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Daleth est la porte des mondes manifestés.  Elle mène dans le plan des quatre éléments, des quatre points cardinaux, des quatre vents, des quatre saisons et des quatre mondes : Atzilouth – Beriah – Yetsirah et Assyah.

Daleth est souvent associé à la pauvreté car avec la manifestation matérielle, la lumière provenant de l’Aïn Soph se densifie et est voilée par la matière.  Et avec la manifestation vient le cercle de la vie et ses quatre étapes : naissance – croissance et plénitude – flétrissement – mort. 

Toutefois, cette densification n’est pas négative car elle sert de support à l’évolution de l’âme et permet à la volonté de s’exercer, de se renforcer.

Car si une porte est un espace intermédiaire entre deux états d’être, on peut la franchir dans les deux sens.  En tout endroit, dans le désert écarlate, dans les villes de métal, dans les forêts d’émeraude et sur les mers de saphir, on peut franchir la porte et revenir au monde divin, renouer avec la Présence.  La Lumière, l’Aïn Soph se trouve partout.  Dans la Bible, cette porte menant au Royaume des Cieux est symbolisée par la tente d’assignation que les hébreux emportent partout : « Moïse, Aaron et ses fils campaient devant le tabernacle, à l'orient, devant la tente d'assignation, au levant; ils avaient la garde et le soin du sanctuaire, remis à la garde des enfants d'Israël; et l'étranger qui s'approchera sera puni de mort. (Nbr 3 :38) »

L’ « étranger » est celui qui est devenu étranger à la présence de Dieu, car si Dieu est partout présent, il se cache néanmoins sous le voile de la manifestation.  Et cela pour notre bien, car depuis l’Exil, nos yeux ne sont plus capables de regarder en face son étincelante Beauté.

  

Dans le même ordre d’idée, le monde manifesté contient l’ensemble de la Création comme le montre la tetraktys : 1 + 2 + 3 + 4 = 10.  Autrement dit en déroulant le chiffre 4 et en additionnant ses parties constitutives, on arrive à 10, chiffre symbolisant la création dans son entièreté.

 

Pour le théosophe Franz von Baader, la Création est deux fois double : masculine et féminine, chacune des parties contenant l’autre polarité comme dans le Tao où le yin est présent dans le yang et vice-versa.

De plus, la divinité est androgyne, Père et Mère mais aussi trinitaire, Père – Fils – Esprit.  Le processus de création et de fondation, lui ne peut être que quaternaire car seul la quaternité exprime l’accès au Soi et à la personnalité de Dieu dans les trois Personnes égales et distinctes car « le quatrième terme, passif, n’ajoute rien à la Trinité car il ne crée ni ne génère ; il reflète seulement la génération, renvoie aux puissances génératrices leur image dans laquelle elles peuvent se saisir en leur unité et leur distinction. » (L.P.Xella, Filosofia Erotica, p38).

 

Autrement dit, le quaternaire est la Création en tant que miroir du Créateur, reflet imparfait du monde d’En haut mais qui évolue sans cesse car « l’inférieur, admirant le supérieur, sort de sa propre infériorité, se soulève en quelque sorte ; le supérieur, se mirant et se contemplant dans l’inférieur, le soulève jusqu’à soi sans pour autant s’abaisser à son niveau.  Le supérieur est un miracle pour l’inférieur et l’inférieur est un miroir pour le supérieur : ainsi ils se rencontrent sans se confondre » (L.P.Xella, op.cit., p40) 

Tag(s) : #Art et Culture

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