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1234134940.jpgEn tant qu’être humain, l’Homme fut créé à l’image et à la ressemblance de Dieu et promis à un destin glorieux, celui d’accomplir les œuvres de Dieu, de percevoir Sa volonté sans intermédiaire, de voir Sa lumière sans voile.

La Chute a provoqué un état d’exil douloureux car elle a opacifié la perception que l’Homme a de Dieu.  L’âme humaine est donc en perpétuel état d’insatisfaction puisque, « créée pour Dieu ».  Plongée dans son aveuglement, l’âme ne découvre que rarement son Créateur, perle de lumière au détour d’une vie chaotique.

Perdue dans le torrent d’une existence sans but apparent, prisonnière des chaînes de ses passions destructrices, l’humanité doit reprendre conscience de l’extraordinaire héritage qui est le sien.  Jamais une société humaine privée de Dieu ne pourra trouver son bonheur car il lui manquera toujours sa principale raison d’être et car elle se perdra toujours en la poursuite de futiles désirs de possession.  Collectivement, il appartient à l’humanité de renouer avec l’extraordinaire destin qui est le sien : être l’agent de la volonté divine dans l’Univers.  Seul une prise de conscience collective permettra de baser les règles de la société non sur la course au profit mais sur une authentique fraternité spirituelle.  Car, ce n’est que tourné vers les Grâces que l’humanité pourra conjuguer une liberté non égotique avec une égalité non uniformisatrice. 

 

Au niveau personnel, la question prend une tournure un peu différente.  On passe du « Qui sommes-nous ? » à « Qui suis-je ? ».  Que suis-je ou qui suis-je en tant qu’individu ?  Car si je suis bien rattaché à une humanité, si je fais partie d’un tout interdépendant, je n’en reste pas moins un individu possédant une conscience et une âme propre.  Lors de la Pentecôte, l’Esprit Saint se posa sur les apôtres sous forme de langues de feu touchant chacun individuellement.  Cette image théophanique montre bien l’importance de  l’individu à jamais uni mais non amalgamé avec ses pairs.  De même que si « Dieu s’est fait homme pour que l’homme se fasse Dieu », on parle bien d’une union sans confusion.  Le but de notre vie est bien de nous unir à Lui, non de nous y fondre.  La meilleure image reste celle du mariage.  Notre âme doit devenir la fiancée de Dieu, la princesse doit s’unir au Roi pour devenir Reine. Or, pour vivre ce mariage mystique, ces noces chimiques, notre âme doit encore devenir cette princesse belle et sûre d’elle-même qui pourra briller au sein de la cour céleste.

Car pour l’instant nous ne sommes encore qu’une simple souillon rêvant du souverain qui viendra nous ravir sur son cheval blanc.  « Devenir ce que nous sommes », c’est devenir la princesse, c’est actualiser la part divine qui est en nous, c’est abandonner les vieux et sales vêtements pour revêtir le blanc de la lumière, c’est réaliser la theosis, la divinisation de l’être.

 

A chacun de propre possession de lui-même, à chacun de créer et d’innover sans cesse afin de se construire et de faire échec aux pensées préfabriquées.  A chacun de trouver sa place propre et unique, ses devoirs propres et uniques.

A chacun de devenir une incarnation particulière de la Révélation.  Comme le dit Martin Buber à propos du Hassidisme (mais la réflexion est également valable pour le christianisme) :

 

« Pour le hassidisme, chaque personne née en ce monde représente quelque chose de nouveau, quelque chose qui n'existait pas auparavant, quelque chose d'original et d'unique,

(C’est le devoir de toute personne en Israël de savoir apprécier qu'elle est unique en ce monde par son caractère particulier, et qu'il n'y a jamais eu quelqu'un de semblable à elle, car s'il y avait eu quelqu'un de semblable à elle, il n'y aurait eu nul besoin pour elle d'être au monde. Chaque homme pris à part est une créature nouvelle dans le monde, et il est appelé à remplir sa particularité en ce monde. La toute première tache de chaque homme est l'actuali­sation de ses possibilités uniques, sans précédent et jamais renouvelées, et non pas la répétition de quelque chose qu'un autre, fût-ce le plus grand de tous, aurait déjà accompli. C'est cette idée qu'exprime Rabbi Zousya peu avant sa mort « Dans l'autre monde, on ne me demandera pas "Pourquoi n'as-tu pas été Moïse ? On me demandera : « Pourquoi n'as-tu pas été Zousya » »

Tag(s) : #Théologie et spiritualité

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