Dimanche 21 novembre 2010 7 21 /11 /Nov /2010 12:02

saintluc.JPGNous sommes tous des artistes, le problème c’est que les gens ne le savent pas et qu’ils n’ont pas construit une société dans cette optique là, m’a dit un jour un ami, réalisateur et musicien de son état.

J’ai longuement réfléchi à cette phrase et finalement je crois qu’il avait raison.  Dans la Genèse, Dieu donne à l’homme le pouvoir de nommer les créatures.  Or, dans la pensée sémitique, nommer une chose ou un être c’est lui donner l’existence, c’est décider de sa fonction, de son destin.

Dieu a donc placé l’humain dans un rôle de co-créateur car s’Il crée toutes choses, l’univers dans son ensemble, l’homme est chargé de transformer cette Création avant de Lui rendre.

L’homme a pour le pire et le meilleur transformé son paysage, après les désastres écologiques de l’ère industrielle et des débuts de la société de production de masse, une manière plus responsable de gérer la planète et ses ressources semble s’imposer. L’on ne peut s’empêcher de penser aux éoliennes et à tous les moyens qui transforment l’énergie naturelle proprement et de manière sans doute plus conforme à notre rôle premier.

Mais il n’y a pas que la gestion énergétique.  Par la célébration, l’eucharistie, la prière et la charité l’homme transforme également la Création.  Il la sanctifie, spirituellement, mystiquement, la préparant pour le jour des noces, pour la transfiguration universelle.

Et puis, il y a l’art.  Par l’art, par la création, par la créativité, l’homme réagence le réel, transforme les mots, les sons et la matière brute en chants, en histoires, en chef d’œuvre… Se faisant, il ouvre sa conscience au souffle de l’Esprit et ensemence le monde créé de la Présence vivifiante.

On dit souvent que chaque homme est un prêtre et un roi.  C’est la vérité mais l’homme est aussi fondamentalement un artiste au service de Dieu.

Le Pape Paul VI avait eu ces mots justes en s’adressant à une délégation d’artistes : « Notre ministère a besoin de votre collaboration. Car, comme vous le savez, Notre ministère est celui de prêcher et de rendre accessible et compréhensible, et même émouvant, le monde de l'esprit, de l'invisible, de l'ineffable, de Dieu. Et dans cette opération... vous êtes des maîtres. C'est votre métier, votre mission ; et votre art est celui de saisir du ciel de l'esprit ses trésors et de les revêtir de mots, de couleurs, de formes, d'accessibilité » (Insegnamenti II, [1964], 313)

 

Evidemment, comme pour toute chose, il faut faire preuve de discernement et ne pas sombrer dans ce relativisme facile qui sévit aujourd’hui et qui consiste à mettre sur un pied d’égalité Mozart avec n’importe quelle « junk music » aux accords disharmonieux ou les réalisations de Michel Ange avec l’art de renverser les pissotières.  Pour capter les subtiles fragrances de l’Esprit, l’artiste doit être ouvert, réceptif à la Grâce sinon il ne fera qu’exprimer les fantasmes et les désirs refoulés de son inconscient plus ou moins sain ou troublé.  Ce qui, empressons-nous de le dire, n’est pas inintéressant dans le cadre d’un travail de purification intérieure mais doit être reconnu comme tel sous peine de perdre la référence à la transcendance.

Le poète polonais Cyprian Norwid exprimait d’ailleurs très bien cette ambivalence de l’art : « Parce qu'il est recherche de la beauté, fruit d'une imagination qui va au-delà du quotidien, l'art est, par nature, une sorte d'appel au Mystère. Même lorsqu'il scrute les plus obscures profondeurs de l'âme ou les plus bouleversants aspects du mal, l'artiste se fait en quelque sorte la voix de l'attente universelle d'une rédemption… La beauté est la clé du mystère et elle renvoie à la transcendance »

 

Je m’étonne d’ailleurs que ce thème fut tellement peu développé en théologie (ce qui fut nommé via pulchritudinis dans le christianisme romain).  Si l’on a malheureusement à certaines époques agité l’épouvantail d’un Dieu vengeur, beaucoup plus souvent fait entrevoir l’Amour et la Lumière du Vrai Dieu, on a assez peu parlé du Dieu artiste.  Pourtant que l’on ouvre les portes des sens, quelle œuvre magistrale que cet Univers !

