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Quelqu'un de peu familier avec le mode de pensée mystique pourrait s'étonner de l'intérêt porté au symbolisme des lettres hébraïques. Après tout, nous ne sommes pas habitués à ce que nos lettre usuelles expriment autre chose que des sons qui, mis ensemble, vont former des phrases exprimant des idées.
Le symbolisme des lettres est pourtant aussi vieux que celles-ci et fut de tout temps le support d'une profonde réflexion mystique. L'alphabet hébreux fut particulièrement le véhicule de la théosophie chrétienne (à ne pas confondre avec la Théosophie de Blavatsky) depuis la venue du Fils de Dieu.
Pour comprendre l'intérêt porté à cet alphabet, il faut entrer dans un mode de pensée différent du rationalisme quotidien, à savoir le mode de pensée symbolique.
Chaque lettre est un symbole. Autrement dit, elle a une signification autre que purement sonore. Par sa place dans l'alphabet, par sa forme et par le son qu'elle émet, elle prend une signification mystique. Celle-ci, loin de rester froide et intellectuelle, invite à plonger en nous même et de nous mettre en résonance avec les concepts figurés. La lettre devient alors le support pour toucher à l'ineffable, la porte qui mène à la connaissance intuitive, celle qui peut nous rapprocher de l'Absolu.
Au fil du temps et de la méditation sur les lettres, un schéma commence à prendre forme. La relation entre les lettres prend sens, et chacune d'elles devient aussi consistante qu'une étoile. Elles forment alors de véritables constellations de savoir. C'est alors qu'on peut parler d'arcane car on voit à cet instant les signes comme des idées-racines inexprimables, véritables matérialisations sur le papier de l'énergie divine.

Aussi faut-il tenter d'intégrer le pouvoir symbolique des arcanes non seulement avec la raison mais aussi avec les yeux du cœur et de l'esprit.

 

Alef


Alef est la première lettre de l'alphabet hébreu, le premier arcane de la tradition judéo-chrétienne.
Aleph n'a pas de son et se vocalise par une voyelle, pouvant être indifféremment o,a,é,i, ou.

 

Première lettre, elle a la valeur numérique 1, elle est donc le symbole de l'unité, de la Source, de la puissance, de la stabilité et de l'équanimité.

 

Source de l'Esprit divin, elle est aussi le lien entre la Terre et le Ciel, entre le matériel et le spirituel, entre les hommes et Dieu.
Sa valeur numérique est Un, l'unité parfaite, le centre éternel du Tout. Le « Un » est cette tête d'épingle surgie silencieusement du néant et qui contient toute chose en potentiel, puissance absolue capable de passer de l'unité (1) à la multiplicité infinie (10,100,1000,10000, etc...)

 

« ...de même que pour prononcer Alef, on ouvre simplement la bouche (sans produire de son), la pensée s'étend à l'infini et sans terme. » (Sepher haBahir §70) »

 

« Mais du milieu du mystère impénétrable, de la première descente d'Ein Sof, scintille une indiscernable lumière comme le chas d'une aiguille, profondeur cachée de pensée, qui demeure inconnaissable jusqu'à ce que sorte d'elle une lumière... Tout d'abord, il y a Alef, le commencement et la fin de toutes les catégories, sur lequel toutes les catégories sont inscrites et qui est toujours appelé « un », informant que malgré le fait que le divin contienne beaucoup de formes, il demeure unique. Le premier point du Alef symbolise la pensée suprême occultée, dans laquelle est potentiellement contenue l'extension du firmament suprême. »

 

Aleph est la force médiane, qui unit les contraires. Cette fonction d'unification en fait le symbole idéal de l'Adam Qadmon, l'Homme Primordiale et Universel, régentant la Création.
Aleph est le commencement (en tant que Source) et le but à atteindre, le Sepher haBahir dit d'ailleurs : « Pourquoi Alef est-il placé en tête ? C'est parce qu'il a tout précédé, même la Torah ».
De fait, la première lettre du Livre Sacré est la deuxième de l'alphabet, Alef est donc le non manifesté, le « vide empli de potentiel ».

 

Enfin, Alef est aussi le principe masculin (H'okhmah) fécondant le principe féminin (Binah) afin que la Création puisse exister.

Tag(s) : #Art et Culture

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