Vendredi 28 octobre 2011 5 28 /10 /Oct /2011 13:38

 

EchelleJacobMaconnerie.jpg Dans les milieux maçonnique, on entend souvent parler de la « Méthode Symbolique ». De quoi s'agit-il au juste ?  Et comment replacer cette méthode dans une perspective théosophique chrétienne, perspective de laquelle est très proche une certaine tendance maçonnique ?

Dans une démarche spirituelle chrétienne, on ne peut aborder la problématique du symbole sans en évoquer la source divine. Dieu à l'origine de Tout, s'exprime perpétuellement. En effet Dieu est Logos, Parole, comment imaginer un seul instant qu'il puisse rester muet ?

 

« Que celui qui a des oreilles entendent ! »Encore faut-il savoir où écouter, car la conscience humaine en Chute n'entend plus la voix de son Créateur. Afin de respecter la liberté d'une humanité s'étant momentanément séparé de lui, Dieu s'exprime de manière voilée et indirecte. Dans cet ordre d'idée les symboles sont les révélateurs de l'invisible, les lettres, les sons et la grammaire que Dieu utilise pour s'adresser aux hommes pour la plupart sourds à ses chants.

Or le monde est plein de symboles, la réalité est une forêt de symbole. « Toute réalité sensible est l'épiphanie de l'invisible » s'exclamera l'évêque luthérien Johann Arndt. Et de poursuivre « Dieu n'a rien créé qui ne soit le témoin de l’Éternel, qui ne nous conduise à Dieu et qui ne nous révèle le Royaume des Cieux. »

Dans cette perspective, le symbole est comme une porte ouvrant sur une autre réalité, sur un autre monde plus proche du Royaume que ne l'est la dimension terrestre quotidienne.

C'est évidemment tout le propos de l'initiation maçonnique : bousculer le rapport au monde ordinaire empêtrée dans la monotonie du quotidien pour faire surgir dans le champ de la conscience un état autre, un état au-delà des mots mais plus proche de la Parole qui avait cours lors de l'état édénique.

L'ébranlement des structures spatio-temporelles habituelles permettent une distanciation avec le monde qui elle même provoque un réarrangement de la conscience qui va percevoir le monde d'une autre manière.

 

La mise en présence de symbole permet donc l'accès à une métaréalité invisible aux sens communs. Pour reprendre les mots de Jung : « Le symbole est l'image d'un contenu qui, pour la plus grande part, transcende le conscient. »

Le symbole rend donc sensible ce qui ne l'est pas, il rend visible l'invisible, il rend l'infini accessible, il rend présent le numineux, raison pour laquelle on ne peut jamais complètement expliciter un symbole. Plongeant ses racines dans l'infini et l'incréé, il reste à jamais insaisissable pour la raison finie.

En réalité le symbole est le lien entre le transcendant et l'immanent, ce que signifie d'ailleurs l'étymologie du mot « symbole » : réunir, rassembler. Le mot vient du grec « symballein » et désignait au départ un tesson de poterie cassé en deux entre deux contractants. Pour faire valoir sa qualité de contractant, il fallait faire s'emboîter parfaitement les deux morceaux de poterie. Spirituellement, le symbole est donc la partie visible de la Réalité mise côte à côte avec sa partie invisible.

 

Notons au passage que l'antonyme du mot « symbole » est le mot « diable » qui signifie diviser, séparer, rendre confus. Un « diable » est donc un facteur de confusion14264 1252733113706 1090880866 795265 1990196 n, de division, une illusion qui sépare de la Réalité une de la Création. Autrement dit, la conséquence de la Chute pour l'homme est que les sens, l'esprit et l'âme sont si souvent le jouet de la confusion et de l'illusion. Le symbole est alors le remède qui rassemble ce qui est épart .    C'est dire, pour utiliser une analogie informatique, que le symbole défragmente la consci ence de l'homme qui réalise alors que le monde physique et spirituel sont une seule et même réalité 

Par Galahad - Publié dans : Théologie et spiritualité
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Commentaires

Dans le langage courant, "symbolique" en est venu à signifier "fictivement". Par exemple, un don symbolique, c'est tout simplement un don fictif. Ce dévoiement de sens a contaminé jusqu'au langage maçonnique, ce qui est proprement scandaleux. Chaque fois que j'en ai l'occasion, je lance : la maçonnerie est, chacun en convient, un art symbolique ; elle a donc un caractère fictif ?