Dieu est un pianiste ayant conçu lui-même son piano et chaque touche projette à la fois des notes et des couleurs, des sons et des formes, des odeurs et des matières et le tout s’harmonise les uns avec les autres dans une gigantesque symphonie qui n’a de cesse d’enchaîner les mouvements depuis que la première note, « Fiat », fut lancée !

 

Tenter de percevoir ou de refléter cette symphonie est nous rapprocher du Royaume.

Simone Weil le décrivait très bien : « Dans tout ce qui suscite en nous le sentiment pur et authentique de la beauté, il y a réellement la présence de Dieu. Il y a presque une incarnation de Dieu dans le monde, dont la beauté est le signe. La beauté est la preuve expérimentale que l'incarnation est possible. C'est pourquoi chaque art de premier ordre est, par essence, religieux »

 

En tant qu’homme, nous sommes invités à écouter pleinement cette symphonie de Vie, à l’écouter avec les yeux du cœur.  Mais en tant qu’homme, nous sommes également invité à prendre une part active dans la symphonie globale, à développer nos dons, nos talents et notre créativité, nous sommes invités à jouer, à peindre, à écrire et à sculpter avec le Maître afin d’ajouter notre touche à Son chef d’œuvre…  

Par Galahad - Publié dans : Théologie et spiritualité - Communauté : Chrétiens - et fiers de l'être
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Commentaires

Beau texte auquel j'abonde entièrement.
J'écoute donc avec "les yeux du cœur" la symphonie de la Vie avec qui faire alliance.
Commentaire n°1 posté par Saint-songe le 21/11/2010 à 13h58

Merci Saint songe !

Réponse de Galahad le 23/11/2010 à 10h54
mon frere je te salut.une foit de plus tu nous a gratifier d un superbe texte remplit de reflexions.exercer un art ou un metier, c est agir sur le monde pour le transformer,c est par consequent, prolonger l oeuvre de dieu.celle ci est le modele et la synthese de tous les metiers , et de toutes les creations artistiques.dieu (le christ)est en realite, le seul artisan:unus artifex est deus,dit l adage scolastique.tous les arts sont des imitations de dieu qui agit sans cesse,parce qu il cree sans cesse le monde.et c est la, en fin de compte, le grand fondement de leur dignite.ainsi me semble t il , en travaillant sur des icones , ecrire un poeme ,realiser une fresque ,l homme imite et prolonge l action de dieu.c est pourqu oi,dans toutes les traditions, avant d agir il dit, sous une forme variable selon ces traditions mais que l ont retrouve cher les chretiens :au non de dieu,mettant ainsi l artiste , le travail en accord avec l activite divine qui gere l univers.paix et amour en christ mon frere.
Commentaire n°2 posté par julien le 21/11/2010 à 22h19

Merci mon frère pour tes appréciations et tes réflexions qui font toujours mouche !

Paix et amour en Christ !

