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resurrection-jesus-christ-lavie.jpgPâques est sans doute la fête la plus importante de la spiritualité chrétienne. Marquant la fin du Carême, elle est l'occasion de laisser éclater la joie de la Résurrection. Joie et Résurrection, deux mots qui ne font qu'un avec la nature de cette fête mais qui ne font qu'un aussi avec la nature profonde du christianisme. Car enfin, comment peut-on se dire chrétien sans éprouver en permanence une joie indicible ?

Loin d'être une déclaration d'intention, il s'agit ici d'une réalité : le chrétien est joyeux par nature. Pas de cette joie forcée et de façade sous laquelle se cacherait une profonde déprime. Pas non plus cette joie superficielle, bruyante et souvent fausse qui s'exprime en beuverie et en fête où l'on s'oublie dans la prise de substances diverses. Non, la joie chrétienne est profonde, vraie, lumineuse et constante. Elle a quelque chose de la sérénité profonde, de la force tranquille, qu'on imagine chez les plus grands saints et les plus grands sages.

Pourquoi cette joie ? Grâce à Pâques !

Il faut sans cesse prendre la pleine mesure de la signification de la fête : Christ est ressuscité ! Conscientise-t-on vraiment encore la portée de la Bonne Nouvelle chrétienne ? Que le lecteur me permette de le rappeler brièvement : le Créateur de l'Univers, qui a fait surgir l'Être du néant, qui modela le monde qui nous entoure, dans lequel nous évoluons tous les jours. Le Créateur qui fit notre corps, notre âme et notre esprit, bref Dieu, s'incarna par amour dans ce monde limité et rendu imparfait par l'inconséquence de l'homme. Non seulement, Il s'incarna par amour mais aussi Il vint exprimer son amour envers nous en guérissant tous les malades que sa route croisait et vint nous apprendre qu'il n'y a rien de supérieur à l'amour et donc au bonheur. En prend-on vraiment la pleine mesure ?

Non content de venir nous expliquer les fondements du monde, de venir exprimer la force qui soutien tout l'Univers, le Dieu-homme se laissa tuer par la bêtise humaine. Il aurait pu faire disparaître ses bourreaux, Jérusalem et cette drôle d'espèce imparfaite qu'on appelle l'homme d'un claquement de doigt. Non, débordant tellement d'amour, il préfère endurer mille souffrances humaines et mourir que tuer. Qui d'entre nous est-il prêt à revêtir la peau d'un chat et passer 24h sur une table de vivisection pour sauver l'espèce féline ? Et tant qu'à faire, Dieu détruit la mort qui ne devient plus qu'un passage menant à la vraie Vie, nous rétablissant dans notre statut d'immortel. En prend-on vraiment la pleine mesure ?

Pas rancunier pour un sou, Celui qui est tout amour, nous montre, physiquement en sortant du tombeau, que la mort n'est rien et que la Vie est la seule réalité. Et pour couronner le tout, Il promet de rester avec chacun d'entre nous, accomplissant miracles et prodiges pour ceux qui savent les voir, nous guidant chacun sur la voie de notre bonheur, c'est à dire sur la voie qui mène à la purification de notre être, nous débarrassant de nos scories intérieures seules responsables de notre malheur.

En prend-on vraiment la pleine mesure ?

Se rend-on compte de l'attention totale et incroyable dont nous sommes bénéficiaires ? Se rend-on compte que nous sommes aimés par Celui qui est l'amour même et que rien ne pourra jamais faire diminuer cet amour ?

Comment encore, après cela, éprouver une peine quelconque que la joie ineffable de cette prise de conscience ne peut effacer ? Comment ne pas être d'un optimisme invincible lorsque même après avoir tué et torturé notre Créateur et Sauveur, Celui-ci revient et reste constamment parmi nous afin de nous dire combien Il nous aime et afin de tout faire pour nous relever ?

Pâques nous rappelle que si nous le voulons, c'est à dire si nous sommes d'accord pour nous régénérer à la Source d'Amour, alors nous sommes immortels et rien ne peut durablement nous atteindre même la mort.

Intégrer cette réalité qui est la réalité ultime, c'est-à-dire non pas la considérer comme une idée religieuse, poétique ou comme un objet d'intellectualisation. Intégrer cette idée, dis-je, c'est-à-dire s'y baigner complétement, la faire sienne jusqu'à ce qu'elle ne soit plus une idée mais une foi vécue à tous les niveaux de l'être, c'est vivre dès à présent dans la Lumière du Royaume où il ne peut y avoir le moindre manque et la moindre tristesse. Vivre la6204-the-resurrection-of-christ-albrecht-altdorfer  Résurrection, c'est vivre dans la joie permanente, c'est être véritablement chrétien. Vivre la Résurrection, c'est prendre conscience que dès à présent, pour peu que nous le voulions, le Christ nous débarrasse de tous nos poids, de toutes nos frustrations, de toutes nos culpabilités, de tous nos manques. Dès à présent, Il nous libère des angoisses dont celle de la mort et des tombeaux d'absurdes dans lesquels nous nous enfermons au quotidien par dépit ou par ignorance, afin que le cœur léger, nous puissions laisser briller notre joie en chantant : « Christ est ressuscité, par sa mort Il a vaincu la mort ! A ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la Vie ! » 

Tag(s) : #Théologie et spiritualité

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