Pour ce qui me concerne, on trouvera dans mon prochain livre plusieurs développements sur le symbole, que je puis résumer ainsi :

Le symbole est rempli d'une réalité dense : la réalité de ce qu'il symbolise, réalité qu'à la fois il voile et dévoile. Cette réalité peut être exprimable par des mots, mais rendue difficile à atteindre pour divers motifs, intiatiques par exemple. Mais elle peut tout aussi bien être informulable, peut-être même inconcevable (au sens précis du terme) et attingible seulement par le biais des allégories et des emblèmes (comme dit Willermoz), lesquels catapultent l'intellect.
Dans ce sens, les paraboles de Notre Seigneur entrent dans la catégorie des symboles.
Commentaire n°1 posté par A Tribus Liliis le 29/10/2011 à 18h49

Merci pour cette mise au point Tribus Liliis, il est vrai que le terme symbolique est souvent dévoyé de son sens.  On parle même parfois dans certains milieux de Christ symbolique ! 

Réponse de Galahad le 30/10/2011 à 15h04
Bonsoir mon frère,

Encore un billet magnifique !

J'ai relevé trois points particulièrement intéressants dans ce que vous avez écrit.

Le premier concerne votre interrogation "Peut-on imaginer que Dieu puisse demeurer muet ?". De toute évidence, non. En revanche, il importe, me semble-t-il, de laisser le silence apparaître et s'installer dans notre coeur car c'est dans le silence (et non dans le mutisme) que Dieu nous parle. Raison pour laquelle, d'ailleurs, de nombreux symboles sont constitués par des dessins ou des objets sans nom, ni lettre, qui invitent au silence. Le Mutus Liber est un exemple extraordinaire de ce point de vue là. Et en réalité, c'est l'homme qui doit se taire pour laisser Dieu parler.

Le deuxième point intéressant concerne l'étymologie du mot et son usage premier. Le tesson signait une volonté d'entrer en relation : c'est le contrat (d'autres parleraient d'Alliance, sur un autre registre) en vertu duquel chaque cocontractant prenait un engagement mutuel l'un vis-à-vis de l'autre sur le principe "donnant-donnant". Rien de péjoratif dans ce principe quand on le lit correctement : en réalité, c'est le don qui est au coeur de tout. Et parce qu'on était redevable, on faisait ou donnait quelque chose pour être remis de sa dette. Transposé sur un plan spirituel, on peut retrouver là le fondement de la rémission des péchés : il n'y a pas lieu, en vérité, de craindre d'être redevable dès lors que l'on a la volonté sincère de remettre notre dette et de faire en sorte que notre "cocontractant" soit rempli de son droit. De ce point de vue, Marie Madeleine a été un exemple remarquable de confiance et de sincérité d'âme à l'égard du Christ.

Le troisième point concerne l'opposé du symbole, à savoir le diable (le diviseur). En fait, tant qu'il n'y a pas eu cassure du tesson (d'autres parleraient de brisure des vases), la partie "diabolique" fait partie intégrante de l'unité symbolique (d'où d'ailleurs l'ambivalence récurrente de tous les symboles). Or cette "partie diabolique" n'a aucun pouvoir, aucune puissance particulière si nous avons bien conscience que la volonté qui a présidé à la cassure du tesson et l'humilité de remettre sa dette sont pures et sincères.

J'ajouterai enfin que, outre leur rôle d'instructeurs, les symboles sont aussi souvent de puissants supports à la méditation poétique.

Bien fraternellement.
Commentaire n°2 posté par Smaragdus le 29/10/2011 à 21h04

Bonjour Smaragdus,

Toujours un plaisir de vous lire ;-)

Oui, c'est dans le silence du mental que se perçoivent les rayons de la Lumière Parole !

