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J’aurais voulu m’élever vers les étoiles infinies, quitter cette Terre et sa mesquinerie et me baigner dans les espaces sans fin de la voie lactée.

Mais je ne suis qu’un petit terrien vivant entre deux siècles, je n’ai pas l’intelligence d’un astronome, d’un physicien quantique.

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors je tourne mon regard vers l’intérieur cherchant à y observer les constellations qui s’y trouvent afin de trouver le sens et le chemin sacré qui me mènera au Graal. 

 

J’aurais voulu échapper à la morne société consumériste et partir loin, très loin, là où la vie ne s’achète pas, là où chaque battement de cœur résonne comme un coup de gong dans le silence blanc.

Mais je ne suis qu’un petit terrien vivant entre deux siècles, je n’ai pas de vaisseau interstellaire pour me porter vers l’au-delà du platement économique.

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors je me détache intérieurement du système mécaniste délétère et observe mes contemporains s’agiter comme une fourmilière en ébullition.  Je voudrais leur dire de ralentir, de s’arrêter un instant et de regarder le soleil, mais ils ne m’écoutent pas, ils ne m’entendent pas, entre eux et moi, il y a comme une vitre, un verre qui ne cesse de s’épaissir.

 

J’aurais voulu fuir la grisaille de l’abrutissement, de la vulgarité, du manque d’imagination et du désenchantement.  Je voulais respirer la magie de l’Univers, me ressourcer dans les courants chromatiques stellaires et être bercé par la musique des sphères.

Mais je ne suis qu’un petit terrien vivant entre deux siècles, au cœur d’une société schizophrène qui n’en finit pas de se débattre avec ses modes de pensées rationalistes, matérialistes et scholastiques.

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors je m’ouvre à des mondes autres, des mondes à la lumière apaisante, des mondes d’harmonies et de couleurs, de Nature et d’enchantement, au cœur des forêts là où les rayons du soleil sont d’émeraude, sur le bord des rivages marins là où le Grand Océan me chuchote des secrets non encore connus des mortels, dans les brumes des rêves éveillés là où l’air tinte comme du cristal et les lunes jumelles sont pareilles à des globes d’or et d’argent liquide.

 

J’aurais voulu m’extraire des ténèbres obscurantistes qui coulent des esprits bornés et giclent des cœurs intégristes.  J’aurais voulu baigner dans la Lumière d’une spiritualité qui n’a pas peur d’elle-même et des autres, une vraie spiritualité d’Amour, de quête de sens et de connaissance, une spiritualité qui motive la science, qui explore l’infiniment petit et l’infiniment grand.

Mais je ne suis qu’un petit terrien vivant entre deux siècles, je ne suis pas un Prophète, un Pape ou un prêtre.

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors je me plonge dans les écrits des maîtres éclairés, des grands explorateurs de l’invisible, de ceux qui savent car ils ont vu et entendu la Parole.  Je déchiffre leurs mots et décortique leur pensée et je tente de me hisser vers leur niveau de vision pour enfin, à ma petite mesure, faire rejaillir ces fontaines de lumière qui ne désirent qu’une seule chose : abreuver l’humanité. 

 

J’aurais voulu respirer le frisson exaltant de l’aventure, connaître l’ivresse de l’adrénaline coulant à flots dans les veines, connaître la sensation qui accompagne la découverte d’un nouveau monde.

Mais je n’ai pas l’endurance et la volonté des explorateurs de l’enfer vert – jaune ou blanc.

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors je crie vers toutes les directions et mes mots portés par le vent invisible montent jusqu’au Cœur des cœurs.  J’espère qu’ils y trouvent un écho et qu’ils reviendront me frapper bientôt tels les chants d’un barde angélique, m'apportant les nouvelles d’un monde vivant.

 

J’aurais voulu connaître la fierté d’être une partie individualisée d’un tout oeuvrant pour la gloire de l’ensemble, retrouver l’esprit des cathédrales mais à l’échelle d’une humanité unie dans sa diversité et son désir de construire un royaume de paix et de bien commun.

 

Mais je ne suis qu’un petit terrien vivant entre deux siècles dans un monde ultra individualiste et superficiel qui ne vit plus son élan épique qu’au cinéma.  Je n’ai pas le pouvoir politique ou économique pour changer quoique ce soit. 

Mais je ne peux me résoudre à « maintenir mon esprit en enfer et à espérer ».

Alors j’enfourche la monture ailée de la méditation et de la prière et tente d’aller cueillir les roses d’or immortelles du Paradis afin, par magie peut-être, d’ensemencer la Terre de leurs pétales.

Je fait œuvre de volonté et cherche à briser en moi toutes les digues des préjugés et à construire des ponts plutôt que des murs.  Je cultive ce sentiment chevaleresque qui me vient d’un temps oublié et cette bienfaisance désuète tout en me riant des embûches de la vie car tout cela est sans doute trop important que pour être pris au sérieux.      

Tag(s) : #Art et Culture

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