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colonnebrisee.jpgC'est parce que la conscience de l'homme est fragmentée et ne peut plus saisir la Réalité dans son intégralité mais aussi parce que la Création elle-même a perdu de sa qualité originelle que l'Esprit utilise souvent le conte et le mythe pour véhiculer son souffle et que Dieu incarné s'exprima en paraboles à ses disciples ébahis.

Nous vivons dans un monde brisé en de multiples endroits, un monde blessé. Brisures-blessures dans la psyché qui peine à s'équilibrer et à déployer ses ailes, brisures-blessures dans la Nature soumise à la violence, à la mort et à la prédation, brisures-blessures de le vertige du vide qui saisi l'âme au bord du gouffre... Sans faire de bruit mais avec une force invincible, le symbole est l'un des moyens utilisés par la Providence pour guérir l'Univers, pour « recoller les morceaux » et rebâtir des ponts entre les différents plans de réalité.

 

Pour évoluer, l'homme doit s'extraire non de la matière mais de la fange des préjugés, des erreurs, de l'ignorance, des illusions, de l'aveuglement, de la pulsion de mort. La pureté du symbole peut l'y aider comme autant de cordes tendues à celui qui s'enfonce dans le marécage.

Lors de son initiation, la conscience du candidat est mise en présence de symboles qui seront comme autant de torches guidant la psyché hors du labyrinthe de l'illusion. Peu à peu les yeux s'ouvrent sur l'illumination et la Création transfigurée par le Christ.

 

Pour Johan Valentin Andrea, le rédacteur principal des Manifestes Rosicruciens au XVIIe siècle, ce processus sotériologique suit trois étapes.

 

1) Dans la première phase, le candidat à l'éveil doit prendre conscience des défauts du monde dans lequel il vit. Pour chasser les ténèbres, il faut réaliser leur existence afin de ne plus prendre l'illusion pour le vrai. Cette prise de conscience provoque le sentiment soudain et salvateur de se trouver en exil. Une certaine nostalgie s'empare de l'âme qui mesure soudain l'abîme qui la sépare de sa plénitude. Le voile se déchire : la prise de conscience des vanités et des ténèbres dans lesquelles nous sommes empêtrés provoque la recherche impérieuse de la Lumière et de l'essentiel. Le regard se porte alors du sol vers le ciel où il cherche à contempler le soleil. Commence alors la longue route pour retrouver la patrie d'origine où l'on sera délivré de ce sentiment d'errance qui semble chevillé à notre âme et que nous tentons souvent de combler par de creuses mondanités.

Dans sa satyre Peregrini in Patria errores (1618), Valentin Andrea dépeint ces gens qui tournent en rond dans un cirque immense, aspirant toute leur vie à un but qui n'existe pas jusqu'à ce que la vie les abandonne.

Et l'auteur d'insister sur les innombrables ruses que le Malin utilise pour faire tourner ces hommes comme des toupies sans tête : discussions stériles, opinions creuses, passions entravant l'âme, idolâtries, vanités, mensonges, cupidité, confusion, relativisme, naïveté... la liste des chaînes est sans fin.

La vie spirituelle commence par un réveil provoqué par un grand sentiment d'inanité de la vie présente.

 

Le symbole et l'initiation ne sauvent pas, ils ne déifient pas non plus. Par contre, par les questions qu'ils posent, par les structures qu'ils suggèrent, par les voyages et les vertus qu'ils induisent, ils aménagent le temple intérieur afin qu'un jour l'individu débarrassé de ses scories puisse être conscient de la présence en lui de Dieu. Mais pour celui qui veut réellement aller plus loin, le travail purement symbolique et initiatique ne saurait plus suffire.

 

2) Car la seconde étape est le commencement de la régénération. En ouvrant les yeux, l'homme qui commence à se réveiller découvre que sa propre personne qu'il prenait pour un palais n'est en réalité qu'un temple détruit aux murs lézardés. L’œuvre de reconstruction est trop grande pour être entreprise seul. Il nous faut l'aide du seul et unique Grand Architecte des Mondes, le Christ. Celui-ci va venir dès que nous ferons appel à son aide avec un cœur sincère. Dans la Lumière éblouissante qui est la sienne, la Vérité va commencé à se faire jour en nous, nous libérant du mensonge comme la lumière d'un foyer fait reculer les ténèbres : « Ainsi, nous ne serons plus des enfants, ballottés, menés à la dérive à tout vent de doctrine, joués par les hommes et leur astuce à fourvoyer dans l'erreur. » (Eph 4, 14).

Cette seconde étape est celle de la prière et du vide intérieur. L'esprit devient comme les eaux calmes et sereines d'un lac dans lesquelles la lumière du Soleil de Justice et de Vérité vient se refléter.

 

3) La troisième étape est celle de la régénération plénière, la transfiguration, la déification qui est accomplie en Église par l’œuvre de l'Esprit Saint. La conscience ouverte par la fréquentation des symboles est devenue un temple aux proportions parfaites. Mieux encore, le travail symbolique et initiatique a participé à la construction du temple intérieur que la présence du Christ est venue vivifier. L'homme est donc devenu un creuset où Dieu vient se loger, il est devenu un christophore.

L'homme dans ce dernier stade d'évolution est un Renati, un chevalier à la pierre d'or qui assume désormais pleinement son état d'être « dans le m onde mais en dehors du monde ». A ce stade sans doute est-il au-delà du symbole, au-delà de la forme, son esprit est en union sans confusion avec Dieu, il va immatériel à l'immatériel, il connaît la Vérité et accomplit la véritable destinée du genre humain.0-Transfiguration  

Tag(s) : #Théologie et spiritualité

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