La sincérité et la pureté d'intention sont certainement les clés de notre Alliance avec Dieu.  C'est peut-être même ce qui scelle cette alliance.  Peut-être est-ce aussi la clé pour vivre pleinement le symbole se présenter à lui avec un coeur sincère, ouvert et un désir ardent pour Dieu ?

Je suis sincèrement persuadé que l'on a fait l'erreur à certaine époque de donner trop de pouvoir au diable.  En réalité le mal est l'éloignement du bien, il n'existe pas par lui-même.  Le monde est brisé, notre monde est brisé parce que notre conscience n'est plus réunie pleinement à la Lumière mais si l'on pouvait ne fut-ce qu'un instant réunir les deux parties, la félûre disparaitrait d'elle-même...

Tout à fait d'accord aussi pour la poésie.  Je pense que la poésie et le conte sont peut-être les formes les plus puissantes d'expression orale (et écrite), celles où la parole humaine est le plus à la ressemblance de la Parole...

Bien fraternellement, 

Réponse de Galahad le 30/10/2011 à 15h20
C'est effectivement "toujours un plaisir" de lire Smaragdus, dont les interventions sont dignes de celles de Galahad. Je retiens en particulier la phrase : "Et en réalité, c'est l'homme qui doit se taire pour laisser Dieu parler." Oh, que oui. C'est pourquoi dans notre monde de bruit constant (même dans des églises, ce qui est un comble !), Dieu n'a plus qu'à se taire... Un Père (contemporain) de l'Eglise disait : "Dieu parle, le diable bavarde".
A propos du diable, s'il est vrai que le mal n'a pas de substance (pécher, en grec comme en hébreu, c'est "manquer la cible"), le diable, lui, en a une et forte, puisqu'il est pure énergie, énergie maléfique. Il ne faut pas le sous-estimer, erreur que ne commettaient pas les pères du désert, et que ne commettent pas les ascètes athonites.
Commentaire n°3 posté par A Tribus Liliis le 30/10/2011 à 16h29

Moui, pour être franc, je reste toujours un peu sceptique sur cette histoire de diable vu comme une entité consciente et purement maléfique... Parce qu'enfin comment pourrait-il y avoir encore une once d'intelligence et une once de conscience chez un être totalement et irrémédiablement coupé de Dieu, Source de Vie ? Car l'intelligence et la conscience sont comme la Vie : une manifestation et un don de Dieu.  Or coupé totalement de Celui qui est l'Etre même comment pourrait-il subsister une quelconque intelligence, conscience ou vie... ? 

Si Diable, il y a, ne serait-ce pas plutôt l'énergie de mort et d'entropie qui imprègne tout l'Univers connu ?  Donc pas une entité à proprement parlé mais plutôt un vertige du néant, une force d'involution absolue, qui est bien présente mais certes pas consciente d'elle même.... Le "diable" n'est pas un barbu aux pieds fourchus mais l'archétype de l'instinct de mort et d'absurde auxquelles cèdent tant de personnes.  Non qu'elles soient influencées par de quelconques entitées mais parce qu'elles cèdent à la fascination malsaine de leurs parties intérieures sombres.  Sombres car non tournées vers la Lumière de Dieu...

Enfin du moins c'est comme ça que je le vois actuellement. :-)

Bien fraternellement et amicalement en Christ   

Réponse de Galahad le 30/10/2011 à 22h08
Enfin, je suis en désaccord frontal avec vous ! Cela devenait suspect cet accord perpétuel !

Eh bien si, le diable, ou plutôt Lucifer, si vous préférez, existe bien. C'était le premier des séraphins, le chef des milices célestes, substitué ensuite par Michel.

S'il n'était qu'un archétype de défectuosités de la personnalité, de tendances malsaines, comment aurait-il pu tenter le Christ, qui n'avait en lui rien de tel ?

Je récuse ces interprétations psychanalytiques qui entrent dans "son" jeu, lequel est de faire croire qu'il n'existe pas !

