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La Torah, la Bible ou le Coran ne sont pas de simples livres de bonne conduite. Ils sont, pour qui sait entendre, un reflet de la Lumière divine. Ils sont la clé et la porte menant au Royaume des Cieux. En intégrant et en comprenant de manière intérieure les mots qui sont dit, on peut éveiller en soi la Parole Eternelle.

L'une des plus grande nuisance à la religion et à l'évolution spirituelle de l'humanité est sans conteste le fanatisme et l'obscurantisme. L'une des causes de celui-ci est la lecture littérale des Textes Sacrés. Traduisez par là : la reprise littéral de certains passages sans tenir compte ni du contexte historique, ni de la signification spirituelle de la lettre. Finalement lire littéralement un Texte Sacré sans chercher à en comprendre le sens, c'est un peu comme contempler une église (ou un temple, ou une mosquée, ou une synagogue,...) en pensant regarder Dieu.
Pourtant les exercices de lecture spirituelle des textes existent depuis les débuts des religions du Livre.

Dans le christianisme, c'est la Lectio Divina prônée par les Pères de l'Eglise et théorisée par Origène. Les musulmans distinguent deux niveaux de lecture du Coran (le zâhir ou lecture littéral et exotérique et le bâtin ou lecture secrète et ésotérique du texte). Dans le judaïsme et dans le christianisme les niveaux de lecture sont au nombre de quatre :

1. Le sens historique

Il doit être complémenté par l'exégèse qui consiste à replacer le texte dans le contexte de l'époque et à tenir compte des problèmes de traduction.
C'est un sens historique, qui correspond au passé, cette lecture se nomme Pshat en hébreux, ce qui signifie « littéral ».

2. Le sens allégorique

Il fait la relation entre le passé et le présent. Il est appelé Remez en hébreux (« allusion »). Il consiste à voir au-delà de l'anecdote, ce qui est symbolisé par l'anecdote. Ce qui, somme toute, reprend la méthode d'enseignement du Christ.
Par exemple, aujourd'hui parler de lépreux en Occident n'a plus aucun sens puisque la maladie est éradiquée. Il faut alors voir ce que l'image du lépreux symbolise, celle des parias, des mis au banc de la société.

3. Le sens moral

Nommé Drash en hébreux, signifiant « creuser, sonder, chercher » et qui donnera le terme Midrash désignant l'herméneutique juive. Il correspond au présent et consiste à ouvrir son cœur aux vertus émanées par le Livre Saint. Il ne s'agit pas de tirer quelque vague et formel code de conduite qu'on suivrait à la lettre en sombrant dans une austérité sordide. Non. Ici, il s'agit de s'ouvrir à la pureté christique (ou mosaïque, ou mahométane), c'est-à-dire de devenir transparent et un vivant reflet de Dieu. Devenir transparent et pur, c'est penser, parler et agir vrai, en accord avec son cœur, débarrassé des coutumes particulières, guérit des blessures de l'enfance. Être pur, c'est, dans le quotidien, avoir le regard pur, c'est-à-dire voir dans l'autre un éclat de Dieu, une image de Soi, c'est quitter nos jugements sclérosants, nos schémas limités, notre formalisme limitant. C'est laisser croître une générosité sans limite et se faisant, s'ouvrir à l'Infini du Souffle divin.


4. Le sens anagogique

Il est le plus spirituel, le plus mystique et correspond au Sod hébreux (« secret ») relevant de la Kabbale. La lecture anagogique relève de l'état de conscience plus que de l'intellect. Libéré du flux discordant des pensées quotidiennes, on s'ouvre à la pleine dimension spirituelle du texte. Celui-ci devient un dialogue intérieur entre Dieu et Soi, on touche à l'Ineffable, on entre dans la Hiérohistoire, le Temps Sacré en dehors des limites du temps, là où la Parole est palpable.

L'acronyme des quatre niveaux de lecture en hébreux (Pshat - Remez - Drash et Sod) donne le mot Pardès ou Paradis. De fait, comprendre pleinement les Textes Sacrés, en avoir une vision intérieur et globale ouvre les portes du paradis, c'est-à-dire de l'Union Sainte, le Mariage Sacré entre l'âme du pratiquant et la Source dont il est issu.

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