Réponse de Galahad le 23/11/2010 à 10h55
Cher Frère, merci encore pour cette réflexion.
"Trois choses demeurent: la Foi, l' Espérance, la Charité- mais la plus grande des trois, c'est la Charité". Saint Paul.
Caritas : acte de bonté et de générosité.
Envers le Créateur et ses "créatures", l'acte de bonté et de générosité est dépendant de la Foi et de l'Espérance.Le Respect est autre chose. Rétablissons le Respect des Hommes et de ses idéologies,de ses convictions. Respectons l'Homme et son environnement dans cette société par Amour de son Créateur.Afin que nos différences s'amoindrissent,et que l'envie de vivre ensemble puisse finir l'Oeuvre du Créateur,en ce septième jour. Car ce jour est un jour de repos pour Lui mais, certainement pas,pour nous.Nous n'avons que ce jour pour réfléchir et agir pour notre avenir, reconstruire une société sans exclusion, sans pré-jugé, sans rivalité.
Commentaire n°3 posté par Gilles le 23/11/2010 à 15h46

Merci pour ce beau commentaire auquel j'adhère complètement !

Réponse de Galahad le 24/11/2010 à 22h13
Il est une phrase de Samia Smahi qui pour moi Dit beaucoup:
"L’art est ce pourquoi respire l’âme."
Commentaire n°4 posté par NatAyvie le 29/11/2010 à 21h27

Très très beau, merci Nat'

Réponse de Galahad le 29/11/2010 à 23h35
Galahad, vous en doutiez-vous ? vous êtes à votre insu un théologien orthodoxe ! Et d'abord, formellement, à cause du caractère poétique de votre texte. Cela vous surprend ? Sachez que si la théologie latine procède en mode logique, donc prosaïque, la théologie orthodoxe s'exprime souvent en prières, en hymnes, en cantiques spirituels, c'est-à-dire en mode poétique. Pourquoi ? Parce que la première raisonne, énonce des théorèmes, ce qui ne peut se faire qu'en prose. Dans la seconde, au contraire, s'expriment des esprits touchés par l'Esprit, et qui ne peuvent que rarement résister à leur exaltation. On ne s'approche pas de Dieu prosaïquement !

Ces remarques sont pour mon plaisir particulier – et peut-être aussi le vôtre – moi qui suis épris des belles formes.
Sur le fond, j'ai beaucoup à dire, car tout ce que vous énoncez l'a été par les Pères de l'Église. Déjà ce qui suit :

"Dans la Genèse, Dieu donne à l’homme le pouvoir de nommer les créatures.  Or, dans la pensée sémitique, nommer une chose ou un être c’est lui donner l’existence, c’est décider de sa fonction, de son destin. Dieu a donc placé l’humain dans un rôle de co-créateur car s’Il crée toutes choses, l’univers dans son ensemble, l’homme est chargé de transformer cette Création avant de Lui rendre."

Oui, Dieu a conféré à Adam une part de ses qualités divines, dont la liberté et la sagesse créatrice (cf. à ce propos dans mon blog ce qu'en dit saint Séraphin de Sarov). Il l'a aussi établi roi de l'univers. C'est à ce titre qu'il l'a chargé de compléter la création. En nommant les animaux, Adam leur donne leur identité propre en leur conférant les capacités qui la déterminent. Ce faisant, Dieu l'a fait co-créateur, comme vous le dites justement.

Mais la responsabilité d'Adam ne s'arrêtait pas là : il avait à coopérer à l'accomplissement de la destinée de la création entière. Lui-même avait « reçu l'ordre de devenir dieu », comme l'écrit saint Basile le Grand. Il avait aussi reçu l'ordre d'élever à sa suite toute la création, dont comme roi il avait le soin. Ainsi les animaux devaient s'humaniser, les végétaux s'animaliser, les minéraux se végétaliser, et ainsi de suite dans une immense évolution ascendante.

L'écologie n'est qu'un lointain souvenir déformé de cette responsabilité de l'homme à l'égard de la création, cette création « qui gémit dans l'attente de la liberté glorieuse des enfants de Dieu ».

Adam ayant déclaré forfait en conséquence de sa faute, le Christ, nouvel Adam a repris à son compte cette mission

"Mais il n’y a pas que la gestion énergétique.  Par la célébration, l’eucharistie, la prière et la charité l’homme transforme également la Création.  Il la sanctifie, spirituellement, mystiquement, la préparant pour le jour des noces, pour la transfiguration universelle."