Pardonnez ma vivacité, ce n'est jamais avec tiédeur que je défends me convictions, surtout lorsqu'elles sont dans la Tradition.
Commentaire n°4 posté par A Tribus Liliis le 30/10/2011 à 23h37
Bonjour mes frères,

Si vous me le permettez, je vais poursuivre un peu sur l'activité maléfique et rassurer A Tribus Liliis : Je ne pense pas que l'énergie diabolique soit une énergie à tenir pour quantité négligeable. Je pense même qu'il faut déployer toute la force d'un chevalier au combat pour la vaincre mais je suis intimement convaincue qu'il est possible de la maîtriser par la foi.

Je m'explique : On peut, me semble-t-il, refuser d'attribuer une essence au Mal mais on ne peut pas lui nier une existence. En d'autres termes, si le Mal n'a pas de propriétés matérielles lui conférant une réalité propre, il peut en revanche prendre une forme mentale lui permettant d'exister de façon abstraite. Tout le problème étant de ne pas tenir pour véritable ce qui n'est qu'une abstraction; erreur communément commise.
Or cette forme mentale est notre. C'est nous qui lui attribuons cette "réalité fictive". Nous construisons une sorte de "Golem" qui a pour mission principale d'être notre "tentateur", notre "démon" afin de justifier nos fautes, nos négligences, nos désirs obscurs etc... issus d'un mauvais usage de notre propre libre-arbitre. Et quand nous sommes aveuglés, totalement convaincus mentalement de la "réalité" externe de son existence, cette énergie maléfique devient effectivement particulièrement prégnante et dangereuse car elle nous entraîne dans une dualité, une division conflictuelle de nous-mêmes, là où il y avait une unité (par complémentarité) sur le plan divin.

Prenons l'analogie de l'ombre : nous pouvons percevoir l'ombre d'un objet du fait de la lumière qui l'éclaire. L'ombre prendra alors les contours de l'objet éclairé et, selon l'angle d'éclairage, la forme de cet objet sera plus ou moins grande et plus ou moins déformée. Cependant, si nous cherchons à attraper l'ombre, nous n'y parviendrons pas car l'ombre n'a pas de réalité propre. Elle "n'est" pas.
Par ailleurs, l'ombre n'existe que pour autant que l'objet concerné est éclairé. S'il n'y a pas de lumière, il n'y pas d'ombre non plus...
Enfin, l'ombre de l'objet n'est jamais indépendante de celui-ci, elle émane toujours de lui et lui reste toujours attachée (même par un seul point)et ce, tant que l'objet concerné est éclairé.
Il n'y a qu'un seul moment où l'ombre ne se voit pas, c'est lorsque la lumière est au zénith et qu'elle descend à l'aplomb de l'objet. C'est ainsi d'ailleurs que je visualise, pour ma part, la descente de l'Esprit. Mais attention, même si elle est invisible, l'ombre est toujours là, latente. Cela est inhérent à notre qualité d'incarné : tant que nous sommes incarnés, nous sommes éclairés (avec une intensité plus ou moins grande), dès lors que nous "passons", nous entrons dans la lumière et ce danger disparaît, se fond dans la divinité.
Dans le cours de notre incarnation, il n'est malheureusement pas possible de nous tenir constamment sous le zénith du soleil car la Terre tourne et, ce faisant, nous soumet à l'action du Temps. En revanche, il nous est possible de nous tourner, nous, vers la lumière de sorte de laisser constamment notre ombre derrière nous et de ne pas réveiller le "diable" qui sommeille en nous.

Et, pour ma part, je crois que c'est dans cette vigilance constante de notre orientation que résident notre meilleur destrier, notre meilleure épée et notre meilleur bouclier.

Bien fraternellement.
Commentaire n°5 posté par Smaragdus le 31/10/2011 à 08h30

J'aime beaucoup votre manière de voir Smaragdus, très imagée et à mon sens très vrai. 

Bien sûr que le mal existe ! Loin de moi l'idée de sombrer dans la tentation relativiste qui existe à notre époque où tout se vaut, où "il n'y a pas de bien et pas de mal".  Le mal existe et le Bien existe mais ils n'existent pas sur un même plan d'existence.

