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Didier Decoin fut récompensé en 1977 pour son
livre John l'Enfer. On peut, à juste titre en déduire que l'auteur excelle tant dans le style que dans le rythme narratif. De fait son « Jésus, le Dieu qui riait » régale tant par sa
verve proche des contes (phrases courtes, emploi du temps présent, rythme rapide) que par la profondeur du vécu. L'auteur suit les Evangiles pour ce qui est de la succession des événements
commençant à l'Annonciation et se terminant à la Résurrection. Toutefois, il ne fait pas que suivre le texte sacré, il le vit, de l'intérieur. On sent que Didier Decoin n'a pas fait une œuvre
purement intellectuelle ou littéraire, il n'a pas que transcrit l'histoire sainte en conte mais il l'a vécu au profond de son être. Et de sa plume, par delà l'espace et le temps, il parvient à
nous transmettre le son à la fois fin et délicat, cristallin et irrésistible du rire de Jésus. Le rire de Dieu parcours ce livre et sa lecture ensoleille réellement la journée. Un jour, un prêtre
m'a dit qu'un chrétien véritable ne pouvait qu'avoir le rire aux lèvres car le christianisme est avant tout joie et espoir. Ce livre en est l'illustration parfaite.
D'ailleurs, alors que je le lisais dans le tram me menant au boulot, un homme, curieux, se penchait pour voir la couverture. Alors que je lui montrais, il me regarda d'un air interloqué et me dit :
- Ha bon ? Parce qu'il riait ?
- Il paraît.... lui répondis-je.
Et nous rîmes de bon cœur... Non seulement Jésus riait mais son rire se communique encore...
J'ai toujours trouvé cela extravagant et, de plus, contraire à la lettre même de l'évangile puisqu'il nous montre Jésus en colère contre les marchands du temple, en pleurs devant le tombeau de Lazare - qu'il va pourtant ressusciter - terrassé par l'angoisse à Gethsémani...
Je ne connais pas ce livre, cher Galahad, merci de me donner envie de le lire.
Oui, cette attitude toute théologienne ne fut que l'un des nombreux avatars de l'attitude psychologique et mentale d'attribuer à Dieu ses propres faiblesses pour les justifier. Je ne sais pas rire (car il faut de la force pour rire) donc Dieu ne rit pas, je ne sais pas aimer donc Dieu condamne (les prostituées, les suicidés, etc), je ne sais pas comprendre la différence donc Dieu condamne (les gays, les poètes, les fous, les artistes, les juifs, les femmes, les païens,....), je ne sais pas être heureux donc Dieu n'aime pas le bonheur et valorise la douleur...
Toutes ces faiblesses humaines érigées en "valeurs spirituelles" sous couvert de Dieu. Ha la la que n'a-t-on pas défiguré la Parole du Christ, que le pharisianisme à la vie dure...
Pourtant, Il avait été clair dès le début : "Malheureux êtes-vous, scribes et Pharisiens hypocrites, vous qui ressemblez à des sépulcres blanchis : au-dehors ils ont belle apparence, mais au-dedans ils sont pleins d'ossements de morts et d'impuretés de toutes sortes. Ainsi de vous : au-dehors vous offrez aux hommes l'apparence de justes, alors qu'au-dedans vous êtes remplis d'hypocrisie et d'iniquité. Malheureux, scribes et Pharisiens hypocrites, vous qui bâtissez les sépulcres des prophètes et décorez les tombeaux des justes,..."
Tout à fait ! Merci Phène... Bien amicalement à toi ;-)