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DSC04557.JPG7) L'humilité comme vision du moi futur

 

Le christianisme n'est pas une pensée tournée vers le passé. Elle est essentiellement tournée vers le futur. Futur d'une personne appelée à se déifier, c'est à dire à se débarrasser du superflus intérieur pour devenir vraiment soi-même. Nous ne sommes pas le résultat de nos actions passées, d'un karma implacable, mais bien celui de notre image divine appelée à se réaliser. L'orgueil nous fait croire que nous sommes déjà parfait, que nous n'avons pas besoin d'évoluer, l'humilité dévoyée, quand à elle, nous donne l'impression illusoire que cette réalisation est très complexe, impossible à réaliser tant cet état auquel nous sommes appelé est grandiose. Sans même parler de la culpabilité qui nous fige dans le passé et empêche toute évolution.

En réalité, l'humilité dévoyée est loin en deçà de la vérité. L'état auquel nous sommes appelé est inimaginable de simplicité, de pureté et de puissance. C'est notre état premier, celui qui se cache sous toutes les couches et les masques accumulés aux fils des années.

Pour atteindre cet état, c'est également très simple, il suffit de se laisser aimer par Dieu. Pleinement, simplement, franchement, avec sincérité, avec humilité. L'humilité est la porte qui ouvre le cœur à Dieu pour qu'il puisse venir faire son œuvre. L'humilité dévoyée nous fait croire que jamais la transfiguration intérieure se produira, qu'il faut des dizaines d'années de mortification ascétique et de culpabilisation pour faire un saint. Rien n'est plus faux. Comme en atteste l'histoire du bon larron, une seconde d'humilité vraie suffit.


 

8) L'humilité comme armure de guerre

 

L'humilité est l'opposé de la mortification et de la culpabilité. Elle est la juste estime de soi, la véritable confiance en soi. Loin des bravades et des flagorneries, l'humilité est cette capacité à se voir en vérité et à se reposer sur Dieu pour combler nos manques.

Dans le parcours spirituel, l'âme cherche à se purifier, à devenir aussi claire que de l'eau de roche. Or, elle est sans cesse assiégée par les forces dites démoniaques. Qu'il s'agisse réellement d'anges déchus ou bien de forces primitives et reptiliennes présentes dans l'inconscient ne change pas le problème. C'est bien une guerre totale qui se joue dans l'âme de celui qui veut s'éveiller et se déifier. Comme toute guerre, elle comportera ses victoires et ses défaites, ses batailles glorieuses et ses champs de larmes.

Or il est bien connu qu'une guerre se gagne surtout grâce à un moral d'acier et à une vue juste du champ de bataille et des troupes en présence. Un bon général connait les forces et les faiblesses de ses hommes.

Loin de renforcer les points faibles dans notre ligne de front, la culpabilité, le déni de soi et la mortification sont des ruses de l'ennemi qui les nourrissent et les font grandir. La culpabilité nous rend faible avant la bataille nous condamnant à la perdre, tout comme le déni de soi qui sape le moral des troupes.

 

L'humilité vraie est l'une des vertus principales de la chevalerie spirituelle.  L'humilité vraie est le remède à la culpabilité, à la vantardise et à la flagornerie : connaître ses troupes telles qu'elles sont, tenter de pallier aux faiblesses de son armée et s'ouvrir sans masque à la Grâce et à l'aide du Ciel. Enfin, si l'on veut gagner cet Armageddon au cœur de nous-mêmes, il faut adopter cette posture intérieure du guerrier victorieux : habile mélange de foi, de confiance, d'optimisme, de légèreté et de vision juste . Sûr de sa victoire mais également prudent et simple, l'homme humble connait ses limites, il ne se vante pas, il ne cherche par la vaine gloire mais la victoire de la Vérité et du Bien.

 

Orientation des vrais conquérants, qui ne laisse aucune place à des considérations orgueilleuse ou misérabiliste, l'humilité est définitivement fille de la force de caractère : elle est l'armure d'acier trempé qui ne laissera plus passer aucun trait de l'Ennemi.

L'humilité est également mère du courage car l'homme humble a vu ses propres failles et loin de s'y abîmer ou de fuir lâchement, il a demandé au Seigneur de les fermer et de les guérir. Ainsi, il peut à présent affronter le monde, l'homme véritablement humble est devenu véritablement un souverain régnant sur son Royaume intérieur, il est prêt pour l'action :

« Sois comme un roi dans ton cœur, sur le trône de l'humilité. Tu commandes au rire : « Va », et il va ; aux douces larmes : « Venez » et elles viennent ; au corps, serviteur et tyran : « Fais cela », et il le fait. » Jean Climaque, L'échelle sainte, 7e degré, 40.

 

Photo : Armure au MET copyright Odalis Duncan

Tag(s) : #Anges - Vertus & Esprit Chevaleresque

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