Par ailleurs, je crois au monde invisible auquel j'aurais envie de mettre un pluriel (aux mondes invisibles) tant je pense qu'il est peuplé.  Il y a les esprits des morts, les esprits de la Nature, les esprits élémentaires, etc... Tout ce petit monde est animé d'intentions diverses, aussi variée que celles qui nous habitent nous humains et ont des motivations parfois incompréhensibles.  Ces être relèvent t ils du fantastique ou sont-ils des projections ou des symboles des désirs ou peurs de l'être humain ? Certainement pas !!! La tradition le crie dans nos contes et légendes populaires qui ont beaucoup d'enseignement à ce sujet (surtout dans leur version pré-chrétienne).  Il faut avoir assisté à un vrai rituel santeria par exemple et avoir vu les prêtres se faire habiter volontairement pour se rendre compte que nous ne sommes pas seuls et que le voile est plus fin que ce que l'on ne pense généralement.

Alors bien sûr, il y a les anges et les démons...  Là encore je crois en ces créatures les unes totalement bonnes et réliées à Dieu, les autres totalement haineuse, encore plus éloignées de Dieu qu'un régiment de SS passerait pour une chorale d'enfant de choeur à côté...

Aussi suis-je convaincu de l'utilité du bouclier de la foi et de l'épée de la prière, ainsi sans doute que des exorcismes peut-être malheureusement tombés en désuétude...

Mais ont-ils un chef ces anges mauvais, sans doute.  A t il encore une personnalité ? Là il y a une incompréhension de ma part... Encore une fois : éloigné à ce point de Dieu comment pourrait-il encore rester une once de conscience ? J'ai du mal à l'imaginer... Où alors, si c'est le cas, le diable peut-être sauvé..? Bref je ne suis pas théologien et à moins de rencontrer le prince des ténèbres en personne ce que personne ne souhaite, on ne saura jamais...

Donc bien sûr le monde intermédiaire existe.  Et je crois même qu'une des tâches de l'ésotérisme est de maintenir vivant le peu de connaissance que l'on a sur ce monde intermédiaire puisque dans sa majorité l'Eglise semble s'en désintéressé jusqu'à nier son existence.  

Mais, parce qu'il y a un mais et c'est où l'on ne sera peut-être pas d'accord.  Quand on regarde l'histoire, il faut quand même admettre que la croyance au diable a causé plus de maléfice que le diable lui-même... Que n'a-t-on pas commis comme horreur au nom de la lutte contre le diable ?!?! Tribus Liliis dira que le génie de diable est de faire croire à sa non existence, moi je dirai que sa plus grande réussite est d'avoir fait croire à son existence ! Je ne vais pas rappeler les horreurs de l'Inquisition à l'obscurantisme sur tous les plans (scientifique, artistique, littéraire,...). La lutte contre le diable est le prétexte à l'installation de toute les chappes de plomb de la pensée, à l'instauration de toute les superstitions !!!  Regardez aujourd'hui en Afrique, des dizaines de milliers d'enfants sont parqués dans des camps car ils portent soit disant le diable ou la sorcellerie en eux quand ils ne sont pas brûlés vif dans des pneus ! La croyance au diable est la quintessence même du bouc émissaire : Allez sur le net et vous verrez comment les Francs Maçons sont encore et toujours suspectés d'être l'avant garde de Satan.  Cela vous fera sans doute rire mais lorsque l'un ou l'autre de ces groupes arriveront au pouvoir, on rira moins.  

Une autre idée, véritable poison pour l'âme, est celle de Lucifer : "le diable peut se déguiser en ange de lumière"... ça c'est le sommet !!! Avec cette idée, on peut absolument tout anathémiser, même les meilleurs idées du monde, même les plus inoffensives, même les plus créatives,  même les plus généreuses, même les plus positives !!!

Ecoutez le discours de certains religieux et vous verrez que sous couvert de lutte contre le diable, les mentalités les plus sectaires, les plus rétrogrades, les plus culpabilisatrices, les plus destructrices pour la psyché humaine... 

Voyez le discours de certains groupes fanatiques, voyez le discours de certains politiques et vous verrez que sous couvert de lutte contre le diable, des camps sont toujours prêt à être ouverts. 

