Partager l'article ! Eau de Vie et eau de mort (2/2): Difficile de nous laisser aimer par Dieu tellement nous sommes conditionnés, dans ce monde ...
Difficile de nous laisser aimer par
Dieu tellement nous sommes conditionnés, dans ce monde soumis à la mort, à être sur la défensive, dans la méfiance, programmé en mode de combat. Or, s'il peut être parfois légitime de se
défendre, il faudra se garder de franchir le pas vers la haine, la colère égocentrique aveugle et le ressentiment qui referme l'âme aux rayons du soleil divin aussi certainement que des volets
séparent une pièce des bienfaits de l'astre du jour.
A un autre niveau, accepter de descendre de la barque, c'est accepter de marcher vers Dieu, donc de marcher vers une autre vie ou plutôt une autre manière de concevoir la vie.
Qu'on se souvienne que c'est le même Pierre à qui Jésus dit « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église. ». Or, on oublie généralement que ces paroles font suite à une question posée par le Christ . Le passage complet de Matthieu est : « Il leur dit : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Prenant la parole, Simon-Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Reprenant alors la parole, Jésus lui déclara : « Heureux es-tu, Simon fils de Jonas, car ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et la Puissance de la mort n'aura pas de force contre elle. » (Mt 16:15-18)
Si Pierre est le roc sur lequel est bâti l’Église, c'est parce qu'il s'est mis à croire que Jésus était Dieu. Ainsi, tout chrétien croyant que Jésus est Dieu est Pierre et est le roc sur lequel est bâti l’Église. Tout chrétien croyant que Jésus est Dieu Vivant est libéré de l'esclavage de la mort, faisant une confiance absolue en Dieu, il se donne la possibilité de lui saisir la main et de marcher sur ses propres eaux.
Mais il faut aller plus loin. Croire que Jésus est Dieu n'est pas simplement mettre sa foi dans le dogme d'une institution particulière car comme je l'ai déjà exprimé ailleurs, l’Église est faite pour le service de l'homme et des âmes et non pour imposer un credo. Le credo (et le dogme) n'est qu'un garde fou qui n'a de sens que si chacun le vit dans son cœur.
Or, a-t-on déjà réellement pris la pleine mesure de cette profession de foi : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ? Croire cela, c'est prendre conscience que Dieu, le Créateur de l'Univers, Celui qui fait tourner les planètes et se mouvoir les galaxies, Celui qui est à l'origine de la réalité dans toute sa diversité, Celui là même, s'incarna dans un corps de chair semblable à chacun d'entre nous afin de nous permettre de franchir l'abîme qui le sépare de Lui.
Prendre conscience de cela et croire cela, nous fait entrer dans une toute autre perception du monde et de notre vie.
Il y a 2000 ans, l'Infini devint fini et entra dans l'Histoire par Amour ! Quelle idée plus forte que celle-là !?! Quelle source de changement plus fondamental ?!? Croire cela nous fait entrer dans un univers nouveau, un univers de joie, de force et d'optimisme, un univers où les lois physiques n'ont plus la même emprise car nous pouvons marcher sur les eaux, un univers où la mort a été vaincue et n'est plus qu'une porte vers la Vie.
Croire en la divinité du Christ, n'est pas une déclaration d'intention que l'on fait du bout des lèvres, de la pointe de l'âme, c'est une réalité surnaturelle qu'on embrasse complètement, de tout l'être.
Croire en la divinité du Christ, c'est prendre la main de Dieu, c'est entrer dans une réalité différente, plus colorée, plus vivante, plus libre, une réalité d'abondance, où les eaux de la conscience sont peu à peu nettoyées par la Présence.
Ce nettoyage, cette purification rend notre âme plus réce
ptive à l'Amour et à la Vérité de Dieu. Plus transparent à Sa Lumière aussi. Plus nos eaux intérieures sont purifiées, plus notre corps
composé à 60% d'eau se purifie également jusqu'à atteindre la transfiguration intégrale de l'être qui est corps – âme – esprit.
Ce qui les rend tels, c'est qu'ils ne sont pas conceptuels mais expriment la vie. Non qu'ils manquent d'idées, bien au contraire, mais elles occupent leur juste place et non pas "toute" la place : comme trop souvent dans la théologie d'école.
Deux points seulement, alors que je voudrais tout citer. "Le credo (et le dogme) n'est qu'un garde fou qui n'a de sens que si chacun le vit dans son cœur" : oui, mille fois oui. L'enseignement que j'ai reçu et que je transmets à mon tour, c'est que le dogme est fait pour nous aider à vivre et non pour nous empêcher de vivre.
Autre phrase : "la mort a été vaincue et n'est plus qu'une porte vers la Vie". Vous reprenez là une formule de ces Rose+Croix qui vous sont si chers : Mors Janua Vitae. Et je reprendrai une pensée déjà citée par moi de l'évêque Jean de bienheureuse mémoire : les hommes psychiques naissent pour la mort, les hommes spirituels meurent pour la vie.
