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Laughing_angel_Reims.jpgLe regret et la mélancolie de notre patrie céleste d’origine peut-être la source d’une recherche intérieure, d’un élan romantique, poétique et spirituelle, dans ce mouvement de l’âme que les orthodoxes appellent la Triste Joie.

Par contre, la nostalgie excessive et le regret pathologique de ce que nous avons perdu, nous empêche de nous focaliser sur l’essentiel : la reconquête de notre statut royal.  Par de vaines pleurnicheries, nous nous perdons dans des culpabilisations stériles, dans des lamentations infantiles alors que la reconquête de la splendeur de l’humanité perdue demande précisément courage et joie de vivre, rire et chansons.  Non pas joie superficielle ou hypocrite mais joie de Vie profonde et sincère, à même de transmuter le plomb en or, la boue en lumière.

Pour vaincre les difficultés de ce monde, il faut devenir petit disait le Maître : "Si vous ne redevenez pareils à de petits enfants, vous n’entrerez pas au Royaume des Cieux."  (Mt 18.3-4)

Être petit, n’est pas être faible ou pleurnicheur, « être petit » c’est être émerveillé, aussi joyeux et enthousiaste que lorsque nous étions enfants.

L’humour frais, subtil, sincère et juste est l’arme la plus sûre pour désarmer l’Adversaire, pour trancher les illusions du monde phénoménal et les faux semblants de l’existence.  L’humour permet de ne pas se prendre au sérieux et de dégonfler cet ego si prompt à s’enfler et à nous jeter sur la pente glissante de l’égotisme et de l’égocentrisme.  L’humour est la voie la plus sage pour atteindre ce sain détachement qui mène plus sûrement au Ciel que tous les battements de coulpe.  Loin de se complaire dans une nostalgie, une douleur surfaite et un esprit d’écorché vif, on apprend à rire de soi et du monde avec amour et compassion.

Arnaud Desjardins l’exprimait parfaitement : « Ah oui, il importe de ne pas s’y tromper. Le Sage est à la fois non impliqué et en communion. Cela n’a rien à voir avec la dérision amère, le cynisme ou la fausse gaieté de celui qui, ne se sentant pas assuré, tente ainsi de masquer son malaise. Le vrai rire, le rire pur, le rire d’enfant, va commencer avec la pleine acceptation de nos propres erreurs et de notre propre stupidité. Ce rire là, qui est compassion, ne s’avère juste que s’il procède d’abord de notre regard sur nous-même, et non pas sur les autres. Plus l’on va vers le détachement plus l’on acquiert cette aptitude à rire de soi-même, sans jugement, d’un rire vraiment heureux et unifié, loin de tout ricanement.  Bien entendu ! Si vous êtes capable d’avoir cette attitude joyeuse, d’être à l’aise, vous êtes alors en mesure de prendre profondément conscience de la gravité de la vie et de la réalité de la souffrance, puisque vous ne vous protégez plus. Il y a, dans la peinture japonaise, un personnage de Sage qui a franchement l’air de ce que nous appelons en français un imbécile heureux : un quidam au visage hilare, éclatant d’un rire hébété parce qu’il a péché une écrevisse ou pris un tigre pour oreiller ; ainsi, l’art japonais présente souvent le Sage sous une apparence qui, pour l’Occidental moyen est tout bonnement celle d’un crétin ! Selon moi, en tout cas - mais c’est là le fruit de trente ans de recherche et de doutes - mieux vaut être imbécile et heureux qu’intelligent et malheureux...  Encore une fois, tout a commencé pour moi lorsque j’ai pu de bon coeur sourire, même pas de moi, mais d’un personnage intitulé Arnaud Desjardins : un sourire non identifié et totalement compatissant. Charité bien ordonnée commence par soi-même. Voilà la graine du véritable humour. »

Tag(s) : #Art et Culture

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