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De retour de vacances, voici mon dernier coup de coeur musical : "Je crois entendre encore" extrait des Pêcheurs de perles de
Bizet. Bon d'accord, c'est assez nostalgique mais qu'est ce que c'est beau !!! La version ci-dessous est interprêtée par le tenor Alain Vanzo. Et pour les inconditionnels du rock dont
je fais partie, une seconde interprétation par David Gilmour qu'on ne présente plus.
Bizet... Les esprits forts se gaussent ou dédaignent. Ils oublient - ou n'ont jamais su - que Nietsche le mettait à cent coudées au-dessus de Wagner !
Nous n'allons pas reprendre la querelle de Corneille et Racine, ou, en musique, des gluckistes et des piccinistes...Disons simplement que Bizet est un merveilleux mélodiste, sans avachissement, sans trémolos (et les Pécheurs de perles - admirés par Berlioz - sont à cet égard une caverne aux trésors, plus que Carmen, moins mélodique, plus dramatique, encore que pleine à profusion d'airs admirables) et que son orchestration est elle aussi une merveille de légèreté diaphane et de finesse colorée. Si l'expression "musique française" a un sens, c'est bien avec Bizet, ce génie surdoué mort trop jeune (36 ans!)
Merci mon cher Tribus Liliis, "légèreté diaphane et finesse colorée" voilà qui caractérise vraiment bien la musique de Bizet ! Plaisir de vous retrouver après ces vacances ! ;-)
Je suis ravie de votre retour, qui plus est avec ce partage musical que je préfèrerais pour ma part qualifier de mélancolique plutôt que de triste. La mélancolie en effet s'habille d'une beauté langoureuse que la tristesse n'a pas.
Pour l'ancienne choriste que je suis, la version classique garde à mes oreilles la rigueur, la puissance et les nuances vocales propres aux chanteurs lyriques. Pour autant, l'intensité émotionnelle de la version rock est extraordinaire et presque "palpable". Un très bon choix et une idée lumineuse de les avoir mis en parallèle.
Si vous en avez l'occasion (et si je puis me permettre), je vous recommande l'écoute des arias du troisième et dernier tableau de Thaïs (Massenet). Et si vous le trouvez avec Renée Fleming dans le rôle-titre, nul doute que vous vous régalerez !
:-)
Bien fraternellement.
Je reviens sur mon commentaire d'hier car, après l'avoir envoyé, je me suis rendue compte que vous n'aviez pas qualifié l'aria de "triste" mais de "nostalgique".
Je répare donc mon erreur. En fait,le choix de votre adjectif est plus juste que le mien en ce que dans la nostalgie (en plus de la beauté langoureuse de la mélancolie) s'instille une nuance supplémentaire de douceur et de tendresse que la mélancolie n'a pas.
Je souris intérieurement car, du coup, nous passons en revue une bonne partie de l'échelle chromatique des interprétations vocales et musicales qui va de la douleur vers la joie.
A quoi mène l'opéra, quand même !
;-)
Bien fraternellement.
Bonjour Smaragdus,
Merci pour ces deux commentaires fort inspirés et fort éclairant. Oui, l'opéra nous mêne loin tant émotionellement que spirituellement. Merci pour l'aria renseigné dans votre commentaire précedent, il est également splendide ;-)
Bien amicalement et fraternellement
Oui, notre frère a parfaitement raison : le plus bel instrument est sans conteste (et de très loin) la voix humaine.
Pourquoi ? Parce que l'archer qui fait vibrer nos cordes vocales, c'est notre cœur. Dès lors, la voix humaine entre (et c'est un art, pas seulement une technique) en résonance avec le Verbe et s'habille de nuances tellement subtiles, tellement fines que même les adjectifs les plus recherchés ne parviennent pas à la décrire pleinement.
Ne dit-on pas d'ailleurs que "chanter, c'est prier deux fois"...
En tous cas, il est intéressant de noter que lorsque nous sommes très peinés, en colère ou très émus, notre gorge se serre et notre voix "s'étrangle". Ce n'est pas un hasard s'il en est ainsi, c'est directement lié au rythme cardiaque et à l'influx nerveux qui commande l'activité musculaire.
En cela, le chant (même amateur, il n'est nul besoin d'être un professionnel pour en ressentir les bienfaits) est un moyen d'équilibre physiologique, psychique et spirituel absolument extraordinaire.
S'il était enfin une dernière raison à donner pour chanter, je dirais que la diction propre au chant fait travailler les joues, les lèvres et les zygomatiques. En clair, il s'agit là d'un entrainement intensif au sourire. Or la vie est tellement plus belle quand elle s'illumine d'un sourire.
:-)
Bien fraternellement.
Merci Smaragdus pour ce profond et beau commentaire qui vient illuminer ma journée ! :-)