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En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruits.
Celui qui aime sa vie la perdra, et celui qui cesse de s'y attacher en ce monde la conservera pour la vie éternelle. (Jean 12, 24-25)



 

Notre « petit moi », notre ego, fut planté en ce monde où il évolue bon gré, mal gré au fil de événements de la vie. Pour naître à la vie spirituelle, il faut faire mourir cette partie de nous. Mourir pour renaître. L'ego est cette partie de nous constamment insatisfaite, orgueil mal placé, toujours prêt à s'offusquer, à nous dresser les uns contre les autres, à se vexer pour un rien fier d'une identité illusoire.
C'est de ce vieux vêtement dont il faut se détacher et se débarrasser, lui qui n'aura jamais accès à la vie éternelle.
Non pas en se combattant soi-même comme il est trop souvent dit, attitude qui ne peut que mener à une culpabilisation permanente ou à une mortification intérieure qui produisent toutes deux les effets contraire à ceux recherché, à savoir l'égocentrisme, la faiblesse et l'orgueil.
C'est un travail positif qu'il faut accomplir, en se recentrant sur notre âme essentielle, sur notre partie immortelle qui est notre lien à Dieu.
L'Amour divin est une énergie transformatrice, peut-être la plus puissante de l'Univers. En nous ouvrant à Dieu par la prière, on Lui permet de venir résider dans notre cœur et d'y exercer son œuvre de transformation. Encore faut-il vouloir changer, vouloir se rapprocher de l'Absolu, vouloir se débarrasser de sa petite vie qui se cramponne vivement à son mode d'existence illusoire.

 

En réalité, la réalisation spirituelle, souvent décrite comme un anéantissement de l'ego, n'a pas d'autre but : permettre la dissolution de cette partie de nous, destructrice et non harmonisée, qui fait obstacle à notre réalisation. Il ne s'agit nullement de se fondre dans un grand Tout indifférencié de Lumière Pure, de se suicider spirituellement et de perdre tout individualisme, toute identité. Il s'agit au contraire de se débarrasser de nos vieux vêtements moisis afin de trouver notre véritable moi, beau dans sa nudité authentique et divine. Dieu est Lumière et Source de Vie, en nous baignant en pleine conscience dans Ses eaux, nous devenons nous même plus conscient, plus grand, plus fort mais aussi plus humble et plus aimant que l'on ne l'a jamais été. On se rend compte que nous ne sommes pas la Lumière Suprême mais l'une de ses multiples teintes, l'une de ses expressions. Reliée à Elle, vivant reflet d'Elle mais différent d'Elle.
Lorsqu'on se débarrasse de nos blocages, lorsqu'on guérit nos blessures, lorsqu'on intègre la connaissance, on devient transparent comme du cristal, on enlève les vieux papiers qui collent à notre miroir intérieur et qui empêchent le soleil de s'y refléter.

 

En réalité, ce verset évangélique prône le détachement.


Et le détachement, clé de tout bonheur véritable et de tout progrès spirituel, n'est pas le « je m'en foutisme », mais l'adoption d'un point de vue plus élevé que l'ego. Pour gagner la vie éternelle, il faut cesser de s'attacher aux petites (et aux grandes) mesquineries de la vie, être comme l'eau de la rivière qui se joue des obstacles mis sur son chemin.

 

Le détachement, n'est pas afficher une sorte de sentiment de supériorité de façade nous faisant mépriser tout ce qui serait « vile » ou « veule » à nos yeux. Mais au contraire acquérir une vision perçante et profonde des choses, des gens et des événements. Une vision motivée par l'Amour qui a pour conséquence une compréhension de l'autre allant au-delà des schémas établis, au-delà des apparences et au-delà des idées toutes faites bien pensantes.

 

Le détachement n'est pas une extinction de nos émotions mais le raffinement de celles-ci. Ce n'est pas une destruction de notre ressentit mais la construction d'un ressentit autre, plus serein, plus vrai, plus pur, moins pollué par un émotionnel malade et exacerbé.

 

Le vrai détachement est un chemin menant à une stabilisation de l'esprit permettant de construire les colonnes de notre temple intérieur, condition sine qua non d'un cheminement spirituel porteur de fruits, qu'on ne peut aborder que droit et solide comme l'Axe du Monde.

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