En fait, l'eucharistie, la participation des hommes du monde sublunaire que nous sommes à la divinité du Christ par son humanité, est le plus grand producteur d'énergies qui soit au monde, et des énergies les plus irrésistibles : les énergies divines incréées. Et il est de fait que, chaque fois qu'un homme communie au corps et au sang du Christ, il contribue à la libération du cosmos et prépare, en effet, sa transfiguration dans la lumière de gloire de la Divine Trinité.

"Ce faisant, il [l'homme artiste] ouvre sa conscience au souffle de l’Esprit et ensemence le monde créé de la Présence vivifiante."

C'est parfaitement vrai, à une condition sine qua non : c'est qu'il ouvre bien sa conscience au souffle de l'Esprit. Car il existe, ne nous voilons pas la face, des arts lucifériens. Et la « semence » qu'ils répandent est une Présence mortifère.

C'est ce que vous écrivez ensuite :

"Pour capter les subtiles fragrances de l’Esprit, l’artiste doit être ouvert, réceptif à la Grâce sinon il ne fera qu’exprimer les fantasmes et les désirs refoulés de son inconscient plus ou moins sain ou troublé."

Que j'aime à lire que l'art est un effet de la grâce divine ! Quant nous sommes en présence d'un de ces chefs-d'œuvre qui nous transportent, il faut en remercier l'artiste qui les a conçus, mais aussi Dieu qui lui en a donné la capacité, à commencer par l'inspiration.
Ce que démontre à merveille ce poète polonais de moi inconnu dans ces phrases d'une inspiration sans défaut :

"Le poète polonais Cyprian Norwid exprimait d’ailleurs très bien cette ambivalence de l’art : « Parce qu'il est recherche de la beauté, fruit d'une imagination qui va au-delà du quotidien, l'art est, par nature, une sorte d'appel au Mystère. Même lorsqu'il scrute les plus obscures profondeurs de l'âme ou les plus bouleversants aspects du mal, l'artiste se fait en quelque sorte la voix de l'attente universelle d'une rédemption… La beauté est la clé du mystère et elle renvoie à la transcendance »" .

Vous poursuivez :

"Je m’étonne d’ailleurs que ce thème fut tellement peu développé en théologie (ce qui fut nommé via pulchritudinis dans le christianisme romain)."

Pour être honnête, il faut nuancer : la théologie dont il s'agit est tardive en Occident (à partir du XIVe siècle) et n'a jamais existé en Orient.

Pendant tous les premiers siècles du christianisme, on n'a jamais parlé du « bon » Dieu, mais du « beau » Dieu. Et cela parce que Dieu créateur est source de toute beauté. Platon n'est pas loin, mais c'est qu'il a eu une étonnante prescience des choses divines, raison pourquoi il a été adopté par tous les penseurs chrétiens jusqu'au XIIIe siècle, époque où il a commencé d'être supplanté par Aristote.

Pour en revenir à cette beauté originelle, n'oublions pas que le Créateur (dans la Genèse), prend du recul par rapport à sa création et, par six fois, la juge « belle » et même, pour l'homme, « très belle ».

C'est ce qu'exprime à sa manière l'admirable Simone Weil dans ce passage cité par vous (que j'ignorais et dont j'aimerais connaître la source) :

« Dans tout ce qui suscite en nous le sentiment pur et authentique de la beauté, il y a réellement la présence de Dieu. Il y a presque une incarnation de Dieu dans le monde, dont la beauté est le signe. La beauté est la preuve expérimentale que l'incarnation est possible. C'est pourquoi chaque art de premier ordre est, par essence, religieux .»

Si je puis me permettre une confidence personnelle, de cela j'ai fait moi-même l'expérience.

