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Après avoir réalisé la conjonction des contraires dans la carte de l’Amoureux, l’initié arrive ici dans un stade de plénitude.  Car la septième lame du Tarot est celle de la « maîtrise ».  Maîtrise contenue intrinsèquement dans le nombre « 7 » car le 4 est le chiffre de la perfection matérielle et le 3, celui de la perfection spirituelle.  On retrouve d’ailleurs cette idée dans le chariot de forme cubique (4) et des 4 colonnes soutenant le dais au centre desquelles se trouve l’initié.

Le 3 est présent sur la carte de Wirth par les trois étoiles surmontant la couronne et par celles brodées sur chaque élément du dais.  Le « 7 » est également une manière de dire la totalité du réel, de l’espace et du temps : 7 jours de la création, 7 jours de la semaine, 7 couleurs de l’arc-en-ciel, 7 aspects du nom du Christ, 7 notes de l’octave…

De là vient, dans les légendes traditionnelles que le 7ième fils est toujours celui qui a un destin hors du commun, à l’image de Perceval qui trouvera le Graal.

Ayant réalisé l’harmonie de ses côtés opposés, symbolisés par les deux montures qui tirent le chariot, l’initié a trouvé la Paix profonde.  Ayant conjugué et marié ses paradoxes intérieurs, tel la lune et le soleil qui se trouvent sur ses épaules, l’initié a atteint un nouveau niveau de conscience.  Il se trouve au centre du monde, dans le temps éternel et sacré.  Il a fait sienne la connaissance du monde invisible, symbolisée par la lettre Zayin à laquelle cet arcane est reliée.


Parfaitement centré sur lui-même, il a pu transcender la banalité du quotidien, su briser le cycle infernal des causes et des conséquences entropiques.  Il n’est plus cet Homme du Torrent balayé par les événements comme une pierre au fond de l’eau, il est devenu un Nouvel Homme empli du désir de Dieu. 

Toutefois, un danger continue de le guetter : celui, ô combien redoutable, de l’orgueil.  Car celui qui est véritablement devenu roi en son cœur prend conscience de l’infinie grandeur divine et cela le rend humble et simple vis-à-vis de ses semblables. 


Né à lui-même, l’initié du Chariot ouvre les yeux sur ses contemporains et voit l’étincelle qui les habite tous sans exception.  Il ne se cache pas les malheurs du monde mais il perce la brume nauséabonde de son regard numineux.  Se dégageant du jugement, il opère une conversion du regard, première grande résurrection, il devient un amant de la Beauté et rejette tout naturellement l’ignorance et le sordide. 

 

Malheureusement, force est bien de reconnaître que dans le milieux ésotérique, on rencontre parfois des gens qui se donnent des airs affectés, toisant le reste de la population (et leurs frères des degrés précédents) comme si eux-mêmes étaient sortis de la cuisse de Jupiter.

Or, ces frères prétentieux et ces profanes bourrés de caricatures se trompent d’adresse car l’autosuffisance et la mythomanie sont absentes du sentier initiatique chrétien.  Au contraire, l’humilité et la générosité sont de mises. 


En effet, le chemin initiatique a fait sien la connaissance chrétienne de l’Amour gratuit.  Dieu ne refuse sa Lumière et son Amour à personne et ceux-ci émanent en permanence de Lui à l’adresse de tous les êtres.  De même que le soleil se pose indifféremment sur la pierre, la rose, le paysan ou le roi, de même Dieu pose son Amour indéfectible sur le bon et le méchant,  le riche et le pauvre, l’endormi ou l’éveillé.  Notre tâche n’est pas de susciter la Grâce mais d’en prendre conscience et de l’accueillir comme la rose accueille la rosée du matin. 

Tag(s) : #Art et Culture

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