Une femme est assise sur
un trône. De sa main droite, elle tient une épée tandis que sa main gauche porte une balance. L’épée est bien sûr celle de la rectitude qui sied à la justice, mais c’est aussi la lame
qui tranche les illusions, les préjugés, qui fait que l’être voit au-delà des apparences comme le signale le regard intense du personnage représenté. Regard spirituel qui permet de passer
par delà le voile (cfr le symbolisme de la lettre Heith à laquelle est reliée la lame de "La Justice")
La balance symbolise l’équilibre, et l’ensemble des éléments qu’il faut prendre en compte et soupeser lorsqu’on veut porter un jugement sur quelque chose.
La couronne indique que la véritable justice vient de Dieu, les hommes ne peuvent que rendre une justice limitée qu’on espère la plus objective possible mais qui ne l’est pas entièrement puisque la vision de l’homme seul est toujours limitée.
Dans cet ordre d’idée, il appartient à l’homme qui cherche à être un homme juste, d’ouvrir ses yeux mais aussi son esprit, afin de le vider des images toutes faites et d’y accueillir la Grâce éclairante.
Ce n’est que dans cet état de vision juste, que l’homme pourra être un réceptacle pour la divinité qui viendra habiter en son sein et lui faire voir la Vérité car Justice est fille de Vérité.
A un autre niveau de lecture, la Justice représente aussi les conséquences cosmiques de nos actes, de nos paroles et de nos actions qu’on appelle presque vulgairement « karma », tant le terme s’est popularisé dans nos contrées. Il faut bien insister sur la conception occidentale de cette notion de karma qui, en Asie, est une force froide et aveugle de rétribution.
Or, Dieu est Amour et le soleil brille de manière identique sur les bons et les méchants. La carte de la Justice pose donc un triple problème :
Voici mes tentatives de réponse ou mes pistes de réflexions sur ces questions :
Ainsi l’enfer existe bien car celui qui s’est coupé totalement de Dieu vit dans l’espace glacé privé de Dieu et prisonnier de la fournaise de ses passions. Dans cet état malheureux, la moindre seconde a valeur d’éternité, ce qui nous mène à l’idée d’enfer éternel. Comme le soulignait Berdiaiev : « L’enfer est l’état d’une âme qui est incapable de sortir d’elle-même, centrée absolument sur elle-même, le sombre et mauvais isolement, c’est-à -dire l’impuissance finale d’aimer. »
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