du divin est un Amour brûlant, qui marque le cœur au fer rouge lui infligeant une blessure vive qui ne se referme jamais, se transformant en soif inextinguible de Lui.     
L’Amour du Bien Aimé est la force ultime qui maintien la cohésion du monde, qui est la Vie même et en même temps plus que la Vie terrestre car il puise sa Source dans le monde incréé.  C’est amour là est Lumière et transforme le cœur en soleil brûlant.

Or nulle lumière ne peut être mise sous le boisseau sous peine d’imploser.  Celui qui a un jour ressenti le feu incandescent de l’Amour divin ne peut que désirer le communiquer afin de propager l’incendie que le Christ est venu allumer (« C'est un feu que je suis venu allumer sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé ! » Luc 12, 49-53). 
Or dépendant du tempérament, de la nature de chacun, certains vont laisser couler cet Amour vers l’extérieur par les étincelles de leurs mots, par le feu de leurs chants, par l’or de leur art ou bien par le don d’eux mêmes près des pauvres, des rejetés et des défavorisés.  Soutenu par la prière, chacun, à sa manière, dans le lieu où il se trouve, porte la torche du Seigneur et enflamme le monde.

Aimer son prochain, être un bon Samaritain, n’est donc pas afficher un vague sentiment de commisération impersonnel, suivre une morale imposée et normative ou pratiquer une charité de façade mais bien se nourrir à l’Amour d’en Haut et le redistribuer.  Or l’Amour qui vient d’en haut, ne peut pas être un principe philosophique sans vécu ni visage.  L’Amour doit pouvoir dire « tu », doit pouvoir se donner d’humain à humain, en regardant droit dans les yeux, donc doit pouvoir s’exprimer dans la vie quotidienne, des bidonvilles de Calcutta à nos rues pleines de stress et de fureur.  gravure dore bible - le bon samaritain

Le travail social accompli par l’Eglise est admirable.  Certains mauvaises langues diront que certains le font par hypocrisie, par intérêt de gagner son salut ou pour se donner bonne conscience.   En réalité il n’appartient à personne de juger la motivation des individus qui l’accomplissent.  Ce travail humanitaire est profon dément bon dans son ensemble car il se nourrit aux sources de l’Evangile et de l’Amour. 
 
En conclusion, s’il est une critique à faire à l'Eglise à ce sujet, ce serait de l'encourager  à donner les outils (spirituels, mystiques, théologiques, émotionnels et psychologiques) pour permettre aux chrétiens de s’ouvrir complètement à l’Amour divin.  Ainsi l’on ne fera pas œuvre de charité en espérant devenir Saint mais l’on donnera l’Amour ressenti que l’on aura reçu en surplus infini du Créateur.  Cet Amour pourra se répandre sur le monde et dans l’histoire afin de servir d’échelle à l’humanité dans sa montée vers la transfiguration.

Par Galahad - Publié dans : Reliance et Société - Communauté : Chrétiens - et fiers de l'être
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Mardi 7 décembre 2010 2 07 /12 /Déc /2010 16:39

arcana_arcanissima.jpg Au XVIe siècle suite à la redécouverte des manuscrits hermétiques, l’Égypte devient, dans l’imaginaire, la source de toutes les sciences, l’origine de toutes les connaissances occultes et alchimiques.

Ainsi, l’alchimiste Salomon Trismosin dans sa biographie l’Aureum vellus (1598) nous décrit comment il quitte Venise pour des «lieux plus favorables » où on le mit en présence de livres cabalistiques et magiques en langue égyptienne. Il fit immédiatement la traduction en grec et en latin : « c’est ainsi que je mis la main sur le grand trésor des Égyptiens».

Citons encore Blaise de Vigenère (1523-1596) : « …tous les plus beaux et profonds mystères de la Nature, ont été par les Égyptiens pères de toutes sciences, compris sous le fait du Nil. »

D’autres ésotéristes de ce seizième siècle vont trouver l’origine de toute sagesse dans l’hermétisme égyptien.  Signalons à titre d’exemple Fludd et John Dee dont l’influence sur la pensée ésotérique de l’époque fut étudiée par le docteur Yates dans son ouvrage : « La lumière des Rose-Croix » (Yates 1978).

La connaissance ésotérique en général et alchimique en particulier vise à expliquer et à relier l’Homme, la Nature, l’Univers et Dieu. Dès lors qu’on suppose que les Egyptiens avaient scellé leur savoir occulte sous le voile des hiéroglyphes et de leur mythologie, ceux-ci deviennent le point de ralliement d’une connaissance universelle appartenant à l’humanité dans son ensemble.