Tout cela pour prouver que, dans vos intuitions, vous êtes en parfaite harmonie avec l'expérience des Pères, parce que celle-ci n'est pas le fruit de cogitations abstraites mais d'inspirations que le Saint-Esprit prodigue à tous ceux dont le cœur est simple (c'est cela la « pauvreté en esprit »).
Commentaire n°5 posté par A Tribus Liliis le 30/11/2010 à 22h43

Un tout grand merci pour ce long, profond et élogieux commentaire.  Rien ne me ravi plus que d'être en harmonie avec les Pères et de me voir qualifier de "théologien orthodoxe à mon insu". ;-P

Je suis particulièrement intérêssé par cette idée : "Ainsi les animaux devaient s'humaniser, les végétaux s'animaliser, les minéraux se végétaliser, et ainsi de suite dans une immense évolution ascendante." Est-elle de Basile le Grand ?

Quiconque ayant possédé des animaux domestiques et s'étant attaché à eux peut ressentir une sorte d'empathie se mettre en place entre l'animal et le maître.  Cette empathie à pour effet de transformer l'animal, de l'humaniser comme vous dites.  Attention à ne pas confondre empathie avec la "manie du chien chien à sa mémère" qui va jusqu'à vêtir son compagnon comme une poupée et fait perdre à l'animal ses repères.  Non, je parle là d'une véritable complicité, d'un véritable amour qui va provoquer l'éclosion de l'âme animale en "quelque chose de plus".  L'Amour est bien sûr l'engrais ultime par lequel cette alchimie va se produire.  Et ne dit on pas qu'il faut parler aux plantes pour leur bonne santé ?

Voilà donc effectivement, des pistes pour une véritable écologie sacrée et une considération de l'âme minérale, végétale et animal, idée qui me tient vraiment fort à coeur...

Quand à l'art, oui il existe des arts lucifériens, comme l'"art" nazi ou communiste et il existe des arts qu'on pourra qualifier de satanique - exaltation de la mort, du mal et du sordide, à l'exemple de cet artiste sud américain ayant affamé un chien attaché dans une galerie d'art moderne jusqu'à la mort pour soi disant protester contre l'indifférence des gens... plusieurs centaines de visiteurs passant jour après jour à côté du pauvre animal sans rien dire...  Mais peut-on encore parler d'art ?

En fait, une image me vient en tête soudainement, vous me direz ce que vous en pensez : c'est l'histoire bien connue de ce roi qui pour connaître ses sujets se revêt de haillons de mendiant et part faire un tour du côté de la cour des miracles.  Prenant conscience de la pauvreté et du malheur, il rentre à la cour bien décidé à changer les lois.  Seulement, vêtu comme il l'est, les gardes ne le laisse pas pénétrer dans son palais.  Le voilà donc obligé de changer les choses de l'intérieur, depuis la cour des miracles, sans plus aucun pouvoir qui étaient les siens.  L'homme me fait parfois figure d'être ce roi victime de sa curiosité.  Sauf à dire que si l'expérience est déplaisante, elle lui donne au moins la connaissance de son royaume... et puis dans le conte, le roi réussi toujours à se faire reconnaître et et récupérer son trône, riche de son expérience passée dans les bas fonds... ;-)   

