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Dans les légendes celtiques, la Déesse Ceridwen supplia les druides de lui donner la recette d’un breuvage apportant la Sagesse ultime à qui en boirait.  La Déesse réservait ce divin liquide à son fils Afagddu pour compenser la laideur de celui-ci.  Comme la potion était très longue à préparer, Ceridwen demanda au jeune Gwion de surveiller le chaudron dans laquelle elle cuisait.  Il était connu que seules les trois premières gouttes du chaudron étaient bénéfiques, le reste du breuvage, un poison virulent. 

Mais Gwion, très distrait, mit trop de bois sous le chaudron et le liquide se mit à bouillir méchamment.  Trois gouttes tombèrent sur la main du jeune homme qui la porta à ses lèvres et qui acquis instantanément l’illumination.

Furieuse que le breuvage destiné à son fils fut gâché, Ceridwen se jeta sur le jeune homme.  Pour s’échapper, Gwion mit à profit sa nouvelle connaissance de toute chose pour se changer en lapin, mais la Déesse se changea en chien.  De lapin, Gwion sauta dans une rivière et se transforma en poisson, la Déesse le suivit sous forme de brochet.

Dans un bruissement d’ailes, le pauvre Gwion s’extrait de l’eau sous la forme d’un oiseau, bientôt suivit par un redoutable faucon.  Enfin, Gwion aperçoit un tas de grain et devient un grain parmi les grains, espérant échapper à la vengeance de Ceridwen.  Mais celle-ci se transforma une dernière fois en poule et avala tous les grains.  Elle tomba enceinte et neuf mois plus tard, Gwion renaquit à lui-même et devint Taliesin, le Barde des bardes.

 

La signification de la légende est plutôt claire : l’Inspiration Divine se trouve dans le chaudron, symbole féminin par excellence.  Le Chaudron est la part féminine de l’Etre, celle qui se trouve en chacun de nous, qu’on soit homme ou femme car « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; male et femelle il les créa. (Gn 1 :27) »

 

Dans notre état d’exil, nous sommes séparés de cette partie de nous, de cette moitié inspiré et inspirante.  Car c’est dans cette partie inconnue, créative, surconsciente que se trouve caché la source d’inspiration capable de nous relier à la Source de toute chose, notre partie féminine est notre fil d’Arianne capable de nous guider hors du labyrinthe des illusions. 

Il nous appartient d’épouser cette partie féminine au cours des Noces Chymiques, autre manière de désigner le mariage entre la partie rationnelle et spirituelle de notre être, entre notre côté humain et notre côté divin, entre notre corps et notre esprit…

 

Avant d’atteindre cette partie profonde de notre être, encore faut-il en passer les épreuves, échapper aux gardiens qui en protègent le seuil et qui sont ne sont jamais que nos peurs de grandir, nos peurs de l’inconnu, nos peurs d’évoluer.   

Cette résistance au changement, à l’exploration de nous même nous fait rejeter notre Féminin des Profondeurs.   Alors Eve devient Lillith, démon plein de rancœur qui se tapi dans les tréfonds de notre conscience et surgit sous forme de cauchemars, d’aigreurs inconscientes, de dépressions ou de psychoses. Erreur ! Car oublier ou dénigrer l’autre partie de nous, revient à refouler l’inspiration, à nous fermer au créatif et finalement à rejeter le divin.

 

Quoique peu mis en valeur aux cours des âges, le féminin sacré et intérieur est partout présent dans la Bible, dans l’Ancien Testament sous les traits d’Eve, des Matriarches et des autres femmes présentes (voir à ce sujet l’excellent livre d’Annick de Souzenelle, Le féminin de l’Etre) et dans le Nouveau sous les traits de Marie Madeleine et surtout de Marie, quintessence de la Féminité Sacrée portant l’Enfant Dieu, Roi du Monde.    

 

En épousant notre Féminin Sacré, nous nous renouvelons, nous accouchons de notre enfant divin intérieur et nous nous préparons aux noces ultimes, celles qui nous consacrerons en tant qu’épouses de Dieu.

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