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Heith est la huitième lettre de l’alphabet hébreu.  Le huit est un chiffre particulier dont le symbole, le lemniscate, représente l’infini.  Dans la tradition chrétienne ésotérique, c’est le chiffre sacré par excellence car il est celui qui mène au Christ, «Le Fils et L’esprit, voilà tout ce qui nous est accordé.  Quant à l’unité absolue ou le Père, personne n’a pu le voir ni ne le verra dans ce monde, si ce n’est dans le huitenaire, qui est, en effet, la seule voie par où l’on puisse parvenir jusqu’à lui. » disait Louis-Claude de Saint Martin.

 

Heith est un contenant, un calice qui contient les énergies de la vie tel le chaudron celte ramenant à la vie ou le Saint Calice de la messe contenant la chair du christ et préfigurant lui-même le Graal contenant le Sang de Vie.

Heith est un réservoir mais aussi une protection, une barrière.  De la même manière, le monde matériel contient les énergies divines tout en les voilant.

En effet, dans notre état d’exil, nul ne saurait contempler la Lumière vive de Dieu, pas même les grands prophètes ou Moïse « Il dit : « Je suis le Dieu de ton père, Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob. » Moïse se voila la face, car il craignait de regarder Dieu » (Exode 3 ;6). 

 

Le thème du voile ou de la nuée cachant la Splendeur aux regards des hommes n’est pas nouveau.  On le retrouve dans l’antiquité dans le symbole du voile d’Isis mais aussi dans les traditions du Livre, juive – un voile sépare le Saint du Saint du reste du Temple - ou musulmane – Rûmi parle des 700 voiles qui séparent le profane de la Lumière de Dieu.

 

Dieu ne se manifeste donc jamais directement à nous mais choisit d’atténuer sa Lumière afin que notre esprit limité ne vole pas en éclats devant sa splendeur.  C’est pourquoi, on parle toujours de nuée dans l’Ancien Testament.  C’est pourquoi lors de la transsubstantiation, l’hostie garde apparemment son apparence.  Si elle devait apparaître telle qu’elle est devenue, à savoir le corps du Christ, nous serions aveuglé par la Lumière pure qui s’en dégage. 

Calice servant de contenant pour l’énergie divine, barrière protégeant l’humanité en exil qui pourrait tomber de haut (tel Icare) si elle s’approchait trop rapidement de son Créateur, il se dégage de la lettre comme un parfum de résurrection.

Car qu’est ce que la résurrection sinon une renaissance après une purification.  Or la purification ne peut advenir que lorsqu’on s’est approché pas à pas de l’Ineffable, lorsqu’on a remporté les épreuves et que tel Perceval, on peut s’approcher du château du Graal.  Alors seulement, les mains tremblantes, on peut approcher ses lèvres de la Sainte Coupe et goûter au breuvage de la résurrection.

 

A l’instant de la mort du Christ, à l’instant où par sa compassion infinie Dieu participe aux souffrances des hommes, à l’instant où tout s’accomplit, il est dit que « le voile se déchira du haut en bas ».  Autrement dit, la Révélation christique dévoile tout entier le Mystère de la Création.  Elle le dévoile tellement brutalement, tellement radicalement qu’après 2000 ans, l’esprit humain ne l’a pas encore pleinement appréhendé, après 2000 ans, à peine a-t-il commencé à comprendre…

 

Car, depuis lors, le Voile ne se trouve plus que dans l’esprit et le cœur de l’homme.  En s’incarnant, Dieu s’est dévoilé, il s’est offert nu, dans sa Vérité aux hommes qui ne l’ont pas reconnu, aveuglé qu’ils sont par l’épaisseur de l’ignorance et des passions.  Mais paradoxalement, c’est grâce à ses voiles intérieurs que l’homme prend conscience, par contraste, de la Lumière et il en sera ainsi jusqu’aux temps de la Réintégration où de contrastes, les oppositions deviendrons harmonies et conjonction des contraires.

 

Pour hâter la venue de ce temps en dehors du temps, la graine doit être arrosée car la Révélation fut plantée au cœur des mondes et de la conscience comme l’Arbre de Vie.  L’initiation et la prière la fond grandir car elle doit à présent grandir et mûrir, fertilisée par l’Amour divin et la conscience humaine tendant vers Dieu.  A la fin, chacun aura conscience de la Présence et du plan divin car « rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est secret qui ne sera connu » (Mt ; 10-26).  L’homme devenu humain, se regardera dans le miroir et plongeant son regard dans ses yeux, il y découvrira des constellations d’étoiles et derrière elles, il apercevra Dieu. 

Tag(s) : #Art et Culture

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