Alors peut-être qu'il y a un ange rebelle confortablement installé dans une villa au coeur d'un trou noir.  Mais je vous assure qu'il n'a pas grand chose à faire, autre que siroter son whisky en se frottant les mains, car les fantasmes associés à son nom font très bien son boulot...   

Réponse de Galahad le 31/10/2011 à 11h49
Re-bonjour mes frères,

Je m'autorise un dernier commentaire et ensuite je m'arrête (car l'air de rien, nous nous éloignons sensiblement du sujet initial de Galahad).

A Tribus Liliis a raison de parler de Lucifer plutôt que du Diable car, ce faisant, il replace le "problème" au niveau énergétique adéquat.

En revanche, je pense que lorsque Lucifer a opéré sa tentation, il a tenté Jésus, c'est-à-dire la partie humaine, matérielle du "Dieu fait homme". Mais il s'est alors heurté au corps glorieux du Christ, c'est-à-dire à la partie divine, lumineuse de l'homme-Dieu... "et les ténèbres ne l'ont point saisie".

Pour ma part (mais cela n'engage que moi car je ne m'appuie que sur mon seul ressenti intérieur pour écrire ce qui va suivre) je suis convaincue que Lucifer - l'Ange initialement "porteur de lumière", d'où son nom - fait partie intégrante du plan divin puisqu'il en est lui-même une émanation. Et je vais même plus loin (au risque d'en choquer plus d'un) en pensant que son activité maléfique fait également partie intégrante du plan divin.
Toutefois cette énergie ignore depuis sa chute (qui lui en a fait perdre la "Connaissance") qu'elle fait toujours partie intégrante, mais de façon différente, de l'Oeuvre de Dieu. Tout comme elle ignore que son champ d'action est, à présent, circonscrit aux seuls niveaux matériel, sensible et psychique. D'où son acharnement aveugle à toujours essayer de convaincre notre esprit qu'elle peut encore opérer sur les niveaux spirituels auxquels elle n'a plus accès.
Or quand nous lui opposons cette partie christique, lumineuse et immatérielle (comme a su, voulu et pu le faire Jésus); elle peut râler, fulminer ou hurler, son action à elle sera vaine.
En revanche, l'Oeuvre de Dieu, elle, s'accomplit car c'est ainsi, par delà mais aussi grâce à cette adversité, que nous pouvons redevenir, librement et consciemment, des enfants de Dieu.

Bien fraternellement.
Commentaire n°6 posté par Smaragdus le 31/10/2011 à 15h48

Merci encore pour ce beau commentaire qui me laisse médidatif et songeur !  Il est vrai que sans épreuve, on ne grandit pas.  Ha, ça fait plaisir d'avoir des échanges de cette qualité, vous m'honorez tous les deux ! ;-)

Bien fraternellement !

Réponse de Galahad le 31/10/2011 à 15h58
Bonjour,

Si je peux me permettre, j'ai pour ma part résolu ce "problème" du Diable dans mon article "Faire le Deux Un", sur mon blog: je pense que ce qui est appelé "Diable" est ce qui est encore à l'état chaotique, dissonant, en Dieu, et qui va petit à petit être harmonisé, au fil des expérimentations de Dieu via/dans le Manifesté.

Si cela vous suscite une réflexion, je la lirai avec plaisir.

bien cordialement,
Madeleine
Commentaire n°7 posté par Madeleine le 05/11/2011 à 12h12

Bonjour Madeleine,

Merci pour votre apport, je viens d'aller faire un tour express sur votre blog et votre texte m'a l'air intéressant.  Votre blog est très bien présenté en tout cas et les articles m'ont l'air très intéressants.  Je pars en week end à l'instant, je n'aurai donc pas le temps de commenter votre texte aujourd'hui mais j'y reviendrai certainement dans les jours qui viennent.  En attendant, j'invite les lecteurs qui passe par ici à faire une visite chez vous :-) : http://magdala.over-blog.net/

A bientôt,

Réponse de Galahad le 05/11/2011 à 12h39

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