Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /2009 17:44

L’histoire a montré combien l’évolution humaine se fait par paliers, par étapes.  Toutes les civilisations ont connu les fameux cycles de naissance, d’apogée puis de déclin et de mort.  Cette mort fut parfois définitive, parfois elle ne fut que le prologue à une nouvelle naissance, à une résurrection.

 

Tout mouvement qu’il soit politique, religieux ou mystique est soumis à cette loi divine d’impermanence quand bien même il se croirait éternel et au-dehors de cette terrible loi d’évolution.  Freiner des deux pieds ne rend que l’agonie plus douloureuse et limite les chances de revenir à la vie car plutôt que de se construire une chrysalide afin de se protéger et de renaître, on utilise ses dernières énergies à lutter contre l’inévitable.

 

Les Eglises chrétiennes et le christianisme en général ne font pas exception à la règle.  Après deux mille ans d’existence, le christianisme doit, à mon sens, quitter certaines habitudes dépassées afin d’envisager le troisième millénaire de son existence avec la force et la sérénité qu’il convient.

Ainsi, serait-il temps de concéder que si l’Eglise se veut l’épouse du Christ, le réceptacle de l’Esprit, elle est avant tout composée d’hommes qui dans toute l’infaillibilité que le Saint Esprit est censé apporter ont tout de même plongé le monde occidental dans les flammes de l’Inquisition, dans l’abjection de l’anti-sémitisme, dans le sang des croisades, dans les affres de la culpabilisation, dans les chaînes d’un ascétisme doloriste, dans les douleurs des mortifications masochistes et dans la négation pathogène de la sexualité…

Et si les choses ont été mieux vécues au sein de l’Eglise d’Orient, il faudrait tout de même faire preuve d’humilité et bannir toute notion d’infaillibilité et d’inspiration divine au sein des institutions humaines.

Il m’apparaît que l’humanité a besoin de guides spirituels, montrant l’exemple de la compassion, et menant les fidèles vers la voie de la déification individuelle, de la réparation et de la réunion à Dieu et non de législateurs froids se posant en intermédiaire d’un Dieu formaliste, sanguinaire et vengeur.

 

Dans cet ordre d'idée, peut-être serait-il temps de remplacer les gémissements et les culpabilisations morbides par la force sereine donnée par la spiritualité vraie en Christ ? Car une conscience qui repose dans la Lumière est une conscience épanouie.

 

L’Eglise se pose actuellement comme adversaire des pratiques ésotériques fort à la mode ces derniers temps.  Or, lorsqu’on étudie l’histoire du christianisme, on voit qu’il n’en a pas toujours été ainsi.  Que souvent, des hommes de grand esprit au sein de l’institution ecclésiale,  ont pratiqué l’astrologie, la mancie, voire la magie. 

C’est que, loin des horoscopes vulgaires, la vraie astrologie, placée dans un contexte théologique peut être un outil très efficace pour se connaître soi même et prendre conscience de l’union qui existe entre le microcosme et le macrocosme, entre la Terre et l’Univers, entre l’individu et Dieu.  Car si celui-ci est transcendant, il est aussi immanent et toute chose est soumise à Sa volonté.

C’est qu’une mancie, lorsqu’elle est consciemment dirigée vers Dieu est un procédé efficace pour se mettre au diapason de Sa volonté.  Les premiers apôtres le savaient d’ailleurs fort bien et la pratiquèrent lorsqu’il fallut choisir un successeur à Judas : « On proposa alors deux hommes : Joseph, appelé Barsabbas, surnommé aussi Justus, et Matthias. Puis l'assemblée fit cette prière : « Seigneur, toi qui connais le cœur de tous, montre-nous lequel de ces deux tu as choisi pour occuper, dans cette fonction d'apôtre, la place que Judas a quittée pour aller à celle qui lui revient. » Ils tirèrent alors au sort et le sort désigna Matthias, qui fut donc associé aux onze apôtres. » (Actes 1 : 23-26)

Ils auraient tout aussi bien pu tirer les cartes, les runes ou le yi-king.

Quand à la magie qui consiste à appeler les énergies divines afin de se voir réaliser des œuvres diverses, elle est très courante dans le monde chrétien sous forme de thaumaturgie. 

Bref, ce n’est pas les pratiques qui sont critiquables mais la vulgarisation de celles-ci ou leur utilisation à des fins mercantiles ou maléfiques. 

 

Peut-être serait-il également temps de faire la place belle à la sophiologie et de s’ouvrir à la dimension féminine et maternelle de Dieu et de consacrer des femmes prêtres ?

 

Enfin, je suis intimement convaincu de la richesse de la réflexion et de la méthode kabbaliste, racine et origine du christianisme.  La kabbale est le cœur palpitant du monothéisme judéo-chrétien et de la Bible, il serait temps que les chrétiens en prennent conscience afin de développer une kabbale chrétienne digne de ce nom.  Dans le même ordre d'idée, les origines hermétistes et hélléniques (voir l'imaginaire celtique) de la pensée spirituelle occidentale devraient être remises en valeur.

 

Avec ou sans les Eglises, le christianisme doit évoluer afin de pouvoir déployer ses ailes de lumière et s’envoler vers les cieux à venir.  Il faut que le christianisme se retourne sur lui-même et s’intériorise afin de s’élever d’un échelon vers la pleine conscience de l’Etre.  Ce n’est qu’au prix de cette mutation, qu’il pourra abandonner le vêtement du vieil homme et irriguer l’humanité de la Grâce divine.  

Par Galahad - Publié dans : Réflexions sur le chemin - Communauté : Religions en toute liberté
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Partager    
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Septembre 2010
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés