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dieu est americainL’Amérique a, en France, en général assez mauvaise presse.  Et ce ne sont pas les récents scandales qui risquent d'améliorer son image. 
Le livre de Jean-Fançois Colosimo fut écrit, je pense, comme une critique des USA.  Non pas ce genre de critique acerbe et irraisonné qui en dit long sur les lacunes psychologiques de l'auteur mais une critique profonde qui apparait en filigrane tout au long du livre.
Mais Jean François Colosimo est beaucoup trop intelligent pour que cette critique implicite nuise à la lecture et à son objectivité d'observateur, on a donc ici un livre puissant, profond, une analyse fine et contrastée de la relation entre politique et religion aux USA. 
Qu'elle est-elle ? Contrairement à ce qu'on croit généralement en Europe, la constitution américaine prévoit une séparation stricte entre la Religion et l'Etat. Pas de religion officielle aux USA !  Mais, si l'Eglise apparait sur le vieux continent comme une institution centralisée et coercitive, elle est en Amérique synonyme de liberté.  En effet, ce sont surtout les Eglises qui ont porté la révolution et l'indépendance, les Eglises qui ont sanctifié la vie de ces colons qui fuyaient souvent l'oppression sur le Vieux Continent pour venir fonder une terre de liberté, une société idyllique sur le Nouveau Continent.  Dès le départ donc, les Pères de la nation ont intégré la religion à la politique en un tout harmonieux sans qu'aucune Eglise en particulier n'ait une prééminence sur les autres au niveau étatique.
On eut donc l'établissement d'une religion civile avec ses codes, ses fêtes (thanksgiving, 14 july,...) ses monuments sacré (le capitole, la maison blanche,...)  Ceci est renforcé par la notion de « Manifest Destiny » par laquelle le peuple américain a la conscience aiguë de sa vocation messianique dans le monde.  Vocation qui inspirera toutes les présidences poussées par volonté d'apporter la liberté et la démocratie dans le monde.
Messianisme et esprit d'unité dans cette religion civile qui fonde l'identité et l'unité de la nation où chacun peut s'y reconnaître quelque soit sa conception privée.

 C'est là justement le grand reproche sous-jacent de l'auteur qui constate que dans cette configuration, les différences entre les religions ont tendance à se gommer pour arriver non pas à une religion unique mais à une piété commune. Et si l'identité citoyenne et la cohérence des nations modernes étaient à ce prix ? Et si cette piété commune n'affadissait pas mais faisait recentrer sur l'essentiel ?

 

Jean-Francois Colosimo, Dieu est américain : De la théodémocratie aux Etats-Unis, Fayard, 2006

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