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EchelleJacobMaconnerie.jpgDans les milieux maçonnique, on entend souvent parler de la « Méthode Symbolique ». De quoi s'agit-il au juste ?  Et comment replacer cette méthode dans une perspective théosophique chrétienne, perspective de laquelle est très proche une certaine tendance maçonnique ?

Dans une démarche spirituelle chrétienne, on ne peut aborder la problématique du symbole sans en évoquer la source divine. Dieu à l'origine de Tout, s'exprime perpétuellement. En effet Dieu est Logos, Parole, comment imaginer un seul instant qu'il puisse rester muet ?

 

« Que celui qui a des oreilles entendent ! »Encore faut-il savoir où écouter, car la conscience humaine en Chute n'entend plus la voix de son Créateur. Afin de respecter la liberté d'une humanité s'étant momentanément séparé de lui, Dieu s'exprime de manière voilée et indirecte. Dans cet ordre d'idée les symboles sont les révélateurs de l'invisible, les lettres, les sons et la grammaire que Dieu utilise pour s'adresser aux hommes pour la plupart sourds à ses chants.

Or le monde est plein de symboles, la réalité est une forêt de symbole. « Toute réalité sensible est l'épiphanie de l'invisible » s'exclamera l'évêque luthérien Johann Arndt. Et de poursuivre « Dieu n'a rien créé qui ne soit le témoin de l’Éternel, qui ne nous conduise à Dieu et qui ne nous révèle le Royaume des Cieux. »

Dans cette perspective, le symbole est comme une porte ouvrant sur une autre réalité, sur un autre monde plus proche du Royaume que ne l'est la dimension terrestre quotidienne.

C'est évidemment tout le propos de l'initiation maçonnique : bousculer le rapport au monde ordinaire empêtrée dans la monotonie du quotidien pour faire surgir dans le champ de la conscience un état autre, un état au-delà des mots mais plus proche de la Parole qui avait cours lors de l'état édénique.

L'ébranlement des structures spatio-temporelles habituelles permettent une distanciation avec le monde qui elle même provoque un réarrangement de la conscience qui va percevoir le monde d'une autre manière.

 

La mise en présence de symbole permet donc l'accès à une métaréalité invisible aux sens communs. Pour reprendre les mots de Jung : « Le symbole est l'image d'un contenu qui, pour la plus grande part, transcende le conscient. »

Le symbole rend donc sensible ce qui ne l'est pas, il rend visible l'invisible, il rend l'infini accessible, il rend présent le numineux, raison pour laquelle on ne peut jamais complètement expliciter un symbole. Plongeant ses racines dans l'infini et l'incréé, il reste à jamais insaisissable pour la raison finie.

En réalité le symbole est le lien entre le transcendant et l'immanent, ce que signifie d'ailleurs l'étymologie du mot « symbole » : réunir, rassembler. Le mot vient du grec « symballein » et désignait au départ un tesson de poterie cassé en deux entre deux contractants. Pour faire valoir sa qualité de contractant, il fallait faire s'emboîter parfaitement les deux morceaux de poterie. Spirituellement, le symbole est donc la partie visible de la Réalité mise côte à côte avec sa partie invisible.

 

Notons au passage que l'antonyme du mot « symbole » est le mot « diable » qui signifie diviser, séparer, rendre confus. Un « diable » est donc un facteur de confusion14264 1252733113706 1090880866 795265 1990196 n, de division, une illusion qui sépare de la Réalité une de la Création. Autrement dit, la conséquence de la Chute pour l'homme est que les sens, l'esprit et l'âme sont si souvent le jouet de la confusion et de l'illusion. Le symbole est alors le remède qui rassemble ce qui est épart .    C'est dire, pour utiliser une analogie informatique, que le symbole défragmente la consci ence de l'homme qui réalise alors que le monde physique et spirituel sont une seule et même réalité 

Tag(s) : #Théologie et spiritualité

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