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Hier, j’ai rencontré quelqu’un qui avait peur.  Peur d’une guerre nucléaire ? De l’orage ?  D’un attentat terroriste ? De recevoir son préavis ? Non.  L’homme avait peur de… la musique !

« La musique est comme une main s’insérant dans ton esprit, elle cherche à te manipuler, écouter de la musique, c’est comme fumer un joint ! », me dit-il avec ce regard tragique qu’arborent les grands traumatisés.

Cela me fit réfléchir.  Non pas sur la nécessité de vendre dorénavant les CD sous ordonnances mais plutôt sur l’origine de cette phobie étrange. 

Et puis j’ai compris !

La peur de la musique, c’est la peur de l’incontrôlé, la peur de son être intérieur et de l’inconnu, la peur de son ombre…  La peur qui empêche Peter Pan de s’envoler. 

La musique et l’art en général touchent les niveaux les plus profonds de notre conscience.  Ces arts ouvrent des portes, comme le font la danse, la méditation ou la spiritualité.   Que va-t-on découvrir derrière ?  Un spectre ? Un gouffre béant ? Un cadavre dans le placard ?  Certaines personnes ont peur d’ouvrir des portes.

Paradoxalement, la plupart des gens cherchent précisément à vibrer, à s’immerger dans la peinture, dans une symphonie ou dans une danse frénétique.

La culpabilisation généralisée, les répressions politiques, l’obscurantisme religieux, l’esclavage économique ont placé des murs d’acier dans les consciences individuelles.  Murs entre l’homme et la nature, murs entre l’homme et la femme, murs entre l’homme et l’inspiration divine, murs entre les différentes parties constitutives de l’esprit humain.  A force d’être emmuré, l’homme s’est fragmenté.  Une société constituée d’individus éclatés intérieurement est une société de frustrés et de schizophrènes.

Inconsciemment, l’être humain sait que l’unité est la clef et que celle-ci commence en lui-même.  Alors, il cherche à renouer contact avec les dieux-archétypes qui sont en lui avant de se tourner vers Dieu, Source de toute chose.  Une petite minorité cherche à le faire consciemment, à retourner dans la nature, à rechercher le nom de l’Ineffable inscrit sur l’écume des vagues, chanté par le vent ou le murmure des rivières.  D’autres se ménagent quotidiennement une fenêtre de méditation, non pas fuite de la réalité mais retour progressif  vers la Vérité.   

La plupart n’ont malheureusement pas cette chance car l’éducation a depuis longtemps tranché ce lien sacré à la nature et à la spiritualité.  Ceux là ne savent pas ou pire, ils ont peur de savoir.  Ils restent prisonniers des murs d’acier tout en pleurant intérieurement pour sortir.  Ils n’ont pas la confiance ou le courage de faire voler la prison en éclats et de retourner à la Source.  Alors ils deviennent cyniques, craintifs, se réfugient dans des faux problèmes qu’ils s’inventent ou dans des vrais comme la drogue ou l’alcool.  Ils veulent oublier ce mal-être insoutenable qui les taraude, dont la seule cause est qu’ils ne veulent pas s’ouvrir, qu’ils n’osent plus danser avec les loups.

 

Le véritable ennemi à terrasser est la peur, peur de soi, des autres, de l’extérieur, de l’intérieur, de la nature, des animaux, des autres cultures, peur de la peur elle-même. Autant de tête à l’hydre qui nous paralyse de l’intérieur.

 

Il est temps de retrouver notre fierté, de faire fi de notre égoïsme et de se relever nimbé de la lumière du héros.

Il est temps de prendre notre épée, de tenir haut notre torche et d’affronter le monstre de face.

Il est temps de faire tomber les têtes de l’hydre de la peur et de cautériser les plaies avec notre force intérieure, pour qu’elles ne repoussent pas. 

 

Le monstre terrassé, nous pourrons entendre notre murmure intérieur et danser au son du fifre qui résonne dans notre conscience.  Si la majeure partie des gens prenait conscience que la clef se trouve en eux et qu’il est en leur pouvoir de l’utiliser, de plus en plus atteindraient le Graal, chaudron symbolique de la Connaissance et de l’Illumination.  Abreuvé par le breuvage d’inspiration, gorgé d’Esprit, nous pourrions bâtir un monde de liberté et de respect où chacun trouverait sa place.

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