Réponse de Galahad le 01/12/2010 à 16h21
Cher Galahad, vos commentaires confirment abondamment mon appréciation à votre sujet...
L' "immense progression ascendante" dont je parle a été enseignée en dernier lieu par l'évêque Jean de Saint-Denis (Eugraph Kovalevsky), que Robert Amadou tenait, il l'a écrit à plusieurs reprises, pour "le plus grand théologien du XXe siècle. Cette idée, l'évêque Jean ne l'avait pas inventée, il la tenait de la tradition, la russe plus que la grecque. S. Séraphim de Sarov, par exemple, l'énonce dans l'Entretien avec Motovilov que je cite dans mon blog.
L'expérience que vous dites avoir fait avec les animaux, je l'ai faite moi aussi et je la fais encore quotidiennement. De même avec les plantes : je pourrai vous conter une anecdote sur mes relations avec un rosier.
Bien entendu, cette progression ne fait pas perdre à chaque espèce sa propre nature, de même que la déification ne fait pas perdre à l'homme sa nature humaine. Elle est transformée tout en restant la même. Les théologiens mystiques expriment volontiers cela par l'image du fer rougi au feu : il acquiert toutes les caractéristiques du feu (ardeur brûlante, et.) tout en restant fer.
J'aime bien l'idée du conte appliqué à la situation présente de l'homme. On peut très bien lui trouver un sens théologique...
Mais j'arrête là, ne voulant pas que chacun de mes commentaires se transforme en homélie !
Commentaire n°6 posté par A Tribus Liliis le 02/12/2010 à 15h00

Merci cher Tribus Liliis pour vos nombreuses et enrichissantes interventions, ainsi que pour vos appréciations qui me font fort chaud au coeur ;-)

 

 

Réponse de Galahad le 04/12/2010 à 18h07
En tant que sculpteur (modeleur pour être plus précis) et écrivain, je ne peux que souscrire à cette appréhension de Dieu comme artiste. Lorsque je modèle une oeuvre j'ai toujours l'impression profonde qu'il s'agit de l'accomplissement de quelque chose de transcendant. Vraiment. Après toutes ces années de pratique, je suis toujours aussi convaincu qu'un artiste n'est pas quelqu'un de plus doué que les autres mais seulement un médium, dans la première acception du terme bien sûr.
Commentaire n°7 posté par kristof59 le 05/12/2010 à 11h20

Je vous rejoins tout à fait, tant sur le fond que sur le terme de "médium" au sens noble du terme.  Sens qu'il faudrait d'ailleurs réhabiliter.  Un grand merci pour votre témoignage.

Réponse de Galahad le 05/12/2010 à 11h28
mon frere je revient sur l artiste,reflet du transcendant et je ne peut resister de penser a jean luc leguay .paix et amour en christ.
Commentaire n°8 posté par julien le 18/12/2010 à 21h46

Tout à fait ! Un grand artiste en lien avec la transcendance, paix et amour à toi.

Réponse de Galahad le 22/12/2010 à 01h07
Celui qui parle au nom de l'autre sans lui reconnaître une parfaite liberté d'être au monde est en quête identitaire. Il n'est ni un artiste ni un mystique, mais un faiseur de lien avec celui qui peut le reconnaître dans sa relation sociale. Ce mélange est juste insupportable et remplit les abattoirs de hurlements sans fin. Quant à ces prétendants au trône du suprême, qu'ils osent tenter l'ultime solitude . Merci.
Commentaire n°9 posté par cyli breton le 29/03/2012 à 00h13

Bonjour Cyli,

Merci pour ce commentaire auquel je vais essayer de répondre de mon mieux :

- Nul ne peut, en effet, dénié à quiconque la parfaite et pleine liberté d'être au monde sans nier la liberté ontologique (et donc d'origine divine) qui est celle de tout individu. 

- En vertu de cette même nature divine, chacun possède le pouvoir de créer, chacun dans un ou plusieurs domaines spécifiques selon sa nature personnelle.

- Néanmoins, cela ne signifie pas que toute création se vaut et que tout est égal.  Le talent, l'intention et l'orientation du coeur de celui qui crée font que son oeuvre est peu ou prou orientée, c'est à dire tournée vers la Source de Lumière et reflet harmonieux de celle-ci. 

- Ceci étant, sauf à dire que toute intention publique peut être criticable (en vertu de la liberté d'expression, de discernement et de conscience), il n'appartient à personne de juger de la qualité d'orientation des uns ou des autres... et encore moins de s'auto proclamer hérault du Très Haut.

Avec grand plaisir, 

Réponse de Galahad le 29/03/2012 à 16h07

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