Galahad, merci pour ces messages pleins de l'amour divin !
Un grand merci mon frère !
Concernant le dogme, je crois qu'il y a deux travers, le premier est comme je le dis s'y attacher, ne plus vivre que par lui, l'idôlatrer en quelque sorte. Le seconde travers est de le rejeter complétement, de céder au relativisme ambiant et de tomber dans la confusion la plus totale. On trouve surtout le premier travers dans les milieux proche de l'Eglise, le second dans les milieux ésotériques... On voit qu'encore une fois le juste milieu est très difficile à trouver... et à vivre ! ;-)
Mon frère,
Tu poses là une bonne et grave question. Je vais te répondre mais bien sûr ces réponses n'engagent que moi.
L'Eglise : Concernant l'Eglise, il faut adopter la vue je crois la vision byzantine des choses à savoir qu'il n'y a pas une Eglise enseignante et qu'il n'y a pas une Eglise enseignée. Autrement dit, tout le monde est acteur dans la liturgie, tout le monde travaille à la Réintégration ou pour le dire autrement à la transfiguration du Temps et de l'Espace, à la sanctification de l'Univers. Ce travaille s'opère en partenariat avec Dieu qui lui-même va agir sur les fidèles par l'entremise de l'Esprit Saint. Autrement dit, le travail d'Eglise n'est pas symbolique, il est réel, il nous rétabli dans notre fonction de roi, prêtre et prophète.
Pour ce qui est du travail maçonnique, je dois t'avouer que je suis plus dubitatif. Je le vois comme une sorte de club de rencontre symboliquement encadré par le rituel et permettant des échanges et des réflexions structurées. Les loges chrétiennes permettent, théoriquement du moins, que des personnes d'horizons différents se rencontrent, au XVIIIe les loges RER devaient jouer un rôle dans la réunion des différents courants chrétiens et dans le fait de s'exprimer librement sur des sujets spirituels alors que l'Eglise n'était pas vraiment portée sur les débats d'idées. Est-ce encore le cas aujourd'hui ? Franchement, la société a évolué, l'Eglise aussi, donc quel utilité de la maçonnerie ? Peut-être ménager un espace de fraternité privilégié où peuvent se rencontrer des personnes en recherche spirituelle venant de tous horizons... Peut-être proposer une porte, une sorte de parvis ouvrant le membre à une pratique plus spirituelle plus tard ? Bien sûr il y a l'initiation et l'initiation donne certainement des outils symboliques et psychologiques pour travailler sur soi et se connaître. Mais a-t-on besoin absolument de ça pour se connaître soi même et travailler sur soi ? Je ne le pense pas.
Quand aux autres groupes ésotéristes chrétiens, martinistes et autres, là la démarche est plus mystique que dans la maçonnerie. On peut certainement y vivre des beaux moments de prière, de spiritualité et y partager des travaux relatif aux sciences sacrées qui ont malheureusement été mis de côté par l'Eglise officielle à un certain moment de son histoire.
Voilà en tout cas, ce que je pense actuellement et j'insiste sur "l'actuellement" de cette question. En espérant avoir apporté ma réflexion à ta question mon frère...
J'invite bien sûr tout le monde à s'exprimer sur le sujet.
En ce qui concerne l'Eglise, c'est une erreur, partagée par beaucoup, de n'y voir qu'une construction humaine. Non. C'est une construction divine au moyen de matériaux humains, ce qui est tout différent. N'oublions pas que l'Eglise est le Corps mystique du Christ : il n'y a rien d'équivalent au monde. N'oublions pas que le Christ a donné à son Eglise, et à nulle autre construction au monde, des pouvoirs divins, en particulier celui de lier et de délier les péchés, et pas seulement eux. N'oublions pas que l'Eglise, et elle seule, a le pouvoir de nous faire participer de la manière la plus concrète qui soit dans l'eucharistie à la divinité du Christ par son humanité : son Corps et son Sang. Ainsi, l'Eglise, et elle seule, est un instrument de déification.
Pour ce qui est de la maçonnerie, je ne cesse d'enseigner qu'elle n'a pas vocation universelle, contrairement à l'Eglise du Christ, qui s'adresse à tous les hommes. La maçonnerie est utile et même nécessaire pour ceux qui éprouvent le besoin de SE CONSTRUIRE TEMPLE DU TRES HAUT. Elle est donc infiniment plus qu'un espace de partage fraternel. Elle a véritablement une visée ontologique : aider ses membres à devenir des HOMMES AUTHENTIQUES. C'est flagrant dans la maçonnerie chrétienne, c'est-à-dire le régime écossais rectifié.
"Suivre le Christ sans intermédiaire", cher frère Julien, tout le monde n'y est pas apte, car le plus souvent s'interpose l'âme avec ses mouvements fuligineux. Elle doit être purifiée, cette âme, pour que l'esprit puisse se manifester sans voiles.