Giordano Bruno pensait que la sagesse de la religion égyptienne était non seulement acceptable mais aussi à l’origine du Christianisme. Bruno mourut pour avoir prêché une réforme du monde basé sur la sagesse hermétique égyptienne qui seule pouvait concilier les différences de religion.

Dans ce contexte, l’alchimiste Michel Maïer présente un intérêt particulier. Michel Maier fut le premier à faire une lecture alchimique de la mythologie  égyptienne.  De plus ses célèbres emblèmes sont d’un intérêt incontournable pour qui s’intéresse à l’art ésotérique.   

Disciple de Paracelse, secrétaire et médecin de Rodolphe II à Prague, Maier  considérait que l’alchimie était parfaitement maîtrisée par les Égyptiens qui en auraient fait la base de leur civilisation.  Elle serait donc la clef de la compréhension de cette civilisation et son héritage.

L’entête du livre de Maier : Arcana Arcanissima, Hoc est Hieroglyphica Aegyptio-Graeca est l’illustration de l’admiration de celui-ci pour l’Égypte.  Il montre deux obélisques entourant des figures d’Osiris, de Typhon, d’Isis, d’Hercule, de Dyonisos, la représentation d’un Ibis et le taureau Apis (voir illustration au début de l'article). 

Maier utilise Diodore de Sicile comme source d’information mais «… les écrivains païens n’ont pas rapporté les choses dans leur vérité…. Nous, afin d’établir le fondement de la doctrine égyptienne, nous tenons pour assuré, à partir d’innombrables preuves, qu’en Egypte une science enseignant les œuvres très secrètes de la nature, ou médecine d’or, s’est trouvée en usage, surtout chez les philosophes, les prêtres et les rois les plus anciens, lesquels  employèrent pour l’exposer par écrit des signes secrets choisis à partir d’animaux, que les Grecs nommèrent par la suite hiéroglyphes, tandis que pour l’exposer oralement ils usèrent d’allégories tirées de personnages fictifs et de leur exploits… » (Maier 1614, 2) maier37.1220456457.jpg

Maier propose une lecture alchimique des mythes égyptiens (En réalité, c’est surtout à une exégèse de la mythologie grecque que se livre Maïer.  Pour lui, comme pour ses contemporains, la mythologie grecque n’est qu’une transposition de l’égyptienne).  Principalement, le meurtre et la résurrection d’Osiris : « Le membre honteux d’Osiris est cette lie noire et inutile, au moyen de laquelle il a d’abord pris son accroissement, mais qui doit après la dissolution être séparée du reste du corps net et pur » (Maïer 1614, 13)

Les dieux sont les principes cachés intervenant dans la genèse des métaux.  Osiris est la matière première à partir de laquelle on compose la médecine d’or, Isis est le principe qui rassemble et unifie après que Typhon (Seth) ait séparé le souffre combustible de cette matière première.       

Maïer rompt avec l’interprétation évhémériste qui prévalait, selon Sylvain Matton, depuis le Moyen-Age.

Embleme-21.jpeg Les ouvrages de Michel Maïer sont magnifiquement illustrés.  Ces illustrations font parties d’un genre à part entière : les emblèmes.  Pour Jacques van Lennep l’origine des emblèmes est complexe mais :  « Sans doute s’agissait-il pour les humanistes de trouver un équivalent aux hiéroglyphes dont la signification les préoccupait. »

Des ouvrages comme l’ Hypnerotomachia Polophili  de l’Italien Francesco Colonna et paru en 1499, contribuèrent sans doute à augmenter l’intérêt pour l’écriture ancienne dite hiéroglyphique.  De fait, l’ouvrage de Colonna était abondemment illustré et ces illustrations parsemées de signes qu’il appelle lui-même « coelati hieroglyphi, ouero characteri aegyptici ». Ces symboles ont, d’après l’auteur, un caractère allégorique et symbolique.    

L’emblème remporta un certain succès et des éditeurs allemands s’en firent une spécialité : Lucas Jennis et Johann Theodor De Bry.  Tous deux furent les éditeurs de Maïer. 

Les emblèmes de Michel Maïer sont dans le plus pur style des gravures de l’époque.  Et si des sujets égyptiens y sont représentés, ils sont très peu, voire même pas du tout, égyptisants.  Michel Maïer, comme ses contemporains, voit l’Egypte au travers du prisme de ce qu’il connaît mieux, à savoir la tradition et l’art Grec.  Il faut attendre son successeur et disciple spirituel Athanase Kircher pour qu’apparaissent les premiers motifs égyptisants.     

Par Galahad - Publié dans : Reliance Culturelle
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Samedi 4 décembre 2010 6 04 /12 /Déc /2010 18:13
Par Galahad - Publié dans : Reliance Culturelle - Communauté : Religions en toute liberté
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