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Lamed.jpgLamed a la forme d’un aiguillon et tel est ce que cette lettre symbolise.  Pas un aiguillon pour châtier mais un aiguillon pour stimuler.  Pas un aiguillon pour faire mal mais un aiguillon pour déclencher la soif et le désir car c’est le manque qui fait prendre conscience de la valeur de ce qui manque.  Lamed pourrait être vu comme le manque de Dieu menant au désir de Dieu.  C’est parce que Dieu se cache, qu’il n’est pas visible de prime abord que l’homme qui s’éveille à la réalité spirituelle devient un Homme de Désir, Dieu devenant un manque lancinant creusant l’âme comme un calice prêt à Le recevoir.

 

C’est ce désir qui fait dire à David :

« Dieu, c'est toi mon Dieu ! Dès l'aube je te désire ;

mon âme a soif de toi ;

ma chair languit après toi,

dans une terre desséchée, épuisée, sans eau. » (Psaume 63,2)

 

On compare parfois Lamed à une aile.  C’est que l’âme poussée par le désir s’envole vers les hauteurs infinies afin de rejoindre le Bien Aimé, son Créateur.

 

Si la Torah commence par la lettre Beith, elle termine par la lettre Lamed (lettre finale du mot Israel, le dernier de la Torah).  La première lettre (B) et la dernière (L) forme le mot « Bal » qui signifie la fertilité, l’acte créateur.  En effet, la Torah est la loi de Dieu.  Non pas une loi morale, autocratique, arbitraire et superstitieuse mais une loi créatrice qui organise le Chaos primordial.  Ce n’est que grâce à cette force organisatrice que la fertilité et la richesse de Dieu peuvent s’exprimer pleinement dans la sphère matérielle réalisant la devise Ordo ab Chao.  La Torah, de Beith à Lamed, est la descente de l’énergie divine des plus hautes sphères spirituelles (Atziluth) aux plus denses sphères matérielles (Assia). 

La Torah, de Lamed à Beith, est le chemin du retour d’exil, le chemin de la Réintégration.  Or, le mot formé par « L » et « B » est Lèv, le cœur.  La voie du retour est donc la voie du cœur, ce qui est également montré par le fait que Lamed est le milieu de l’alphabet, son cœur palpitant. 

Cette voie cardiaque demande constance, abandon mais aussi sacrifice afin de pouvoir se dépouiller du manteau du vieil homme et atteindre l’équilibre et la paix intérieure.  Dans cet ordre d’idée, Lamed est traditionnellement associé au signe de la balance.

 

L’aiguillon de Lamed stimule la volonté car c’est l’effet structurant et stimulant de la volonté qui va permettre de s’engager sur la voie du retour.  C’est pour cette raison que le sentier de Lamed situé sur l’Arbre de Vie entre H’essed et Tifereth se nomme Sekhel Haratson, la Conscience de Volonté.

 

Soif de Dieu étanchée par l’envol vers Lui, porté par le désir et la volonté.  A mi-chemin, de l’infini, l’Infini vient à nous, faisant jaillir la Source Eternelle au sein de notre âme :

 

« Et Jesus lui répondit :…celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle. » (Jean 4, 14)

Tag(s) : #Art et Culture

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