En outre, se passer de l'Eglise, c'est faire fi des secours divins que notre Seigneur Jésus Christ a mis à notre disposition.
Merci pour votre intervention toujours juste, riche et pertinente !
Pour ce qui est de l'Eglise, nous sommes en parfaite harmonie comme toujours ;-). Pour ce qui est de la maçonnerie, ce n'est pas que je suis en désacoord avec vous mais je me pose quelques questions... Dans son homélie de dimanche passée, le prêtre de la paroisse orthodoxe que je fréquente (qui n'est pas franc maçon) a eu ces mots : "Le but de la vie de l'homme est de devenir temple de Dieu afin d'accueillir l'Esprit Saint et de réaliser la déification" ! Et Saint Paul le disait déjà : "Ne savez vous pas que vous êtes un temple de Dieu ?" (1 Co 3, 16). Donc ma question est, cette visée ontologique est-elle propre à la maçonnerie ou est-elle inhérente au christianisme spirituel ? Auquel cas, elle est présente dans l'Eglise... Ne peut-on pas dire que Séraphim de Tsarov est temple de Dieu et homme authentique par exemple ?
Merci pour ce développement. Effectivement, l'inflation de l'ego est un danger qui guette toujours celui qui est sur le chemin. Mais il guette tant l'ésotériste en groupe que l'ésotériste solitaire, tant le prêtre que le moine...
Paix et Amour en Christ mon frère
Votre question, elle m'est souvent posée, comme prêtre et franc-maçon à la fois (double qualité qui ne me vaut d'ailleurs pas que des amis). Je vais tâcher d'être aussi clair que possible.
Dans le principe, l'Eglise du Christ suffit à tout car elle offre tout à tous. Cela est indéniable. Mais dans la réalité concrète, les hommes (les êtres humains) ont des conformations psychologiques différentes, donc des besoins différents. Un exemple : les âmes simples n'ont nul besoin de la théologie pour rencontrer Dieu. D'autres au contraire ont besoin de nourrir leur intelligence en même temps que leur coeur. Car si la théologie orthodoxe est essentiellement mystique, elle fait aussi appel à l'intelligence rationnelle. En bref elle se déploie sur tous les plans de l'esprit : le Noûs, le Logos et le Pneuma.
Nous avons un peu le même phénomène avec la maçonnerie. Votre prêtre fait bien de rappeler la phrase fondamentale de l'apôtre : "Vous êtes le temple de Dieu et l'Esprit de Dieu habite en vous". (A quoi il est bon d'ajouter la suite : "Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira" ; ce qui la condamnation la plus radicale du meurtre).
Or certains - pas tous - éprouvent la nécessité de construire ce temple qu'eux-mêmes sont, d'une manière concrète, tangible, et pas seulement mystique. C'est là que peut être utile et même profitable la maçonnerie. Elle fournit les outils moraux et spirituels humains de cette construction, toujours en harmonie avec l'Eglise qui fournit les outils divins par les sacrements.
Comme je l'ai répété plus d'une fois, la maçonnerie fournit des béquilles pour marcher. Lorsque le marcheur peut se passer de béquilles, la maçonnerie s'éclipse : ce qui advient dans la Nouvelle Jérusalem. (Je pourrai développer ce point en temps opportun).
J'espère avoir contribué à préciser vos idées sur une question en effet vitale.
Merci mon frère vous précisez effectivement mes idées... et en même temps vous titillez ma curiosité : Qu'entendez-vous par "Nouvelle Jérusalem" ? ;-)
Merci de partager ton ressenti mon frère ! voilà une impression très franche et qui faite réfléchir sur la richesse d'une voie plus solitaire. Car, s'il m'est arrivé de dire que l'ésotériste est un moine en ville, pourquoi n'y aurait-il pas d'ermite en ville ? Après tout, aujourd'hui le désert est ici...
Paix et Amour en Christ mon frère.
C'est celle qui est décrite au chapitre 21 de l'Apocalypse, et dont il est dit (v. 23): "La ville n'a besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer ; car la gloire du Seigneur l'éclaire, et l'Agneau est son flambeau". Tout maçon comprend que la maçonnerie (le soleil et la lune)a disparu.
Or le régime écossais rectifié, ET LUI SEUL PARMI TOUS LES SYSTEMES MACONNIQUES, conduit à la Jérusalem céleste - le temple de Salomon étant aboli - et par là-même à la disparition de la maçonnerie, car alors le symbole s'éclipse devant la réalité. C'est ce qui fait qu'il est radicalement autre et unique.
Un tout grand merci pour ce commentaire éclairant. Voilà qui devrait tout à fait clarifier le questionnement des uns et des autres sur les rapports entre maçonnerie spirituelle chrétienne, religion et Eglise...