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De nos jours, un certains nombres d’auteurs écrivent des ouvrages véhiculant l’idée que « la Lumière est en soi », « il suffit de croire pour voir », « s’ouvrir à Dieu, c’est sentir la Présence »… De plus en plus d’auteurs insistent sur ce point, réel au demeurant, que s’ouvrir à la Présence de la Grâce, lui ouvrir les portes, c’est d’une certaine manière prendre conscience de son existence, c’est allumer son feu éternel au centre de l’être.

A juste titre, l’un des lecteurs de ce blog faisait la réflexion qu’il était facile pour ceux qui on conscience de la Lumière de dire « il suffit de le vouloir »… Car certains croyants sincères espèrent avoir conscience de la Grâce toute leur vie sans pour autant jamais ressentir quoique ce soit de particulier.  Après tout l’espoir fait vivre, mais on aimerait de temps à autre avoir une confirmation d’être sur la bonne voie ou du moins avoir un début de confirmation, ne fut-ce que pour fortifier notre foi.  Dans cet ordre d’idée, des tas de gens savent très bien qu’il ne suffit pas toujours de s’ouvrir l’esprit pour pressentir l’Autre. 

Je trouvais l’objection fort pertinente, je vais donc essayer d’y aller de mes petites réflexions…

 

L’idée de la présence divine en chaque être n’est pas nouvelle, elle est même l’un des fondements du christianisme.  Après le départ de Jésus, conformément à Sa promesse, l’Esprit tombe sur les apôtres : « Quand le jour de la Pentecôte arriva, les croyants étaient réunis tous ensemble au même endroit. Tout à coup, un bruit vint du ciel, comme si un vent violent se mettait à souffler, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Ils virent alors apparaître des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se séparèrent et elles se posèrent une à une sur chacun d'eux. Ils furent tous remplis du Saint-Esprit et se mirent à parler en d'autres langues, selon ce que l'Esprit leur donnait d'exprimer. » (Actes 2 ; 1-4).

Après cet événement, portés par l’Esprit, les Apôtres se rendent aux quatre coins de l’Univers pour annoncer la Bonne Nouvelle.

Il faut signaler que l’Esprit se manifeste sous la forme de langues de feu qui viennent toucher chacun séparément.  C’est très important, puisque ce détail montre que l’homme possède l’Esprit Saint en tant qu’individu et non en tant que collectivité.  Autrement dit, chaque homme, quelque soit son caractère reçoit à part égal l’Esprit Saint.  Comme un feu couvant sous la cendre, on peut donc dire que chacun du pire au meilleur, possède cette étincelle.  Or, force est de constater que nous ne sommes pas égaux dans la perception de cette flamme.  Untel y sera très sensible, un autre pas du tout, certains ressentiront une Présence diffuse (ou très forte) à certains instants, d’autres hurleront vers un néant glacé d’absurdité, certains se sentiront désespérément seul malgré tout leur désir de croire d’autres vivront avec une chaleur intemporelle au niveau du cœur…  Je me suis  longuement interrogé, sans trouver de réponses satisfaisantes, sur la raison de cette disparité qui prend souvent des allures d’injustices.

 

La capacité de ressentir le numineux serait-elle tout simplement comme les autres qualités, présent à part inégale en chacun ? Après tout, nous n’avons pas tous l’intelligence en même proportion et encore moins la même sorte d’intelligence.  Et on peut faire la même réflexion pour l’imagination, la créativité ou le calme intérieur.

 

Peut-être donc, que l’homme est créé dans une extraordinaire diversité et que la conscience aigue de Dieu ou non fait partie de cette diversité… ?   

Pourtant, je crois plutôt que cette perception de Dieu est comme un sens.  A l’instar de la vue, nous le possédons tous mais contrairement au cinq autres sens, il dort plus ou moins profondément selon les individus.  L’organe de ce sens est le cœur, ce cœur que notre état d’exilés a changé en pierre.  Lorsqu’on dit, il faut s’ouvrir à Dieu pour percevoir la Présence, c’est plutôt qu’il faut changer notre cœur de pierre en cœur de chair afin de raviver l’acuité de notre perception.

Et tout le monde peut théoriquement y parvenir. 

Certes ce travail de transmutation n’est pas facile et peut prendre de nombreuses années, toute la vie en fait.  Et certes, la tâche est d’autant plus ardue que nous ne sommes pas éduqués pour, le matérialisme crasse, le rationalisme religieux outré, la crétinerie ambiante et l’égoïsme idolâtre érigé en mode de pensée absolu sont autant de couches inconscientes qui masquent un peu plus la Lumière éternelle en nous.  Certes le peu de pratiques mystiques répandus dans la société (méditation, prière, hésychasme) sont autant d’outils qui manquent à la plupart pour faire le pas décisif, pour tendre la main vers le divin.

Toutefois, je reste persuadé que tout homme a la capacité de restaurer cette conscience, ce lien.

La Voie Royale de la purification du cœur menant à la perception de Dieu est l’Amour.  L’Amour du prochain, l’Amour malgré les désaccords, l’Amour comme force motrice universelle, comme souffle cosmique d’évolution.

Nul besoin d’être sensible psychiquement pour aimer, nul besoin de posséder une force mentale exceptionnelle pour se laisser émerveiller.  Nul besoin non plus nécessairement de multiples incarnations pour y parvenir, ce n’est pas la perfection qu’on cherche mais le petit déclic qui enclenche le processus – après une vie de rapine, de meurtre et de larcins, il n’a fallu qu’un petit déclic au bon larron pour s’ouvrir à l’Amour Infini.  D’accord, malgré sa position inconfortable, il était en bonne compagnie mais nous le sommes aussi, Dieu marche avec nous en permanence.

Alors, on en revient à l’idée, que tout le monde peut y parvenir même si c’est plus facile pour certains que d’autres, il « suffit » de s’ouvrir.  Pour peu qu’on le fasse, l’Amour qui fait tourner les nébuleuses et valser les étoiles peut sans difficulté aucune dissiper les mesquineries qui encombrent notre cœur.  Pour peu qu’on se donne la peine de faire une partie de la route et qu’on fasse l’effort de ne pas se complaire dans ce qui entrave notre cheminement, comme le disait Nicéphore le Solitaire : Revenez donc. Ou plus justement, revenons à nous-mêmes, frères, écartant avec horreur le conseil du ser­pent et l'égarement qui nous porte vers ce qui entraîne au plus bas. Car il n'est pas d'autre voie pour parvenir à la réconciliation et à l'union avec Dieu que de revenir d'abord à nous-mêmes, autant qu'il dépend de nous, ou plutôt d'entrer en nous-mêmes. Et c'est le paradoxe : nous nous séparons de l'égarement, du vain souci du monde, pour parvenir sans concession au Royaume des cieux qui est au-dedans de nous'.

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