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Ces derniers jours, une certaine partie du monde a tremblé (et tremble encore) : la Bourse, ce golem tentaculaire et virtuel a frémi sur ses fondations. A priori, l'événement me laisse assez froid, je n'ai que peu d'intérêts pour les vaines agitations autour de l'idole boursière.
Néanmoins, il m'apparaît être représentatif de l'une des caractéristiques de notre étrange époque : le manque de responsabilité.

Lorsqu'on regarde autour de soi, dans la vie de tous les jours, on ne peut que remarquer tous ces signes de dysfonctionnements, comme si un grand vent de désintéressement avait frappé l'ensemble de la société. Il faut se rendre à l'évidence, la majorité des gens, quelque soit le poste qu'ils occupent, quelque soit la société pour laquelle ils travaillent, la majorité des gens disais-je, marque de moins en moins d'intérêt pour ce qu'ils font.

Les statistiques confirment ce sentiment : d'après un récent sondage, seul 6% des jeunes en dessous de 35 ans aiment ou se sentent concernés par leur activité professionnelle. C'est triste. On vit dans une société où 94% des gens s'ennuient la journée en attendant de revenir à la maison pour... Pour quoi ? S'abêtir devant la télé réalité ou devant une émission pathétique d'abrutissement comme avant on revenait de la mine et on s'abrutissait devant une bouteille de mauvais alcool ?

Triste monde que celui-là, dans lequel ceux qui sont au bas de l'échelle souffrent de l'inanité de leur vie tandis que ceux qui sont en haut ne pensent qu'à générer du profit, encore plus de profit, toujours plus de profit, quitte à ce que le monde s'écroule autour d'eux. Plus aucun sens des responsabilités, aucun sens des conséquences, juste une cupidité sans limite, une agitation sans objet, illusoire et vaine.

On a évacué Dieu en même temps que le pouvoir abusif de certaines institutions religieuses, on a gagné la liberté mais perdu le sens.
On a espéré évacuer les élites pour trouver l'égalité mais au lieu de quoi, on a nivelé vers le bas, rabaissé les aspirations spirituelles grandioses, évacué la culture et l'idéal transcendantal.
On s'est mondialisé et espérant un nouveau monde d'échange, d'enrichissement mutuel dans notre quête cosmique commune, au lieu de quoi, on s'est tous attaché aux mêmes idoles monstrueuses, les Molochs des temps modernes : rentabilité, bourse, endettement, stress...

Je crois qu'il est urgent que l'homme reprenne conscience de son appartenance divine et Une.
Je crois qu'il est urgent que l'homme renoue avec des aspirations de saine liberté, de saine spiritualité, de saine société.
Je crois qu'il est urgent que l'homme rétablisse le contact avec le Dieu qui murmure en lui, qu'il se mette au diapason de Sa volonté.
Je crois qu'il est urgent que l'homme atteigne un seuil de conscience globale et regarde l'autre comme un autre lui-même.

Sinon, nous nous couperons une fois de plus de notre Source et couleront dans les eaux glauques et sombres d'un monde basé sur des valeurs illusoires, dont les fondations seraient bâties sur le trou noir infini de la bêtise humaine.
Sinon, nous nous emprisonnerons dans les griffes de Moloch, détruisant les hommes, les consciences et la Nature.
Sinon, nous finirons par renier définitivement le sacré qui est partout présent et d'un lieu d'évolution vivant, la Terre deviendrait une prison abjecte avec comme geôlier le monstre que nous aurons nous même créé.

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée.
Tu aimeras ton prochain comme toi-même
» (Matthieu 22, 37)

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