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Patriarch-Kirill25_1465079a.jpgDepuis la reconnaissance du christianisme par l'Empereur Constantin, les rapports entre l'Eglise et l'Etat furent parfois tendus, parfois complices, parfois malsains.
Pourtant, malgré ce que les clichés populaires véhiculent, l'Eglise a souvent joué le rôle de tampon protecteur vis-à-vis de la population et de garant de la justice.
En réalité, dans la plupart des cas litigieux, ce ne fut pas l'Eglise qui utilisa l'Etat mais bien l'Etat qui utilisa l'Eglise, l'attirant bon gré mal gré dans le gouffre des machinations politiques sordides.  Rappelons au passage que si l'Inquisition de sinistre mémoire fut instituée par l'Eglise, c'est bien le pouvoir civil qui en fit un instrument de meurtre massif tant dans la catholique Espagne que dans la Luthérienne Allemagne.
Byzance est un autre exemple de cas historique où le pouvoir impérial tentait sans cesse de mettre l'institution ecclésiale sous sa coupe et où les moines qui faisaient contrepoids eurent beaucoup de mal à combattre cette tentation mondaine.
L'Histoire a donc montré que l'Eglise doit se méfier du pouvoir politique qui tente de l'utiliser pour asseoir sa légitimité.  En fait, c'est l'inverse qui devrait se produire.  L'Eglise rayonnant dans le monde se doit d'y infuser les valeurs évangéliques à tous les niveaux, y compris politique et économique, afin de bâtir un monde harmonieux pouvant marcher le plus sereinement possible vers son Créateur.

Et ce petit jeu du pouvoir politique continue de nos jours dans divers pays avec une réaction des plus mature de la part des Eglises concernées :

Russie, le Patriarche Kirill demande des réformes à Poutine

Un mois après le début de la contestation populaire des résultats de la législative du 6 décembre dernier, le patriarche de Moscou Kirill Ier a pris position en faveur des manifestants, lors de sa traditionnelle interview télévisée du Noël orthodoxe. "L'essentiel, c'est que les protestations, qui sont exprimées de façon juste, conduisent à une rectification du cours politique. Si le gouvernement reste insensible aux expressions de la contestation, ce sera un très mauvais signe, le signe d'un échec des autorités à procéder à des ajustements". Après avoir gardé le silence pendant près de 15 jours, Kirill avait déjà le mois dernier reconnu la légitimité des protestataires. Mais cette nouvelle intervention est inédite dans l'histoire russe, car le patriarcat se place traditionnellement du côté du pouvoir. Kirill en a appelé au spectre de la révolution de 1917: "Nous fûmes alors incapables de conserver équilibre et sagesse et nous détruisîmes notre pays. Pourquoi cela se produisit-il? Parce que les revendications justes du peuple sont très facilement manipulables par ces forces politiques qui se battent pour le pouvoir".

Monseigneur Monsengwo, le clergé et les élections

Trop, c'est trop. Prudemment au départ, la CENCO avait fait part de ses doutes quant à la légitimité de l'élection de Joseph Kabila, affirmant que dans les bureaux de vote où elle avait déployé ses observateurs, des irrégularités avaient été remarquées. Cette affirmation avait été récupérée et dénaturée par des partisans de Kabila, affirmant que l'Eglise validait la bonne tenue du scrutin. La CENCO s'était alors fâchée, expliquant qu'au contraire, la fraude avait été massive. Devant cette évidente mauvaise volonté de l'Eglise à se laisser manipuler, le pouvoir avait alors sonné la charge, via une campagne de dénigrement massive concentrée sur l'archevêque de Kinshasa, Mgr Monsengwo, le plus virulent sur le sujet. Les partisans de Kabila se sont aussitôt mis à traîner dans la boue l'archevêque, tout en portant aux nues le malheureux évêque de Tshumbe, Mgr Djomo, président de la Conférence épiscopale, qui leur apparaissait plus modéré.
 Diviser pour mieux régner, la tactique est vieille comme le monde. Mais voilà que la CENCO affiche son unité: Mgr Djomo lui-même a demandé au gouvernemgr_monsengwo1.jpgment de faire cesser les attaques contre Mgr Monsengwo, et l'Eglise catholique a annoncé son intention de se battre pour le respect de la légalité. A la fin de la messe, ce week-end, des tracts ont été distribués dans ce sens aux fidèles et des actions non-violentes devraient débuter aujourd'hui dans tout le pays. Comme le souligne RFI, le lieu choisi par les évêques pour lancer l'offensive est lourd de symboles: il s'agit  de la paroisse Saint-Joseph de Matonge, au centre de Kinshasa, qui sous Mobutu "avait accueilli le 16 février 1992, des corps des victimes, tombées lors de la marche pacifique des chrétiens".  

SOURCE : LA VIE

Tag(s) : #Lifestyle - Société & Ecologie

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